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se composait d'azote. Toute simples que paraissent ces expériences, il ne fut pas possible, à l'origine, de les mener à bonne fin, parce que le temps au bout duquel la mousse produite après chaque agitation s'était affaissée était tellement considérable, que le sang , avant la fin de chaque expérience , commençait à se décomposer. On réussit néanmoins à écarter cet obstacle à l'aide d'une goutte d'huile qui , versée sur la surface du sang, ne tardait pas à faire tomber et disparaître toute la mousse. Des expériences répétées un grand nombre de fois et entreprises d'après cette méthode sur du sang de veaux, de bœufs et de chevaux, ont produit des résultats assez concordants, c'est-à-dire pas moins de 10 et pas plus de 12,5 pour 100 d'oxygène sur le volume du sang , et pas moins de 1,7 et pas plus de 5,5 pour 100 d'azote, le tout réduit à la température de 0° et à la pression barométrique moyenne. Quoique la différence entre 10 et 12,5 pour 100 soit assez considérable, il doit cependant paraître remarquable que les expériences s'accordent si exactement les unes avec les autres, d'autant plus, ainsi qu'on l'a fait remarquer plus haut, qu'elles ne fournissent pas la totalité des gaz absorbés, et qu'on peut obtenir d'autant plus de gaz qu'on a renouvelé plus souvent l'acide carbonique sur le sang. Voilà un fait ; mais, après trois ou quatre renouvellements, l'augmentation du gaz est tellement faible qu'elle tombe dans la limite des erreurs de l'observation. En outre, toutes les expériences ont été faites autant que possible dans les mêmes circonstances. Ordinairement, on a employé 400 centimètres cubes de sang, et il n'y a qu'un petit nombre d'expériences où cette quantité ait été moindre. Il ne faut pas, en effet , en prendre moins, parce qu'alors la quantité de gaz serait trop faible. Le volume de l'acide carbonique qui a été agité chaque fois avec le sang, n'est jamais descendu au-dessous du volume du sang. La quantitéd'oxygène que le sang, d'après ces expériences, est en état d'absorber est, ainsi que l'auteur l'a démontré, suffisante pour faire supposer que toute la quantité d'air inspirée est absorbée par le sang; mais il était douteuxsque le sang artériel renfermât une aussi forte proportion d'oxygène que celle qu'il contient après qu'on l'a agité à maintes reprises avec de l'air atmosphérique, et l'on pouvait croire que les quantités obtenues n'étaient seulement qu'une faible portion de l'oxygène absorbé réellement. Pour examiner cette circonstance, on a modifié les expériences de façon que le sang était toujours agité avec de nouvelles

quantités d'acide carbonique, pour le débarrasser de tout l'oxygène et l'azote absorbés. Puis, ainsi qu'il a été expliqué plus haut, le sang a été, à plusieurs reprises, agité avec des quantités mesurées d'air atmosphérique, et l'on a mesuré la proportion d'air restant, ainsi que ses proportions en acide carbonique, oxygène et azote. par la méthode ci-dessus indiquée, ce qui a donné la proportion d'oxygène et d'azote absorbés. Au moyen de plusieurs expériences conduites de cette manière, la quantité d'oxygène absorbé s'est élevée au minimum à 10 pour 100, et au maximum à 16 pour 100 du volume du sang. L'azote s'est élevé dans quelques cas jusqu'à 6,5 pour 100. Il en résulte que, par l'agitation avec l'acide carbonique, presque toute la quantité d'oxygène prise par le sang s'en sépare, ce qui est la preuve la plus frappante que l'oxygène n'est pas combiné chimiquement avec le sang, mais y est simplement absorbé. Les expériences démontrent que le sang est en état d'absorber une fois et demie son volume d'acide carbonique, résultat déjà obtenu par d'autres observateurs. Elles prouvent en outre qu'il peut prendre de 10 à 12,5 pour 100 de son volume en oxygène à l'air atmosphérique, et par conséquent 10 à 15 fois plus que l'eau dans les mêmes circonstances , et enfin que l'absorption de l'azote s'y élève jusqu'à 6,5 pour 100. On a fait en outre, par la méthode décrite. des expériences sur du sang artériel de chevaux très-avancés en âge. En agitant avec de l'acide carbonique, on a obtenu :

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D'où résulte que le sang artériel des chevaux renferme au moins des quantités égales d'oxygène.

Enfin, l'auteur fait voir que, quelles que soient les observations sur la quantité d'air inspiré et celle du sang, qui, dans un temps donné, afflue dans le poumon, dont on parle, le sang ne prend jamais plus de la moitié de l'oxygène que les expériences ont indique précédemment. Cette portion est chaque fois utilisée dans les vaisseaux capillaires, et le reste, c'est-à-dire l'autre moitié, reste dans le sang veineux.

— M. CAHoURs a communiqué dans la séance du 16 septembre les recherches qu'il a faites sur la densité de la vapeur du perchlorure de phosphore, afin de faire disparaître l'anomalie présentée par la densité trouvée parM.Mitscherlich. Il a montré que le nombre du savant chimiste allemand était trop fort, parce qu'il avait été déterminé à une température trop † M. Cahours a aussi communiqué une note relative à la production de l'uréthane par l'action du gaz ammoniaque sec sur l'éther carbonique; cette production aurait été obtenue par M. Dumas au moyen de l'action de l'ammoniaque en dissolution sur l'éther chloroxycarbonique. Il est assez remarquable que le même composé organique soit ainsi engendré par dcux corps tout à fait différents. — Dans la même séance MM. MILLoN et LAvERAN ont adressé un travail qu'ils ont fait en commun sur l'absorption et l'élimination de certaines substances médicamenteuses et toxiques, et en particulier du tartre stibié. Dans une série de cas où des maladesavaient pris une fois ou deux au plus du tartre stibié, à la dose ordinaire de 1 décigr., ils ont reconnu d'abord que l'antimoine se retrouvait constamment dans les urines. En suivant les diverses phases de son élimination, ils ont constaté que cette élimination se fait d'une manièrc intermittente, et que le séjour de cette substance dans l'économie se prolonge beaucoup au delà de ce qu'on croit généralement. Chez deux malades, ils l'ont retrouvée 24 jours après l'administration. Ces messieurs ont remarqué que les intermittences qui ont lieu dans l'élimination de l'antimoine sont plus longues à mesure qu'on s'éloigne davantage du moment de l'administration. L'intervalle qui ne dépasse pas un, deux, trois jours, dans le début, dure six et sept jours, lorsque l'ingestion date de huit ou dix jours. Le séjour de l'antimoine est encore sensiblement prolongé lorsque la dose a été répétée deux fois. C'est dans cette dernière circonstance qu'ils ont constaté la présence du métal après vingt-quatre jours. Ce fait d'intermittence, fort curieux par son rapprochement avec l'intermittence d'un grand nombre de phénomènes pathologiques, et qui paraît avoir échappé jusqu'à présent à l'attention des toxicologistes, mérite d'être confirmé par de nouvelles observations. Les auteurs de cette communication, désirant mettre les savants à même de répéter leurs expériences, indiquent la manière dont ils ont procédé. Voici comment ils ont constaté la présence de l'antimoine dans l'économie : ils ajoutent 10 centim. cubes d'acide hydrochlorique pur et fumant à 1 décilitre d'urine; ils mélangent les deux liquides avec une petite lame d'étain décapé qui reste plongée dans l'urine acide. L'étain noircit au bout de quelques heures si l'antimoine est abondant ; mais il faut attendre trois et quatre jours lorsque la quantité d'antimoine est minime. La température ordinaire suffit,

mais le dépôt se fait sensiblement plus vite lorsque les journées sont chaudes. On doit plonger une lame neuve d'étain dans chaque urine nouvelle, sous peine de voir reparaître, malgré le nettoyage et le décapage de la lame, l'antimoine provenant d'une précipitation antérieure.

—M.Auguste LAURENT, nommé récemment correspondant de l'Académie dans la section de chimie, a lu dans la séanee du 22 une note importante qui touche aux points les plus controversés de lachimie organique. S'il faut en croire M. Laurent, qui a pour lui les théories de M. Gerhardt de Montpellier et un très-grand nombre de faits bien constatés, le chaos de la chimie organique devra bientôt disparaître, et à ce désordre immense de formules et d'hypothèses qui se contrarient, succédera l'harmonie la plus complète. La science devra désormais marcher sans embarras vers sa constitution définitive : les lois de M. Laurent et la théorie des équivalents de M. Gerhardt l'auront fondée. Une des lois principales de M. Laurent consiste en ce que, « dans toutes les combinaisons organiques azotées, la somme des atomes de l'azote et de l'hydrogène (ou des corps qui peuvent se substituer à l'hydrogène, comme les corps halogènes et les métaux) est toujours divisible par quatre. »

Toutes les formules atomiques des corps sur la pureté desquels on peut compter , et dont les analyses faites par les chimistes les plus habiles offrent des réactions simples, s'accordent avec cette loi. Quant aux formules des corps qui faisaient exception, de nouvelles analyses faites par M. Laurent ont démontré qu'elles étaient erronées. Ce chimiste a donné de nouvelles compositions atomiques à la fois en rapport avec les faits et avec la loi qu'il a découverte. Il n'y a que les mellonures qui jusqu'à présent offrent des difficultés. M. Liebig , qui a découvert le mellon, n'a pas voulu accepter la rectification de M. Laurent, rectification à laquelle M. Gerhardt a aussi été forcément conduit. Toutefois. la dissidence qui sépare le chimiste de Giessen des chimistes français*ne porte pas sur la composition du mellon, que tout le monde s'accorde à regarder comme composé de douze atomes de charbon et de huit atomes d'azote. La difficulté porte sur la composition de l'acide hydro-mellonique : d'après la théorie de M. Liebig, qui regarde le mellon comme analogue au cyanogène, cet acide proviendrait simplement de la combinaison du mellon avec deux atomes d'hydrogène. D'après MM. Laurent et Gerhardt, il proviendrait de la combinaison du mellon avec un équivalent d'eau, c'està-dire deux atomes d'hydrogène et d'oxygène.

III. BIBL10GRAPHIE.

URoLoGIE. Traité des angusties ou rétrécissements de l'urèthre, leur traitement rationnel ; par le docteur LERoY-D'ETIoLLEs, membre des Académies de Bruxelles, de Madrid, de Saint-Pétersbourg, de la Société Impériale des Médecins de Vienne, etc., etc. 1 vol. in-8° de 488 pages, avec 107 figures intercalées dans le texte et 5 planches lithographiées. Paris, J. B. Baillière, libraire, 1845.

L'étude des rétrécissements du canal de l'urèthre a fait, dans ces derniers temps, de tels progrès qu'il ne faut pas s'étonner si l'auteur du livre dont nous venons de transcrire le titre, a la prétention d'appliquer à ces maladies une Méthode rationnelle de traitement. C'est en précisant bien les espèces et les variétés de la maladie , afin d'appliquer à chacune d'elles le mode de traitement qui lui convient, que M. Leroyd'Etiolles, dont les travaux en urologie sont justement appréciés, et qui a apporté aux diverses médications des perfectionnements utiles, se propose d'atteindre ce but. L'analyse succincte de son œuvre nous montrera jusqu'à quel point il a réalisé cette promesse, promesse que chaque auteur, nous le savons, ne manque jamais de faire, car, comme il le dit lui-même, quel est le médecin qui ne croit pas agir aussi méthodiquement et rationnellement qu'homme du monde !

Avant d'aborder la partie principale de son sujet, l'auteur présente des considérations anatomiques sur les conditions normales de l'urèthre qui sont du plus grand intérêt sous le rapport chirurgical; il examine ensuite la nature des rétrécissements, qu'il divise 1° en organiques, subdivisés en a. inflammatoires, b. fongueux, c. valvulaires ou rutidiques comprenant les plis, valvules brides et rugosités, d. fibreux, répondant aux callosités, turgescents et érectiles, e. ulcérés, f. végétants, répondant aux carnosités, g. variqueux, h. cartilagineux ; 2° spasmodiques, dénomination qui, selon lui, ne peut rigoureusement convenir à aucun des obstacles auxquels elle a été appliquée, car « dans un cas il y a contracture musculaire (des muscles accessoires de l'urèthre), ou même, si l'on veut, spasme, mais point de rétrécissement, point d'obstacle à la miction dans le lieu la sonde éprouve de la résistance; et dans l'autre cas, où il y a réellement rétrécissement

les variations brusques dans le diamètre de la coarctation proviennent d'un gonflement inflammatoire accidentel , d'une turgescence passagère, d'une constriction musculaire qui seraient impuissants à produire une rétention, s'ils ne venaient s'ajouter à une altération organique. Les causes de rétrécissements, — leur siége, longueur, nombre et développement, — leurs symptômes et diagnostic font successivement l'objet d'un article spécial où M. Leroy-d'Etiolles, à la fois praticien habile et observateur consciencieux, établit le criterium de la science et y ajoute ses observations propres. Traitées avec détails et toujours sous le point de vue pratique. ces parties de l'ouvrage renferment une foule d'idées neuves et constituent l'introduction de la partie principale, le traitement des rétrécissements de l'urèthre. Cette dernière partie, nous le disons avec une entière conviction, et cette conviction est puisée dans la lecture attentive de l'ouvrage entier, est traitée avec un soin remarquable et ne laisse rien à désirer. Les diverses méthodes que l'auteur indique sont rendues intelligibles par des figures représentant les instruments dont il fait usage ou les variétés de rétrécissement auxquelles elles s'appliquent. Nous ne pouvons présenter ici l'analyse des nombreuses méthodes de traitement applicables à chaque espèce, à chaque variété de la maladie, qui sont décrites par l'auteur avec une minutie de détails qui prouvent combien M. Leroy-d'Etiolles tient à cœur de ne point s'écarter de la voie rationnelle dans laquelle il a annoncé devoir marcher. Il nous suffira, pour en donner une idée, de mettre sous les yeux de nos lecteurs les aphorismes qu'il a placés en tête de la partie consacrée au traitement des rétrécissements de l'urèthre, et que l'on peut considérer comme la conclusion ou le résumé de cette partie : ils sont autant d'axiomes qui lui servent de règle de conduite, et sur lesquels il appelle l'attention de ses confrères. Les voici : « 1° Aucun mode de traitement n'est applicable à tous les rétrécissements. » 2° Il y a des rétrécissements valvulaires que peut déchirer ou effacer un seul cathétérisme. » 5° Les rétrécissements situés au méat urinaire ne guérissent le plus souvent que par la scarification; la dilatation est ordinairement impuissante, la cautérisation les aggrave. » 4° La dilatation suffit au plus grand nombre des rétrécissements de l'intérieur de l'urèthre ; lorsqu'elle ne guérit pas radicalement, du moins elle n'aggrave pas le mal. » 5° La dilatation temporaire graduée, faite chaque jour pendant moins d'une heure, est le meilleur mode de traitement ; il convient de l'essayer dans le plus grand nombre des cas. » 6° Le séjour des sondes prolongé pendant quelques jours, ramollit, résout et peut guérir certains rétrécissements qui résistaient à la dilatation temporaire. » 7° La cautérisation ne convient pas aux rétrécissements situés dans la partie spongieuse de l'urèthre; elle les exaspère, les rend fibreux, turgescents, calleux , inguérissables. » 8° La cautérisation pratiquée dans la région membraneuse guérit des rétrécissements pour lesqucls la dilatation est impuissante; mais, si elle était appliquée primitivement et indistinctement à tous, elle en aggraverait beaucoup. » 9° La cautérisation pratiquée avec modération dans la région membraneuse produit la résolution des tissus indurés. Continuée au delà d'une certaine mesure , elle détermine la transformation fibreuse, et aggrave le mal. 10o La cautérisation doit toujours être suivie de la dilatation temporaire pour achever la résolution et l'aplanissement du rétrécissement. Il ne faut pas attendre , pour commencer cette dernière , que la destruction du tissu induré soit complétée par la cautérisation ; car on pourrait dépasser la mesure et arriver à un résultat contraire, la transformation fibreuse. » 11° Après la cautérisation, les bougies, dilatatrices ne doivent être introduites que quand ce gonflement inflammatoire, produit par l'application du caustique, est tombé, c'est-à-dire après trois ou quatre jours. » 12° La scarification, au delà de la fosse naviculaire, n'est applicable de prime abord que pour détruire des valvules ou des replis; hors ce cas elle ne doit pas être employée primitivement, elle vient en aide à la dilatation ou à la cautérisation. » 15° La résection est une méthode exceptionnelle qui doit être tenue en réserve pour quelques-uns des rétrécissements sur lesquels ont échoué toutes les autres méthodes. » 14° Dans le plus grand nombre des cas il est impossible pour les rétrécissements situés au delà du méat urinaire de distinguer de prime abord quel procédé amènera

la guérison ; ce n'est que par la marche du traitement que l'on peut acquérir une certitude et agir avec confiance. » La conséquence des propositions précédentes est facile à déduire : Puisque le chirurgien ne peut tout d'abord arrêter quel mode de traitement il devra suivre pour les rétrécissements perméables ou franchissables de l'intérieur de l'urèthre; puisque la dilatation convient au plus grand nombre, et que seule elle peut être essayée sans danger, il est clair que c'est par elle qu'il faut commencer la cure, pourvu toutefois que l'obstacle puisse être franchi par les corps dilatants. » » 15° Certains rétrécissements laissent filtrer l'urine, mais n'admettent ni sonde, ni bougie. Lorsqu'ils sont sinueux et en zigzag, on parvient souvent à les franchir avec des bougies fines dont la pointe est tortillée en spirale irrégulière. » 16° La cautérisation directe ou d'avant en arrière convient aux rétrécissements qui laissent passer l'urine, et n'admettent aucune espèce de sonde ou bougie. » 17° Le cathétérisme forcé est applicable aux obstacles qui produisent une rétention d'urine persistante. Son indication et ses chances de réussite sont dans l'ordre suivant : 1° au col de la vessie, 2° dans la région prostatique, 5° au gland, 4° dans la région spongieuse, 5° dans la portion membraneuse. » 18° Les obstacles existant au col de la vessie et dans la région prostatique peuvent seuls être forcés avec des sondes coniques. Dans les autres régions de l'urèthre, les sondes petites ou grosses doivent être cylindriques, pour qu'elles puissent cheminer après avoir franchi le rétrécissement. » 19° Le cathétérisme forcé est fait avec une sonde droite dans la région spongieuse de l'urèthre, avec une sonde courbe au delà du bulbe. » 20° L'incision de l'urèthre de dehors en dedans sur le rétrécissement; la boutonnière, la ponction de la vessie, sont des méthodes exceptionnelles que peuvent seules justifier l'urgence, le danger et l'insuccès de procédés plus innocents. » 21° Chacune de ces méthodes est applicable à quelques cas particuliers. L'incision du tissu induré l'est aux strictures fibreuses qui obstruent la portion spongieuse: laboutonnière, aux coarctations compliquées de pierres arrêtées et développées dans l'urèthre; la ponction de la vessie, aux rétentions d'urine résultant de la complication d'un rétrécissement infranchissable avec l'engorgement de la prostate ou la paralysie de la vessie. » 22° Malgré la réserve avec laquelle doivent être appliquées ces méthodes excep

tionnelles, il ne faut pas attendre que la rétention d'urine ait produit des ruptures, des infiltrations, des abcès urineux et d'autres désordres graves. »

Il faut lire dans l'ouvrage même le développement de ces propositions, appuyées sur des faits, le raisonnement et des connaissances pratiques solides. Les médecins qui s'occupent spécialement des maladies de l'appareil urinaire le méditeront avec fruit et y trouveront plus d'une application utile qu'ils pourront mettre à profit. C'est à ce titre que nous le recommandons à l'attention de nos confrères.

N'oublions pas de dire, en terminant, que ce livre est destiné à concourir pour le prix de dix mille francs que l'Académie royale de médecine de Paris doit décerner au meilleur travail sur les rétrécissements de l'urèthre et que l'auteur a fait d'avance, en faveur de l'Association médicale de prévoyance, abandon de toutes les chances qu'il pourrait avoir à l'obtention de la palme. Cette généreuse pensée fait honneur à notre confrère parisien , et lui donne , dans ce concours, une position exceptionnelle qui mériterait d'avoir des imitateurs dans les luttes académiques. J. R. MARINUs.

IV. VARIÉTÉS.

soCIÉTÉ DEs sCIENCES MÉDICALES ET NATURELLES DE BRUXELLES,

Bulletin de la séance du 1er septembre 1845.

Président, M. DAUMERIE. Secrétaire, M. MARINUs. Sont présents : MM. Biver, Bougard, Daumerie, Delstanche, Dieudonné, Dugniolle, Gripekoven, Joly, Leroy, Marinus, Martin, Nollet, Pigeolet, Puttaert, Vanhoeter et Van Swygenhoven. La séance est ouverte par la lecture du procès-verbal de la séance précédente, dont la rédaction est approuvée. M. le secrétaire communique la correspondance, qui comprend : 1° Lettres de MM. Pypers, d'Anvers, Lowet, de Wommerson, Bruinsma, de Leuwarden, et Bibra, de Schwebheim, qui remercient la Société de leur nomination en qualité de membres correspondants, et promettent leurs concours à ses travaux. 2° Lettre de M. H. Gintrac, de Bordeaux, qui adresse à la Société un exemplaire de sa thèse pour le doctorat. Aux termes de la décision prise à son égard, lors du dernier concours, dans lequel il a obtenu une médaille d'honneur et le titre de membre correspondant, le diplôme lui sera délivré par le bureau. 5° Lettre de M. le bourgmestre de Bruxelles, qui informe la Société que le Conseil provincial de Brabant s'est vu dans l'impossibilité d'accorder un subside à la Compagn1e. 4° Mémoire manuscrit, intitulé : Considérations pratiques sur la fissure à l'anus et sur son traitement; par le docteur J. H. THIRY. — (Commissaires : MM. Martin, Bougard, et Marinus, rapporteur.)

5° Mémoire manuscrit sur les plaies des membres thoraciques; par le docteur GERBAU, de Lyon. — (Commissaires : MM. Biver, Delstanche, et Bougard , rapporteur.) 6° Observations de médcine pratique; par M. MARTIN, membre titulaire. — (Commissaires : MM. Dieudonné, Van Swygenhoven, et Dugniolle, rapporteur.) La correspondance étant épuisée, M. le président accorde la parole à M. BoUGARD, qui annonce devoir présenter prochainement à la Société un travail sur un nouvel appareil pour le traitement des fractures des membres inférieurs, appareil qu'il a fait connaître dans un article communiqué par lui, au Comité de publication pour être publié dans le journal de la Compagnie. Il demande, en attendant , que l'assemblée veuille charger une commission de suivre l'application pratique qu'il se propose de faire de cet aprareil. Après quelques explications données par M. Bougard, qui déclare que son appareil n'a rien de commun avec celui qui a été présenté récemment à l'Académie royale de médecine, par M. le docteur A. Uytterhoeven, la Société adopte la proposition. Sont appelés à faire partie de la commission : MM. Van Hoeter, Puttaert, et Joly, rapporteur. M. le président communique une lettre adressée au bureau , par M. Van Swygenhoven, à la date du 19 août, par laquelle ce membre proposait de convoquer une séance extraordinaire, à l'effet de nommer, dans le sein de la Société, une commission a qui examinerait les différentes phases par lesquelles sont passées les pommes de terre pour arriver à l'état de pourriture dans lequel on en trouve en ce moment une si grande quantité, d'étudier les causes qui

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