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tension, il attribuc à l'hypochlorite de soude des avantages non moins signalés dans le traitement de la goutte. Je ne conteste point que l'hypochlorite de soude ne puisse être chimiquement parlant, un excellent moyen thérapeutique, mais pour affirmer l'efficacité de ce moyen il faut autre chose que des déductions chimiques, il faut l'expérience sur l'homme malade. Donc, si j'admets aujourd'hui la manière de voir de M. Van den Corput, c'est sous bénéfice d'inventaire. Je me méfie beaucoup, Messieurs, de ces théories chimiques auxquelles on veut soumettre l'organisme vivant; quelque brillantes qu'clles puissent paraître elles ne m'entraineront jamais, surtout lorsqu'elles prétendront être exclusives. La chimie peut certainement rendre des services, mais elle ne peut franchir les limites qui lui sont assignées par la nature ellemême. Autre chose est d'opérer dans un creuset, dans un laboratoire, autre chose est d'opérer sur les corps vivants; il se passe dans l'organisme humain, quelle que soit la substance que vous administrez, des réactions qui échappent et échapperont toujours au chimiste le plus autorisé. Ce que je dis ici d'une manière générale, s'applique exactement à ce que nous a dit M. Van den Corput à propos de la formation des calculs et de leur traitement. M. Van den Corput finit ceperidant par nous dire qu'il a fait des expériences cliniques avec l'hypochlorite de soude, que, notamment, il en a retiré des résultats avantageux contre la goutte ; j'accepte dans ce sens, avcc bonheur, son affirmation ; et si l'efficacité qu'il accorde à l'hypochlorite de soude dans la goutte, se révèle et se soutient dans des expériences ultérieures, je n'hésite point, pour ma part, à proclamer qu'il aura rendu un grand service à la science et à l'humanité. M. CRocQ. M. Delvaux prétend que l'hypochlorite de soude n'est pas un oxydant. Mais si c'est une combinaison de la soude avec l'acide hypochloreux, ne doit-il pas, en se décomposant, produire de l'oxygène ? Quclques réflexions maintenant sur ce que vient de dire M. Thiry. Quoiqu'il invoque ici l'action de la vie, du principe vital, je crois que tous les actes qu'on rapporte à celui-ci ne sont que des actions physiques ou chimiqucs qui se produisent dans l'économie animale. M. DELvAUx. C'est exorbitant ! M. THIRY. Ju proteste contrc cctte assertion . M. CRocQ. Les actions vitales nc sont

absolument autre chose que des actes physiques et chimiques s'accomplissant dans certaines conditions déterminées. On vient encore nous répéter : vous ne sauriez pas reproduire dans un creuset les phénomènes de transformation qui se passent dans l'estomac. Cette aflirmation est un peu sujette à caution en présence des expériences de digestion artificielle de Blondlot, de Beau mont, et de plusieurs autres physiologistes; ces expériences prouvent que l'on peut fort bien produire des phénomènes semblables à ceux qui se passent dans l'estomac. Cependant il y a certaines conditions que nous concevons bien, qui existent dans l'estomae. et que nous ne pouvons pas réaliser dans nos appareils de chimie ; mais ce sont des conditions toutes matérielles, toutes physiques et chimiques. L'estomac est contractile, il imprime à la masse qu'il contient un mouvement continuel ; les fluides gastriques sont produits d'une manière continue au fur et à mesure que la digestion avance, de manière à exercer une action continue aussi, et sans cesse renouvelée sur le contenu de l'organe. Tout cela ne peut sans doute être réalisé dans nos laboratoires, mais ce sont bien pourtant des conditions physiques et chimiques, et rien de plus. M. DELVAUx. Du tout. M. CRocQ. Certainement, et nous ne saurions pas même le comprendre autrement. Mais, nous dit-on, avec votre chimie, vous ne sauriez pas même produire de la matière fécale. Je crois, qu'il n'y a pas à répondre à cet argument, plus plaisant que sérieux; la matière fécale n'est pas un principc immédiat; on saurait peut-être fort bien préparer, par des moyens artificiels, tous les principes contenus dans la matière fécale. Du reste, dans l'intestin comme dans l'estomac, existent ces conditions que je viens d'indiquer, conditions toutes physiques et chimiques, mais que nous ne saurions pas réaliser; ne reculant devant aucune des conséquences du principe que je viens de poser, je laisse là les points où ma tâche est par trop facile, pour aborder de front la sphère la plus élevée des phénomènes vitaux, le dernier refuge du vitalisme, l'action nerveuse. Plus la science progresse, plus il devient évident que les actions sensitives et motrices, produites et transmises par le système nerveux, ne sont que des phénomènes de composition et de décomposition qui s'opèrent sans cesse et instantanément dans les éléments de ce système, marchant de proche en proche dans ces éléments, d'une manière analogue à ce qu'on voit dans la production des images photographiques . Ces phénomènes ne m'empêcheront donc pas de proclamer de nouveau ce principe que dans l'organisme tout se fait et se produit en vertu des forces générales de la matière. M. VAN DEN CoRPUr. Je partage entièrement la manière de voir de M. Crocq qui est cclle de la plupart des physiologistes modernes. C'est aussi l'opinion de Virchow et c'est celle que vient de développer le docteur Büchner, dans son livre : Force et matière, qui fait en ce moment sensation en Allemagne. Quant à l'objection présentée par M. Delvaux, à propos de l'action des hypochlorites, jc ferai remarquer qu'elle se réduit à une question de mots. Qu'est-ce en effet que l'hypochlorite sodique? C'est tout bonnement du chlorurc de soude , c'est-à-dire du chlorure de sodium, plus de l'oxygène. Ce chlorure de soude, en traversant le torrent circulatoire, cède son oxygène aux matériaux excrétoires en voie d'oxydation qu'il y rencontre et il reste un élément normal du sang, le chlorure de sodium, qui s'élimine avec les autres produits solubles par la secrétion rénale. M. DELvAUx. Pour M. Van den Corput, il paraît que c'est une question de formule. Pour défendre sa cause, il invoque tantôt les formules rationnelles, tantôt les formules brutes. Je ferai remarquer que son chlorure de soude ne renfermc qu'un équivalent d'oxygène, tandis que l'hypochlorite sodique en renferme deux. — Quoi qu'il en dise, je prétends que l'hypochlorite sodique mis en contact avec les liquides de l'économie, est un déshydrogenant. M. THIRY. Messieurs, je le répète, on se trompe étrangement si l'on prétend expliquer les phénomènes qui se passent dans les corps vivants par les seules forces de la chimie. Les plus habiles ont dû renoncer à leurs tentatives. Certes, ceux qui me connaissent ne m'accuseront pas de professer, en fait de science, un vitalisme bien absolu, mais enfin, je dois bien reconnaître que la nature a des secrets, des mystères que la chimie, nonobstant sa bonnc volonté, ne parviendra ni à découvrir ni à expliquer. Ne nous engageons donc pas davantage dans ce débat. Si la Société veut discuter des questions du genre de cclles que nous touchons en ce moment, que ce ne soit pas immédiatement, qu'elle les inscrive à son ordre du jour, et de cette manière nous Pourrons peut-être aboutir à un résultat profitable. - M. PiGEoLET. Je dois dire que j'ai fait à diverses reprises l'application du médica

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ment proposé par M. Van den Corput dans les affections qu'il a citées, et que j'en ai obtenu, dans plusieurs cas, des résultats plus prompts et plus satisfaisants que par aucun des autres moyens ordinairement usités. Personne ne demandant plus la parole, les conclusions du rapport de M. Rieken sont mises aux voix et adoptées. En conséquence, M. le docteur Weidgen, de Neuenahr, est proclamé membre correspondant de la Société. M. JANssENs donne cnsuite lecture du rapport suivant, sur un ouvrage présenté par M. le docteur Corbel-Lagneau. Messieurs, vous avez reçu de M. le docteur Corbel-Lagneau une brochure intitulée : Nouveau traitement respiratoire des maladies chroniques de la poitrine, (Paris, 1861, in-8° de 44 p.) Je viens aujourd'hui m'acquitter d'une tâche qui m'a été confiée, en vous présentant l'analyse de cet opuscule. La première partie du travail de notre confrère est destinée à démontrer la puissance d'absorption, dont est douée la surface des organes respiratoires, et par suite la possibilité d'introduire par cctte voie certains médicaments dans l'économie : à cette fin M. Corbel-Lagneau se borne à reproduire tcxtuellement les principaux passages d'une leçon que le célèbre physiologiste Bérard a consacrée au développement de ce phénomène aujourd'hui bien connu et qui a servi de base à la nouvelle méthode curative décorée par M. Sales-Girons du nom de Thérapeutique respiratoire. L'auteur n'ajoute aucune raison, ni aucune preuve personnelle à l'appui de celles qui ont été exposées par Bérard, mais il fait connaître dans une note placée à la fin dn chapitre un fait d'observation recueilli par un de ses confrères et que nous croyons opportun de relater ici, tout incomplet qu'il soit, parce qu'il paraît confirmer certaines idées thérapeutiques émises récemment à l'Académie de médecine de Belgique par notre savant collègue, M. le docteur Crocq. « Un praticien distingué, M. le docteur » Boulu, ayant eu occasion de donner des » soins à un fabricant de noir animal, » apprit de lui que tous les ouvriers qui » entraient dans sa fabrique avec une toux » plus ou moins ancienne, ou de l'asthme, » guérissaient seuls, et sans qu'on pût » attribuer ce résultat heureux à autre » chose qu'à l'absorption, par les voies » pulmonaires, de la poudre de noir ani» mal répanduc en grande quantité dans • l'atmosphère dc la fabrique.

» Cette communication engagea le docteur Boulu à essayer sur lui-même, pour un rhume simple, mais assez tenace, de respirer la poudre de noir animal, mise en jeu par un instrument de son inven» tion, et il se trouva guéri promptement. » Moins convaincu par cette expérience » sur lui-même que par les assurances du » fabricant, homme intelligent, le docteur » Boulu, l'engagea à adresser au ministre » un mémoire pour le prier de faire nom» mer une commission académique, afin » d'expérimenter cette substance. Ce con» seil fut suivi ; mais le fabricant mourut » avant d'avoir pu faire parvenir son » mémoire, et cette nouvelle substance a » attendu jusqu'à ce jour le bon vouloir des » expérimentateurs. » M. le docteur Mandl, ajoute en termi» nant M. Corbel-Lagneau, nous a raconté » qu'il se disposait à faire des essais aux» quels nous ne saurions trop l'encou» rager. » Cette substance a-t-elle agisimplement comme topique ou comme médicament absorbé?La question n'a pas été résolue ; mais nous n'y attacherions pas grande importance s'il nous était démontré que, par son emploi, on obtient des guérisons. » Après la lecture de la note que nous venons de reproduire, nous nous attendions à trouver plus loin un exposé des expériences entreprises par l'auteur pour contrôler le fait intéressant cité par M. Boulu, et qui eût pu servir de point de départ à un « nouveau traitement respiratoire des maladies chroniques de la poitrine. » M. Corbel-Lagneau n'a pas cru devoir s'engager dans cette voie; il s'est borné à inventer des cônes fumants médicamenteux, dans l'espoir sans doute de faire revivre la méthode des fumigations, aujourd'hui délaissée avec raison pour d'autres procédés plus avantageux et plus parfaits. Il n'en prétend pas moins avoir rendu, par la découverte de cette formule pharmaceutique, imitée des pastilles du sérail et des clous fumants de la pharmacopée, « un service réel à la science et à » l'humanité, car, dit-il, ces cônes porta» tifs, faciles à allumer et brûlant seuls, » permettent aux malades de les employer » le jour ct la nuit, sans le secours de per» sonne, sans nul obstacle, sans nul em» barras. » Aidé par un pharmacien de Paris, il a composé des cônes à l'iode, à l'iodure de soufre, au camphre, à l'opium, au benjoin, au goudron, au sucre, au cinabre, etc., dans le but de faire face à des indications variées.Voici comme spécimen, la formule des cônes iodés qu'il prescrit

:

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Mêlez selon l'art pour faire 10 cônes egaux. L'auteur nous apprend qu'il fait brûler chaque jour plusieurs de ces cônes dans la chambre de ses malades, afin que ceux-ci vivent sans cesse dans la fumée de l'iode, commc le fumeur au milieu d'une atmosphère de fumée de tabac (sic). « Grâce à ce traitemcnt continué des mois et des années, ajoute-t-il, on pourra espérer amener une fonte des indurations tuberculeuses du poumon ou la cicatrisation des cavernes. » Et plus bas : « La respiration » des vapeurs iodées qui obscurcissent l'air de la chambre non-seulement ne provoque pas la toux chez les malades, mais leur permet au contraire de respirer avec plus d'aisance que dans un air non chargé de vapeurs. » Hâtons-nous d'ajouter que malgré son enthousiasme pour un moyen qui nous semble appelé à provoquer plus sûrement la fonte purulente des dépôts tuberculeux encore à la période de crudité, que la cicatrisation des cavcrnes, M. Corbel-Lagneau ne professe pas une foi bien complète ou bien exclusive dans sa médication nouvelle, s'il faut en juger par l'énumération de tous les autres moyens de traitement qu'il prescrit concurremment à ses malades. C'est ainsi qu'à tous les phthisiques qui viennent réclamer ses soins, il ordonne, outre les fumigations à l'aide des cônes iodés, la tisane de lichen ou de bourgeons de sapin, le sirop de gomme ou de Tolu, les Eaux-bonnes, le lait d'ânesse, un vésicatoire au bras, les cautères volants, l'huile de foie de morue, etc. Aux malades atteints de catarrhe chronique ou subaigu, il preserit un vésicatoire, une décoction pectorale, l'huile de croton sur la poitrine, etc., et y joint ensuite les fumigations faites au moyen de cônes balsamiques ou camphrés. Les cônes de stramonium sont réservés pour les accès d'asthme, ceux de lycopode, de sucre et de guimauve ou de camphre, pour les cas de coryza, etc. L'auteur termine son travail en rapportant quelques observations empruntées à la pratique de MM. Piorry et Chartroule, pour prouver la prétendue efficacité des inspirations d'iode dans le traitement de la tuberculose pulmonaire. Il donne ensuite le résumé très-écourté de quatre cas qui lui sont pcrsonnels et dans lesquels il prétend avoir

5 grammes. 40

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depuis longtemps dans la médication atmiatrique. Cette formule constitue-t-elle un progrès sur les autres procédés de fumigation ou d'inspiration de vapeurs et de liquides médicamenteux expérimentés depuis ou même antérieurement dans la pratique ? Nous ne le pensons pas, et voici pour quels motifs : En dépit des assertions paradoxales de l'auteur, nous nous refusons à admettre que les vapeurs irritantes que la combustion des cônes iodés fait dégager d'une manière continue et sans qu'il soit possible d'en régulariser le dosage, puissent être respirées impunément, à dose considérable, même par des personnes en santé.Nous croyons donc que les partisans des fumigations iodées feront bien de s'en tenir aux procédés de Chartroule, de Piorry, et surtout à celui que conseillait M. Chomel, et qui permet de doser exactement, de suspendre, de diminuer ou d'augmenter à volonté sclon la tolérance des malades, le dégagement des vapeurs irritantes de l'iode (1). On peut encore reprocher un autre inconvénient à la médication proposée par M. Corbel-Lagneau. Les substances organiques (camphre, poudre de lycopode, de guimauve, etc.) qui entrent dans la composition de ses cônes doivent provoquer pendant la combustion prolongée à laquelle ceux-ci sont soumis, un dégagement de vapeurs empyreumatiques dont l'action irritante vient s'ajouter à celle déjà très-prononcée des vapeurs iodées. Les essais pratiques auxquels je me suis livré, ont pleinement confirmé les objections théoriques qui précèdent. J'ai fait préparer quelques cônes iodés d'après la

(!) Le procédé simple et ingénieux de M. Chomel étant peu connu, nous croyons qu'on nous saura gré d'en donner ici la description, IlOUlS

*RIFFI aux leç liniques de M. Gué de § sur les causes et le traitement de la tuulisation pulmonaire. (Paris, p. 106.)

On fait mettre 2 ou 5 grammes d'iode dans un petit vase, un verre à ventouse par exemple, qu'on bouche avec un morceau de parchemin Percé de petits trous à l'aide d'une épingle; on fixe autour du col du vase un manchon de gros papier dont on replie l'extrémite supérieure dans l'intervalle des fumigations. Celles-ci se font en Placant la bouche au dessus de l'ouverture du

formule de l'auteur : aucun malade n'a pu supporter les fumées épaisses qui s'en dégagent, et moi-même je m'y soumis avec peine et au prix d'une toux violente. Si des effets généraux du traitement préconisé par l'auteur, nous passons à l'examen des quatre observations personnelles qu'il rapporte comme spécimen de guérisons de phthisie, nous n'y trouvons pas plus d'éléments de conviction.—Qu'y trouvons-nous en effct?lci il s'agit d'une jeune fille, de 20 ans, au teint rose, bien réglée, mais toussant depuis longtemps. « Il existe » de la matité au sommet à gauche, en » somme peu d'élasticité dans le jeu des » poumons. — Voilà pour le diagnostic. » —L'auteur ordonne la décoction de lichen, un vésicatoire, une bonne nourriture, des fumigations avec les cônes d'iode tous les jours. Au bout de deux mois la matité du sommet du poumon ainsi que la toux avaient sensiblement diminué : l'appétit et le sommeil avaient reparu..... La seconde observation a pour sujet un concierge de soixante ans qui présente les phénomènes suivants : toux, expectoration copieuse teinte de sang, maigreur, fièvre permanente, sueurs nocturnes. « L'auscultation indique des indurations des deux côtés, une très-grande faiblesse du bruit respiratoire. » Même traitement, même résultat ; au bout d'un mois et demi ce malade est en état de reprendre son service. Or, nous le demandons, où est la preuve que ces malades fussent réellement phthisiques et, le cas échéant, où est la preuve de leur guérison ? La troisième observation est moins explicite encore, s'il est possible. Dans la quatrième et dernière, il est question d'une jeune ouvrière de vingt ans, chez laquelle on a constaté l'existence d'une caverne au sommet du poumon gauche. Même traitement que dans les cas précédents : amendement des symptômes : au bout de deux mois cette malade se lève, mange, reprend ses forces et retourne au travail. Qu'est devenue cette jeune fille depuis lors, et quelle a été l'issue définitive de sa maladie ? C'est ce que l'auteur trop

manchon et † sans effort pendant deux ou trois minutes. On peut augmenter graduellement la durée jusqu'à huit ou dix minutes, si elles sont bien supportées, et les répéter deux ou trois fois : par jour. De cette manière, la vapeur iodée arrive au poumon très-divisée, mêlée à une très-grande quantité d'air dont on pourra encore augmenter la proportion en éloignant la bouche de l'ouverture du manchon.

Outre l'avantage de sa simplicité, le procédé de Chomel est infiniment préférable à toutes les pipes et autres engins, plus ou moius ingénieux qu'on a imaginés pour cet effet.

Dr E. J.

pressé sans doute de publier sa découverte, n'a probablement pas eu le temps de nous apprendre. Peut-être nous accusera-t-on de faire preuve d'une trop grande sévérité à l'égard du travail de notre confrère parisien : dans ce cas nous nous excuserons en répondant qu'une société savante ne remplit sa mission qu'en s'inspirant uniquement des intérêts de la science, et qu'elle doit avant tout la vérité entière à ceux qui soumettent à son appréciation impartiale le produit de leurs investigations scientifiques : qu'elle doit s'élever avec toute l'autorité dont elle dispose contre cette manie d'innover, trop répandue aujourd'hui et qui, loin de hâter les progrès de la science, encombre sa route et la fait dévier du but assigné à son activité. Notre mission nous impose donc le devoir de protester contre la légèreté déplorable qui préside à la rédaction de ces nombreuses publications éphémères dont les auteurs, impatients des lenteurs inséparables de l'emploi de toute méthode rationnelle, se hâtent de prononcer sur la valeur d'un procédé inusité, d'une médication nouvelle, sans autre preuve à l'appui qu'un petit nombre d'observations insuffisantes ou défectueuses. Rappelons à ces publicistes, trop pressés de jouir du fruit de leurs travaux ou de leurs découvertes, que si la vie est courte, vita brevis, l'art est long parce que l'expérimentation et le jugement sont entourés de difficultés, surtout dans le domaine de la thérapeutique, et que la nature, jalouse de ses secrets, les livre seulement à ceux qui se résignent à l'interroger avec patience et prudence pendant un temps fort long. Nous avons l'honneur de vous proposer de voter des remercîments à M. le docteur Corbel-Lagneau et de déposer sa brochure à la bibliothèque. La discussion est déclaréc ouverte personne ne demandant la parole, les conclusions du rapport sont mises aux voix et adoptées. L'ordre du jour appelle la suite de la discussion sur le travail présenté par M. Francqui. M. GRIPEKovEN donne lecture de la note suivante : Messieurs, M. le rapporteur a désigné à tort mes notes, auxquellcs j'avais droit en qualité de commissaire, comme contrerapport. La fin de mes notes, s'adressant à lui et à M. Leroy, exclusivement, prouvait bien qu'elles n'étaient pas destinées à être lues à la Societé. Elles n'auraient pas vu le jour, si M. le rapporteur avait voulu tenir

un peu compte de l'opinion des commisS{llI'CS. M. Van den Corput me trouve d'abord en contradiction parce que j'ai dit : que M. Francqui n'avait pas eu l'intention de préparer des produits chimiques purs, mais de purffier certains sels du commerce. Suivant lui, un médicament et un réactif nc peuvent contenir absolument aucun principe étranger à sa composition. Pour vous prouver que son opinion est trop absolue et que dépuré ne signifie pas pur, je vous citerai un médicament trèsconnu dans la pratique, le sous-carbonate de potasse dépuré, désigné sous le nom de set de tartre, contenant des traces de toutes les matières étrangères qui se trouvent dans la potasse du commerce, laquelle renferme, par la nature de sa préparation, plus d'éléments que l'acide muriatique du commerce. Elle contient du sulfate de potasse, du chlorure de potassium, du carbonate et du phosphate de chaux, de la silice, de l'alumine, des oxydes de fer et de manganèsc. Préparée par incinération du résidu des betteraves, vous y rencontrerez du sulfure de potassium. L'avant-dernière pharmacopée n'avait qu'une seule préparation de carbonate de potasse dépuré; la nouvelle, en ayant deux, désigne l'une par carbonate de potasse dépuré, l'autre, par carbonate de potasse pur. Ce médicament, le carbonate de potasse dépuré, qui, d'après la pharmacopée, doit être débarrassé autant que possible de silice, d'alumine et de chaux, est toujours délivré dans toutes les pharmacies, que je sache, sans qu'aucun s'avise de délivrer du carbonate de potasse pur. Si M. le rapporteur ordonne, en qualité de médecin, du carbonate de fer, il sait encore que celui-ci n'est pas tenu dans nos pharmacies; que ce qu'il reçoit n'est qu'un mélange de protoxyde et de deutoxyde de fer, contenant à peine 8 pour 100 d'acide carbonique. L'avant-dernière pharmacopée, qui fut notre guide depuis 1822 jusqu'à 1855, avait aussi un acide sulfurique dépuré, qui se préparait par simple ébullition de l'acide du commerce, qu'il fallait bien distinguer de l'acide surfurique pur, lequel se prépare par distillation. Si l'opinion de M. Van den Corput pouvait prévaloir, que nous ne servions que les médicaments et les réactifs les plus purs, ne contenant absolument rien d'étranger, comment peut-il si facilement accorder à MM. Wittstein et Mohr, ce qu'il refuse à M. Francqui, en disant : « Je ferai remarquer qu'on pcut, dans » cette circonstance, impunément em

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