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vail sur la série allyle fournira-t-elle des observations plus précises à cet égard. (Annalen der Chemie und Pharmacie, vol. LII, ch. I, p. 52.)

Sur la présence d'une grande quantité d'acide hippurique dans l'urine humaine; par PETTENKoFER. — L'urine, examinée par M. Pettenkofer, était celle d'une jeune fille de treize ans affectée de chorée. Elle était d'un jaune de vin clair ; légèrement acide aussitôt après l'émission, elle devenait cependant alcaline en très-peu de temps et laissait déposer des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien. L'auteur fut trèsétonné, en versant de l'acide nitrique concentré sur le produit de l'évaporation de la dissolution alcoolique (préparée dans le but de déterminer l'urée), de voir apparaître, au lieu de la cristallisation ordinaire et en lames du nitrate d'urée, une grande quantité d'aiguilles fines colorées en jaune-brunâtre. Ces aiguilles présentaient au microscope la forme de prismes hexaèdres réguliers. très-beaux, parsemés çà et là de plaques qui avaient la forme cristalline connue du nitrate d'urée. Ces aiguilles lavées avec un peu d'eau froide, exprimées entre des feuilles de papier sans colle et séchées, fondaient lorsqu'on les chauffait modérément sur une lame de platine et se volatilisaient sans résidu. La fumée répandait l'odeur connue du benjoin. Il n'y avait pas de doute que cette urine ne dût contenir une grande quantité d'acide hippurique combiné avec de la potasse ou de la soude, et que cet acide n'eût été séparé par l'acide nitrique et transformé par un excès de ce dernier acide concentré en acide benzoïque. M. Pettenkofer évapora alors la dissolution alcoolique de cette urine, la mélangea avec de l'acide chlorhydrique, et après l'avoir abandonnée quelque temps au repos, il vit se déposer des aiguilles prismatiques et des tétraèdres d'acide hippurique. L'analyse de la cendre de cette urine a fait voir une grande ressemblance avec la composition de la ccndre fournie par l'urine des herbivores. Les résultats les plus saillants de cette analyse ont été la prédominance des carbonates et les petites quantités des phosphates. 100 parties de cette cendre ont donné 50 p. c. de carbonate de soude, tandis que la cendre de l'urine ordinaire de l'homme contient 5-6 p. c. de carbonates alcalins. On pourrait peut-être soupçonner dans ce cas une influence de l'affection nerveuse sur la constitution de l'urine; mais l'auteur croit plutôt trouver la solution du problème dans la nourriture exclusivement végétale dont la malade faisait usage; toutefois la présence d'une si grande quantité d'acide

hippurique dans une urine humaine et les proportions des sels contenus dans sa cendre n'en constituent pas moins pour lui un fait très-remarquable et isolé jusqu'à ce jour. Le mémoire que M. le professeur Liebig a publié dans ces derniers temps sur la constitution de l'urine, jette un grand jour sur cette observation; il y a en effet démontré jusqu'à l'évidence que l'urine de tout homme, dont la nourriture est mixte, contient de l'acide hippurique et ordinairement en quantité à peu près égale à celle de l'acide urique, et que les proportions des sels de l'urine sont généralement en rapport avec la quantité des sels de la nourriture. M. Pettenkofer voit dans le cas qu'il a observé une confirmation frappante des faits contenus dans le mémoire de M. Liebig.

Peu à peu l'affection nerveuse de la jeune fille a cédé; elle s'est insensiblement accoutumée à notre nourriture habituelle et cette grande quantité d'acide hippurique a disparu de son urine ; celle-ci a repris la constitution qui lui est ordinaire.

(Ibid., ibid., p. 86.)

Sur la présence de l'acide quinique dans l'aubier du sapin ; par WöHLER. — En examinant, il y a 25 ans environ, l'aubier du sapin, M. Berzelius y trouva un acide qui lui parut être identique avec l'acide quinique ; mais il ne l'étudia qu'imparfaitement. La connaissance plus exacte que l'on a acquise dans ces derniers temps sur l'acide quinique provenant de l'écorce du quinquina lui a donné des doutes sur cette identité, et il m'a engagé, à l'occasion de mon travail sur le chinone, à faire faire quelques recherches relativement à cette question. Il en est résulté que l'acide de l'aubier du sapin n'est pas de l'acide quinique. Ni l'extrait aqueux, ni l'extrait préparé avec un acide ou un alcali n'ont donné la moindre trace de chinone ; la formation de ce dernier corps constitue certainement la réaction la plus sensible pour découvrir la présencc de l'acide quinique. (Ibid,. ibid., p. 142.)

Note sur un carbonate double de potasse et de soude; par M. MARGUERITE.—Le sel qui fait l'objet de cette note avait été envoyé à M. Pelouze, par M. d'Heur, un de ses anciens élèves; il provenait de plusieurs concentrations et cristallisations successives de prussiate de potasse, préparé par le procédé ordinaire, en décomposant les matières animales par de la potasse du commerce.

Les caractères principaux de cette combinaison pouvaient la faire considérer au premier abord comme un bicarbonate de potasse. En effet , les réactifs indiquaient la présence de la potasse, les acides faisaient effervescence, les cristaux étaient bien définis et n'étaient point déliquescents. Ayant donc employé ce sel dans une préparation, après l'avoir soumis à la calcination pour le convertir en carbonate neutre, je le vis fondre dans son eau de cristallisation dès la première impression de la chaleur; cette seule propriété, que ne partage point le bicarbonate de potasse, m'engagea à l'examiner de plus près. La dissolution de ce sel donna un précipité abondant avec les sels de magnésie et de chaux ; mais en présence de ces derniers, il ne se dégagea ni à froid ni à chaud la plus petite quantité d'acide carbonique ; ce n'était donc pas un bicarbonate. Bien qu'on obtînt, par le chlorure de platine et l'acide tartrique, les précipités caractéristiques de la potasse, on ne pouvait pas admettre que ce fût un carbonate neutre de cette base, puisque le sel n'était point déliquescent. Quelques légères traces d'efflorescence que présentaient les cristaux les mieux définis, me firent croire à l'existence de la soude. Exposés à la flamme du chalumeau, il se produisit une coloration jaune très-intense,

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40,5 de KCI, et 58,9 .

caractère distinctif, et, bien que ce réactif, appliqué à des sels commerciaux, fût d'une trop grande sensibilité, je crus devoir m'assurer si la soude faisait partie de la combinaison, ou si ce n'était qu'une quantité minime, qu'une impureté. L'antimoniate de potasse, réactif indiqué par M. Fremy, donna un précipité abondant ; l'acide sulfurique produisit une notable cristallisation de sulfate de soude ; ildevenait donc évident que la soude était partie constituante de la combinaison. Après avoir constaté l'absence de sulfate, de chlorure, d'acides autres que l'acide carbonique, il s'agissait de déterminer dans quels rapports les carbonates de potasse et de soude étaient unis. A cet effet, je suivis les deux procédés de M. Gay-Lussac, l'analyse par l'abaissement de température et l'alcalimétrie. En observant exactement les précautions indiquées dans la manière d'opérer, 50 grammes du sel préalablement converti en chlorure, desséchés, produisirent, en se dissolvant dans 200 grammes d'eau , un abaissement de température de :

59,5 de 61,1

NaCI, id. id. exigé, pour être neutralisés, de 80 à 81 1/2 centimètres cubes de la liqueur normale d'acide sulfurique, et la moyenne de plusieurs expériences est de 80,5.

4,807 de carbonate desséché, en les supposant formés de 2NaO CO*+KO CO*, contiennent :

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mais la quantité d'eau de cristallisation avait augmenté, l'alcalimétrie du sel desséché marquait un plus grand nombre de degrés; l'analyse, par le froid , indiquait un moindre abaissement de température; tout enfin indiquait une plus grande proportion de carbonate de soude. Ces mêmes cristaux, dissous et cristallisés une seconde fois, donnaient, par la calcination, 62 pour 100 d'eau, et ne contenaient plus que des traces insignifiantes de potasse. Ne pouvant admettre que le sel primitif, qui m'avait donné à l'analyse des résultats satisfaisants, fût souillé d'une aussi grande quantité de carbonate de soude ; je dus penser que les deux carbonates se séparaient par l'eau, de telle sorte que le sel double se détruisait, pour une partie , en carbonate de soude qui cristallisait, et en carbonate de potasse qui constituait le milieu de stabilité pour l'autre partie de la combinaison. l Le sel fut alors dissous directement dans une liqueur chargée de carbonate de potasse, et il cristallisa sans avoir subi de décomposition, car il donna des résultats parfaitement concordants avec ceux que j'avais obtenus la première fois; et, chose digne de remarque, la combinaison se maintient toujours dans les proportions de 2NaO CO*, KO CO*, malgré la présence d'un grand excès de carbonate de potasse. Il n'est pas toutefois indispensable, pour éviter la destruction du sel, de le dissoudre dans une eau chargée de carbonate de potasse; car dans des liqueurs très-concentrées et sirupeuses, il peut cristalliser sans éprouverd'oblitération sensible, seulement, dans le premier cas, on a la certitude qu'il n'existe pas de carbonate de soude à l'état de liberté. Aussi peut-on le préparer directement en dissolvant du carbonate de soude dans un excès de carbonate de potasse, et les cristaux qu'on obtient de cette manière représentent la combinaison double qui a une combinaison identique avec le sel primitif. Les circonstances dans lesquelles ce carbonate double se produit doivent être nombreuses, dans certaines fabrications, et sur

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C'est-à-dire qu'on peut représenter la combinaison double comme formée de 2 équivalents de carbonate de soude à 8 équivalents d'eau, et 1 équivalent de carbonate de potasse à 2 équivalents. On sait que NaO CO*8HO redevient en se dissolvant, NaO CO*10H0; or, en présence d'un excès de carbonate de potasse, celui de soude peut subir une déshydratation, et ne trouvant plus sa quantité d'eau habituelle, satisfaire son affinité de cristallisation en se combinant avec le carbonate de potasse. La décomposition du sel par l'eau s'expliquerait ainsi facilement ; car dans des liqueurs étendues et en l'absence de carbonate de potasse libre, celui de soude pouvant reprendre ses 10HO ordinaires, cristallise en abandonnant dans la liqueur une certaine quantité de carbonate de potasse qui maintient ainsi la stabilité du reste de la combinaison. D'après cette manière de voir, il faut admettre que dans des liqueurs très-étendues, les deux carbonates ne sont qu'en mélange atomique, et que ce n'est que sous l'influence de l'évaporation qu'ils rentrent en combinaison, excepté la quantité de carbonate de soude qui peut cristalliser avec ses 10HO, dans l'état de concentration où se trouve la dissolution. Ibid.

tout dans les potasses de commerce, qui sont souvent fraudées avcc du carbonate de soude. Par exemple, les sels de potasse et de soude provenant de l'incinération des plantes doivent être souvent mêlées avec la nouvelle combinaison. Il suit donc des résultats dont je viens de parler, que la séparation du carbonate de soude d'avee le carbonate de potasse ne repose point, comme on l'avait pensé jusqu'à présent, sur leur différence de solubilité. Ce sel est d'une très-grande solubilité à froid et à chaud ; il donne des cristaux d'une beauté remarquable, qui ont la propriété de retenir une grande quantité d'eau d'interposition, qui fondent dans leur eau de cristallisation vers 40 degrés ; ils s'effleurissent instantanément dans le vide ; mais à l'air libre, l'efflorescence paraît nulle, et, dans tous les cas, elle est extrêmement lente. En sorte que les propriétés respectives des deux carbonates se trouvent pour ainsi dire compensées et en état d'équilibre dans la combinaison double, équilibre trèsinstable qu'une légère diminution de pression détruit rapidement. Sans vouloir considérer ce fait comme étant le lien véritable qui unit les deux carbonates, on peut faire ce rapprochement :

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Préparation de l'acide benzoique; par M. JoHN STENHoUsE.—On mêle intimement de la résine de benjoin réduite en poudre fine, avec son propre poids de chaux éteinte bien pulvérisée. Le mélange auquel on ajoute de l'eau, est porté à l'ébullition et l'opération continuée, jusqu'à ce que le benzoate de chaux soit entièrement dissous.

La dissolution filtrée est alors évaporée jusqu'au sixième et mêlée avec une dissolution concentrée de chlorure de chaux. On décompose la liqueur bouillante au moyen d'un léger excès d'acide chlorhydrique et l'on continue l'ébullition jusqu'à ce que tout le chlore soit chassé. Par le refroidissement, la dissolution laisse déposer des cristaux à peu près incolores, ce qui tient à ce que la plus grande partie des matières colorantes est détruite par le chlore.

Les cristaux obtenus contiennent toujours cependant une matière résineuse dont on les débarrasse facilement par des cristallisations successives dans de petites quantités d'eau bouillante.

On peut employer avec avantage un peu de charbon animal pour faire disparaître les dernières traces de matière colorante.

On voit que dans ce procédé de préparation on a réuni les méthodes proposées par Scheele et par M. Liebig.

Ibid.

Pharmacie.

De la résinéone de goudron, comme agent thérapeutique; par le docteur PÉRAIRE.— Frappé depuis longtemps de l'efficacité du goudron comme agent thérapeutique, mais persuadé que la répugnance qu'éprouvent les malades à prendre ce médicament, est cause du faible crédit dont il jouit en médecine, M. Péraire a cherché à séparer, de cette matière désagréable au goût et à l'odorat, une matière active, et d'un emploi commode. Les importantes recherches de M. Frémy (Ann. de Chim. et de Physiq., tome LIX), ont ouvert la voie à M. Péraire. Seulement ce n'est pas sur la résine, mais sur le goudron , que ce médecin distingué a institué ses essais. Voici le procédé qu'il a suivi. On sait qu'en distillant le goudron soit avec de l'eau, soit pur, on obtient une huile connue sous le nom d'huile de cade. M. Péraire a soumis ce produit à une nouvelle distillation, et il est arrivé à peu près aux mêmes résultats que M. Frémy avec la résine. Avant l'opération, on met dans de l'huile de cade un fragment de potasse, pour saturer les acides existants. Le mélange placé dans une cornue et chauffé, se comporte de la manière suivante : comme la résine, l'huile de goudron bout à 70°, il passe alors à la distillation une huile incolore, qui est la résinone. En portant la température de 78 à 148°, on obtient la résinéone plus abondante et incolore. A 250° on a la résinéine. En changeant de récipient à chaque période de l'opération, on a séparément ces trois produits du goudron. M. Péraire a soumis ces trois substances à l'expérimentation chimique. Il a reconnu que la résinéone avait exactement les mêmes propriétés que le goudron, et que c'était à cette huile incolore seule que le thérapeutiste devait recourir pour remplacer cettematière impure; la résinone et la résinéine ayant paru d'une activité très-médiocre. La résinéone de goudron est une huile essentielle, liquide, incolore, quand elle est récente, son odeur a quelque chose de pénétrant. Placée sur la langue elle y développe une augmentation de chaleur et une saveur âcre. Peu après, cette sensation est remplacée par une odeur balsamique qui a quelque chose d'agréable. La résinéone jouit de toutes les propriétés des huiles essentielles, elle est inflammable, soluble dans l'éther. En distillant 5 grammes de résinéone avec 100 grammes d'alcool, on forme un alcoolat. En mélangeant ces deux substances à froid, on obtient rapidement le même produit; c'est à ce

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5 grammes de résinéone mêlés avec 995 grammes d'huile d'amandes douces forment un éléolé; la résinéone peut entrer aisément sous cette forme dans la composition des loochs. On l'administre à la dose de 15 grammes dans une potion de 125 grammes.

Si on mêle 990 grammes de sucre avec 5 grammes de résinéone et autant de gomme, on obtient un mélange propre à faire des pastilles.

L'alcoolat de résinéone contient 5 centigrammes de résinéone par gramme d'alcool. On le donne à la dose de 6 gouttes, 4 fois par jour, sur un morceau de sucre. Il réussit très-bien dans les catarrhes chroniques de la vessie.

Employée à l'extérieur , la résinéone semble pouvoir rendre aussi des services dans les cas de maladies de la peau.

On peut composer une pommade comme il suit :

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M. Péraire dit avoir employé ce mélange avec succès dans plusieurs cas de maladies désignées vulgairement sous le nom de dartres. (Gaz. Méd. de Paris, 14 décembre 1844.)

Relativement à l'efficacité de la résinéone dans les maladies de la peau, je crois que M. Péraire aurait pu employer ce médicament avec avantage plutôt contre les affections squamcuses comme le psoriasis, l'ichthyose, et aussi contre le prurigo, que dans les cas de maladies dartreuses, ou avec sécrétions humides. Au moins jusqu'ici le goudron a beaucoup mieux réussi contre cette dernière classe d'affcctions que contre les dartres. Dr E. B.

(Journ. de Pharmacie et de Chimie.)

Comparaison du kermès obtenu par la voie des oxydes de potassium ou de sodium avec celui obtenu par les carbonates ; par M. SoUvissEAU fils. — Les kermès médicinaux offrent des nuances plus ou moins foncées : plus la solution des carbonates employés à leur préparation est concentrée, plus le kermès obtenu est foncé, et peut le devenir à tel point qu'il ressemble en tout au précipité n° 2. Certainement on doit se rendre facilement compte de cet effet, en envisageant la réaction de ces carbonates sur quelques corps; elle est telle, qu'ils agissent à la manière d'alkalis caustiques faibles, ou comme des carbonates cédant de leur base. Ainsi , en faisant réagir le carbonate de potasse ou de soude sur le sulfure d'antimoine, la réaction doit s'opérer de cette manière; de plus, l'ébullition tend à éliminer davantage l'acide carbonique qui, par le refroidissement, reprend son ascendant et agit sur la nouvelle dissolution à la manière des acides , en produisant du kermès. En second lieu. l'effet du carbonate alcalin à froid persistant toujours, il est évident qu'il doit se trouver, dans l'eau mère, les éléments propres à donner, par les acides, du soufre doré d'antimoine, ce qui en effet a lieu. Comme on le sait, en traitant par la voie sèche un mélange, de sulfure d'antimoine (Sb2 S5) et de carbonate de potasse ou de soude, on obtient par suite une grande quantité de kermès, mais d'une qualité moins belle. La quantité du soufre doré d'antimoine devient aussi plus considérable. Estil besoin de dire que dans certaines circonstances, par la tendance qu'a le sulfure d'antimoine de s'oxyder, en cédant du soufre aux corps intermédiaires , du carbonate alcalin se trouve réellemeut décomposé? De là, élimination d'acide carbonique, formation d'oxyde d'antimoine et de sulfantimoniure de sodium, retenant du sulfure d'antimoine, sans compter le produit obtenu par la réaction du carbonate restant sur le sulfure d'antimoine. En traitant alors la masse calcinée par l'eau, on obtient, par le refroidissement, en sus de l'acide hydrosulfantimonique retenant du sulfure d'antimoine, le sulfure d'antimoine retenu par le sulfantimoniure de sodium, de sorte que le kermès doit présenter à peu près la ténuité et la nuance du précipité n° 2. L'eau mère, traitée par un aeide, offrira en sus de la quantité de soufre doré d'antimoine obtenue par les carbonates (voie liquide) une quantité de plus, formée à la faveur d'une température élevée. De ce qui précède, il résulte que le kermès et le soufre doré d'antimoine, obtenus par la voie des oxydes de potassium, de sodium ou de leurs carbonates, sont idcntiques; cc

pendant je crois que, pour l'usage médical , on doit employer exclusivement le kermès préparé avec le carbonate de potasse ou de soude par la voie liquide; car l'autre offre une ténuité moins parfaite que celui-ci, qui, malgré cela, passe souvent sans exercer sur l'économie animale l'action qu'on en attend. Les kermès obtenus par toutes les voies ici rapportées , contiennent plus ou moins d'oxyde d'antimoine (Sb* Oo); on en doit la présence à l'action du sulfure d'antimoine tant sur l'oxyde alcalin que sur l'eau ; une partie est tenue en solution et se trouve entraînée à la naissance du kermès. Est-il besoin de dire, qu'en raison de l'action de l'acidechlorhydrique sur lekermès et le soufre doré d'antimoine, on doive se garder de l'employer pour leur préparation ? Connaissant l'efficacité du kermès dans certaines maladies, je fus tenté d'essayer l'effet (qu'on me pardonne l'usurpation de ce droit) du sulfantimoniure de potassium à 5 degrés, j'en pris cinq grammes que je mêlai à 200-00 de sirop de gomme et 50-00 de sirop de pavot. De cette mixture je fis prendre trois cuillerées à café par jour à une personne de cinquante-neuf ans, affectée d'une bronchite chronique. Sans entrer dans des détails qui ne sont pas de mon ressort, je puis dire avec assurance que j'en ai obtenu d'excellents effets. Dans des cas de croup, ce même produit ne donnerait-il point d'heureux résultats ? Il y a, je pense, lieu de le croire ;aussi je recommande à MM. les médecins ce produit, qui est peut-être appelé à rendre quelque service. Dans l'administration de ce médicament, pour prévenir la décomposition qui aurait lieu, d'après ce qui a été rapporté, on doit le mélanger à un sirop ou à du miel, et s'assurer d'abord de l'absence de tout principe acide dans ces véhicules; de plus, il faut essentiellementle préserverdu contact del'air. P. S. Quelle que soit la quantité du sulsure d'antimoine que l'on ajoute à la dissolution de soude caustique, quel que soit également le temps que l'on fasse bouillir le mélange, si pendant ce temps on tient constamment la dissolution à deux degrés, il ne se forme jamais qu'un produit donnant du soufre doré d'antimoine par les acides ; au contraire, si la dissolution est de quelques degrés plus concentrée, il se forme un produit donnant du kermès, en supposant qu'il y ait assez de sulfure d'antimoine mis en contact ; ce qui prouve que le sulfantimoniure de potassium ou de sodium ne dissout le sulfure d'antimoine qu'à un certain degré de concentration. Les acides à employer dans le cours des opérations doivent être étendus. (Cercle pharm. du Haut-Rhin.)

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