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lignes droites de huit pouces de long, éloignées l'une de l'autre de la même quantité, que l'on réunit en bas par une ligne horizontale ; le petit lambeau est déterminé latéralement par les deux lignes verticales indiquées et par une ligne horizontale, qui les réunit du côté opposé du membre et qui est placée trois fois plus haut que celle qui limite inférieurement le grand lambeau : dans le cas supposé, elle sera à deux pouces en dessous de l'endroit où l'os doit être scié. Le grand lambeau correspond au plan antérieur du membre, le petit lambeau au plan postérieur de celui-ci. Il ne faut s'écarter de cette règle que lorsqu'on est forcé de le faire pour évitcr de comprendre dans le grand lambeau des artères ou des nerfs importants, par exemple à la région supérieure de la cuisse ou du bras. On dissèque les deux lambcaux, en détachant toutes les parties molles jusqu'à l'os, puis on fait la section de celui-ci. L'amputation faite, le grand lambeau retombe naturellement au-devant de l'os et son bord inférieur s'applique contre le bord inférieur du petit lambeau ; on réunit la plaie par des points de suture métallique ; le moignon est placé dans une position convenable, sur un coussin recouvert de guttapercha et laissé parfaitement libre ; on se garde bien d'appliquer des bandages qui ne pourraient que favoriser la stagnation du pus. M. Teale affirme que cette méthode présente les avantages suivants : 1° Absence de tiraillements et de tension des lèvres de la plaie. 2° Les parties molles qui recouvrent l'extrémité de l'os, ne renferment pas de nerfs volumineux. 5° Elle expose moins à la résorption, soit par les veines du membre, soit par les petites veines de l'os. 4° La plaie est très-favorablement disposée pour permettre l'écoulement du pus à mesure qu'il se forme. Enfin, il est à remarquer que la mensuration des lambeaux, sans être trop compliquée, ne permet pas de se tromper et que l'on ne court aucun risque de découper des lambeaux trop petits ou trop grands. La méthode à lambeaux rectangulaires, offre-t-elle réellement les avantages que lui attribue son inventeur ? A en juger d'après les faits recueillis par plusieurs chirurgiens, entre autres Bolton et Pemberton, il est incontestable qu'elle donne un moignon à lambeaux exactement proportionnés, qu'il n'y a jamais de tiraillement ni de tension trop grande des téguments, et que l'extrémité du moignon ne ren

ferme pas de nerfs qui pourraient être froissés douloureusement, ni de cicatrice qui serait exposée à se rouvrir. La méthode de M. Teale donne un meilleur moignon que celui que l'on obtient par les autres méthodes opératoires dans les amputations de la cuisse et de la jambe à leur tiers inférieur; pour toutes les autres régions du membre inférieur, les méthodes ordinaires donnent des résultats aussi satisfaisants que la méthode rectangulaire, et elles ont de plus l'avantage que les os peuvent être divisés plus loin de la racine du membre : il en est de même pour le membre supérieur tout entier. Quant à la sécurité plus grande que M. Teale attribue à la méthode rectangulaire, les recherches comparées faites jusqu'à présent, sont insuffisantes pour établir si réellement, elle met plus à l'abri que les méthodes ordinaires de la gangrène, de la nécrose et de l'exfoliation des os, de la phlébite et de l'infection purulente. M. Teale a publié, dans le Medical Times, un relevé statistique comprenant 189 cas d'amputations faites par différentes méthodes, dont 105 par la méthode rectangulaire : la mortalité pour ceux-ci nc fut que de 18 pour cent, pour les autres, elle fut de 52 pour cent. Toutefois, à côté de ce tableau si favorable à la méthode rectangulaire, il convient de placer la statistique suivante, qui résulte des observations faites pendant deux années consécutives à l'hôpital de Birmingham : sur 22 cas opérés par la méthode de M. Teale, il y eut 17 guérisons et 5 décès; six fois l'opération fut faite pour des lésions d'origine traumatique, elle fut suivie deux fois de mort. L'issue fatale résulta d'infection purulente une fois, d'hémorrhagie une fois, une fois d'épuisement causé par de longues souffrances, deux fois de la violente commotion éprouvée par l'organisme entier à la suite d'une lésion par cause CXterne. Sur 22 cas opérés par les méthodes ordinaires, on compte aussi 5 décès et 17 guérisons. La coïncidence est assez singulière et tend à jeter quelque doute sur le degré de confiance que mérite cette statistique. Les opérations nécessitées par des lésions par cause externe, au nombre de huit, furent suivies quatre fois de mort ; la proportion des décès aux guérisons pour elles est donc 1 à 2; pour les cas de même nature opérés par la méthode de Teale, elle n'est que de 1 à 5. La mort fut déterminée une fois par phlébite, deux fois par infection purulente, une fois par la violente commotion éprouvée par l'organisme, une fois par une pleuro-pneumonie intercurrente. ll résulte encore des observations faites à Birmingham, que la méthode rectangu" laire ne met pas aussi complétement à l'abri des accidents des grandes opérations que le prétend M. Teale : la guérison peut être entravée par des hémorrhagies, la gangrène du grand lambeau et la nécrose des os divisés. Somme toute, il est incontestable que cette méthode présente des avantages réels, lorsqu'il s'agit d'obtenir un moignon destiné à supporter en partie le poids du corps; il me semble donc qu'elle est appelée à rendre de bons services dans les amputations pratiquées sur le membre inférieur, en rendant plus facile la déambulation à l'aide d'un membre artificiel. (Annales de la Société médico-chirurgicale de Bruges, avril et mai 1865.)

Nouveau mode de suture pour la réunion des plaies. — La Gazette des hôpitaux publie la relation d'un cas d'adénite inguinale suppurée, dans lequel M. le docteur Legros, d'Aubusson, après avoir réduit de moitié par le drainage le volume de la tumeur, incisa celle-ci, excisa les tissus décollés et réunit la plaie à l'aide d'un procédé de suture qu'il décrit en ces termes :

« J'introduis à une certaine distance des bords de la plaie, parallèlemcnt à celleci et à sa partie médiane, deux épingles d'entomologiste ; j'opère cette introduction de maniere à passer sous l'épiderme, à raser la surface dermique de la peau, et par conséquent à ménager la sensibilité de cette membrane, en faisant décrire aux épingles une sorte d'arc sous-épidermique. J'obtiens ainsi deux excellents points d'appui pour un fil ciré double et graissé, dont je fais passer le plein sous les extrémités de l'épingle inférieure; je croise les chefs au milieu de la plaie, je les ramène sous les extrémités de l'épingle supérieure, et je fais un nœud simple sur la peau, entre les extrémités de cette dernière épingle. Le fil est graissé, on se le rappelle, pour que le nœud soit plus facilement serré ou desserré, selon les indications qui se présentent.

M. Legros trouve à ce mode de réunion les avantages suivants :

Peu ou point de douleur pour le malade ;

Pas d'irritation des lèvres de la plaie, puisque les épingles passent à distancc de celle-ci ;

Pas de section possible des lèvres de la solution de continuité ; Facilité de serrer et de desserrer sans faire souffrir le malade, sans toucher la plaie ; Possibilité de voir la plaie dans toute son étendue. Si celle-ci est très-longue, on multiplie les points de suture qui restent indépendants. (Journal de médecine et de chirurgie pratiques, mai 1865.)

Emploi du diachylum et de la poudre de lycopode dans les varices. — M. le professeur Piorry ayant retiré de bons résultats de l'emploi du diachylum et de la poudre de lycopode dans divers cas d'inflammation et d'excoriation de la peau, a appliqué, avec les mêmes avantages, ce moyen simple au traitement palliatif des varices. Sur des jambes couvertes de dilatations veineuses, il a fait appliquer une couche épaisse de diachylum recouverte de poudre de lycopode. Il a vu dans les cas légers, et bien que les malades ne fussent pas astreints à garder le repos, que l'on pouvait ainsi, non pas guérir les varices, mais les rendre beaucoup plus supportables qu'auparavant, et prévenir les ulcérations. (Courr méd. et Gaz. méd. de Lyon, N° 11.)

Traitement de la leucorrhée par des sachets médicamenteux. — Voici une méthode employée avec quelque succès par le docteur Duclos (de Rouen). Dans les leucorrhées opiniâtres , les phlegmasies subaiguës du col utérin, les érosions et les ulcérations superficielles, l'emploi des poudres médicamenteuses rend les plus grands services, amène le plus souvcnt la guérison. On ne saurait douter de leur efficacité que dans les cas d'ulcérations profondes, accompagnées surtout d'un développement un peu notable et pathologique du col utérin. Parmi les substances auquelles l'expérience lui permet d'attribuer une action salutaire, M. Duclos signale le quinquina gris, le ratanhia, le sous-nitrate de bismuth, le borax, le calomcl, la belladone et l'opium brut. Rien de plus simple que la manière de faire les sachets ; on faconne de la mousseline grossière en forme de doigts de gant, dont l'entrée ferme au moyen d'une coulisse et d'un fil , quand le sachet est rempli, on le baigne dans un peu d'eau tiède, et il ne reste plus qu'à l'introduire dans le vagin. La femme elle-même, et c'est là l'un des grands avantages de la méthode, peut sans difficulté se donner tous les soins. Notons, en passant, que le sachet doit être renouvelé tous les jours, et qu'une injection d'eau tiède sera le plus souvent nécessaire pour maintenir la propreté. Redoutant l'activité spéciale de certaines

substances, M. Duclos leur donne un excipient; et l'excipient qu'il préfère entre tous, n'est autre que la farine de lin. Il fait remarquer que cette farine, étant onctueuse, retient parfaitement les poudres avec lesquelles on la mélange, et, de plus, que ses propriétés émollientes modifient heureusement les phlegmasies chroniques du vagin. (Revue de thérapeutique et l'Abeille dicale, N° 28.)

Chimie médicale et pharmaceutique.

sur la purification de quelques sels, par M. J. B. FRANCQUI, professeur de chimie à l'Université de Bruxelles. — Un grand nombre de sels que l'on trouve dans le commerce ne sont jamais purs. Ils renferment des substances étrangères dont on les débarrasse par des procédés longs et compliqués. Le procédé que je propose pour la purification de quelques sels usités comme médicaments ou comme réactifs, est plus expéditif et moins coûteux. Il est basé sur la propriété que possèdent les carbonates insolubles, surtout lorsqu'ils sont à l'état gélatineux, de précipiter les sels de sesqui-oxydes ainsi que certains sels de protoxydes.

Pour l'exécuter, je dissous le sel dans l'eau ; et s'il renfermc un sel ferreux, ce qui cst le cas le plus fréquent, j'acidifie la liqueur par l'acide sulfurique ou par l'acide chlorhydrique, suivant que le sel à purifier est un sulfate ou un chlorure ; je transforme au moyen du chlore le scl ferreux en sel ferrique ; je précipite une portion de la solution par le carbonate de soude (1).

J'ajoute cnsuite le précipité, après l'avoir bien lavé, par petites fractions, au reste de la liqueur portée à l'ébullition. Dans ce cas, le carbonatc correspondant au sel que l'on purifie, élimine le scl ferrique et les autres sels étrangers. Lorsque la séparation est complète, je filtre, j'évapore et je laisse cristalliser. J'ai employé, avcc succès, ce procédé pour purifier les sels suivants :

Chlorure de baryum. Le scl du commerce renfermc souvent

(1) On peut se servir sans inconvénient du sel de soude du commerce, car le chlorure sodique qui s'y trouve, reste en solution après la précipitation. et le sulfate sodique forme des sels solubles ou des sulfates insolubles qui ne peuvent se dissoudre dans le restc de la liqucur où la purifica1ion doit s'effectucr.

des chlorures d'aluminium, de fer, de plomb, de cuivre, de magnesium, de calcium et de strontium. Pour le purifier, on peut suivre le procédé indiqué plus haut, car le carbonate de baryte précipite les sels aluminique, ferrique, cuivrique ct plombique. La séparation est complète lorsque la liqueur filtrée ne précipite plus par l'addition du sulfhydrate d'ammoniaque. On filtre alors, on évapore et on lave les cristaux à l'alcool concentré pour enlever les chlorures calcique, strontique et magnés1quc. Le chlorure barytique s'obtient dans les laboratoires en faisant réagir l'acide chlorhydrique sur le sulfure ou sur le carbonate barytique. Le premier procédé offre l'inconvénient d'exiger la préparation du sulfure barytique au moyen du spath pesant. Le second, lorsqu'il est bien exécuté, peut fournir rapidement un produit très-pur et peu coûteux. Pour obtenir ce résultat, on fait bouillir dans de l'acidc chlorhydrique, dilué de deux fois son volume d'eau (1), de la whithérite pulvérisée. Cette espèce minérale peut renfermer, outre le carbonate de baryte, du sulfate de baryte, du carbonate tle strontiane, du carbonate de chaux, du carbonate de fer, de l'oxyde ferrique, de l'alumine et même du carbonate cuivrique. Lorsque la dissolution s'est effectuée, on ajoute de l'acide nitrique qui, en présence de l'acide chlorhydrique, transforme rapidement le sel ferreux en sel ferrique. On précipite ensuite une portion de la liqueur par le carbonate de sourde, on lave bien le

(1) On peut se servir, dans un but d'économie, d'acide chlorhydrique du commerce : car ses impuretés, telles que l'acide sulfureux et le chlorure ferrique , sont éliminées avec les corps étrangers existant dans le minerai.

précipité et on l'ajoute par petites fractions au reste de solution chlorhydrique maintenue en ébullition jusqu'à ce qu'elle ne se trouble plus par l'addition d'un sulfure alcalin. Le précipité dans lequel domine le carbonate de baryte sature d'abord l'acide libre et élimine ensuite la plupart des sels étrangers et principalement les sels aluminique et ferrique d'après l'équation suiVantc : Fe* Clo + 5 BaO, CO* = 5 BaCl + 5 CO* + Fc* O*. Après filtration, on évapore et on enlève

aux cristaux qui se forment le chlorure calcique et le chlorure strontique par des lavages à l'alcool.

Sulfate de magnésie.

Ce sel, tel qu'on le trouve dans le commerce, rcnferme souvent du sulfate cuivrique, du sulfate ferreux, du chlorure magiiésique et du chlorure calcique. On peut enlever ces deux derniers sels au moyen de l'alcool. Pour éliminer le fer et le cuivre, on dissout le sel dans l'eau, on ajoute à la liqueur quelques gouttes d'acide sulfurique, on fait passer le sel ferreux à l'état de sel ferrique au moyen du chlore, on porte la liqueur à l'ébullition et on y ajoute de l'hydro-carbonate de magnésie jusqu'à ce que la liqueur claire ne précipite plus en noir par le sulfhydrate d'ammoniaque.

Sulfate de manganèse.

Ce sel, préparé avec le peroxyde du commerce, peut renfermer quelques sels étrangers et principalement du sulfate de fer. On y rencontre aussi, mais plus rarement, du sulfate de cuivre. J'y ai même trouvé du sulfate de nickel et du sulfate dc cobalt.

Je propose de suivre le procédé général précédemment exposé, pour le purifier du sulfate de fer et du sulfate de cuivre, car le carbonate manganeux, à l'état gélatineux, précipite complétement les sels ferriques et les sels cuivriques. 5 Mn0, CO*+Fe* Oo, 5 SOo=5 MnO, SOo

+ Fe* Oo + 5 CO*.
MnO, CO* + CuO, SO*=MnO, SO*
-+ Cu0, CO*.

Tout le fer est éliminé, lorsqu'une partie de la liqueur filtrée et acidifiée par l'acide chlorhydrique ne se colore plus en rouge par le sulfo-cyanure potassique.

Pour enlever le sulfate de nickel et le sulfate de cobalt on prépare d'abord du sulfure manganeux en précipitant une portion de la solution par un sulfure alcalin ct on ajoute ensuite à la liqueur bouillante

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Trouve-t-on ou non du sucre dans les urines des malades affectés de cancer ? par M. P. BROUWER, pharmacien de l'hôpital de Rotterdam. — Nos lecteurs savent que la présence du sucre dans l'urine des cancéreux a d'abord été annoncée par M. le docteur Putegnat, de Lunéville, et confirmée plus tard par M. Dannecy, pharmacien en chef de l'hôpital de Bordeaux. M. Brouwer, frappé de cette circonstance qu'aucun des auteurs qui ont écrit sur les modifications subies par l'urine dans les divers états morbides, n'a fait mcntion de l'existence du sucre dans l'urine des cancéreux, a saisi l'occasion que lui présentait son service à l'hôpital de

(l) Voir le rapport sur ce travail dans notre cahier de juin 1865.

Rotterdam pour élucider cette question par de nouvelles recherches sur les urines des malades atteints de cancer. Ayant examiné l'urine de plusieurs cancéreux, il est arrivé à des résultats qui diffèrent complétement de ceux annoncés par MM Putegnat et Dannecy. La liqueur d'essai fut réduite par l'urine de quelques malades et n'éprouva aucune modification par l'urine de certains autres. Il pense pouvoir attribuer la différence observée dans les résultats, à la différence des organes affectés de cancer. Quatre des malades dont les urines avaient réduit la liqueur d'essai, furent, après leur mort, autopsiés, et cet examen fit constater que chez tous les quatre le foie était frappé de cancer. L'urine de deux femmes affectées de cancer des mamelles et celle d'un homme atteint de cancer de la langue et de la gorge, n'opérèrent aucune réduction dans le liquide. Un autre pharmacien, M. Cramer, a obtenu le même résultat négatif avec l'urine d'une femme portant un cancer au sein.L'auteur se croit donc en droit de conclure que la présence dans les urines d'une matière capable de réduire la liqueur d'essai ne dépend pas de l'existence du cancer, mais de circonstances concomitantes, comme, par exemple, dans les quatre cas rapportés plus haut, d'un état pathologique du foie et que, par conséquent, il est impossible jusqu'à présent de déterminer par l'examen des urines si un malade est atteint de cancer ou non. Dr D. .. É. ' (Tijdschrift voor wetenschappelijke Pharmacie, juillet 1865.)

Sur la formation du nitrite d'ammoniaque et du rôle que joue ce sel dans la nutrition des végétaux. — M. le professeur Schœnbein (de Bâle), inventeur de l'ozone, a dernièrement, à Gœttingue, devant un nombreux auditoire, rendu compte de ses observations très-intéressantes sur la formation du nitrite d'ammoniaque. Il a démontré, par une série d'expériences entièrement nouvelles, que ce sel se forme avec une grande facilité dans les circonstances où il peut naître directement des éléments de l'eau et de l'azote de l'air. Ainsi, le nitrite d'ammoniaque se produit lorsqu'on met en contact avec l'air du phosphore plongé à moitié dans l'eau. Le vase de verre dans lequel le savant professeur exécuta cette expérience, se remplit bientôt des vapeurs blanches du sel en question.Le cuivre et le nickel, mis en contact avec de l'ammoniaque et avec l'air, déterminent la formation de l'acide nitreux aux dépens de

l'ammoniaque. Lorsqu'on verse de l'eau dans une cornue métallique"préalablement chauffée, de sorte que cette eau se distille rapidement, on peut aussitôt constater dans le produit de la distillation la présence du nitrite d'ammoniaque. Ce sel se forme dans toute eau qui s'évapore. Pour le prouver, M. Schœnbein fit évaporer de l'eau dans une capsule de porcelaine, après avoir suspendu au-dessus d'elle quelques petites bandes de papier imprégnées d'une solution affaiblie de potasse caustique. Le papier présenta bientôt les réactions de l'acide nitreux. Même lorsqu'on laisse l'eau s'évaporer spontanément jusqu'à un dixième environ de sa quantité primitive, on trouve du nitrite d'ammoniaque dans le résidu. Ces expériences, d'une grande importance, ont des rapports étroits avec la nutrition des végétaux. Pour obtenir la réaction de l'acide nitreux, M. Schœnbein se sert d'empois d'amidon additionné d'iodure de potassium, qu'il ajoute au liquide qui doit être expérimenté; ensuite il fait dégager l'acide nitreux au moyen d'acide sulfurique pur étendu d'eau. L'amidon se colore alors, par l'effet de l'iode rendu libre, plus ou moins en bleu, suivant la quantité de l'acide nitreux. Il résulte de ces dernières expériences qu'il doit se former aussi des scls nitreux dans le linge qui sèche à l'air. Au moyen des sels calcaires qui se trouvent dans l'eau, on voit le plus souvent se produire du nitrite de chaux. M. Schœnbein a démontré la présence de ce sel dans une serviette alternativement plongée dans l'eau et séchée à plusieurs reprises. Il en a tiré la conclusion que l'acide nitreux joue un rôle important dans le blanchiment du linge sur le gazon. Les expériences destinées à prouver la présence des nitrites chez les végétaux ont été très-nettes. M. Schœnbein a surtout indiqué, comme contenant ces sels en abondance, les Lactuca sativa, Leontodon taraxacum et Dactylis glomerata. Il suffit d'écraser quelques parties de ces plantes dans l'eau, de décanter ensuite l'eau et de la traiter de la manière ci-dessus indiquée, pour observer immédiatement une trèsforte coloration en bleu de l'amidon. On peut obtenir la même réaction en employant des fleurs de Leontodon. Il y a d'autres plantes qui, au lieu de nitrites, contiennent des nitrates : mais si l'on expose ces plantes à l'air après les avoir écrasées, on voit bientôt s'y produire la réaction de l'acide nitreux. Cet acide se forme donc aussi par la désoxydation de l'acide nitrique dans l'acte de la décompo

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