Images de page
PDF

ment; la deuxième est écrite, Hmais doit être revue et copiée. J'aurais hesoin de quinze jours à un mois pour la livrer dans un état convenable à l'Académie. » J'ai donc l'honneur de solliciter du bureau le délai nécessaire et de le prier de vouloir admettre mon travail dans ces conditions. » L'académie décide que ces questions seront remises au concours en même temps que celles qui, aux termes de l'article 111 du règlement, vont être choisies par les sections et proposées par la compagnie dans une prochaine séance. M. le président annonce que les sections ont désigné, pour faire partie de la commission de présentation de membres honoraires et de correspondants, MM. Fallot, Tallois, Michaux, Sovet, Chandelon et Gaudy. M. Chandelon, l'un des commissaires du gouvernement à l'Exposition universelle de Londres, en 1862, fait hommage à l'Académie de son rapport sur les substances et produits chimiques, procédés et produits pharmaceutiques. — Remercîments. M. le docteur Van de Loo, de Venloo, fait hommage à l'Académie d'un livre qu'il vient de publier en allemand, et qui contient ses divers travaux sur les bandages plâtrés amovo-inamovibles. Il annonce en même temps qu'il enverral'édition française de cet ouvrage, aussitôt qu'elle aura paru. M. Thiernesse, qui, dans la dernière séance de l'Académie, a fait avec MM. IIairion et Pétry la proposition de porter M. Lavocat, de Toulouse, sur la liste des aspirants au titre de correspondant, dépose sur le bureau les titres scientifiques de ce candidat et offre en même temps à la compagnie, de la part de ce savant, trois opuscules, intitulés : Le premier : Détermination méthodique et positive des vertèbres céphaliques, ou nouvelles études d'anatomie philosophique sur la constitution de la tête, ramenée au type vertébral chez tous les vertébrés ; Le deuxième : Preuves tératologiques de la construction vertébrale et de la dualité de la tête ; Le troisième : Recherches d'anatomie comparée sur l'appareil temporo-jugal et palatin des vertébrés. Ces divers documents sont renvoyés à la commission qui scra chargée de faire des présentations de membres honoraires et de correspondants. RAPPoRTs ET DIscUssIoNs. — 1. Rapport de la quatrième section sur le travail de M. le docteur Janssens, relatif à la statistique des décès de l'année 1862, dans la ville de Bruxelles et à la statistique des

maladies, cause des décès, observées dans la même ville pendant le premier trimestre de l'année courante. — M. Sovet, rapporteur. Les conclusions de ce rapport tendent : 1° A déposer honorablement le travail de M. Janssens dans les archives de la compagnie ; 2° A adresser des remercîments à l'auteur qui est déjà inscrit sur la liste des aspirants au titre de correspondant ; 5° A l'engager à continuer ses résumés statistiques et à les transmettre à l'Académie. Ces conclusions sont adoptées. M. le président fait observer que la section émet une autre proposition dans son rapport : celle d'inviter M. Janssens à envoyer à la compagnie un tableau mensuel des décès, en y ajoutant les causes présumées des maladies : tableau qui pourrait être inséré au Bulletin. Cette proposition est également admise. 2. Rapport de la commission chargée de l'examen de la communication dc M. le docteur Larondelle, de Verviers, intitulée : Observation d'une grossesse compliquée d'hydropisie ascite. Avortements. Ponction abdominale répétée deux fois dans le courant de la dernière grossesse.— Accouchement à terme. — M. Hubert, rapportcur. La commission propose d'adresser des remercîments à l'auteur de cette communication et de la déposer honorablement dans les archives de la compagnie. Adopté. 5. Rapport de la commission qui a été chargée d'examiner les deux observations de M. le docteur Cousot, de Dinant, intitulées : Fistules vésico-vaginales. — Arirement au moyen de la cautérisation. Réunion sans suture. Guérison. M. Soupart, rapporteur. « Nous croyons, Messieurs, dit le rapporteur en terminant, que les deux observations de M. Cousot sont une bonne fortune pour la chirurgie, et nous proposons à l'Académie d'en ordonner l'impression. » Nous lui proposons en outre de porter le nom de ce praticien sur la liste des candidats inscrits pour obtenir le titre de correspondant et de le remercier de l'envoi qu'il a fait de sa communication à la compagn1c. » Ces conclusions sont mises aux voix et adoptées. 4. Suite de la discussion de la communication de M. Vleminckx sur l'ophthalmie dite militaire, et du rapport rédigé par M. IIairion au nom de la commission qui a été chargée de faire des recherches sur la nature des granulations. M. Lebeau ayant remplacé M. le président au fauteuil, MM. Van Roosbroeck, Hairion, Vleminckx et Thiry prennent successivement la parole. L'assemblée ajourne ensuite la discussion à la prochaine séance. CoMITÉ sECRET. — L'Académie avait à pourvoir à une place de membre titulaire laissée vacante dans la quatrième section, par la mort de M. Martens. Aucune adjonction n'ayant été demandée à la liste des candidats présentés par la section, il est procédé au scrutin, qui donne la majorité absolue à M. le docteur Julien Van Roosbroeck, professeur à l'université de Gand. Cette élection sera soumise à l'approbation du Roi. - La séance est levée à deux hcures et demie.

Académie de Médecine de Paris.

Séance du 25 juin 1865.

EMPLoI DU PERMANGANATE DE PoTAssE C0MME DÉSINFECTANT. — M. BLACHE donne lecture d'un rapport officiel sur un mémoire de M. le docteur Castex, relatif à cette question. Le permanganate de potasse, depuis longtemps connu des chimistes, n'avait pas encore reçu d'application bien déterminée en thérapeutique. Les Anglais se servent, depuis plusieurs années déjà, de solutions de ce sel pour désinfecter l'air et les matières animales. M. Castex, un des premiers, a eu l'idée d'utiliser le permanganate de potasse à la désinfection des liquides et des sécrétions morbides, ainsi qu'au Pansement des plaies fétides ou de mauVaise nature Ce praticien s'est assuré que le permanganate de potasse détruit la mauvaise odeur, anéantit les miasmes et modifie les matières putrides en les oxydant; ce sel constitue donc un excellent désinfectant. Les expériences entreprises par M. Réveil ont pleinement confirmé les résultats obtenus par M. Castex. M. Réveil conoeille d'employer une solution au dixième et au centième. Les taches que cette solution laisse sur le linge s'effacent aisément par une macération peu prolongée dans de l'eau additionné d'une faible quantité d'acide chlorhydrique. Le permanganate de potasse a réussi dans plusieurs affections fétides, l'ozène,

l'ichor cancéreux, l'otorrhée chronique, et certaines vaginites. En résumé, M. Castex a rendu un service véritable à la science, en signalant les propriétés désinfectantes du permanganate de potasse. M. le rapporteur propose d'adresser des remerciments à l'auteur, et de renvoyer son travail au comité de publication. M. GAULTIER DE CLAUBRY réclame en faveur de M. le docteur Daluna la priorité de l'application du permanganate de potasse comme désinfectant au point de vue de l'hygiène. L'ouvrage dans lequel sont consignées les idées de M. Daluna a été traduit de l'espagnol, il y a sept ans, par M, Gaultier de Glaubry, et publié dans les Annales de chimie et de pharmacie, il ajoute que la préparation avec la potasse seule et le bi-oxyde de manganèse a été bien étudiée par M. Personne, le premier. M. J. CLoQUET émet le désir que, puisque le permanganate est un désinfectant d'une puissance réelle, on l'emploie dans les cas d'angine couenneuse et de croup. Il pense encore que peut-être, employé à l'intérieur, ce sel rendrait de grands services dans les affections septiques. M. BLACIIE répond que ce sel a été cmployé dans les cas d'angine couenneuse extrêmement fétide, chez les enfants, et qu'il a réussi au moins contre la fétidité. M. DEvERGIE parle du phénate de soude qu'il considère comme plus efficace encore que le permanganate de potasse. Des essais tentés à la Morgue ont montré que toute mauvaise odeur disparaît, et que les mouches n'approchent pas des substances qui ont été aspergées par le phénate de soude. De plus, le phénate de soude n'a aucune valeur commerciale, tandis que le permanganate coûte assez cher. M. BLACHE répond que l'acide phénique a été mis en usage comme désinfectant chez les enfants, mais que les résultats n'ont pas été aussi satisfaisants que ceux obtenus avcc le permanganate de potasse. Les conclusions du rapport sont adoptées. FIÈvRE JAUNE. — L'ordre du jour appelle la suite de la discussion sur la fièvre jaune. — M. J. Guérin a la parole. M. Guérin désire présenter quelques observations sur la période d'incubation de la fièvre jaune. Il pense qu'il est trèsimportant de distinguer la période d'incubation de la période prodromique. La période d'incubation existe dans toutes les maladies virulentes ; quelques doutes ont été émis à cet égard, relativement aux affections charbonneuses ; mais le fait est maintenant bien établi et ne saurait plus être contesté. Cette période est, de toutes les périodes des affections virulentes, la plus accessible aux médications. M. Mêlier, admettant cette période avec la plupart des observateurs, la limite à trois jours. J'ai apporté tous mes soins, dit M. Guérin, à analyser les faits sur lesquels il s'appuie. Fallait-il prendre, pour apprécier cette durée, le jour où le malade a été exposé à l'infection ; ou bien le jour où cette exposition a cessé; ou bien encore, fallait-il prendre la moyenne entre ces deux dates ? J'ai dressé trois tableaux, pris à chacun de ces points de vue, et je dois dire que ce sont les moyennes qui donnent quelque chose de certain, de sérieux. Ce travail, d'ailleurs, m'a conduit à des résultats un peu différents de ceux de M. Mêlier. J'arrive, par mon procédé, à une incubation de cinq à six jours, et de huit jours au plus. Ce sont surtout les malades du Chastang qui m'ont permis d'apporter le plus de rigueur dans ces recherches, parce qu'ils avaient pu être observés plus étroitement peut-être que les autres. Pour M. le docteur Chaillon, dont on a l'observation précise, la durée de l'incubation a été de 11 jours. Notre confrère avait donné ses soins à un malade le 5 et le 4 août; il l'avait frictionné lui-même ; ce ne fut que le 15 août qu'il fut pris par les premiers accidents de la fièvre jaune. M. Guérin, comparant la fièvre jaune au choléra, établit, d'après toutes les relations des observateurs, que la mortalité de celle-là est de 60 pour 100 environ. Il en infère que l'étude de la période d'incubation serait particulièrement intéressante, puisqu'on aurait peut-être plus de chances, si on la connaissait bien, d'agir avec succès. Mais, dit M. Guérin, je ne crois pas que personne se soit placé, jusqu'à présent à ce point de vue. Il fait plusieurs citations établissant la possibilité sinon la réalité d'une période prodromique de la fièvre jaune. Y a-t-il une fièvre jaune ébauchée ? La première fois que le choléra vint nous visiter, on le considérait comme une maladie foudroyante ; nous savons maintenant qu'il n'en est plus tout à fait ainsi. Pourquoi les virus agiraient-ils toujours de même sur des organismes qui diffèrent à tant d'égards ? En général, l'étude des ébauches des maladies a une importance considérable, si l'on songe surtout que les épidémies elles-mêmes procèdent comme les manifestations individuelles, c'est-à-dire qu'elles

sont précédées par une période prodromique. Toute épidémie réalisée a été précédée par une épidémie ébauchée, atté. Il IleC . En résumé, il existe pour la fièvre jaune une période d'incubation. Cette période peut être reconnue par l'étude attentive des exhalations pulmonaires ; — il y a des fièvres jaunes ébauchées, comme il y a d'autres maladies virulentes ébauchées, en supposant, contre toute probabilité, que quelques-unes ne le soient pas. Enfin, les épidémies elles-mêmes peuvent n'être qu'ébauchées, et, dans tous les cas, elles présentent une période prodromique. Sur la demande de M. J. Guérin, la parole lui est réservée pour compléter son discours dans la séance prochaine, et présenter des conclusions générales. NoUvELLE soURCE DE vACCIN.—M. H. BoULEY rend compte à l'Académie du fait suivant : Un cheval lui fut amené, présentant sur toute la muqueuse buccale et gingivale une éruption vésiculeuse. M. H. Bouley diagnostiqua une stomatite aphtheuse contagieuse. Plusieurs chevaux mis en contact avec le cheval malade furent affectés de la même façon. Tous ceux à qui l'on fit mâcher des étoupes préalablement mâchées par le premier cheval eurent également une stomatite aphtheuse. Pour répondre à certaines interpellations de M. Depaul, M. H. Bouley s'était promis d'inoculer aux vaches toutes les affections éruptives du cheval. Le 10 juin, ilinocula le liquide des vésicules aphtheuses à une vache, qui, le 18 juin, offrit sur cinq piqûres, quatre magnifiques pustules de cow-pox. Ces pustules examinées , par M. le docteur Marchant, médccin de l'École d'Alfort, servirent à inoculer un enfant de 5 à 6 mois, qui présenta bientôt des boutons de vaccine. Plusieurs élèves d'Alfort, inoculés également par M. le docteur Marchant, virent des pustules de vaccin se développer sur leurs bras ct suivre leurs phases régulières. L'enfant et les élèves, présentés à l'Académie, sont examinés par tous les membres présents, et par le public. PELLAGRE. — M. DUGUET, interne dc l'hôpital Saint-Louis, présente, à l'Académie, un malade du service de M. Guérin. C'est un homme de 54 ans, né à la Villette, charretier de son état, et qui a, depuis trente ans, un érythème du dos des mains, avec desquammation en plaques, sans troubles digestifs. Cet érythème, qui disparaît en partie à la fin de l'été, en automne et pendant l'hiver, reparait au com

[merged small][ocr errors]

FIÈvRE JAUNE. — Après une série de rapports sur les remèdes secrets lus par M. Roger et tous défavorables, est appelé à la tribune M. Guérin, qui résume la seconde partie de son argumentation dans les conclusions suivantes: 1° La principale source du contagium morbide et des foyers d'infection est l'organisme malade, et plus directement le produit de l'expiration : celui-ci agissant, quant à l'organisme humain qui le reçoit, en vertu d'une sorte de catalyse qui le développe et le multiplie, comme tous les contagium virulents inoculés à l'homme ; et quant aux récipients extérieurs, habitations, navires, hôpitaux, en accumulant des miasmes ou germes qui s'y agglomèrent et s'y condensent, en raison du nombre des malades y séjournant et en raison du degré d'occlusion ou de ventilation de l'espace où ils ont séjourné : ces deux conditions décidant de l'intensité du contagium, de la gravité de la maladie et de sa force de contagion ou de transmission. 2° La fièvre jaune paraît donner, par une première atteinte, une immunité semblable à celle que donne une première atteinte de variole, de choléra, de peste, de typhus et autres maladies virulentes contagieuses. L'immunité dont jouissent les habitants des pays où la fièvre jaune règne habituellement paraît résulter d'une première atteinte de la maladie sous la forme ébauchée, celle-ci conservant, comme la forme la plus intense, la propriété de créer une immunité au profit de ceux qui en ont éprouvé une première atteinte. Au point de vue pratique : 5° La prophylaxie de la fièvre jaune doit surtout avoir égard aux malades considérés comme récipients du principe morbide et comme source des contagium ; ils doivent être isolés et non-seulement changés de lieux et de vêtement, mais nettoyés à l'intérieur, c'est-à-dire purgés à plusieurs reprises, même alors qu'ils n'offrent aucun symptôme prodromique et par le fait seulement de leur cohabitation dans les foyers d'infection. 4° La théorie, l'analogie et l'expérience sont d'accord pour établir qu'un ou plusieurs éméto-cathartiques, administrés pendant le cours de la période d'incubation, sont susceptibles d'arrêter ou d'atténuer le développement de la fièvre jaune, comme une médication analogue, administrée au début de la période prodromique du cho

léra, arrête presque toujours le développement mortel de cette maladie. 5° Il est permis d'espérer que l'inoculation du principe de la fièvre jaune, atténuée par une troisième ou une quatrième transmission isolée, aura pour effet de créer une immunité de la maladie analogue à celle dont jouissent les naturels du pays où elle règne et analogue à l'immunité vaccinale pour la petite vérole. 6° La théorie de l'immunité vaccinale, comprise comme elle doit l'être, permet d'espérer que toutes les maladies virulentes et contagieuses, telles que la fièvre jaune, la peste, le typhus charbonneux, la fièvre typhoïde épidémique, etc., seront un jour inoculables, à titre de préservation vaccinale, lorsqu'on aura déterminé les conditions et les règles propres à ramener le principe contagieux de la maladie à son plus faible degré de virulence et de contagiosité, et lorsque ce principe aura pu être isolé. Cow-pox. — M. BoULEY lit dans une note sur les faits qu'il a présentés à l'Académie dans la dernière séance.Après avoir exposé l'observation du cheval malade, l'inoculation sur une vache de Schwitz qui était d'une bonne santé, il rappelle qu'on prit la sérosité qui sortait des vésicules de la bouche du cheval malade. Le huitième jour, un véritable cow-pox existait sur la mamelle de l'animal ainsi vacciné. Outre

· les faits rapportés dans la séance dernière,

un autre a été produit. Un cheval a été vacciné, et il s'est développé un cow-pox sur une partie dépourvue de poils où l'inoculation avait été pratiquée. M. Bouley a défendu, il y a quelque temps, l'idée ancienne que beaucoup des maladies des chevaux se communiquaient à la vache et donnaient le cow-pox.Cette idée a été vivement combattue. Dans tous les cas, un fait doit demeurer incontestable aujourd'hui après les expériences de Toulouse ct celles d'Alfort. Le cheval est un vaccinogène, comme le génie de Jenner l'avait si merveilleusement pressenti. Peutêtre n'y a-t-il qu'une seule de ses maladies à formes diversifiées qui soit la source du cow-pox, et le présentateur n'est pas fâché d'ajoutei une maladie nouvelle au grease et au sore-heels de Jenner, au javart de Sacco, à l'affection furonculeuse de Hertwigh, à la maladie pustuleuse de M. Lafosse, qui toutes sont réputées, et quelques-unes démontrées expérimentalement pouvoir donner naissance au cow-pox par l'inoculation. PRÉsENTATIoN DU TRoNc DANs LEs RÉTRÉCIssEMENTs ExTRÊMEs DU BAssIN.—M. le docteur PAJoT, candidat à la place vacante dans la section d'accouchement, lit un mémoire sur les présentations du tronc dans les rétrécissements extrêmes du bassin. Il résume cinq observations de rétrécissements extrêmes en présence desquels il a dû agir. Dans les quatre premiers cas, suivis de mort, trois fois l'enfant était à terme; dans le cinquième cas le fœtus avait huit mois ; l'accouchement fut provoqué, la version tentée ; malgré l'amputation du bras, si favorable en général à la version, elle ne réussit qu'après de longs efforts; la crâniotomie dut être pratiquée. De ces faits et de leur discussion, les conclusions suivantes ont été tirées : 1° Si l'enfant est à terme et vit, s'il se présente par le tronc, dans un rétrécissement au-dessous de 6 à 7 centimètres, la version par les manœuvres externes ayant été tentée avec prudence dans le but de faciliter ensuite l'application des instruments, et ayant été reconnue impossible, l'opération césarienne est proposable. 2° Le fœtus n'étant pas à terme, la version étant reconnue impossible, l'amputation du bras favorisera certainement les manœuvres d'évolution du fœtus. D'ailleurs la section du cou ou du tronc sera faite très-facilement par un procédé nouveau (indiqué plus bas), et l'extraction du fœtus ne présentera alors que des difficultés surmontables si le fœtus n'a pas dépassé de beaucoup le septième mois. 5° Si l'enfant est mort même à terme, quelques difficultés, quelques dangers présentés par la série d'opérations nécessaires pour accoucher la femme par les voies naturelles, l'opération césarienne sera absolument repoussée. Après avoir appliqué le nouveau procédé d'embryotomie, on s'efforcera de broyer successivement les diverses parties fœtales qui se présentent au détroit supérieur par la céphalotripsie répétée, dont on ne retrouve guère les traces que dans l'ouvrage de M. Chailly. M. Pajot termine en exposant un procédé d'embryotomie dont il est l'auteur. Il se sert d'une des branches du forceps. Le crochet qui le termine est perforé, et laisse passer une corde fine connue sous le nom vulgaire de fouet. Au sommet de l'anse formée et engagée dans le canal du crochet, se trouve une balle de plomb. Ce crochet introduit, la balle de plomb tend à retomber vers le col utérin, entraînant avec elle le fil. Un spéculum étant introduit dans le vagin pour le protéger, le chirurgien tire les deux chefs du fil alternativement en sciant.

Moins d'une minute suffit pour opérer la section du cou ou du tronc. Dans le cas où le fœtus est volumineux ; où les omoplates sont embrassées par le fil, la durée de la section peut aller jusqu'à cinq minutes au plus.

Le crochet mousse pénètre facilement dans le bassin le plus rétréci. Il n'a qu'un avantage sur le même instrument modifié depuis par M. Tarnier, qui a fait construire une espèce de sonde de Belloc réellement utile, celui d'être un instrument que l'on peut avoir en toute occasion sans augmenter le bagage de l'accoucheur. (Commissaires : MM. P. Dubois, Danyau et Depaul.)

Séance du 7 juillet.

DEs DILATATEURs DE L'UTÉRUs DANs L'AccoUCHEMENT PRÉMATURÉ ARTIFICIEL. — M. DEvILLIERs lit un rapport sur les instruments dilatateurs de l'utérus, des docteurs Daudé (de Marvejols), Lépine père et Moyne (de Dijon), pour provoquer l'accouchement prématuré. Le rapporteur passe sommairement en revue les divers procédés mis en usage pour provoquer l'accouchement prématuré ; le tamponnement du vagin, les douches utérines, le décollement des membranes et la dilatation du col. Il examine les instruments imaginés pour obtenir ce résultat et il insiste particulièrement sur les dilatateurs en caoutchouc, qui plus que les autres sont susceptibles d'acquérir un grand développement, et d'agir promptement. Après une description de l'appareil de M. Daudé, M. Devilliers rappelle qu'il a lui-même fait construire en 1847 un appareil analogue à ceux répandus aujourd'hui : mais il y renonça bientôt, conseillé par les résultats peu avantageux qu'il avait retirés de son emploi. L'appareil de M. Daudé, quoique le mécanisme en soit plus simple et l'application plus facile, a échoué dans un cas observé par M. Devilliers à la Maternité de Dijon au mois d'octobre 1862. C'est dans cette circonstance que MM. les docteurs Lépine père et Moyne proposèrent l'emploi d'une vessie de caoutchouc ou de baudruche fixée au bout d'une sonde n° 8 ou 9 par plusieurs tours de fil ; instrument dont ils avaient depuis longtemps conçu l'idée, et qu'ils construisirent instantanément. Il est à remarquer que dans ce cas il y eut décollement partiel du placenta, hémorrhagie très-légère, et que néanmoins il ne survint aucun accident à la mère, qui se rétablit promptement après l'extraction

« PrécédentContinuer »