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quéeavec le soin le plus minutieux, n'apprend rien de la diathèse tuberculeuse; mais, à défaut de signes physiques, à défaut de symptômes, il est quelques données qui pourront éclairer le médecin. La santé des parents, l'histoire des accidents éprouvés par la jeune malade dans sa première enfance, deviendront de précieux indices, et devront faire craindre l'explosion d'une maladie qui pardonne trop rarement. Or, il est bien évident pour moi, que l'existence de cette fausse chlorose, ou de cette chlorose incomplète, chez les femmes prédisposées aux tubercules, est un gage d'immunité en ce sens, que l'appauvrissement du sang rend moins fréquentes les phlegmasies pulmonaires, à la suite desquelles les tubercules se manifestent et se ramollissent avec tant de rapidité ; et ce fait pratique, dont j'ai douté bien longtemps, et qui, aujourd'hui, me semble incontestable, a cela d'important qu'il imposeraau médecin le devoir de ne jamais administrer le fer dans ces pseudo-chloroses toutes les fois qu'il y aura lieu de craindre des tubercules. Depuis plusieurs années déjà, je ne m'écarte plus de cette règle, tandis que, naguère, en suivant la voie commune, je voyais assez souvent la phthisie se manifester dès que, sous l'influence des préparations ferrugineuses, l'appareil de la circulation semblait surexcité. J'établis donc en principe que l'anémie chlorotique mal caractérisée des jeunes filles disposées aux tubercules, retarde l'explosion des phlegmasies tuberculeuses désorganisatrices et de la fièvre de même nature ; que le fer, en rendant au sang ses qualités excitantes, provoque et cette fièvre et ces

phlegmasies, et qu'il avance, par conséquent,

la fin de ceux qui sont destinés à mourir phthisiques. Toutes les fois donc que je constate les indications les plus spécieusement pressantes des préparations martiales, je lutte et contre le vœu des parents et contre l'autorité de mes confrères, dès que j'ai lieu de redouter l'existence d'une diathèse tuberculeuse ; à plus forte raison le dois-je faire, lorsque quelques hémoptysies, la diarrhée chronique, des scrofules, rendent plus évidente la disposition que je soupçonnais. Je sais que, sur ce point de pratique, je suis en dissidence avec la plupart des médecins ; mais depuis que j'ai appelé l'attention sur ce point encore obscur de la thérapeutique et de la pathologie, j'ai déjà vu des praticiens recommandables adopter des idées contre lesquelles ils avaient cru devoir lutter d'abord. L'espèce d'antagonisme, que j'ai cru observer entre la phthisie et la chlorose, vient

se placer à côté de celui sur lequel M. Boudin appelle, depuis plusieurs années, l'attention du public médical. Ce pathologiste distingué a établi que la phthisie tuberculeuse est une maladie rare dans les lieux soumis aux influences marécageuses. Je me sens porté vers son opinion ; mais je pense avec lui que, pour que l'immunité soit réelle, il faut que l'infection miasmatique soit portée jusqu'à la cachexie ou jusqu'à l'anémie miasmatique. L'anémie, qui suit les fièvres intermittentes, a été, depuis bien des siècles, indiquée et décrite ; mais, c'est à M. Bretonneau, du moins je le pense, qu'on doit d'avoir bien démontré que l'anémie n'était pas la conséquence de la fièvre ; mais celle de l'empoisonnement miasmatique, ce qui n'est pas la même chose. Il a fait voir que les enfants qui naissent dans les pays marécageux , viennent au monde décolorés, et que, plus tard, cette décoloration devient extrême , en même temps que la rate s'engorge, sans que, pourtant, ils aient eu la fièvre intermittente, Si des adultes, bien colorés, quittent un territoire sec et élevé, pour venir habiter, pendant l'été, un pays infesté de fièvres, quelques-uns d'entre eux pâliront notablement (et cela s'observe, surtout, chez les femmes dont le sang menstruel se décolorera); et les accès de fièvre pourront ne se manifester que beaucoup plus tard. On ne peut donc, dans ce cas, se refuser à admettre une cachexie miasmatique, qui fera de bien plus rapides progrès, lorsque seront survenus les premiers accès de fièvre. Cette anémie qui se manifeste avec une rapidité très-grande chez les petits enfants et chez les femmes, est du nombre de celles qui, sans doute, pourront être quelque peu modifiées par le fer, mais qui ne seront pas nettement et facilement guéries. Cette anémie, au contraire, cède avec une facilité remarquable aux préparations de quinquina. Il est entré, cette année, dans mon service de petits enfants à l'hôpital Necker, un enfant de quatorze mois, qui avait été élevé dans un pays marécageux, et qui était dans un état d'anémie profonde. Il avait de la sérosité épanchée dans le péritoine, la rate avait un volume considérable. Il y avait eu, quelque temps auparavant, des accès de fièvres périodiques. Le fer que je donnai d'abord ne produisit rien de bien; mais l'administration de la quinine brute longtemps et méthodiquement continuée, redonna au sang sa coloration normale, et rétablit complétement la santé. Dans le traitement de l'anémie miasmatique, c'est donc au quinquina qu'il faut avoir recours; il y faut avoir recours parce que le quinquina est le remède de l'empoisonnement miasmatique. Le fer ici est un palliatif impuissant ; le quinquina est curatif. Ce que je viens de dire de l'anémie miasmatique, je l'appliquerai à l'anémie syphilitique. Cette anémie rare chez les adultes, est, au contraire, très-commune dans les premiers mois de la vie. J'ai presque toujours, dans mes salles de l'hôpital Necker, des enfants atteints de syphilis constitutionnelle ; outre les tubercules plats des fesses et des cuisses, les macules, les taches bistrées de la peau, la chute des cils et des sourcils, les ulcérations spéciales de la bouche, le coryza chronique, on peut observer une pâleur telle, que les enfants semblent avoir perdu une grande quantité de sang. lci encore, comme dans l'anémie dont je viens de parler, les martiaux ne peuvent rien, tandis que la liqueur de Vanswieten administrée à l'enfant à la dose d'un gramme par jour ; les mercuriaux donnés à la nourrice, en même temps qu'ils font assez souvent disparaître tous les accidents extérieurs, rendent à l'enfant la coloration normale et rétablissent toutes les fonctions profondément troublées. Il me resterait encore à parler de quelques autres formes chroniques de l'anémie; mais ce que j'ai dit suffira, je l'espère, pour appeler l'attention des praticiens sur une question plus heureusement traitée, suivant moi, au point de vue anatomo-pathologique qu'au point de vue thérapeutique. J'aurais aussi à parler d'une forme aigüe de l'anémie, que l'on observe souvent chez les femmes nouvellement accouchées, lors même qu'il n'y a point eu d'hémorrhagies, anémie ordinairement accompagnée de fièvre, et fréquemment mortelle ; mais l'étude de cette maladie singulière et encore peu connue , m'entraînerait aujourd'hui trop loin ; j'aime mieux en faire l'objet d'un travail particulier. (Journal de médecine, juillet 1845.)

De l'emploi de l'écorce de bourdaine contre la pléthore abdominale veineuse. —Nous lisons dans le Journal des connaissances médicales qu'après avoir eu connaissance des expériences faites par M. Gumprecht, de Hambourg, sur l'action de l'écorce sèche et vieille du rhamnus frangula, M. le docteur Helmbrecht , de Brunswick, a employé avec succès cette substance dans plus de trente cas.

L'écorce de bourdaine, dont les propriétés purgatives n'étaient point ignorées des anciens, a une odeur désagréable, une saveur nauséabonde, amère ; elle contient spécialement un principe extractif, âcre et

amer, et une huile volatile qui renferme de l'acide cyanhydrique ; en outre, on y trouve de la gomme, un peu de sucre, ainsi qu'un principe colorant jaune (la rhamnine). C'est en général un moyen résolutif tonico-roborant, agissant d'une manière cathartique, mais non drastique, et convenant surtout comme purgatif approprié aux maladies abdominales et aux affections hémorrhoïdales, à titre de succédané de la rhubarbe, dont le prix est beaucoup plus élevé. On doit même reconnaître que cette écorce agit plus sûrement en occasionnant moins de douleurs que la rhubarbe et le séné. M. Gumprecht, qui est souvent sujet à des obstructions et à d'autres maladies abdominales, a fait sur lui-même et sur beaucoup de malades de sa clientèle, un grand nombre d'essais pour constater l'action de cette écorce, et plusieurs de ses confrères ont suivi son exemple avec succès. Ainsi, il est résulté de ces expériences que l'association de l'écorce de bourdaine avec la millefeuille s'est montrée fort efficace dans la rétention et la suppression des hémorrhoïdes, la constipation habituelle, etc., enfin qu'elle ne mérite pas l'oubli dans lequcl on l'a laissé tomber. Mais quelle que soit son efficacité, il ne faut pas oublier qu'il est des circonstances où elle serait nuisible ; par exemple, elle ne convient pas dans les eas d'irritabilité morbide du canal intestinal, et lorsqu'il y a tendance à la diarrhée. Suivant M. Helmbrecht, l'écorce de bourdaine est indiquée : 1° Dans les maladies abdominales et particulièrement dans celles où la rhubarbe et le séné conviennent, surtout dans la pléthore veineuse et dans la constipation habituelle. 2° Dans le cas de congestion hémorrhoidaire sans flux, après avoir recouru aux évacuations sanguines, à l'administration des apéritifs rafraîchissants et au régime approprié, suivant l'état actuel et la constitution organique des sujets. Dans le cas de congestions hémorrhoïdales passives, chez les individus torpides, mous, lymphatiques et sujets à la pléthore abdominale , aux obstructions du système de la veine porte et à la dycrasie veineuse, on peut sans hésitation recourir à l'emploi de la décoction de cette écorce. Celle-ci, au contraire, serait contre-indiquée si l'on avait affaire à des congestions hypersthéniques et à des hémorrhoïdes actives fluentes. 5° Lorsque le flux hémorrhoïdal a paru et qu'il s'est ensuite supprimé, toujours en ayant égard aux précautions indiquées cidessus. 4° Dans le cas de molimen hémorrhoïdal anormal, toujours avec les mêmes précau tions.

Le mode de préparation et d'administration de l'écorce de bourdaine est le suivant, d'après M. Gumprecht : Pr. écorce sèche et vieille de bourdaine. . 45 gram. Écorce d'orang. coupée menu. 8 Eau commune. . . 2 litres.

Faire bouillir pendant deux heures ou mieux

jusqu'à réduction de moitié, et vers la fin

de la décoction ajouter : Ecorce d'orange. . . . .. 12 à 15 gram. Semences de cumin concassées. 12

Laisser en contact pendant deux heures dans un lieu froid, puis passer. Cette décoction doit rester exposée au frais pendant quelques jours avant d'être administrée. M. Helmbrecht, au contraire , fait prendre de suite cette décoction et ne voit pas qu'il soit utile de la laisser exposée au frais avant d'en faire usage. L'addition du cumin et de l'écorce d'orange donne à cette boisson une saveur qui la rend très-tolérable. On peut la conserver à la cave, en cruchons, pendant des semaines entières. Dans les cas de maladies hémorrhoïdales, M. Gumprecht remplace l'écorce d'orange par soixante grammes de feuilles et de sommités fleuries de mille-feuille, substitution que M. Helmbrecht a de son côté mise en usage avec succès. L'addition de la millefeuille, dans les cas de ce genre, augmente notablement l'effet du médicament. D'après M. Gumprecht, on doit prendre le soir, avant de se coucher, une petite tasse (de soixante grammes environ) de cette décoction : cette dose détermine généralement, le lendemain matin, deux ou trois évacuations pultacées (non liquides). Si l'effet n'était pas produit, on devrait réitérer la dose à onze heures du matin. Chez les sujets faibles ou qui ont le canal intestinal irritable et débilité, et de la tendance au flux diarrhéique, il convient de commencer l'administration du remède à dose moindre, par exemple à trente ou quarante grammes à peu près de décoction. La même marche doit être suivie lorsqu'on ne connaît pas la constitution des individus. ll faut aussi avoir le soin de diminuer la dose lorsqu'elle donne lieu à un effet purgatif trop prononcé. Si au contraire on voulait obtenir une action cathartique très-marquée, on pourrait donner trois tasses dans la journée, ou encore rendre la décoction plus forte en portant, par exemple, la dose de l'écorce à soixante grammes au lieu de quarante cinq. Dans les maladies abdominales, spécialement dans celles où la rhubarbe, le séné, etc., sont indiqués, M. Gumprecht fait continuer

l'usage de la décoction pendant quelques semaines. Dans les cas de constipation habituelle, ce médecin fait prendre deux ou trois fois par semaine trois cuillerées à bouche de décoction avant de se mettre au lit, et si l'effet n'est pas produit il fait réitérer la dose le lendemain. Dans certains cas de pléthore abdominale veineuse provenant de la rétention ou de la suppression des hémorrhoïdes, M.Gumprecht a obtenu des effets avantageux de l'addition de l'hydrolat de laurier-cerise ; il commence par trente gouttes de cette eau distillée et la porte progressivement jusqu'à soixante ou soixante et dix gouttes. S'il y a lieu de soupçonner l'existence d'une congestion hypersthénique, il convient de remplacer l'écorce d'orange par quarantecinq à soixante grammes de sulfate de soude. Dans tous les cas , l'action du remède se trouve naturellement augmentée par un régime approprié à la pléthore abdominale veineuse, par l'exercice en plein air, par des lotions d'eau froide sur l'abdomen et la colonne vertébrale, enfin par un sommeil peu prolongé. (J. de méd. et de chir. pratiq. Juin 1845.)

Lettre sur l'abus de la saignée; par le docteur PHELIP, médecin de la maison centrale de détention de Nimes. — S'il est une science qui mérite d'être méditée très-sérieusement, c'est la médecine pratique ; car c'est de sa juste entente que dépend la conservation de la santé des hommes. Ma longue expérience me donne le droit d'être entendu. — Depuis plusieurs années , les méthodes médicales du Nord ont envahi celles du Midi; on s'est laissé entrainer d'après elles à ne voir presque partout qu'inflammation ; aussi la saignée est-elle prodiguée presque à la façon du Dr Sangrado, c'est-à-dire, à un degré ou réitération abusive. On ne distingue dans son emploi ni l'âge, ni la saison, ni la différence des maladies, ni le tempérament : on redouble la saignée chez l'homme de cabinet comme chez le militaire ou le portefaix. — Prenons pour exemple d'abord la péripneumonie. Examine-t-on bien si elle a le caractère de la péripneumonie vraie ou de la péripneumonie fausse ou muqueuse ? Dans la première, on convient que la saignée est nécessaire et doit être réitérée si le cas l'exige, mais non pas jusqu'à compromettre les forces nécessaires à expulser les produits de l'inflammation. Il est encore bien plus important d'être circonspect en ce genre dans la pneumonie muqueuse. dans laquelle il se forme des congestions de même nature provenant de l'épaississement du fluide emané des bronches. S'il importe, d'une part, d'empêcher l'inflammation des vaisseaux sanguins, il importe essentiellement, dans les deux espèces de péripneumonies, de favoriser et d'obtenir une expectoration indispensable au salut du malade : sans expectoration, la maladies'exaspéreraitd'une manière funeste. Depuis Sydenham et Boërhaave, jusqu'à Stoll, Portal et Fouquet, on a rigoureusement respecté ce principe sacré. On croit, par le calme momentané que produisent quelquefois les saignées, avoir vaincu la maladie; c'est une fatale erreur. La maladie ne peut pas être si facilement domptée, car la nature n'a encore rien fait pour elle ; elle existe, moins les forces nécessaires pour en triompher, lorsqu'il n'y a pas de crise essentielle; le loup (comme on le dit) est encore dans la bergerie, et un événement funeste vient surprendre et désoler la famille, surtout si on a négligé le secours si important des antimoniaux et des révulsifs; ce que j'ai dit des péripneumonies peut s'appliquer aux apoplexies. Quand on est appelé à secourir un apoplectique, on se hâte d'administrer une saignée que l'on répète trop souvent jusqu'à la cessation des symptômes qui sont loin de disparaître par l'abus de ce moyen. Toutes les apoplexies que l'on est appelé à traiter sont loin d'être de la même nature; il en est bien qui peuvent être l'effet consécutif d'une congestion de sang causée par la lenteur du sang à suivre son cours dans un cerveau affaibli par l'âge et d'autres causes; mais il en est beaucoup qui sont l'effet d'un collapsus virium, c'est-à-dire d'une faiblesse organique, de l'abus du coït, hors le rapport avec l'âge avancé, d'une concentration excessive de toutes les forces vitales sur les organes gastriques livrés à un appétit déréglé, d'une métastase goutteuse ou d'autres causes qui repoussent tous moyens affaiblissant les ressorts de la vie : dans ces cas, il n'y a d'autre moyen de combattre cette redoutable maladie que l'action réitérée de l'émétique et des révulsifs. Nous avons le droit d'affirmer que la saignée, administrée sans mesure dans les apoplexies, est on ne peut pas plus meurtrière. J'en dis autant des paralysies ou des hémiplégies, le même sort attend ceux qui les éprouvent ; car ce n'est pas la quantité de sang qui les détermine, mais plutôt son altération et son excès de carbonisation. L'oubli que l'on fait en thérapeutique, de l'altération du sang et de ses causes est bien dangereux. Cependant on ne peutignorer, pour peu que l'on ait approfondi la science, qu'il y a altération de ce fluide vital par la corruption et l'abus des aliments qui compromettent la chylification, par la colère, les passions

violentes, l'absorption du produit des sécrétions vicieuses, de miasmes émanés des lieux malsains, des répercussions des maladies de la peau, et de l'imperfection de la sanguinification pulmonaire dans l'âge avancé, etc. — Je me suis toujours félicité d'avoir conservé la vie, pendant plusieurs années, à des gens qui paraissaient avoir eu des attaques très-sérieuses, sans avoir eu recours à des saignées générales, et seulement en les mettant à l'usage de l'émétique réitéré, et les couvrant de vésicatoires. On ne conteste pas que quelques malades ne survivent à l'administration immodérée de la saignée ; mais leur convalescence est bien longue et accompagnée d'enflures, signes d'un affaiblissement radical qui tôt ou tard porte son fruit. De ce que je viens de dire, il faut conclure que l'exercice de la médecine exige beaucoup d'attention ; que ce qu'on appelle le savoir-faire ne dispense pas du discernement scientifique; que, pour être vraiment médecin, il faut sans cesse recourir à une méthode éclectique, c'est-à-dire, ne pas perdre de vue l'influence des fluides sur les solides, et réciproquement ne pas dédaigner, comme le font trop les modernes, la doctrine de la coction et des crises qui a régné depuis Hippocrate jusqu'à Fouquet et ses élèves ; enfin, mettre à profit cette ancienne et importante maxime : Usez et n'abusez pas. (Gazette médicale de Montpellier , 15 juillet 1845.)

Névralgie faciale symptomatique d'une tumeur fibreuse de la matrice, guérie par l'extirpation de cette tumeur. - Une dame de 52 ans, dont la santé avait été altérée par de grands chagrins, ayant eu cependant une grossesse heureuse avant 20 ans , souffrait depuis deux ans et 8 jours avant l'époque menstruelle , de violentes douleurs névralgiques à la face, dans toutes les régions sus et sous-orbitaires. Ces douleurs, faibles au début, augmentaient chaque jour d'intensité et d'étendue ; elles envahissaient tout le côté droit de la tête, et la veille de l'irruption elles finissaient par être intolérables; des vomissements survenaient, puis une violente douleur se faisait sentir dans la région ombilicale, quelques lignes au-dessus du nombril ; l'évacuation des règles ne portait aucun soulagement; elle durait 6 jours environ ; les douleurs ne commençaient à diminuer que dans les dernières 24 heures, puis se prolongeaient encore en diminuant pendant 48 heures; dans l'intervalle des époques, il existait un abondant flux leucorrhéique; les douleurs de reins étaient habituelles et accompagnées de pesanteurs dans la région utérine. Cette dame ne pouvait résister au besoin bizarre de manger du charbon en très-grande quantité. — M. Cerise, qui a publié ce fait, pense qu'il s'agissait d'une lésion nerveuse sympathique d'une affection utérine, et obtint, après plusieurs refus, de faire examiner l'organe. M. Marjolin fut appelé ; le toucher lui révéla tout de suite la présence d'une tumeur volumineuse qui s'avançait dans le vagin, dont elle remplissait le basfond. Après une réunion avec MM. Marjolin et Mojon, on décida qu'une opération devait être pratiquée. Elle fut confiée à M. Lisfranc, qui fit la résection d'un polype fibreux, aussi volumineux que le poing d'un adulte, et s'implantant à la partie supérieure et postérieure du col utérin. L'opération n'eut aucune suite fâcheuse. La première menstruation vint à l'époque accoutumée, sans être précédée, accompagnée ou suivie de ces violentes douleurs névralgiques que cette dame avait endurées pendant 25 mois. Depuis, elles ne se sont pas reproduites, et la santé est aussi bonne que le comporte la constitution de la malade ; néanmoins, elle conserve toujours quelque tendance à manger du charbon. (Annales médico-psychologiques.)

De l'ergotine contre les hémorrhagies externes. Dans la séance du 7 juillet de l'Académie des sciences, il a été donné communication d'une nouvelle note de M. le docteur Bonjean, de Chambéry. sur les propriétés de l'ergotine. M. Bonjean qui a déjà fait plusieurs communications à l'Académie relatives à l'action physiologique et thérapeutique de cette substance, fait connaitre cette fois-ci les résultats qu'il a obtenus de son application dans les hémorrhagies externes. Voici quelques-unes des expériences qu'il a faites avec le concours de M. Chevallay, médecin à Chambéry : 1° Une veine a été ouverte à la cuisse d'un mouton ; immédiatement après on a appliqué à l'ouverture béante du vaisseau un tampon de charpie imbibé d'une dissolution d'ergotine. Au bout de quelques instants le tampon a été enlevé; il ne s'écoulait plus une goutte de sang, l'ouverture de la veine était tout à fait oblitérée ; 2° On a ouvert l'artère crurale d'un lapin ; le sang s'échappait en un jet de la grosseur d'une plume d'oie. Au bout de 4 à 5minutes, l'artère a été oblitérée par le même moyen ; 5° On a ouvert la plus volumineuse des veines du cou à une poule ; le sang, qui coulait abondamment, a été arrêté en 4 minutes par l'application d'un peu de charpic imbibée d'ergotine. La veine,examinée ensuite, était entièrement oblitérée.

L'ergotine qu'emploie M. Bonjean dans ses expériences est dissoute dans 12 ou 15

fois son poids d'eau, et cette dissolution sert à imbiber la charpie que l'on applique sur l'ouverture des vaisseaux.

Abstinence complète d'aliments solides; défécation nulle depuis deux ans : par le docteur MERCIER.— Mlle X., âgée de 27 ans, d'une petite stature, d'un médiocre embonpoint, régulièrement constituée, s'était assez bien portée jusqu'à l'âge de 18 ans; à cette époque elle devint enceinte; de grands chagrins rendirent sa grossesse pénible ; arrivée au terme de 9 mois, on fut obligé de l'accoucher avec le forceps après 5 jours de violentes souffrances. Placée nourrice sur lieu, elle y remplit pendant un an ses devoirs sans accidents , et sa santé resta satisfaisante ; mais après avoir sevré son nourrisson , elle s'aperçut qu'un changement notable s'opérait dans sa santé; elle éprouva en effet des crachements de sang et un dégoût prononcé pour toute espèce d'aliments ; aussi fut-elle obligée de les supprimer un à un jusqu'à ce qu'elle fût réduite à ne se nourrir que de lait et de bouillon. Enfin, il y a 4 ans, ne pouvant plus supporter ces deux dernières substances, clle se trouva réduite à ne prendre chaque jour qu'un litre de petite bière qui, depuis lors, fait son unique nourriture. A partir de cette dernière époque, les évacuations alvines devinrent très-rares ; mais, chose remarquable, depuis 2 ans les évacuations alvines ont complétement cessé. Quant aux urines, quoique très-rares et en très-petite quantité à la fois, elles sont rendues une seule fois toutes les 24 ou 56 heures. Les menstrues n'ont pas reparu depuis la grossesse ; la personne est sujette à de fréquents vomissements de sang qui ont été souvent combattus par des émissions sanguines, etc., etc. Son physique exprime la douleur et la souffrance. Après son sevrage , elle est restée dans la même maison où elle est encore; elle y exerce les fonctions de bonne , faisant alternativement le ménagc, la cuisine ; chaque jour elle frotte volontairement plusieurs grandes pièces ; elle est fort active, laborieuse, gaie et chantant chaque fois que ses souffrances se calment un peu.

(L'Abeille médicale, juillet 1845.)

De la cévadille dans le traitement de la gale ; par le docteur BoURBoUssoN. - La cévadille est le véritable spécifique de la gale et est douée au plus haut degré de la propriété acaricide, telle est la conclusion que l'on peut tirer du travail que M. Bourbousson a publié dans le Bulletin de thérapeutique. Cette substance a été expérimentée sur 59 malades chez lesquels l'affection psorique était franche et dégagéc de toute espèce

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