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coloration bleue à laquelle donne naissance constamment masquée par l'acide tartrique, une quantité mème impondérable de strych- tandis que l'autre ne l'est point; l'emploi nine, en présence de ces matières, est, de ce moyen est donc précieux en ce qu'il comme on sait, le signe le plus certain de la permet de séparer bien nettement ces deux présence ou de l'absence de cette base, car bases. le chlore que M. Pelletier a recommandé (Journal de pharmacie et de chimie, nocomme réactif spécifique sur la strychnine, vembre 1845.) agit d'une manière identique sur la vératrine, ainsi que l'expérience directe me l'a Examen d'une urine verte ; par M. Henri démontré.

Braconnot, correspondant de l'Institut. La solution strychnique est-elle concen- Il y a environ vingt ans que M. le docteur trée et nc contient-elle que peu d'acide tar- Castara de Lunéville m'envoya, pour l'exatrique, les bicarbonates y produisent immé- miner, une urine qui tenait en suspension diatement un précipité blanc affectant la une matière très-divisée d'un bleu soucé qui forme cristalline, et la liqueur ne contient la fit regarder comme du bleu de Prusse. plus une trace de strychnine.

L'examen que je fis de cette substance me La brucine et les solutions des sels de prouva qu'elle avait des caractères assez celte base diffèrent complètement sous ce particuliers pour m'engager à lui donner le rapport des scls de strychnine ; les bicarbo- nom cyanourinc. Je reconnus, en effct, que nates alcalins n'y produisent pas le moindre celte substance bleue était facilement alléra. trouble.

ble par un excès d'alcali, et que, sans pouLes sels de quinine et de cinchonine peu voir saturer les acides affaiblis, elle s'y vent également, à l'aide de ce moyen, être dissolvait avec beaucoup de facilité en prodifférenciés et séparés les uns des autres, la duisant des liqueurs transparentes brunaquinine n'étant pas précipitable en présence tres, qu'un excès un peu plus grand d'acide dc l'acide tartrique, tandis que la cincho- faisait passer au rouge vif (1). Je m'étais nine est précipitée par les deux bicarbonates persuadé que cette matière n'était pas lellealcalins.

ment rare dans certaines urines, qu'on ne Dans les solutions des sels de vératrine la retrouråt quelquefois; cependant il ne acidifiées par l'acide lartrique le bicarbo- parait pas que depuis l'époque où je l'ai nale sodique seul produit un précipité, le fait connaitre, elle ait été soumise à de noubicarbonate potassique n'en produit pas. velles recherches. Dernièrement j'ai reçu

On voit donc qu'en faisant usage de la du même M. Castara une autre urine renpropriété que possède l'acide tartrique de due le matin par un de ses malades. Celle-ci masquer certaines bases pour les réactions a un aspect fort différent de celle dont je des bicarbonates alcalins, on arrive à éta- viens de parler. Elle n'offre aucun sediblir deux groupes d'alcaloïdes bien distincts ment, elle est parfaitement transparente, dont le premier comprend ceux qui sont d'une belle couleur vert d'émeraude. Son précipitables par le bicarbonate sodique ct odeur est celle de l'urine récente, ct, comme qui sont :

elle, rougit le papier bleu du tournesol. Un La cinchonine,

léger excès de potasse versée dans cette La narcotine,

urine anéantit aussitôt sa couleur verte qui La strychnine,

ne reparait plus en ajoutant, avec précauet la vératrine.

lion, un acide affaibli au mélange, qui n'ofLe deuxième, ceux qui sont masqués, fre plus que la couleur jaune normale de c'est-à-dire

l'urine.

L'eau de chaux versée dans celle urine y La quinine,

produit un précipité blanc de phosphale de La morphine,

chaux, tandis que la liqueur superstagnante La brucine.

neutre conserve sa belle couleur, laquelle L'acide tartrique masque également la disparait par un excès d'eau de chaus. réaction de l'infusion de noix de galle pour Une petite quantité d'ampioniaque, ajou. toutes ces bases à l'exceplion de la cincho- tée à la même urine, en sépare un précipité nine et de la strychnine, mais elle précipite blanc et la liqueur conserve sa couleur abondamment les cinq autres, dès que l'acide verte; mais pour peu que l'animoniaque a été neutralisé par l'ammoniaque; il est soit en excès, la couleur verte disparait pour cependant à remarquer qu'un excès de faire place au jaune citron, qui n'est plus ceite dernière base redissout le tannate de rappelé au veri après la saluralion de l'albrucine.

cali par un acide. On voit de plus, et ce fait me parait digne d'allention, que de deux bases qui se

(1) Voyez Annales de Chimie et de Physique, rencontrent dans la mêmnc plante, l'une est 2e série, t. 29, p. 252.

en

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Un résultat semblable cst oblenu d'exactitude qu'il semble comporter, car les abandonnant pendant quelques jours à elle. vinaigres de vins et d'autres espèces reusermême l'urine verte dont il s'agit ; on la voit ment toujours soit des sels acides, soit des successivement passer de bas en haut à la acides fixes qui salurent pour leur part une couleur citrine en produisant un léger sédi. certaine quantité de sel alcalin. Or, en dément blanc tirant à peine au bleuâtre. Les duisant de la proportion de carbonate de acides sulfurique, chlorhydrique, nitrique, soude employée à la saturation la quantité phosphorique, oxalique, affaiblis, changent que sature réellement l'acide acétique conla belle couleur de celle urine en un vert lenu dans les vinaigres, on reconnait que le sale qui, au bout de quelque temps, devient chiffre représentant cet acide pur est un peu rouge.

trop élevé. C'est pour arriver à un résultat La dissolution d'alun n'altère point plus rigoureux que nous avons tenté divers d'abord la couleur verte de cette urine, essais qui permettront, nous le pensons, de même en y ajoutant un peu d'ammoniaque se rapprocher de la vérité. pour précipiter une portion d’alunine qui Le moyen que nous proposons ici est fort parait avec sa couleur blanche et la liqueur simple, il consiste à faire deux saturations reste verle; mais elle finit, au bout de successives par la mênc liqueur alcalinc tivingt-quatre heures, par perdre une cou- trée, savoir : l'une sur un volume connu de leur rougeâtre due à la réaction de l'acide vinaigre, l'autre sur le résidu de l'évaporade l'alun. Cette urine, concentrée par l'éva- tion d'un volume égal de vinaigre. On conporation à une douce chaleur, perd en çoit aisément que la proportion d'alcali exigrande partie sa couleur verte et laisse un gée pour saturer ce résidu de l'évaporation résidu qui devient rouge-brunâtre par suite du vinaigre, étant soustraite de celle saturée de la concentration de l'acide libre de l'urine par le vinaigre non évaporé, la différence et de sa réaction sur la matière colorante. représente exactement l'alcali saturé par Ce résidu rouge-brun traité avec un peu de l'acide acétique pur. magnésie a laissé déposer un léger sediment L'expérience suivante en offre un exemple bleuâtre.

concluant sur un échantillon de vinaigre du Quoique la matière colorante qui est par- commerce qui nous avait été remis pour ticulière à celle urine s'y trouve en petite l'examiner. quantité, je crois néanmoins pouvoir con- La saturation faite au moyen d'une liqueur clure qu'elle est identique avec celle que j'ai titréc contenant dans 100 centimètres cubes fait connaitre il y a longtemps sous le nom d'eau distillée 5 grammes de carbonate de de cyanourine, puisque, comme celle der- soude pur et anhydre, ayant démontréqu'un nière, elle bleuit avec les alcalis ct rougit décilitre de ce vinaigre exigeait 6gr., 50 de avec les acides. Je ne dois pourtant pas lais- carbonate de soude sec, nous avons saturé ser ignorer que l'urine, dans son état natu- par la même liqueur titrée le résidu laissé rel, renferme une matière peu connue, par l'évaporation à une douce chaleur, d'un laquelle a aussi la propriété de rougir avec décilitre du même vinaigre. Ce résidu n'a les acides affaiblis, après un contact plus ou exigé pour sa saturation complète que Ogr., moins prolongé. Il est presque inutile de 65 de carbonate de soude scc. faire observer que la couleur verte de l'urine Les 6gr., 50 de carbonate de soude emque je viens d'examiner, résulte du mélange ployés pour saturer le premier décilitre, redu jaune urinaire et du bleu de la cyanou- présentaient 7gr., 22 d'acide acélique pur rine.

monohydraté, ou à 1 atome d'eau. En sousAu surplus celte urine verle m'a fourni trayani de 6gr., 50, Ogr., 58, quantité de les principaux éléments de l'urine à l'état carbonate saturée par les acides fixes de vinormal, lel que l'urée et l'acide urique, tan- naigre, il reste 5 gr., 95 pour la proportion de dis que ce dernier n'existait pas sensiblement carbonate de soude sec saturé par l'acide dans l'urinc bleue que j'ai examinée il y a acétique pur, ce qui représente, par consévingt ans,

quent, 6 gr., 53 de cet acide dans un déci(Journ. de chimie méd., novembre 1845.) litre de ce vinaigre.

La différence entre ce dernier nombre et Remarques sur les procédés usités pour le premier est donc de 0 gr., 69 ou plus d'un déterminer la proportion d'acide acétique demi-centiène indiqué par la saturation pur dans les vinaigres du commerce; par seule. J. L. Lassaigne. Le mode généralement Les considérations que nous venons d'exsuivi dans les essais analytiques des vinai- poser sur l'analyse des vinaigres trouvent gres, consiste à évaluer la proportion exacte naturellement leur application dans l'anade carbonate de soude sec que ces vinaigres lyse des vins, ainsi que nous l'avons fait dans exigent pour leur saturation complète. Ce ces derniers temps. Dans les diverses quesmoyen ne présente pas cependant le degré tions proposées sur les qualités comparatives

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des vins, il imporle souvent de déterminer Après huit jours d'exposition dans un fala proportion plus ou moins grande d'acides con renfermant trois fois plus d'air atmolibres ou en parlie combinés qu'ils contien- sphérique en volume que de vin, la propornent lous; c'est encore par la saturation qu'il lion d'acide acétique était trois fois plus est permis à la chimie de répondre d'une grande qu'avant et s'élevait à 24/10000. manière positive, Parmi les acides libres que Après seize jours, cette quantité s'est troucontiennent naturellement les vins , les uns vée de 40/10000, ou cinq fois plus grande sont tout formés et préexistaient lors de la que celle du vin non exposé à l'air. fermentation alcoolique, les autres sont un Après vingt-quatre jours la proportion produit de la fermentation acide qui la suit d'acide formé a été de 48/10000, c'est-à-dire el qui peut se développer dans plusieurs double de celle contenue dans le vin après conditions avec plus ou moins de rapidité. huit jours d'exposition à l'air. Dans une foule de cas il devient nécessaire Nous avons borné là ces essais que nous de s'assurer si les acides que contiennent aurions pu continuer, mais les résultats que certains vins, comparativement à d'autres, nous avons obtenus démontrent suffisamment existaient à l'époque où le vin a été fabriqué, de quelle utilité peuvent être ces expériences, ou s'ils sont le produit d'une altération à l'air soit pour résoudre une foule de questions qui les aura en parlie transformés en vinaigre. journalières, soit pour étudier, si on le dési

Le moyen que nous avons employé plus rait, la marche de l'acidification naturelle haut permettra encore de résoudre cette se- des vins à l'air, et les meilleures conditions conde question; en effet, deux saturations dans lesquelles cette fermentation particusuccessives, faites avec la liqueur alcaline lière s'accomplit. titrée, sur une portion de vin , et sur le ré- En publinnt aujourd'lui celle note nous sidu de l'évaporation d'une même portion de pensons pouvoir être utile aux chimistes, ee liquide, feront connaitre positivement la pharmaciens ou experts qui auraient à traiproportion d'acide acétique formé.

ter dans leurs travaux un sujet semblable à Tous les vins ordinaires, à part quelques celui qui nous a occupé. (Ibid.) exceptions, doivent contenir une petite quantité d'acide acétique, nous nous en sommes

Toxicologie. assurés sur un échantillon de vin de Bordeaux de bonne qualité. Ce vin exigeait par déci- Note sur la présence du cuivre dans la litre 11cc.,8 de liqueur alcaline litrée. Le thridace du commerce ; par M. Depaire, résidu de l'évaporation d'une même quantité pharmacien à Bruxelles. — La présence du de vin ne saturait que 10cc. de la liqueur cuivre dans la thridace a déjà été signalée alcaline. La différence, qui est de 1c.,5, plusieurs fois par les praticiens. Il est déploreprésente la proportion de liqueur alcaline rable, qu'après tant d'avis, le même abos salurée par la petite quantité d'acide acétique existe toujours, et que le pharmacien, quelqui s'est vaporisée avec les autres produits quefois obligé de tirer ses produits du comvolatils du vin. Or, la liqueur titrée renfer- merce, ne puisse compter sur leur bonne mant 5 grammes de carbonate de soude an, préparation, lors même qu'ils portent le cahydre dans 100 centimètres cubes, il y a chet des fabricants les plus recommandables. done Ogr.,075 dans un centimètre cube et En effet, landis qu'on livre sans pitié à la demi (1cc.,5) qui ont été employés à saturer sévéritédes lois le cupide boulanger convaineu l'exlrait acide du vin. D'après les calculs d'avoir introduit dans le pain un composedout faits dans la première partie de cette note, souvent il ignore l'action nuisible sur l'écoOgr.,

.,075 de carbonate de soude ont dû sa- nomie animale, on se contente d'atlirer l'atturer 0 gr., 083 d'acide acétique pur concen- tention sur une substance médicamenteuse tré ; donc celle proportion se trouvait natu- convertie en poison par la coupable néglirellement dans le décilitre de vin soumis à gence d'un homme éclairé et connaissant les l'expérience. Ce résultat, traduit en fraction effets funestes que produisent sur l'organisme ordinaire, indiquerait 8/10000 d'acide acé- les préparations cuivrées. tique dans ce vin, c'est-à-dire la centième Il y a quelque temps, je me procurai chez partie environ de ce qu'on trouve dans les les droguistes quatre espèces de thridace provins tout à fait acidifiés ou transformés en venant de sources différentes : un seul de bons vinaigres.

ces extraits était exempt de cuivre, les trois Le mode d'expérimentation que nous ve- autres en contenaient des quantités trop connons de décrire a été suivi pour étudier sur sidérables pour pouvoir être employés sans le même vin le degré d'acidification qu'il danger. Voici le procédé que je suivis pour était susceptible d'acquérir au bout d'un cer- arriver à cette conclusion : deux grains de lain temps plus ou moins long, en présence chaque extrait sec furent dissous séparément de l'air atmosphérique et à une température dans quinze goulles d'eau distillée, additionde + 130 + 18o centigr.

nées d'une goutte de chloride hydrique pur

.

.

étendue de son poids d'eau ; j'introduisis les

Pharmacie. inélanges dans des tubes de verre étroits, fermés par un bout, et j'y introduisis des Mémoires sur les éthérolés; par Ém. Mouaiguilles de fer, bien décapées , que j'indi- Chon, pharmacien. (Suite et fin. — Voir querai par les quatre premières lettres de les cahiers de mai, juin , juillet, septeml'alphabet.

bre et novembre.) Les aiguilles A, B, C, plongées dans leur tube respectil, se recouvrirent de cuivre Expériences no 2.- Extrait alcoolique après un laps de temps plus ou moins long; de belladone. Soixante centigrammes de ainsi, tandis qu'après quatre minutes la par- cet extrait n'ont eu aucune influence sur une tie immergée de A fut enduite d'unc couche poule adulte. Deux grammes l'ont fatiguée de cuivre, B ne parut subir le même effet beaucoup pendant quelques heures, à tel qu'après trois quarts d'heure de contact; et point que je la croyais empoisonnée; cepenC n'offrit le cuivre réduit qu'après six heu- dant, ces quelques heures écoulées, l'animal, res d'action. Tant qu'à l'aiguille D, quelque qui, jusque-là, avait été en proic au genre de prolongé que fut le contact, il me fut impose malaise produit par les 60 centigrammes de sible d'apercevoir la moindre coloration en suc d'aconit réduit à consistance d'extrait, rouge. Je lavai à l'eau distillée les aiguilles n'annonçait plus aucune fatigue et mangeait recouvertes de cuivre, et, après les avoir sé. presque comme à l'ordinaire. Il n'a pas fallu chées, je fis tomber sur chacune d'elles une moins de 4 grammes de cet extrait pour goutte d'ammoniaque liquide, qui ne tarda déterminer des accidents mortels, à peu près pas à devenir bleue par son exposition au analogues à ceux qui ont coûté la vie au soleil. Il est inutile de dire quej'opérai, de la coq, avec celle différence qu'ils m'ont paru même manière, sur l'eau et l'acide employés, moins formidables, et qu'ils n'ont causé la afin de m'assurer de leur pureté.

mort qu'après quatre heures et demie de Ce procédé est à la portéc de tout le durée. L'état convulsif a eu moins de force, monde : il n'exige pas l'habitude des inani- mais la roideur générale survenue dans les pulations chimiques et donne des résultats derniers moments a été à peu près la même. aussi cxacts que décisifs. Il ne permet pas Les cris brusques que l'animal a fait entendre de confondre le cuivre provenant d'une pré- aussi par intervalles, n'ont parusoccasionnés paration défectueuse, avec le cuivre normal par une sorte de contraction spasmodique que l'on rencontre dans presque lous les cx- simulant une véritable strangulation. traits aqueux, lorsqu'on traite par les moyens Expériences no 3.- Extrait alcoolique connus, le charbon résultant de la combus- d'aconit. Cet extrait, à la dose de deux tion au moyen de l'acide nitrique et du chlo- grammes, n'a eu aucune influence sensible rale potassique.

sur un lapin. L'animal aurait mangé tout Je m'abstiendrai de toute réflexion sur aussi bien un quart d'heure après avoir l'usage d'un tel médicament; chacun conçoit avalé l'extrait que quelques heures plus ce que son emploi présente de dangereux. tard. Quatre grammes, administrés quelques On pourra remarquer que la thridace étant jours après, ont fatigué sensiblement le ordinairement administrée sous forme de même lapin, qui a paru affaissé toute la sirop, l'action toxique du cuivre se trouve journée, mais qui, cependant, sans avoir ses énervée par le sucre ; j'objecterai , à cette allures ordinaires, a mangé modérément de observation, l'opinion d'Orlila qui, contrai- loin en loin. L'influence du poison s'est fait rement à ce que soutint M. Pastel, prouva, sentir durant toute la journée du lendemain, par des expériences qu'il est inutile de rap- mais le surlendemain elle était nulle. porter ici, « que le sucre n'est pas l'antidote Une même quantité (4 grammes) de suc du vert-de-gris, qu'il est utile seulement épaissi de la même plante a produit une pour calmer l'irritation développée par ce perturbation générale, manifestée par un poison, lorsque celui-ci a été préalablement mouvement pon interrompu des mâchoires, expulsé par le vomissement. »

une sécrétion baveuse abondante , un chanNote de la Rédaction, La note de notre gement continuel de position, des signes non confrère, M. Depaire, doit engager les phar. équivoques de souffrance, l'impossibilité maciens à mettre tous leurs soins dans l'in- presque absolue de se tenir longtemps sur spection des produits qu'ils sont quelquefois ses palles, des secousses abdominales, des obligés de se procurer dans le commerce. efforts pour rejeter le poison, le refus pro

Quant à la présence du cuivre dans ces longé des aliments qu'on lui présentait, etc. diverses thridaces du commerce, elle prove- Cet état de souffrance s'est soutenu pendant nait bien certainement des vases de ce métal quarante-huit heures, temps après lequel le ayant servi à les préparer, au lieu d'avoir quadrupède a commencé à manger , sans fait usage de ceux de faïence ou de porce- avoir repris ses allures. Ce n'est que trois laine, comme il est prescrit.

jours après l'ingestion de la substance véné

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neuse que le rétablissement s'est complété, sipent pourtant vers le déclin du jour pour du moins en apparence.

ne plus se reproduire. L'extrait alcoolique des pharmacies, à la Il est présumable que l'animal aurait dose de 4 grammes, n'a pas produit, sur un succombé, s'il avait reçu les 12 grammes autre lapin, un effet plus prononcé que pa. d'extrait. C'est un fait que j'aurais été cureille quantité d'extrait alcoolique recueilli rieux de vérifier si j'avais eu à ma disposition ensuite des traitements éthériques. Les re- une quantité suffisante de cet agent; mais marques ont été absolument les mêmes. malheureusement ma petite provision setrouAinsi il y a eu identité d'action entre les vait à peu près épuisée; je me reposais assez deux extrails alcooliques.

d'ailleurs sur les expériences suivantes, pour D'après ce qui précède, c'est encore l'ex- n'être pas tenté d'en préparer une autre. trait de la plante fraîche, résultant de la Erperiences no 5.

Extrait alcoolique concentration du suc à l'étuve, qui s'est de ciguë. (Conium maculatum.) – Un lapin montré le plus énergique.

avale 6 grammes d'extrait de ciguë. AussiQuoi qu'il en soit, je ne doute pas que 10 tôt après l'ingurgitation de ce toxique, des ou 12 grammes de l'un des trois extraits symptômes d'empoisonnement se déclarent: employés n'eussent déterminé la mort, les tels sont des contractions violentes des visravages causés par chacun d'eux, et surtout cères abdominaux, mouvements brusques par le second, élant de nature à faire naître et saccadés , auxquels succèdent par mocelte certitude, que d'autres faits justifieront ments un état de torpeur et de somnolence, pleinement.

une prostration très-prononcée, lorsque Expériences no 4.-Extrait alcoolique des signes certains de souffrance ne déterde belladone. Deux grammes de cet ex- minent pas de l'agitation. Douze ou seize trait, représentant à peu près 16 gramnies heures sont à peine écoulées, que l'animal

à de plante sèche, ont été ingérés dans l'esto- rend des urines sanguinolentes, ou, pour mac d'un lapin. L'effet toxique a été à peu mieux dire, du sang presque pur, transluprès complétement nul.

cide, d'une odeur fétide rappelant un peu Il en a été absolument de même de deux celle de la ciguë, comme dans le cas où grammes d'extrait pilulaire aqueux de bel- 10 grammes d'extrait éthérique de ciguë ladone sèche.

avaient été administrés à un lapin. (Voir les Dans l'un et l'autre cas, le lapin a fait un expériences no 7 de la première série.) La accueil très-favorable aux aliments qui lui nuit écoulée, le lapin parait moins fatigué; ont été présentés, et ses habitudes sont res- cependant il ne mange pas de toute la tées les mêmes.

journée, et il en est de même un jour plus A quelques jours de là, on essaie d'intro- tard, du moins le matin, car le soir il comduire dans l'estomac d'un lapin 12 grammes mence à recevoir quelque peu de nourrid'extrait alcoolique de belladone, retiré de ture. Le retour à la santé ne parait à peu la plante après le passage de l'éther, mais près complet que le quatrième jour de cette on ne peut guère lui en faire avaler que la rude épreuve, si voisine de la mort. moitié, les précautions nécessaires pour évi- 12 grammes du même extrait de ciguë ter cette perle n'ayant pas été assez bien fatiguent horriblement un autre lapin prises. L'autre moitié est rejetée au dehors adulte , qui, pour le coup, parait ne pas en par cet animal, qui fait des efforts inouïs, rappeler. Ce sont les mêmes symptomes dans tous les cas de ce genre, pour se sous- portés à un plus haut degré; aussi les accitraire à l'introduction du poison. Les signes dents se succèdent-ils avec plus de rapidité. qui caractérisent l'empoisonnement sont les Les progrès sont tels, que la mort pamit de suivants : mouvement continuel des mâchoi- plus en plus imminente; cependant elle ne res, secousses précipitées et réitérées des survient que sept heures après l'ingestion de deux paltes de devant, qu'il porte parfois la matière toxique, dont les effets sont cruels vers le museau comme pour expulser l'agent pour l'animal, qui succombe dans une agimortifère qui le tourmente. Ce sentiment tation extrérke. Il est pourtant à remarquer manifeste de malaise dure presque toute la que M. Orfila , avec le conium maculatum, journée. Sur le soir, ce désordre semble a causé rarement des accidents mortels, faire place à un peu de calme et, le lende- bien qu'il l'ait expérimenté sur un grand main matin, quelques aliments sont ingérés nombre d'animaux et à fortes doses. en petite quantité, bien que le malheureux Que pensera ce célèbre toxicologiste animal soit encoretourmenté par intervalles. lorsque ce fait arrivera à sa connaissance ? Quelques frémissements momentanés, quel- Il doutera peut-être de la véracité de mes ques coups de dents portés contre les bar- assertions : cependant rien n'est plus posireaux de sa cage, et de fréquents mouve- tif que ce que je viens de rapporter , et ne ments désordonnés dénoncent chez lui prouve pas autre chose, sinon que mon quelques souffrances passagères, qui se dis- extrait alcoolique de ciguë est aussi éner

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