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l'opération, la rendra plus sûre, et mettra à l'abri de tout danger d'hémorrhagie, en épargnant aux praticiens qui en feront usage les difficultés contre lesquelles je me heurtai. Le voici : que l'opérateur ait à sa disposition une sonde ordinaire de femme, légèrement sillonnée sur une de ses fnces, peu importe laquelle. Quand il aura isolé circulairement l'urèthre malade, qu'il introduise la sonde dans la vessie. La sonde et l'urèthre étant saisis et tenus fixes en même temps, qu'il fasse courir sur la rainure de la sonde un bistouri droit, de manière à diviser l'urèthre jusqu'au delà de sa partie malade qui est contiguë à la vessie. Faisant tenir alors la sonde à un aide, l'opérateur saisit avec sa main gauehel'urèthre fendu en deux, dégagé de la sonde et pendant dans le vagin, et, avec le bistouri tenu de la main droite, il le eoupe d'un trait aux limites de sa partie saine avec la malade. Qui ne voit la facilité de cette manœuvre ? Et qui ne voit également que, de cette manière, après que l'urèthre malade a été incisé, la sonde , qui est placée dans la vessie pour chasser l'urine au dehors de la plaie , permet au praticien de faire promptement un tamponnement solide capable d'arrêter immédiatement et avec certitude toute hémorrhagie qui pourrait survenir ? • ! "" t1 ;. ! ... 11 , t1t Revenons maintenant à notre première narration : la portion d'urèthre rescisée avait une longueur de 15 lignes, ce qui équivaut presque à une rescision totale de cet organe; la longueur de ce canal est, on le sait, ehez la femme, de 12 à 14 lignes. On voit au méat urinaire la substance fongocoriacée dont nous avons parlé plus haut, faisant une saillie de plus de '5 lignes. La muqueuse est hypcrtrophiée; les plis qu'elle offre naturellement sont plus relevés; les · espaces qui les séparent sont plus amples et plus prôfonds. Le tissu rétro muqueux présente une dégénérescence squirrheuselardacée; il est épais de plus de 8 lignes tout autour de l'urèthre, auquel il constitue une espèce de gaîne.Son épaisseur morbide est toutefois plus grande du côté du vagin que de celui de l'arcade du pubis. La tumeur offre, de ce dernier côté, une surface cellulaire, et du premier une surface muqueuse, aux plis hypertrophiés et très-relevés, qui fait partie de la paroi supérieure du vagin qui fut enlevée en même temps que la tumeur jusqu'aux limites du bord vagino-vésico-utérin. Cette pièce est conservée dans le cabinet pathologique dc cette Université royale. Si j'avais maintenant à vous faire le récit, jour par jour, des phases que la malade présenta après l'opération, il me faudrait peut-être composer un volume dans

lequel je parlerais de choses vulgaires et connues de tout le monde. Je ne dis pas aussi que la fièvre traumatique fut assez modérée; qu'il y eut une grave menace de cysto-péritonite, qui fut conjurée par l'application de vessies pleines de glace triturée, sur la région pubienne et hypogastrique, et cela pendant l'espace de quinze jours environ. Je ne parle pas des divers accès hystériques plus ou moins graves qui se montrèrent à des époques différentes après l'opération, et qui furent arrêtés plus ou moins promptement par les moyens antispasmodiques accoutumés. Je ne dis pas non plus qu'on remédia à la constipation habituelle par des lavements ou des laxatifs, par : les laxatifs surtout. Je ne parlerai point des cuissons et des excoriations locales produites par la pression des bandes et par celles dn tampon, par le passage et même par le séjour de l'urine en quelques endroits : tous ces accidents sont inévitables en de pareilles circonstances ; ils sont de peu d'importance et n'ont pas de suites fâcheuses.-Je ne dis pas enfin que l'opérée fut soumise à une diète rigoureuse pendant lcs premiers jours qui suivirent l'opération. Si néanmoins je crois pouvoir me dispenser de parler de ces choses et de quelques autres que tout le monde connait ou présuppose, il en estd'autres que je ne saurais passer sous silence, si je veux satisfaire votre juste curiosité et coinpléter le récit de mon observation t douze jours après l'opération, la malade fut délivrée de la sonde et du tamponnement. A partir de ce mument, on vit disparaitre avec rapidité l'irritation désagréable, les excoritations et les gonflements œdémateux partiels engendrés par l'état de pression où se trouvaient ces parties; l'opérée en éprouva un grand soulagement. La sortie de l'urine qui, dans les vingt premiers jours de l'opération , s'effectuait involontairement, devint de nouveau volontaire petit à petit ; elle est à présent tout à fait sous l'insluenoe de la volonté. Après la levée de la sonde et du tampon, j'introduisis le doigt dans le vagin, et je touchai une espèce de valvule triangulaire, mince à la pointe, épaisse à la base et pendante dans le vagin, s'interposant en guise de cloison entre le col de l'utérus et l'ouverture de la vessie, et formée par un reste de la portion vagino-vésicoutérine de la muqueuse. A mcsure que la plaie se cicatrisait, cette valvule était tirée en haut (admirez, Messieurs, avec satisfaction la force toute-puissante de la nature), vers la place naturelle de l'urèthrc; à cette place, elle contracta des adhérences en formant, . pour ainsi dire, un nouvel urèthre, lequel était si avancé vers le plan des parties génitales externes, que le nouveau méaturi

maire, s'il est permis de s'exprimer ainsi, ne se trouvait guère qu'à deux ou trois lignes au-dessous de la situation ordinaire. Par la saillie et l'adhérence de la valvule dont nous venons de parler, le col de la vessie et les segments vésicaux adjacents, d'abord libres et morbides dans le bassin, avaient repris leur fixité primitive à l'arcade du pubis. La branche osseuse ischio-pubienne droite, qui était très-voisine du mal, avait été dénudée de son périoste, pendant l'opération, dans une pctite étendue ; des bourgeons charnus de bonne nature se développèrent et fournirent une cicatrice solide, sans qu'il survint de carie, ainsi qu'on devait le craindre. Quant aux glandes inguinales dont nous avons parlé plus haut, les unes disparurent entièrement , les autres diminuèrent sensiblement de volume et restèrent indolentes. En somme, l'opérée recouvra su force première, son teint et sa vivacité habituels; il ne lui reste plus qu'un peu de : constipation et quelques douleurs pongitives rares et passagères, qui semblaient émaner du clitoris. - La reproduction de la maladie primitive sera-t-elle plus ou moins prompte ? Qui le sait ? Mais en supposant même qu'elle se reproduise, nous n'enserons pas moins autorisé à dire que notre observation prouve, et prouve d'une manière incontestable, que l'on i peut réciser l'urèthre chez la femme, en partie et même en totalité. ct cela sans encourir des inconvénients et des dangers plus graves que ceux qui accompagnent d'ordinnire les grandes opérations de chirurgie. Nous croyons donc ne pas trop nous tromper en pensant que l'opération ci-dessusil est destinée à occuper une place distinguée parmi ces dernières, et cela surtouten suivant, pour la pratiquer, la formule opératoire que j'ai imaginée et modifiée, et que j'aime à reproduire ici comme conclusion corollaire de la narration du sait que je viens de vous soumettre. « La femme placée au bord du lit et ap» puyée sur les coudes ct sur les genoux ; » l'opérateur, après avoir saisi l'urèthre » avec une érigne, isole cet organe au moyen » de deux incisions parallèles à sa direction • et faites de dedans en dehors avec un bis« touril droit. Avec le même bistouri tenu » d'une main, et prenant pour guide le • doigt indicateur de l'autre, il détaehe » l'urèthre de ses rapports avec l'arcade des » pubis, les branches ischio-pubiennes et les » parties molles environnantes, de manière • à ce qu'il pende dans le vagin et n'ait plus d'adhérences qu'avec le col de la vessie. »irlluintroduit ensuite dans la vcssie une » sonde métallique creusée d'un léger sillon » sur I'une de ses faces, et faisant courir un • bistouri droit dans ce sillon, il divise l'u

rèthredans toutesalongueur jusqu'au delà des limites du mal. Faisant tenir alors à un aide la sonde en recommandant de la tenir fixée dans la vessie, l'opérateur prend d'une main l'urèthre malade fendu en deux et pendant, il le tire à lui, reconnaît bien cncore une fois les limites du mal, et puis, avec un bistouri ou des ciseaux tenus de l'autre main, il le détache de sa continuité avec le col de la vessie; après quoi il dirige immédiatement ses soins à faire un tamponnement exact pour étancher l'hémorrhagie. »

(Gaz. méd. de Montpellier, n° 11, 1845.)

Histoire d'un cas dans lequel un corps étranger , s'était logé dans la bronche droite; lue à la Société royale médicale et chirurgicale de Londres, le 27 juin 1845 ; par sir BENJAMIN C. BRoDiE. — L'observation que je viens communiquer à la Société royale médicale et chirurgicale embrasse, si je ne me trompe, quelques points. d'une importance pratique considérablc, lesquels peut-être ne sembleront pas indignes de son attention. ou , o • ° • o Le 5 avril 1845, M. Brunel, jouant avec quelques enfants, immédiatement après son dîner, avait mis un demi-souverain dans sa bouche. La pièce glissa par accident en arrière de la langue; et un violent accès de toux, dans lcquel il parut sur le point d'être suffoqué. en fut la conséquence. Cet accès fut aussitôt suivi d'un vemissement violent, après quoi le malade fit deux ou trois fois de nouveaux efforts, mais sans vomir davantage. Dans la soirée, la toux revint par intervalle, mais sans violence. Un sentiment de douleur et de tension à la gorge persista pendant les vingt-quatre heures. Les deux jours suivants, il n'éprouva que peu ou point d'incommodité ; il ne toussait point et se livrait à ses occupations accoutumées, entretenant la conversation à dinor avec quelqucs amis.ro 1 : p\ • Le 6 avril, la toux reparut. n , 1

Le 7, il fit un voyage à la campagne, et fut plus ou moins exposé pendant deux jours et deux nuits à un vent froid du nord-est ; la toux en fut aggravée; il crachait du mucus légèrement teint de sang, et de petits lambeaux d'une substance pareille à une minee membrane. ll éprouvait aussi une douleur au côté droit de la poitrine, qu'il rapportait à un point correspondant à la position de la portion inférieure de la bronehe gauche.

Le soir du 9 avril, il prit deux pilules apéritives, dont l'une fut rejetée peu de temps après par le vomissement. En vomissant, il éprouva une sensation comme si un corps flottant avait changé de place dans la

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poitrine ; et dès lors, pendant un certain temps , la toux se trouva fort apaisée, et la douleur de poitrine entièrement disparue. Le 11 avril, la toux augmente; il y a peu ou point d'expectoration. La poitrine fut alors examinée à plusieurs reprises avec le stéthoscope, par le docteur Seth Thompson ; mais on n'y découvrit en aucun point dc bruit anormal. Le 17 avril, M. B... alla de nouveau à la campagne, et s'exposa à un vent froid d'est. A son retour à Londres, la toux étuit de rechef fort exaspérée. * o * Le 18 avril, de l'avis du docteur Thomp° son, il consulta le docteur Chambers, et moi ensuite. Par le détail des symptômes, nous fûmes tous conduits à penser que lc demisouverain était tombé dans la trachée. et qu'il était resté logé dans la bronche droite. Le 19, cette opinion parut confirmée par une très-simple expérience que M. Brunel avait faite lui-même dans l'intervalle. Il s'était placé sur le ventre, le sternum appuyé sur une chaise, la tête et le cou inclinés en bas ; et dans cette position il avait immédiatement cu la perception distincte d'un corps flottant qui glissait en avant le long de la trachée, Il s'ensuivit une toux1 couvulsive violente. En se remetlant debout, il eut de nouveau la sensation d'un corps flottnnt qui se mouvait dans la trachée, Inais dans la direction opposée, c'est-à-dire du côté de la poitrine. .. ou , , ttt1 1 1o , , , fi# Le 26, je revis le malade avec le docteur Thompson. Je demandai une nouvelle consultation, et elle eut lieu le lendemain entre les docteurs Chambers net Thompson, et MM. Stanley, Aston Key et moi-même, La poitrine fut derechef examinée attentivement avec le stéthoscope, mais sans trouver aucune différence dans l'état de la respiration. Les autres indices de l'existence d'un corps étranger dans les voies aériennes étaient toutefois si concluants, qu'il ne restait de doute à personne. On décida que l'expérience faite par M. B... , lui-même serait répétée d'une façon plus complète. En conséquence, le 25 avril, il fut couché à platventre sur une plate-forme qui se mouvait à son centre sur un pivot, de telle sorte que l'une de ses extrémités s'élevant, l'autre s'abaissait d'autant. Les épaules et le corps ayant été fixés par le moyen d'une large courroie, la tête fut abaissée jusqu'à ce que la plate-forme sit avec l'horizon un angle de 80°. D'abord il n'y eut point de toux ; mais la portion du dos correspondant à la bronche droite ayant été frappée avec la main, M. B... commença à tousser violemment. Le demi-souverain toutefois ne donna pas de signe de sa présence. On répéta deux fois l'expérience sans meilleur résultat j et

, la dernière fqis , la toux était si terrible et

les phénomènes de suffocation si alarmants, qu'il devint évident qu'il y aurait de l'imprudence à répéter cette tentative, à moins de quelques précautions pour la faire avec plus de sûreté. .. , , Le 27 avril, dans une consultation entre le docteur Thompson. M. Aston Key et moi, il fut décidé qu'on ouvrirait la trachée entre la glande thyroïde et le sternum. Cette opération avait un double objet; d'abord si la pièce était logée quelque part d'où elle pût être extraite en toute sécurité à l'aidei des pinces , c'est à ce procédé qu'on aurait recours ; ensuite, si l'on ne réussissait pas de cette manière. l'ouverture artificiellc pourrait faire fonction d'une soupape de sûreté, et nous mettre à même de répéter l'expérience du renversement du corps sur la plate-sormc mobile, sans risque de déterminer la susfocation. Je procédai immédiatement à l'opération avec l'assistance de MM, A. Key et Charles Hawkins; . l'incision terminée, quelquesblentatives furent faites, et pare M, Key et paremoi , pour atteindre la pièce avec les pinces introduites par l'ouverture. Le contact de l'instrument avec la surface interne de la trachée, néanImoins, anueuait chaque fois la plus violente attaque de toux convulsive. La pièce ne fut pas saisieo ni même sentie; et nos craintes de produire quelque malheur étaieut tclles, que nous ne crûmes pas prudent ce jour-là de continuer nos tentatives. riu u : 1co , , Le 2 mai , nous simes de nouveau quel- . ques essais avec les pinces, mais toujours avec le même résultat. Une violente convulsion du diaphragme et des muscles abdominaux éclatait à chaque introduction de l'instrument ; et le danger de chercher à tâtens dans la bronche, dans de telles circonstauces, avec le plus remarquable ensemble d'organes sains dans tout le corps, nous apparut si grand, que nous ne nous crûmes pas en droit d'aller plus avant. Nous inclinions d'autant plus à abandonner l'emploi des pinces, que nous avions le ferme espoir que la première expérience, tentée maintenant avec la soupape de sûreté, donnurait un résultat heureux. • 11 * o * ! Le 5 mai, nous eûmes une consultation avcc M. Lawrence et M. Stanley. Ils entrèrent entièrement dans nos vues, et il sut décidé qu'on ne tenterait rien avant que M. B... fut suffisamment rétabli des épreuves déjà subies, pour revenir au renversement sur la plate-forme mobile.. 1 ,t , , , net , 1 Unc sonde cannelée fut introduite de temps à autre dans la plaie de la trachée pour la maintenir ouverte; et le 45, mais le patient ayant été mis sur la planche, et renvcrsé comme la première sois, on frappa sur

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le dos avec la main; deux ou trois efforts de toux s'ensuivirent ; et à l'instant il sentit la pièce quitter la bronche, toucher presque immédiatement après contre la dent incisive de la mâchoire supérieure, et s'échapper hors de la bouche; une petite quantité de sang versée dans la trachée par les granulations de la plaie extérieure fut rejetée en même temps. Il n'y eut ni spasme des muscles de la glotte, ni aucun des accidents et des dangers qui ne nous avaient pas peu alarmés dans la première occasion. • Il n'est pas nécessaire de décrire la marche ultérieure du cas, Le 20 mai, M. B. .. était suffisamment rétabli pour aller prendre l'air à la campagne, et quand je le vis quinze jours après environ, la plaie du cou était presque cicatrisée. . Les différents résultats que produisent les corps étrangers tombés dans la trachée peuvent être rapportés principalement aux différences qu'ils présentent dans leurs dimensions, leur poids et leur forme. S'il a des dimensions considérables, le corps étranger se logera, et probablement s'enclavera dans la trachée même, déterminant dans le premier cas plus ou nioins d'obstacle à la respiration, obstacle qui s'accroîtra plus tard à raison de la sécrétions surabondante de la muqueuse. S'il est petit, il descendra à la partie inférieure de l'une des bronches (généralement dans la droite) , ou même dans l'une des subdivisions bronchiques, apportant naturellement un moindre obstacle à la respiration. S'il est d'un poids léger et - d'un volume médioere, avec une forme point trop irrégutière, à ehaque accès de toux il remontera vers la glotte, rendant la suffocation imminente, ou la sollicitant tout au moins. S'it est plus lourd, il ne remontera pas durant la toux ;et les accidents auxquels il donneralieu, et le danger immédiat seront moindres sous un certain rapport. Dans le cas ci-dessusrapporté, les symptômes décrits par le patient avaient amené tous les consultants à l'idée que le corps étranger était dans la bronche droite ; et cette opinion trouvait un appui dans quelques expériences faites premièrement par M. A. Key, répétées ensuite par moi-même et par d'autres; et dans lesquelles on avait constaté qu'une pièce de monnaie du diamètre d'un sixpence ou d'un demi-souverain. qu'on laisse tomber dans la trachée d'un cadavre, tombe presque invariablement par son propre poids dans cette partie des voies aériennes. Il était évident que le poids du demi-souverain le rendait à peu près stationnaire dans la position ordinaire du corps; et cette circonstance explique surtout les accidents comparativement légers auxquels le malade avait été soumis. Mais il ne faudrait pas

supposer quelle danger définitif aurait été moindre, dans ce cas, si l'on avait abandonné le corps étranger dans la bronche; et les recueils den chirurgie , fournissent des prenves abondantes que, dans des circonstances semblables, il survient plus tôt ou plus tard une maladie des poumons, et que la mort en est l'invariable conséquence. L'étroit espace que le demi - souverain occupait dans la bronche explique suffisamment l'échec du stéthoscope comme moyen de diagnostic. Il semblerait toutefois que, même dans des conditions plus favorables, nous ne saurions, dans des cas de ce genre, nous confier aux renseignements fournis par cet instrument. M. Hodgson de Birmingham m'a communiqué l'histoire d'un cas qu'il a observé, dans lequel la graine d'une plante appelée bludder-senna, du volume d'un gros pois, avait pénétré dans la trachée d'un enfant de six ans. Des explorations répétées avec le stéthoscope ne révélèrent rien d'anormal dans l'état de la respiration ; cependant, le septième jour de l'accident, l'enfant mourut subitement, et à l'autopsie on trouva la graine logée dans la trachée, à environ un pouce au-dessous du cartilage cricoïde. M. Philipps, chirurgien à l'infirmerie de Sainte-Mary-le-Bone, et bibliothécaire de cette Société, m'a rapporté un autre cas arrivé chez une petite fille de deux ans, chez laquelle un médecin très-familiarisé avec l'emploi du stéthoscope explora la poitrine avec cet instrument à plusieurs reprises, et avec la plus grande attention , sans découvrir rien de particulier dans la respiration ; et cependant l'autopsie fit voir qu'un fragment de la pince d'un homard , était solidement fixée dans la trachée , un peu au-dessus du niveau du bord supérieur du Sternun). » ! · · · · } )11 !", - J'ai déjà établi qu'en faisant uno ouverture artificielle à la trachée , nous avions deux objets en vue; ct l'on a vu que pour l'un d'eux nous avons réussi aussi bien que nous pouvions le désirer. Bien que, avant l'opération, l'expérience du renversement du malade sur la planche eût déterminé le spasme le plus terrible et le plus longtemps cuntinué des muscles de la glotte, rien de semblable ne se manifesta après. Le demisouverain s'échappa à travers la glotte aussi aisément qu'il l'eût fait sur le cadavre; et la petite quantité de sang qui fut rejetée en même temps, et qui avait été manifestement fournie par les granulations de la plaie extérieure, explique suffisamment comment cela arriva ; car on ne saurait supposer que du sang aurait été attiré dans la trachée sans introduction de l'air au méme instant. li peut être utile de mentionner ici, comme se rapportant à cette partie de l'observation , que les sensations très-pénibles provenant de la congestion des vaisseaux cérébraux, pendant que la tête était ainsi pendante, furent immédiatement et complétement dissipées en soutenant le front avec la main, de manière à tenir l'occiput incliné à un certain degré sur le dos du cou. Quant à l'autre objet que nous poursuivions, il faut confesser qu'il nous échappa tout à fait. Sur le cadavre, avec des pinces convenables, on n'éprouve pas de grande difficulté à extraire un six-pence ou un demisouverain de la bronche ; mais alors même on ne réussit pas toujours du premier coup. Si les pinces sont maniées avec attention et · douceur, comme cela doit être, les branches peuvent glisser sur la surface de la pièce sans communiquer à la main du chirurgien aucune sensation qui l'avertisse de cette circonstance ; ou bien elles peuvent passer le long d'un côté de la bronche, tandis que la pièce se trouve de l'autre côté. Lorsqu'on cherche à la saisir, l'instrument pince quelquefois la bifurcation de la trachéc, ou l'une des subdivisions de la bronche , au lieu du corps étranger. Tout cela ne paraîtra pas extraordinaire, si l'on réfléchit que les parties dans lesquelles on fait manœuvrer les pinces ne sont pas seulement hors de la portée de la vue, mais encore à une profondeur considérable. En comptant l'épaisseur des parties intéressées par l'incision , l'instrument doit être porté à une profondeur de quatre pouces et demi à cinq pouces avant d'atteindre l'extrémîté supérieure de la bronche, et pour explorer toute l'étendue de la bronche, il faut qu'il pénètre encore à un pouce et demi plus loin. Mais sur le vivant, il s'ajoute à tout cela des difficultés dont les expériences sur le cadavre ne sauraient donner une idée. Nous avons vu que chaque tentative de l'emploi des pinces déterminait une action convulsive du diaphragme et des muscles abdominaux, ct une toux violente; et, contrairement aux expériences de M. Magendie sur les chiens, le résultat était approchant le même, soit qu'on portât l'extrémité de l'instrument en haut vers la glotte ou en bas vers les poumons. Le docteur Williams a fait voir que les fibres de la totalité des tuyaux bronchiques sont douées d'un haut degré de contractilité. Le cœur et ses gros vaisseaux, les poumons et le plexus pulmonaire des nerfs pneumo-gastriques sont immédiatement contigus aux bronches ; et les nerfs phréniques sont seulement à une courte distance en avant. Combien il serait facile, dans une malheureuse manœuvrc des pinces, de laquelle, durant un paroxysme de la toux, la main du chirurgien ne serait en aucune façon responsable, de faire à ces importants organes quelques lésions de na

ture à entraîner la mort ! Ce sont ces considérations qui nous ont rendus si prudents la première fois dans l'emploi des pinces, et si prompts à y renoncer ensuite en faveur d'une manière d'agir moins périlleuse. Les remarques qui précèdent ne s'appliquent, bien entendu, qu'à des cas pareils à celui qui s'est offert à nous, et dans lesquels le corps étranger sera logé dans la bronche ou dans l'une de ses subdivisions. S'il était arrêté dans la trachée même, il n'y a nul doute qu'on devrait l'extraire avec les pinces, et que cette extraction s'opérerait avec sécurité et facilité. Mais, dans tous les cas , nous sommes en droit de conclure qu'une ouverture artificielle à la trachée contribuera à la sécurité du patient, et que l'établissement de cette ouverture aussitôt que possible est le premier et le plus important devoir du chirurgien.o o o ' • " ! (Journal de chirurgie, février 1845.) . A , • * »! }** Compte-rendu de la clinique chirurgicale et ophthalmologique de l'Université d'Erlangen, depuis le 1er octobre 1845 jusqu'au 50 septembre 1844; par le Dr HEYFELDER, professeur ordinaire de médecine et Directeur de clinique chirurgieale, etc. — Nous avons déjà eu l'oceasion de signaler à nos lecteurs plusieurs cas intéressants recueillis à la clinique chirurgieale ct ophthalmologique de M. le professeur Heyfelder (1). Aujourd'hui nous devons les entretenir du nouveau compte-rendu annuel que vient de publier ce savant chirurgien; nous le faisons avec d'autant plus de plaisir que ce travail renferme des observations remarquables sous le rapport de la pratique. Parmi ces observations, nous eiterons particulièrement les suivantes qui nous ont paru mériter l'attention : o4 ' , oo ooo oo ooooo 1° Phlébite traumatique. L'auteur rapporte cinq cas : dans le premier, la phlébite fut la suite de l'amputation du brus; dans le second, elle fut produite par une plaie contuse du doigt; et dans les trois autres, elle se déclara après la saignée du bras avee la lancette. Les symptômes sont relatés avee beaucoup de soin, ainsi que les moyens employés. A l'autopsie, on trouva des exsudations plastiques dans les cavités pleurales, des dépôts de pus dans les poumonso hépatisés, des abcès dans le foie. Sur un seul malade, on n'a pas trouvé de pus darrs les poumons enflammés et le foie. Sur un seul aussi, la rate était riche en sang et cou-o verte d'exsudations plastiques; deux fois,. les vaisseaux du cerveau étaient gorgés de sang. Aucune fois, on n'a trouvé du , uiu'iutno . uci de médecine, année ts4s," - , · · · · · ) 43 1 , lL1 J3i ^2

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(1) Journal p. 281.

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