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de détails inconnus à nos devanciers. Ajoutons à cela l'empressement que l'on a mis à étudier les fluides depuis qu'abandonnant le solidisme outré qui régnait en médecine, on a compris que la vie est également inhérente aux humeurs, et que leur altération primitive est la cause d'une foule de maladies. L'histologie embrasse donc à la fois l'étude des solides et des fluides, et il importe au praticien de ne rien ignorer concernant les uns et les autres, car les maladies se rapportent à ces deux ordres d'éléments. On conçoit l'importance d'un livre qui comprend toutes ces matières au point de vue de l'état actuel de la science. Pour entreprendre un pareil travail, il fallait, comme M. Burggraeve, posséder une connaissance approfondie de l'organisation et être parfaitement au courant des nombreux travaux anatomiques publiés à l'étranger. Déjà notre savant compatriote avait préludé à son œuvre par une séric dc préparations trèsremarquables que renferme le Musée anatomique de l'université de Gand, et qui sont, comme il le dit lui-même, l'expression matérielle des faits qu'il reproduit dans son ouvrage. Voyons maintenant le plan adopté par l'auteur pour l'exposition des nombreuses matières qu'il avait à traiter. Il étudie successivement : 1° Les éléments généraux de l'organisation, ceux qui leur sont communs avec les autres corps de la nature ; 2° Les éléments propres de l'organisation, ceux que les corps vivants se préparent à eux-mêmes au moyen des éléments généraux; 5° Les parties primaires de l'organisation, celles auxquelles la vie a déjà imprimé une existence individuelle ; 4° La conversion des parties primaires en parties secondaires ; 5° La conversion des parties secondaires en systèmes organiques. Il fait suivre l'étude de chacun de ces systèmes de leur topographie, innovation sortant des limites de l'anatomie générale, mais qui a l'avantage de rappeler aux médecins les faits nécessaires à la connaissance des maladies résultant d'un dérangement ou d'une lésion d'organe. La physiologie et la pathologie de chacune des parties dont il traite, reçoivent également tous les développements scientifiques que comporte le sujet. Enfin, les fluides animaux (le chyle utérin, le chyle intestinal, le sang ou fluide vital, les fluides provenant du sang), sont étudiés dans leurs qualités physiques, leur état · organique, leur composition chimique, leur formation , leur élaboration , etc., etc. ; et cette partie de l'ouvrage n'est pas la moins instructive.

On concevra sans peine qu'un livre de la nature de celui-ci n'est pas susceptible d'être analysé , et que nous ne pouvons guère en parler que d'une manière générale. L'examen que nous en avons fait, nous permet de dire que M. Burggraeve a fait une œuvre utile et consciencieuse, et que son Histologie est la plus complète que nous connaissions. ll a su renfermer en un fort volume toutes les connaissances relatives à cette partie importante de l'anatomie, ce qui n'était pas chose facile en se tenant, comme il l'a fait , constamment à la hauteur des progrès de cette science. Un style correct et élégant, de l'ordre et de la clarté dans l'exposition des matières , des gravures intercalées dans le texte d'un fini remarquable et représentant des détails graphiques qui facilitent singulièrement l'étude des faits exposés et épargnent ainsi de longues et ennuyeuses descriptions, telles sont, en résumé, les qualités qui recommandent l'ouvrage de M. Burggraeve. La rapidité avec laquelles'est écoulée la première édition, parue en 1845, les nombreuses additions qu'il a apportées à celle-ci, nous font favorablement préjuger du succès qui l'attend. Nous rappellerons, en terminant, que ce volume est la continuation du Cours théorique et pratique d'anatomie dont l'auteur a fait paraître, en 184 l, la partie historique, et qui sera complété par deux autres volumes, actuellement sous presse, l'un sur l'organogénésie et les monstruosités, l'autre sur l'anatomie pathologique. Cette publication fait honneur à notre compatriote; puisse l'accueil qu'elle ne peut manquer de recevoir, encourager ses efforts et l'engager à persévérer dans la voie qu'il s'est ouverte ! J. R. MARINUs.

Praclische Anleitung zur Erkenntniss und Behandlung der Ohrenkrankheiten; ein Handbuch der practischen Ohrenheilkunde, bearbeitet von Dr MARTELL FRANK, practischen Arzte zu Wurzburg. — 1 vol. grand in-8° de 424 pages, Erlangen, 1845, librairie de Ferdinand Enke, éditeur. :

Cet ouvrage est un traité complet des maladies de l'oreille, spécialité généralement trop négligée par les praticiens, et sur laquelle cependant un grand nombre de travaux remarquables ont été publiés.

Après une introduction historique, l'auteur entre en matière par l'exposition de la symptomatologie des affections de l'organe auditif ; il s'occupe ensuite successivement du diagnostic, de l'étiologie, du pronostic et de la thérapeutique de ces maladies. La seconde partie est consacrée aux nombreuses maladies qui ont leur siége : 1° dans l'oreille externe ; 2° dans l'oreille moyenne ou tym . pan ; 5° dans la trompe de Falloppe ; et 4° dans l'oreille interne. Tous les instruments, anciens et modernes, inventés tant pour le diagnostic que pour la cure de ces affections, ainsi que les états pathologiques des organes malades sont représentés dans l'ouvrage par 156 figures gravées sur bois intercalées dans le texte et dont l'exécution ne laisse rien à désirer. -

L'ouvrage de M. le docteur Franck est le fruit de longues et laborieuses recherches et de l'observation rigoureuse des faits ; à ce titre nous le recommandons à la méditation des médecins qui possèdent l'usage de la langue allemande.

Anatomie des Menschen, von Dr ALFRED voN BEHR. In. 12, Erlangen, 1845, librairie de Ferdinand Enke, éditeur.

Cet ouvrage est un abrégé d'anatomie descriptive qui forme le premier volumed'une petite encyclopédie des sciences médicales, dont M. Enke a entrepris la publication, et qui, à en juger par ce volume, sera très-utile aux étudiants des universités allemandes.

Technik der medicinischen Diagnostic, voN D" A. SIEBERT. Livraisons 1 à 4, Erlangen, 1845-1845, librairie de Ferdinand Enke.

Excellent ouvrage contenant des recherches intéressantes sur le diagnostic des maladies.Nous en parlerons lorsqu'il sera complet.

Untersuchungen über den Kretinismus, voN Dr MAFFEI, praktischen Arzt in Salzburg und Dr RöscH, K. Wurtembergischem Oberamtsarzt zu Urach. 2 vol. in-8, Erlangen, 1844, chez Ferdinand Enke.

Cet ouvrage est le résultat de recherches spéciales sur le crétinisme et est considéré, à bon droit, en Allemagne, comme la meilleure monographie qui a paru sur ce sujet.

Deutschlands heilquellen mit bezonderer Rücksicht aufdie Wahl derselben für specielle Krankheitsfalle, von Dr KARL GEoRG NEUMANN. 1 vol. in-8° de 256 pages, Erlangen, 1845, librairie de Ferdinand Enke, éditeur.

Cette monographie, dédiée à notre ancien collègue et eollaborateur, M. le Dr Canstatt, actuellement professeur à l'université d'Erlangen, renferme des données pratiques sur les eaux minérales de l'Allemagne et leur application au traitement des maladies.

Ubersicht der resultate Mineralogischer forchungen im jahre 1845, von W. HAIDINGER. 1 vol. in-8°, avec 1 planche, Erlangen, 1845, librairie de Ferdinand Enke, éditeur.

Le même libraire vient de publier les traductions allemandes des leçons de chirurgie d'Astley Cooper, des recherches sur le sang dans l'état de santé et dans l'état de maladie, par MM. Becquerel et Rodier et de la statistique médicale, par Jules Gavarret, sous les titres suivants :

AsTLEY CooPER's theoretisch-practische Vorlesungen über chirurgie oder Ergebnisse einer 50jährigen Erfahrung am Krankenbette.Herausgegeben von Alexander Lee, M. A. M. D. Aus dem Englischen übersetzt von D" BURcHARD. 1 vol. in-8° de 584 pages.

DIntersuchungen über die zusammensezung des Blutes im gesunden und kranken zustande von den Herrn Doctoren A. BECQUEREL und A. RoDIER. Ubersezt von Dr EIsENMANN. 1 vol. in-12, de 162 pages.

Allgemeine Grundsatze der medicinischen Statistik oder Entwicklung der für die numerische Methode gültigen Regeln, vonJules Gavarret. Aus den Franzosischen ins Deutsche übertragen von Dr S. LANDMANN. 1 vol. in-S° de 208 pages avec un tableau. (J. R. M.)

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M. le doctenr PUTÉGNAT, membre correspondant, à Luneville, transmct un mémoire ayant pour titre : Recherches sur le génie épidémique de la fièvre typhoïde, observée dans plusieurs communes de l'arrondissement de Luneville. (Commissaires : MM. Van Swygenhoven, Mouremans, et Delstanche, rapporteur.) M. le docteur F. WILL, professeur agrégé à l'Université d'Erlangen, envoie un travail imprimé et demande le titre de membre correspondant. (Commissaires : MM. Rieken, Biver, et Mouremans, rapporteur.) M. DUcPÉTIAUx, membre honoraire, présente un travail qu'il vient de publier sur le système pénitentiaire des prisons, sur lequel il appelle l'attention toute spéciale de la Société. L'assemblée décide que ce travail sera envoyé à l'examen d'une Commission, pour en faire un rapport. Sont appelés à former cette Commission, MM. Bougard, Joly, et Marinus, rapporteur. L'ordre du jour appelle la lecture du rapport de M. BoUGARD, sur un travail présenté par M. le docteur GERBAUD, de Lyon, ayant pour titre : Plaies des artères des membres thoraciques. Les conclusions sont : d'adresser des remercîments à l'auteur, de l'engager à communiquer à la Société les faits intéressants de sa pratique, et de renvoyer son mémoire au comité de publication. Ce rapport donne lieu à une discussion à laquelle prennent successivement part MM. Marinus, Delstanche, Dieudonné, Mouremans et Bougard. M. MoUREMANs propose, par amendement aux conclusions, de porter le nom de M. Gerbaud sur la liste des candidats au titre de membre correspondant. Après une courte discussion, les conclusions du rapport et l'amendement de M. Mouremans sont successivement mis aux voix et adoptés. M. PUTTAERT fait un rapport verbal sur les ouvrages présentés par M. le docteur BAssow, de Moscou, et conclut à ce qu'il

soit adressé à l'auteur une lettre de remer- .

ciment, en l'engageant à continuer ses relations scientifiques avec la Société, et à ce que son nom soit inscrit sur la liste des candidats au titre de membre correspondant.

Après quelques observations échangées entre M. le président et M. Puttaert, ces conclusions sont mises aux voix et adoptées.

· La séance est levée.

Ouvrages présentés.

La Société a reçu dans cette séance, les ouvrages dont voici les titres :

1° Bulletin de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles. No 8.

2° Gazette médicale belge, No 56, 57,58, 59 et 40. 5° Gazette médicale de Paris, No• 56, 57, 58, 59 et 40. 4° Journal de chirurgie, cahier d'août. 5° Journal des connaissances médico-chirurgicales, septembre 1845. 6° Annales et Bulletin de la Société de médecine de Gand. Livr. d'août 1845. 7° Annales de la Société des sciences médic. et natur. de Malines, 5°année, 1re livr. 8° L'abeille médicale du Dr Comet, septembre 1845. 9" Annales d'oculistique, cahier d'août. 10° Allgemeine Medicinische Central-Zeitung, No" 65, 66, 67, 68, 69 et 70. 11° Journal de médecine, par M. Trous . seau, septembre 1845. 12° Gazette des hôpitaux, No° 105-116. 15° Annales de la Société de médecine d'Anvers, livraison de septembre 1845. 14° Nouveaux mémoires de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles, tome xvIII, in-4°, 1845. 15° Mémoires couronnés et Mémoires des savants étrangers, publiés par l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles, tome 18,in-4°, 1844-1845. 16° Sur le climat de la Belgique, 1re partie. Rayonnement solaire et température de l'air et du sol; par A. QUETELET. in-4", Bruxelles, 1845. 17° Ueber die textur und function der medulla oblongata, von Dr B. STILLING. Nebst einem Atlas in-4°, Erlangen , 1845. (De la part de l'éditeur, M. F. Enke, à Erlangen.) 18° Du carcinôme du pied du cheval (crapaud) et de ses moyens curatifs; par L. V. DELwART, Bruxelles, 1845. 19° De la parturition des principales femelles domestiques ; par L. V. DELwART. In-8°, 1859. 20° Ueber das Leuchten einiger Seithiere, von Dr Friedrich WILL, Privat docenten in Erlangen. In-8°. 21° Projet d'organisation médicale, par M. CHARLEs PAsQUIER, pharmacien, à Fleurus. In-8°, Anvers, 1845. 22° Cancer de la mamelle; compression méthodique ; extirpation de toute la glande mammaire ; guérison ; par M. le Dr RUL-OGEz. In-8°, Gand, 1845. 24° Waarnemingen en mededeelingen uit het gebied der oogheelkunde , door D" SNABILIÉ, eerste officier van gezondheid, enz. In-8°.

ACADÉMIE RoYALE DE MÉDECINE DE BELGIQUE. Séance du 27 juillet 1845.

L'Académie reçoit les communications suivanteS :

1° Notice sur le véritable inventeur du forceps, suivie du premier supplément à la Bibliographie médicale belge, avant le 19e siècle ; par M. BRoEckx, membre titulaire. (Commissaires : MM. Burggraeve, De Meyer, Verbeeck et de Mersseman.) . 2° Note sur un nouvel appareil pour la cure des fractures; par M. A. UYTTERHoEvEN, membre correspondant. (Renvoyé à l'examen de la 5e section.) 5° Tumeur sanguine fibroïde du cordon testiculaire droit ; observation communiquée par M. le docteur DUJARDIN. (Renvoyé à la même section.) 4° Note sur la tumeur précédente, suivie de quelques remarques sur l'organisation des caillots sanguins ; par M. SPRING, membre correspondant. — Ces deux dernières communications se rattachent à un fait déjà exposé par M. DELAvACHERIE , dans la séance du 25 février dernier. (Renvoyé à la même section.) M. TALMA, membre correspondant, obtient la parole pour lire un mémoire intitulé : « De la structure des dents, de l'action pernicieuse exercée par le mercure sur ces organes, et des dangers de l'emploi des pâtes mercurielles pour le plombage des dents cariées. » M. FALLoT lit une observation relative à un cas de cyanose. M. VERHEYEN communique ensuite un cas de duplicité monstrueuse par inclusion chez la poule. Ces trois communications seront insérées dans le bulletin de l'Académie. L'ordre du jour appelle le rapport de M. SEUTIN, au nom de la troisième section sur le mémoire de M. SoUPART, relatif à de nouveaux procédés opératoires pour les amputations. (Insertion dans les Mémoires de l'Académie.) M. le président annonce la reprise de la discussion sur le rapport de la commission chargée de l'examen de la proposition de M. SEUTIN, relatif au traitement des fractures par la méthode amovo-inamovible. On entend successivement MM. Phillips, Langlet et Fallot. — Cette discussion sera continuée dans une séance suivante. L'Académie se forme ensuite en comité secret. Dans ce comité, il est décidé, sur le rapport d'une commission spéciale, et conformément aux propositions du bureau, que la compagnie ne nommera point cette année de nouveaux membres correspondants, et que le nombre des membres honoraires à élire sera de six. Ces nouveaux membres seront choisis en partie parmi les correspondants élus depuis la création de l'Académie, et en partie sur la liste des candidats présentés dans la forme voulue par le règlement. L'Académie a tenu une séance en comité

général, le 26 octobre dans laquelle elle a ordonné l'impression d'un Essai sur les coliques métalliques, par M. CHEvALLIER, de Paris, membre honoraire, et d'un mémoire de M. JULEs GUÉRIN, membre correspondant, sur le traitement des tumeurs phlegmoneuses par l'incision sous-cutanée.

Séance publique du 26 octobre.

Cette séance, qui termine l'année académique, s'est tenue dans la grande salle gothique de l'Hôtel de ville. Un public nombreux et choisi, parmi lequel on remarquait M. Van de Weyer, ministre de l'Intérieur, y assistait. M. SAUvEUR a ouvert la séance par la lecture du compte-rendu des travaux de la Compagnie pendant l'année 1844-1845. Ce travail, écrit avec netteté et beaucoup plus laconique que les années précédentes, a été écouté avec plaisir. M. De LAvACHERIE a pris ensuite la parole pour lire un discours intitulé : Fragments sur l'histoire de la chirurgie. L'honorable membre, en historien fidèle et pénétré de son sujet, a exposé avec lucidité l'histoire des progrès de la chirurgie pendant le 19° siècle, et il a fait ressortir la part qui revient à chacun dans cet inventaire scientifique. Après cette lecture, M. DE MERssEMAN. dans une notice savamment écrite, a évoqué le souvenir d'une des gloires médicales de la Belgique, de PALFYN, l'inventeur du forceps, dont il a exposé la vie et les travaux. M. le président a ensuite proclamé les noms des auteurs des mémoires du concours, auxquels l'Académie a accordé des médailles. Ce sont : MM. Brasseur, de Genappe, Decondé, médecin militaire, et Debruyn fils, de St.-Trond. Les lauréats ont reçu leurs médailles des mains de M. le Ministre de l'Intérieur. La séance s'est terminée par l'annonce des sujets de prix du nouveau concours (nous en publierons le programme), et la proclamation des noms des membres honoraires élus dans le comité secret du 28 septembre dernier. Ce sont : MM. Andral fils, professeur à la Faculté de médecine de Paris ; Jaegher, professeur de médecine, à Vienne ; Müller, professeur à l'université de Berlin ; Nasse, professeur à l'université de Bonn ; Burdaeh , professeur à l'université de Kœnigsberg; et Von Siebold, médecin et naturaliste, à Amsterdam.

(Le défaut d'espace ne nous permet pas de rendre compte des séances de l'Académie royale de médecine de Paris ; nous tâcherons de remplir cette lacune dans notre prochain cahier.)

DE MÉDECINE.

( DÉCEMBRE 1845.)

I.-MÉMOIRES ET OBSERVATIONS.

Recherches sur le génie épidémique de la fièvre typhoïde, observée dans plusieurs communes de l'arrondissement de Lunéville; par PUTEGNAT, docteur en médecine et en chirurgie, membre de plusieurs sociétés savantes, etc.

Quomodocumque se res habeat, unusquisque abundat suo sensu.
(BAGLIvI, édition de 1751, page 389.)

Si chaque praticien, libre de toute doctrine, nullius methodum vituperans, sed abs omnibus discens (comme le dit Baglivi, l. c.); étudiant avec soin les affections qu'il rencontre, était convaincu qu'il se doit non-seulement aux malades, mais encore à la science, l'on verrait celle-ci se perfectionner avec une rapidité étonnante. Chose singulière ! à laquelle on ne peut réfléchir sans douleur : parmi les corps scientifiques, le médical est celui où brillent du plus vif éclat la science et l'éducation, et il est malheureusement celui dans lequel ont jeté de plus profondes racines, la vanité et les préjugés. Ainsi : vous, médecins de campagne; vous, médecins de petites villes ; vous tous enfin, qui vivez avec vos clients, qui les observez avant, pendant et après la maladie, je vous le dis, vous tenterez souvent en vain d'élever la voix pour faire connaître le fruit de lvotre expérience consciencieuse, car vous n'exercez passur un théâtre, non point assez grand, mais assez élevé ! Si, il y a quelques années, on voyait paraître de nombreux écrits sur la fièvre typhoïde, c'est que, dans ce moment, où l'on discutait beaucoup sur l'essentialité des fièvres, où Broussais avait engagé sa vive et rude polémique contre les doctrines médicales, cette affection présentait un heureux champ de bataille, sur lequel les partis pouvaient se montrer pour vider leurs querelles scientifiques. Aujourd'hui, quoiqu'on ne discute plus sur l'individualisation de cette fièvre, parce que les symptômes anatomiques et physiologiques en sont bien établis, l'on voit par les recherches publiées dans les journaux, que l'étude de cette affection est encore à l'ordre du jour, et que bien des points de son histoire méritent d'être éclaircis. La seule dissidence qui règne entre les médecins de Paris et ceux qui exercent en province, est aussi une preuve que le dernier mot à dire sur l'étiologie de cette maladie est à trouver. Aux médecins donc, qui ont vu et observé cette fièvre à Paris et dans de petites localités; qui savent, comme nous le dit Baglivi (lib. l, C. l.), novos veteribus non opponere, sed quoad fieri potest, perpetuo jungere fœdere; à ceux-là donc qui ne se sont enrôlés sous aucune bannière, l'on doit accorder son attention quand ils font connaître ce qu'ils ont appris. Ayant étudié pendant cinq années, la fièvre typhoïde dans les hôpitaux de Paris, ayant pu soigner des centaines d'individus atteints de cette affection, que j'ai vue

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