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remède on peut en attendre de bons effets. Il y a toutefois des exceptions. Les malades supportent des doses d'autant plus élevées que la manie et l'hyperémie sont plus aiguës. Mais du moment que la surexcitation sanguine est domptée, la sensibilité revient et augmente à mesure que l'amélioration fait des progrès. Lorsque l'insomnie est causée par une irritation ou hyperémie cérébrale, le tartre émétique procure le sommeil ; les narcotiques nuisent. Dans le cas de grande sensibilité, l'inverse se présente. Dans la congestion passive (stupidité), là, où, il y a compression du cerveau, le tartre stibié, associé à l'extrait d'aloës et de belladone produit de bons effets. Il agit alors comme dérivatif sur le colon. La digitale est aussi considérée comme agent déprimant , mais elle est moins active que le tartre émétique (1). Elle agit primitivement sur le système nerveux et secondairement sur la circulation sanguine. Cet agent est indiqué dans les cas d'accélération du pouls (112 à 120 pulsations), de contractions fréquentes du cœur, de suractivité de la circulation sanguine, mise en rapport de causalité avec le trouble mental. L'action de la digitale diffère de celle du tartre émétique, en ce que celui-ci est efficace dans les prédispositions pléthoriques ; tandis que l'autre n'agit favorablement que là, où la circulation est activée par un excès de sensibilité. Elle est aussi très-efficace dans les hallucinations de l'ouïe et dans le delirium tremens, dans la mélancolie suicide avec hallucinations de l'ouïe et de la vue. Lorsqu'il y a accélération du pouls avec œdème des pieds, une infusion de digitale avec le nitre est indiquée. L'iodure de potassium est prôné dans les cas d'extravasation séreuse dans le cerveau, dans la stupidité, dans les cas chroniques, où, par suite d'extravasation séreuse ou de compression, il se présente des symptômes de paralysie, et alors un séton à la nuque est d'un bon secours. Dans la stupidité dépendante d'une congestion cérébrale, dans l'aménorrhée, dans la constipation. Associé à la digitaline, l'iodure de po

(1) En énumérant les divers agents, modificateurs spéciaux, en décrivant leurs actions thérapeutiques, il n'entre pas dans ma pensée de les critiquer, de les discuter. Je dois me borner à un exposé succint de la doctrine et de la pratique de la médecine mentale en Hollande. — Les proportions réduites de mon travail ne permettent pas ces digressions.

tassium est prôné dans la paralysie générale avec idée de grandeur, suite d'excès de boissons spiritueuses. — Dans les cas d'hallucinations, de mélancolies, de suicide, cet agent parait utile. (La suite au prochain N°.) Annales de la Société de médecine d'Anvers, février et mars 1865.)

Sur le traitement de l'ascite et de l'anasarque. — M. le docteur J.-B. Nevins, de Liverpool, conseille, pour le traitement de ces hydropisies, d'évacuer la sérosité le plus tôt possible par des ponctions ou par l'acupuncture, au lieu de réserver ces moyens comme une ressource extrême ainsi qu'on le fait généralement dans la pratique d'après les idées régnantes. Il étaie sa proposition sur les considérations suivantes : que, d'après son expérience, les diurétiques ne produisent dans l'anasarque les résultats désirés, que lorsque la sérosité a déjà été en grande partie éliminée du corps ; ils empêchent alors une nouvelle accumulation de liquides. Il importe donc peu ici qu'on ait débarrassé l'économie, soit par des purgatifs drastiques, soit par l'acupuncture des extrémités inférieures, soit enfin par des sueurs profuses. Et la raison en est que, par suite de l'accumulation de la sérosité dans le tissu cellulaire, celui-ci exerce sur les reins une compression assez forte pour rendre ces organes insensibles à l'excitation des diurétiques. On peut bien commencer le traitement par des sudorifiques et des hydragogues, mais on ne doit pas trop tarder à recourir à l'acupuncture, si l'on n'obtient pas promptement le résultat désiré. Un autre avantage de cette manière de faire, c'est qu'elle met la peau à l'abri des inconvénients qui résultent pour elle d'une accumulation longtemps prolongée de sérosité dans les mailles de sa couche de tissu cellulaire. Quant à l'opération en ellemême, on ne doit que faire un petit nombre de ponctions à la fois ; six suifisent, par excmple, pour un membre Le malade doit être assis et le membre ponctionné ou acupuncturé sera enveloppé d'une flanelle, qu'il faut remplacer par une autre aussitôt qu'elle est mouillée. L'auteur conseille de se servir d'aiguilles ordinaires, rondes, parce que les piqûres rondes sont moins sujettes à s'enflammer. Il conseille la même méthode de traitement dans l'ascite et il avance que lorsque l'accumulation de liquide dans la séreuse abdominale s'est produite sous l'influence de maladies d'une faible gravité, on peut compter sur une

guérison radicale, et que sa méthode est même favorable dans l'ascite qui est déterminée par une maladie du cœur ou une affection du foie. Ainsi, tandis qu'on est dans l'habitude de ne recourir à la ponction que lorsqu'il existe une indication urgente, M. Nevins y a recours de bonne heure et n'attend pas d'y être forcé par la gravité des symptômes ; le liquide ayant été évacué, les hydragogues sont employés avec des résultats très-avantageux. Plus tard, il institue une médication tonique dans laquelle, selon les circonstances, les spiritueux et le thé jouent le rôle principal. Il rapporte trois cas dans lesquels il a obtenu de beaux succès de sa méthode de traitement. | Dr D. ..É.

(Geneesk. Cour. der Nederlanden, N° 22.)

Traitement de l'épilepsie par l'iodure de plomb. —L'emploi des préparations de plomb, de l'acétate en particulier, contre l'épilepsie, n'est pas chose nouvelle ; mais les faits sont si rares et incomplets à cet égard, et, pratiquement, l'épilepsie présente des cas si radicalement incurables et non encore différenciés de ceux qui offrent des chances de guérison, que la plupart des praticiens ne connaissent pas même l'usage de cette préparation. L'action évidente de l'iodure de plomb dans deux cas de ce genre, rapportés par le docteur Ely, de Rochester (Am. med. Times, juin 1865, p. 504) mérite donc de fixer leur attention.

I. Un jumeau, né en octobre 1854, eut une première convulsion en juillet 1861, puis en décembre, une troisième en mai 1862, et à dater de cette époque, les attaques manifestement épileptiques se rapprochèrent, survenant surtout la nuit, puis le jour jusqu'à 5 à 6 fois. Le calomel et les vermifuges, l'oxyde de zinc, la belladone, la quinine, l'iodure de potassium, un séton à la nuque, etc., etc., aidés du régime, n'eurent aucun succès. Une paralysie d'un côté de la face survint et cet enfant était abandonné et devenu comme lunatique, lorsque, le 27 novembre 1862, je preserivis 5 grains d'acétate de plomb par jour, en trois doses, dans une émulsion d'huile de ricin; mais une constipation opiniâtre m'obligea d'y renoncer. J'y substituai 2 grains d'iodure de plomb 5 fois par jour, jusqu'à ce qu'il en résultât une violente entéralgie. Dès lors, les accès diminuèrent, et à la fin de décembre ils avaient cessé et n'ont pas reparu depuis. L'intelligence est revenue ainsi que la santé.

II. Un garçon de 15 ans, ayant des convulsions rares et passagères depuis l'âge de 5 ans, était arrivé graduellement à avoir des accès manifestement épileptiques toutes les trois à quatre semaines, au nombre de 10 à 50 chaque fois dans les trois dernières années ; conjointement à un régime approprié, il prit 50 grains par jour d'oxyde de zinc, pendant trois mois sans le moindre résultat sensible ; 12 bouteilles du valérianate d'ammoniaque de Pierlot qui agit seulement comme palliatif, et pendant les trois ou quatre derniers mois, l'ammoniure de cuivre. Au mois de mars 1865, il commença l'usage de 5 grains, par jour, d'iodure de plomb. Quinze jours après, il eut un accès et deux légers spasmes. Le médicament fut élevé à 9 grains par jour, jusqu'à ce qu'il produisit une entéralgie intense. Depuis lors, il n'a plus eu d'attaques. L'effet du médicament a été de modérer l'appétit qui était trèsexigeant et de diminuer le poids du corps de 158 à 124 livres. — Depuis l'assimilation a repris et la santé s'est améliorée sous tous les rapports.

Il est vivement à désirer que ces essais thérapeutiques soient répétés.

(L'Union médicale, N° 91.)

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Pour un enfant d'environ quatre ans, une cuillerée à café de ce mélange toutes les deux heures; lorsque la convalescence est bien commencée, on en peut donner deux cuillerées à café trois fois par jour.

Ce traitement de la coqueluche n'est nullement nouveau, et si nous le rappelons ici, c'est surtout à cause de la formule nettement déterminée, rapportée ci-dessus. Le docteur Gibb, de Londres, et le docteur Arnoldi, de Montréal, l'ont, en effet, préconisé il y a déjà quelques années.

Il paraît, du reste, que ce moyen est habituellement employé dans la maladie en question par nos confrères de l'autre côté de l'Atlantique; car nous voyons que, entre autres médecins américains, le docteur Mac Nally, de Tenessee, se loue beaucoup de ses effets, et qu'autant en a fait le docteur Ch. Witsell, in Charleston med. Journal and Review, janvier 1857. Ce dernier l'administre mélangé avec du sucre et dilué en forme de limonade, et le fait donner aux malades en aussi grande quantité qu'ils en peuvent boire. (The Journ. of mat. med. et Bulletin général de thérap., 15 mars 1865.)

Sur le catarrhe nasal des enfants à la mamelle. — Cette maladie qui est de peu d'importance dans l'âge adulte, mérite au contraire la plus sérieuse attention lorsqu'elle se présente chez les enfants à la mamelle, et cela à cause du danger de mort qui l'accompagne souvent. Le Dr Hauner, de Munich, en a observé cinq cas chez des enfants, et qui succombèrent tous en peu de jours. La cause de ce catarrhe nasal réside, selon lui, dans une prédisposition individuelle aux catarrhes et dans un refroidissement. Cette affection n'a jamais pour origine une dyscrasie, notamment la syphilis; il est d'ailleurs impossible pour celui qui a quelques connaissances pratiques de confondre le coryza syphilitique avec le catarrhe dont il est ici question. Il arrive fréquemment que des enfants ainsi prédisposés fournissent déjà immédiatement après leur naissance des preuves d'une irritation très-prononcée de la muqueuse nasale, qu'ils éternuent souvent, que le nez est le siége d'une sécrétion abondante, que souvent ils respirent incomplétement et difficilement, qu'ils dorment avec la bouche ouverte et qu'ils se trouvent maintes fois dans un état quasi soporeux. Ces enfants peuvent, par suite du développement ultérieur du coryza, succomber à la fin, soit par la dyspnée, soit par la propagation du catarrhe à la gorge et à la glotte, soit par un œdème du cerveau et des épanchements séreux dans les ventricules, soit enfin par une atrophie à marche rapide. Il n'est pas rare dans les cas de cette espèce, de voir des observateurs superficiels ou peu instruits chercher la cause de la mort dans les organes les plus essentiels de la respiration, c'est-à-dire dans les bronches et même dans les poumons. L'auteur recommande comme traitement de cette maladie de nettoyer soigneusement les cavités nasales avec de l'eau tiède, de badigeonner la muqueuse, dès le début du catarrhe, avec un pinceau chargé d'une solution de nitrate d'argent (1 à 5 grains pour 1 once d'eau distillée), ou d'une solution de sulfate de cuivre (scrup.j —j. ss. pour 1 once d'eau), ou enfin d'une solu

tion de sulfate de zinc, dans la proportion de 1 scrupule à 1 drachme pour 1 once d'eau. Il recommande en outre de couvrir le nez de fomentations chaudes, soit sous forme de cataplasmes, soit sous celle de compresses imbibées d'huile chaude, et d'administrer des bains excitants préparés avec le sel ou le vinaigre : il donne en même temps, à l'intérieur, de petites doses de calomel, ou le sirop de séné, ou le sirop de chicorée composé. Dr D. ..É. (Jahrb. f. Kinderheilk. et Nederlandsch Tydschr. v. geneeskunde, p. 516.)

Emploi avantageux de l'ammoniaque dans un cas de delirium tremens. Toutes les fois qu'un individu adonné aux boissons alcooliques éprouve des troubles nerveux graves, il est urgent , selon M. Piorry, d'employer, comme pierre de touche, une potion ammoniacale. Si les accidents résistent à ce moyen, c'est qu'ils ne sont pas le fait de l'alcoolisme, et alors on cherche ailleurs les éléments du diagnostic. Si, au contraire, la première présomption est fondée, les troubles nerveux se dissipent avec une rapidité remarquable. Un homme robuste, âgé de 45 ans, avait l'habitude de prendre, par jour, deux et quelquefois trois litres de vin blanc. Jusqu'à la fin de février dernier, il a joui d'une santé parfaite; mais, vers le 6 ou 7 mars, sans avoir commis plus d'excès que d'habitude, il éprouva, en se levant, un engourdissement dans le bras et la jambe gauches, tel qu'il ne put s'habiller. Ces troubles du mouvement avaient été précédés de douleurs ayant pour siége le côté droit de la tête, avec tremblement des membres. Le traitement employé en ville avait consisté en saignées, sinapismes , frictions, et tout cela n'avait rien changé à la situation. A son entrée à la Charité, le malade ne pouvait ni marcher, ni se servir de la main gauche ; sa sensibilité s'était aussi émoussée d'une façon notable. Pendant deux jours, M. Piorry fit de l'expectation ; il se contenta d'observer le malade, et voyant son état rester stationnaire, ce professeur prescrivit une potion contenant 12 gouttes d'ammoniaque liquide, pour 150 grammes d'eau distillée et 25 grammes de sirop de sucre. Trois jours après l'administration de cette potion, l'amélioration était remarquable. Le malade pouvait marcher et se servir de son bras. Il ne restait de son état primitif qu'un peu de tremblement qui entraînait à un faible degré la claudication. (J. de méd. et de chir. prat., juillet 1865.)

Note sur une anomalie non décrite de la muqueuse buccale ; par M. MooRE NELIGAN. — Nous appelons l'attention des médecins sur ce fait qui doit être bien exceptionnel, mais qu'il est utile de connaitre, ne fût-ce qu'au point de vue où se place M. Neligan, c'est-à-dire du pronostic à porter, par exemple quand il s'agit de délivrer un certificat pour une société d'assurances sur la vie. Il s'agit d'un homme âgé de 46 ans, dont la santé générale ne laissait rien à désirer, et qui présentait seulement un aspect tout à fait extraordinaire de la muqueuse de la langue et des joues. Cette membrane était épaisse, blanchâtre, inégale ; elle était, du reste, parfaitement nette et ne présentait pas d'enduit. Les papilles étaient effacées, et la langue ressenblait beaucoup à celle d'une tête de veau bouillie dans l'eau. Les fonctions de la muqueuse étaient d'ailleurs conservées complétement intactes, ainsi que celles des glandes salivaires, etc. Le malade n'y ressentait aucune sensation douloureuse. Il faisait remonter le début de cette anomalie à sa dix-huitième année et l'attribuait à l'abus du tabac. Environ quatre ans et demi après le premier examen de M. Neligan, cet homme se mordit la langue. Un tubercule se dévefoppa au niveau de la morsure, sous la, muqueuse. On y appliqua des caustiques, qui amenèrent finalement des hémorrhagies. Une opération plus radicale fut alors exécutée, mais le malade mourut au bout de quelques mois avec une infiltration cancéreuse des ganglions du cou. M. Neligan avait, dit-il, prévu la possibilité d'une pareille dégénérescence , mais il n'indique pas les raisons qui lui faisaient porter ce pronostic, et il nous serait difficile de les diviner. (The Dublin Journ. of medical Science et Gazette médicale de Paris, N° 52.)

Rhinite ulcéreuse et fétide guérie par la méthode de M. Cazenave. — Il ne faut pas que la faveur qui accueille les nouveaux médicaments fasse oublier les anciens. Nous avons déjà enregistré les succès du permanganate de potasse dans le traitement de l'ozène ; nous rapprocherons de ces faits intéressants le cas d'une jeune fille guérie par la méthode de M. Cazenave d'un ozène durant depuis sept

ans, survenu à la suite de coryzas successifs et dont la persistance empêchait cette jeune personne de se marier. M. Delhaie, médecin principal de l'armée belge, ayant été consulté dans la circonstance dont il s'agit, s'adressa au chlorure de chaux liquide longtemps préconisé en pareil cas par les médecins anglais, mais il échoua complétement. Ce praticien eut alors recours au traitement par le nitrate d'argent tel que l'a institué M. Cazenave. Il toucha d'abord les parties ulcérées des narines avec le crayon de sel lunaire et répéta cette opération tous les quatre Jours. Après huit cautérisations, M. Delhaie fit adapter à une seringue un tube recourbé assez long et fit tous les deux jours des injections avec les solutions suivantes. Azotate d'argent . Eau distillée . . Azotate d'argent . 2 grammes. Lau distillée . . . 50 Il commença par la première solution, puis passa bientôt à la seconde. En même temps, la malade, qui était lymphatique et chloro-anémique, prit des pilules de Blancard, suivit un bon régime, habita un lieu sec. Après trois mois de ce traitement, la jeune fille était radicalement guérie. Depuis elle s'est mariée et sa santé est restée parfaite. M. Delhaie conclut de cette observation qu'il importe de prévenir l'ozène en combattant les coryzas à répétition chez les sujets lymphatiques, et que, si l'ozène s'est déclaré et persiste depuis longtemps, c'est surtout à la médication par le nitrate d'argent qu'il faut en demander la guérison radicale. (J. de méd. et de chir. prat., juillet 1865.)

1 gramme. 50

Emploi du chlorate de potasse à l'intérieur dans le traitement du cancroide des lévres. — Dans une lecture faite récemment à l'Académie de médecine sur les tumeurs épithéliales chez les animaux domestiques, M. Leblanc fils signalait, entre autres faits nouveaux et tous également dignes d'intérêt, les heureux résultats que paraît avoir donnés, dans quelques cas de cancroïde des lèvres chez le cheval, l'emploi interne longtemps continué du chlorate de potasse. M. Leblanc ajoutait, trèsprudemment d'ailleurs, que ces résultats avaient besoin d'être confirmés pour passer à l'état de certitude. M. Laugier a saisi la première occasion qui s'est présentée d'expérimenter chez l'homme cette médication, qui n'avait encore été essayée, en pareil

cas ou dans des circonstances analogues, si nos souvenirs ne nous font pas défaut, qu'à l'état topique. Nous avons vu dans le service de ce professeur, à l'Hôtel-Dieu, un malade atteint depuis trois mois d'un cancroïde de l'extrémité gauche de la lèvre inférieure et qui a été soumis depuis huit jours à l'usage interne du chlorate de potasse à la dose de 1 gr. 50. Dans ce court délai le cancroïde a déjà subi une modification très-appréciable dans son aspect, et qui nous a paru, comme à M. Laugier, de nature à encourager la poursuite de cette tentative. Nous suivrons ce malade et nous tiendrons nos lecteurs au courant du résultat définitif qui pourra être constaté.

(Gaz. des hôp. et l'Abeille méd., N° 28.)

Observations sur la glossite et sur son traitement, par le doct. HERMANN DEMME. — L'auteur rapporte 52 cas de glossite, traités dans le service de clinique chirurgicale à Berne, dans l'espace de 25 ans. Il a constaté le fait très-remarquable d'une espèce d'épidémie locale de glossite, constituée par 8 cas, qui se sont présentés en quelques semaines dans une seule localité, et qui tous ont manifesté une grande tendance à revêtir la forme suppurative. Sur les 52 cas observés, la glossite a présenté 29 fois la forme phlegmoneuse, et 5 fois elle a été constituée par une myoglossite proprement dite. La terminaison la plus ordinaire a été la résolution, bien que la suppuration n'ait pas été rare, lorsque le processus d'exsudation a envahi les parties les plus profondes de la langue. Lorsqu'il se manifeste dans ces parties profondes des foyers d'exsudation avec une tendance marquée vers la suppuration, l'emploi topique de la teinture d'iode est, d'après l'expérience de M. Demme, un expédient fort utile qui provoque la résolution et l'absorption : on étend cette teinture à l'aide d'un pinceau sur la, surface de la langue, préalablement détergée de toute trace de salive et de mucus. en ayant bien soin que le médicament ne tombe pas dans la glotte. M. Demme recommande la teinture d'iode non-seulement dans la forme circonscrite, mais aussi dans la forme diffuse de la glossite. (Ebdomad. Clinico et Presse méd., N° 54.)

Sur I'examen des urines dans le typhus. - Depuis deux ans le professeur Primavera s'est livré, de concert avec le docteur Prudente, directeur de la clinique médicale de Naples, à des recherches sur

la constitution des urines dans diverses ma

· ladies. Des essais maintes fois répétés lui

ont permis d'établir, relativement aux modifications des différents sels des urines, certaines lois qui seraient d'une très-grande utilité pour la pratique, si elles étaient confirmées par d'autres observateurs. 1. L'absence complète de chlorures dans les urines est un signe diagnostique, pathognomonique de la fièvre typhoïde. Ce signe peut servir à distinguer cette maladie d'une fièvre continue ordinaire ou d'une fièvre intermittente, dans lesquelles l'urine renferme toujours une quantité assez notable de chlorures. 2. Pendant toute la période d'augment, ou même durant tout le cours du typhus, si celui-ci doit avoir une issue funeste, l'urine se fait remarquer non-seulement par l'absence complète de chlorures, mais encore par une forte diminution des phosphates et des urates. 5. Le premicr pas vers un amendement favorable est plus sûrement démontré par une augmentation rapide et importante des phosphates, que par tout autre signe. 4. La deuxième période de l'amélioration est annoncée par une augmentation simultanée des urates. 5. Enfin le retour des chlorures dans l'urine des typhisés annonce une guérison certaine. Il est bon de faire remarquer qu'un simple examen à vue d'œil est ici insuffisant pour apprécier approximativement la quantité des urates, car s'il est vrai que ces sels, lorsqu'ils sont en excès, sont précipités par le refroidissement et font reconnaître leur présence en rendant les urines troubles, il est certain aussi qu'ils peuvent être maintenus à l'état de dissolution par la présence du phosphate d'ammoniaque. Dans ce dernier cas, il suffit, après que l'urine est refroidie, d'y ajouter quelques gouttes d'acide pour la voir se troubler par un précipité d'urates. Il convient d'employer l'acide acétique plutôt que l'acide azotique, parce que celui-ci précipite aussi bien l'albumine que les urates. Il est même vraisemblable, ajoute M. Primavera, que l'albumine trouvée dans les urines des typhisés par certains observateurs n'était autre chose que des urates, par la raison qu'ils se sont servis de l'acide azotique. Dr I).. É. (Gencesk. Cour. der Nederlanden, N° 25.)

Sur l'hydropisie scarlatineuse de Bright et de son traitement. — Après avoir établi l'étiologie, la pathologic, le

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