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Italie d'une péricardite très-intense sans saignée et seulement au moyen de fortes doses de tartre stibié. Il prit d'abord 15 grains de ce médicament ct deux heures après la même dose. Il s'ensuivit une forte transpiration qui jugea de la maladie. , , Le iuême a vu dans plusieurs cliniques dc l'Italie d'heureux cffets de l'emploi de la digitale à haute dose contre les pneumonies. Il vante contre les ascarides, les laveincnts d'huile de soie de morue. ll emploie contre l'irritation, spinale, la méthode de Scarpa selon laquelle on pratique d'abord des frictions sur la colonne vertébrale avec de l'huile camphrée. Cela fait, on recouvre les parties frictionnées avec un morceau de flanelle, au-dessus de laquelle on passe à différcutes reprises un fer à repasser chauffé. Le D" Carron du Villards joint à ce traitemcnt l'usage du sulfate de quinine. . On recommande également contre l'irritation spinale et les névralgies en général, la formule suivante préconisée par M. le prnfesseur Jung de Basel : 1 · i · r · · · · · 2. : drachm.j. - Morphin- acetier - - b gram. vj- . 1 , Liniment. sapon. cam-, ... , o , - . .. Phorat : e ..-q ... une ii ; • A- L. A, exactiss. Pour frictionuer- u · o# ooo ... , 1845, - oi oup , ou n o · · · · · · 1 t1 : 1o It i oo 1 , 1 o ! .. • | | -Remarques sur quelques moyens préserratifs , de l'hydrophobie , avec des observations sur, les , effets de la gentiana cruciata dans l'hydrophobie déjà existante; par le docteur G. A. WERNER, médecin de district,à Frankenberg. (Traduit par le docteur RIEKEN.),- M. Werner ayant eu souvent occasion, depuis 25 ans qu'il exerce la médecine, d'observer ct de traiter des personnes mordues par dcs chiens enragés, parvint à se convaincre que, parmi le grand nombre de médicaments vantés contre l'hydrophobie déjà existante, de la part des médecins et des personnes étrangères à l'art de guérir, il n'yavait aucun médicament possédant des propriétés curatives réelles. ll passe, à cet effet, en revue des expériences conccrnant les cantharides, la belladone, la meloë et quclques arcanes préconisés, tout en assurant n'avoir pu sauver, à l'aide de ces , médicamenls, aucun de ses malheureux malades. C'est avec de grandes espérances qu'il eut recours à la méthode de Lalic dans le premier cas d'hydrophobie qui se présenta à lui après la publication de cettc méthode. Le premier essai concerne un homme mordu qui avait déjà pris un médicament secret, contenant comme/substance principale, la meloë. M. Werner ouvrit au malade les

, veines ranines, et lui prescrivit la poudre

de la racine de gentiana cruciata à la dose d'une once, par cuillerées à café. Cette même dose fut répétée le lendemain et le surlendemain matin. Déjà la première dose eut pour cffet une diminution des symptômes morbides et une rémission telle des angoisses et de la difficulté de la déglutition, que le malade put même avaler du pain trempé dans de l'eau. Le 2° et le 5° jour le malade avait la force de prendre un peu d'eau, pourvu qu'on eût la précaution de la lui offrir étant placé à côté ou derrière lui. La connaissance était parfaite, Lc 4° jour il y eut un grand abattement des forces, il survint des symptômes spasmodiques , un délire léger, et vers la fin il expira tout à fait épuisé. M. Werner, n'osant pas prétendre que l'amélioration passagère eût été produite par la gentiane, communique encore les cas suivants plus importants. F. S. fut mordu le 29 juillet au mollet par son propre chien, qui s'en alla la nuit suivante, et, après avoir mordu plusieurs autres chiens, fut tué près de Frankenberg. La malade fit usage d'un moyen, sympathétique (c'est-à-dire, qu'elle avala un billet sur lequel on avait inscrit des hyéroglyphes), après quoi elle transpira un pcu la nuit suivante. Le 51 juillet, elle se présenta à M. Werner, se plaignant d'une angoisse revenant périodiquemeut, de battements de cœur et de douleurs à l'épigastre. M. Werner cautérisa la plaie avec de la . liqueur de potasse caustique, et donna à la malade une demi-once de gentiana cruciata. Se portant bien le lendem in après ayoir

plus la gentiana. Mais le 4 aoùt, elle vint demander de nouveau le secours de M.Werner, ayant eu, depuis deux jours, dans

| pris ce médicament, la malade n #

· l'après-midi, des accès de faiblesse des niem

bres, de vertiges, de diplopio de # gastrodynie, de difficulté d'avaler et d'a lgoisse, et ayant passé les nuits sans sommeil. ll lui était plus difficile d'avaler de l'eau que des fluides de couleur foncée. M. Werner lui fit prendre de nouveau une demi-once de gentiana cruciata, laquelle dose fut répétée pendant neuf matins consécutifs. Déjà, après les premières doses, les symptômes susmentionnés diminuèrent, pour disparaître bientôt tout à fait, de manière que dès lors il ne se montra plus aucune trace de malaise. La suppuration de la plaie fut entretenue pendant deux mois. — M. F. F., âgée de cinquante et quelques années, une des six personnes qui avaient été mordues le 22 juillet 1840 par le même

chien, et dont déjà trois avaient succombé ! à l'hydrophobie, se présenta le 11 mai à M. Werner, en demandant son secours. Elle avait reçu immédiatement après avoir

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été mordue, des cantharides et ensuite le médicament secret de Kohl.Toutes les bles

sures de la nrain avnient été cautérisées et la suppuration en avait été entretenue pen

dant plusieurs semaines. A la suite d'un

chagrin qu'elle avait éprouvé , quelques jours auparavant, elle avait éprouvé des nausées, un sentiment de pesanteur et de chaleur dans l'estomac, en outre , en avalant de la nourriture solide, une pression dans la gorge s'étendant jusqu'à la partie inférieure de la poitrine et des picottements spasmodiques.

A ces symptômes, il s'était joint un mal de tête, avec picottements et battements dans la moitié gauche du front, du défaut d'appétit, enfin bcaucoup de soif accompagnée d'une envie continuelle de cracher, la langue étant nette et humide. Le pouls était petit et accéléré; il y avait battenients du cœur ct de l'angoisse, les garde-robes étaient irrégulières, les morsures démangeaient, et la malade se plaignait de douleurs dans

le bras. Les cicatrices étaient rouges et

la malade ne permit pas de les scarifier.

(Emétique, poudre de racine de belladone, un demi-grain toutes les trois heures.) Le 19 mai, tous les symptômes susmentionnés avaient disparu, les douleurs dans le bras et les nausées après les repas exceptés., La dose de belladone fut augmentée jusqu'à

un grain par poudre, mais l'usage en fut suspendu au bout de quelques jours.

Le 27 mai, la malade vint trouver de nou

veau M. Werner, présentant les symptômes

suivants : mine décomposée, regard inconstant et timide, angoisse grande, battements du cœur, pouls accéléré, défaut d'appétit,

ptyalisme. En prenant et même en regardant ph

des boissons, elle éprouvait des picottements à travers la poitrine, et, lorsqu'elle avait bu, de la pression dans la poitrine et des nau-, sées. Le moindre courant d'air lui arrachait la plainte de sentir des accès de suffocation. M. Werner lui donna la gentiana, d'abord à la dose d'une once et puis à celle d'une demi-once pendant une semaine. Tous les symptômes morbides disparurent après la première dose du médicament, et la femme est restée bien portante jusqu'ici. — Le 22 juin 1842, le maître tisserand II., de Frankenberg, avait été mordu par un chien

(1) Les expériences sur l'efficacité de la gentiana cruciata contre l'hydrophobie, pu-, bliées dans les différents journaux de médecine , se contredisant l'une l'autre , il serait à désirer que les médecins belges qui sont à même de faire des essais avec ce médicament, voulussent bien communiquer à la Société les résultats de leurs observations.

(Note de la Réd.)

(2) Je n'ai lu nulle part la description de

ceste opération. Cependant, comme il est im

qui jusque-là n'avait montré aucun symptôme de rage. Celui-ci était par suite de eela très-effrayé et inquiet, il passait les nuits sans sommeil, et déjà le 27 au soir il ne pouvait plus prendre de l'eau, ni même la regarder. Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine qu'il parvint à avaler de la bière. Le 29 juin au matin, M. Werner trouva les symptômes suivants : pouls à 150pulsations, battements du cœur, gastralgies, grande inquiétude, yeux hagards, tremblements des membres, chaleur à la gorge, difficulté d'avaler, soif très-grande. Le malade ne pouvait ni prendre ni regarder de l'eau, et il ne savait avaler du café et de la bière que, ar petites gorgées ct avec beaucoup de peineprès avoir pris nne once de gentiane le lendemain matin, la difficulté d'avaler et les angoisses avaient un peu dimiuné. Le malade prit § buit jours consécutifs une demi-once du même médicament. ce qui eut pour, résultat que les symptômes morbides allèrent en diminuan de jour en jour, et que le malade guérit tout à § mois de janvier 1845, pas le moindre malaise n'était reyenu. Lo chien vit encore actuellement et n'a montré † M. Werner en tira la conclusion que mèm les chiens non enragés

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l'hydrophobie, et que la gentiana cruciata possède également † COIl-, tre l'hydrophobie spontanée. La forume de poudre parait avoir une influence essentielle . sur les effets du médicament qui ; du reste, selon les probabilités, n'est efficace que † premières périodes de l'hydro-, obie (l)- s : • • .. do , ( Neumeister's, neues Repertorium o, 1845, N° 5, p. 20-22. Extrait de Sie-, benhaar's Magazin fuer die Staats-, arzneikunde, Bd. 2, p. 60-69). ..

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la fois sanguin, lymphatique et nerveux,

de 58 ans, d'une complexion assez délicate quoique forte, jouissant d'une haute estime due à la pureté de ses mœurs, au charme de ses manières, autant qu'à la bonté de son cœur, née de parents sains, ayant été dans sou bas-âge affligée d'une chute du rectum. habituellement constipée, fut sujette aux engelures depuis l'âge de 10 ans jusqu'à celui de 25; elle eut en outre, vers les 11 ans, un écoulement sanguin par les parties génitales, qui laissa après lui un écoulement continuel, blanc, inodore et assez abondant jusqu'à l'âge de 17 ans, époque à laquelle cette dame vit apparaître ses premières règles. La menstruation s'accomplit avec régularité jusqu'à 48 ans, et, pendant tout ce long intervalle de temps, la leucorrhée dont nous avons déjà parlé persista, mais avec une intensité beaucoup moindre que dans le principe; toutefois, ainsi que cela arrive d'ordinaire en pareilles circonstances, elle devciiait beaucoup plus abondante pendant les quclques jours qui précédaient et suivuient la menstruation. Au début de la leucorrhée, la dame V", qui n'avait encore que l'l ans, fut visitée par un docteur qui constata déjà à cette époque l'existence d'unc petite tumeur siégeant dans le méat uri

i , i , 1 c. c .. !' iro cob ' ' " naire, tumeur indolente ad 8en8t4out , mais quelque peu douloureuse ad tactum. La malade dit même, d'une manière assez positive, qu'elle était atteinte de cette maladie depuis les premières années de son existence. La tumeur s'accrut peu à peu jusqu'au moment où eut lieu la première apparition des règles, c'est-à-dire jusqu'à 17 ans ; elle se maintint ensuite stationnaire (la malade le pense du moins ainsi) jusqu'à la cessation de la fonction menstruelle qui arriva à 48 ans. Il faut croire néanmoins qu'à l'âge de 26 ans, cette tumeur avait déjà acquis un assez grand volume , puisqu'à cet âge, la malade, ayant été demandée en mariage, crut nécessaire de consulter une personne de l'art, pour savoir si sa maladie ne s'opposait pas à ce qu'elle pût contracter de semblables nœuds : le docteur prescrivit d'appliquer sur la tumeur une poudre noirâtre et caustique ; trois applications successives furent faites; mais on fut bientôt obligé de les abandonner à cause des violentes douleurs qu'elles occasionnaient, sans amener en, compensation le plus léger avantage. Madame vo, s'étant mariée à 27 ans, eut une seule grossesse qui fut heureuse; l'accouchement fut pourtant laborieux et les suites des couches assez longues pour s'opposer à ce qu'elle pût allaiter son enfant. L'acte du coït, assez douloureux avant l'accouchement, fut supporté depuis avec plus de facilité ; mais dès que la fonction menstruelle eut cessé, il devint de nouveau asssez pénible. A l'âge de 48 ans, quelques autres in-. commodités se joignirent à celle-ci; madame V" réclama alors les conseils d'un docteur ; mais comme celui-ci attachait peu d'impor-, tance à ces incommodités et à la tumeur, elle résolut de ne plus s'en préoccuper; elle, ne suivit en conséquence aucun traitement pendant dix longues années, durant lesquelles elle fut tourmentée par des maux graves et nombreux, tels que : sensation continuclle et désagréable † remplissage, (riempitura) en dedans des parties génitales . externes ; envies fréquentes d'uriner et d'aller à la selle; augmentation notable de la constipation habituelle, l'obligeant, chaque fois qu'elle allait à la selle, à faire des efforts violents et douloureux ; quelquefois, à la suite de ces efforts, réapparition de la chute du rcctuni dont elle avait été affectée dans son bas-âge ; douleurs vagues et passagères dans l'abdomen ; leucorrhée plus abondante qu'à l'époque où la menstruation durait encore ; quelquefois, mais rarement, un pctit écoulement de sang noirâtre par le vagin, accompagné dc fréquentes douleurs lancinantcs dans la tumeur et dans le clitoris. Ce petit écoulement et ces douleurs avaient paru depuis cinq mois seulement, c'est-àdire à la fin de l'année 1845 et au commencement de 1844. Plus tard, à la fin du mois de février, l'ischurie vint se joindre à tous les phénomènes que nous venons d'énumérer. Le docteur qui fut appelé pour donner des soins à madame V" rencontra, dans un cas aussi ardu , une difficulté très-grande pour pratiquer le cathétérisme; il conseilla à la malade de se soumettre à la rescision de la tumeur; mais ses conseils ne furent pas écoutés. Cependant les attaques d'ischurie devenaient de plus en plus fréquentes ; les douleurs augmentaient chaque jour d'intensité, sans qu'il fût possible dc les alléger par aucun moyen ; la vie devint alors si pénible à madame V", qu'elle résolut, dans les premiers jours du mois de mai, de se confier à mes soins; elle était alors dans les conditions suivantes. Etat général : maigreur notable, couleur terreuse du visage, regard languissant, esprit découragé et présageant un fatal avenir, fièvre légèrc venant à des jours et à des heures irréguliers, quelquefois sans frissons ; grande constipation, langue rougeâtre, soif de temps en temps. Etat local : urèthre un peu saillant, s'avançant au dela des grandes lèvres, et grossi au point qu'on pouvait à peine introduire le doigt indicateur dans le vagin ; les parois vaginales hypertrophiées, mais non entamées ; une excroissance morbide charnue, dure, de couleur rouge, çà et là marquée de taches noirâtres, du volume d'une aveline, et insérée au contour interne et inférieur du méat urinaire qu'elle dépassait de plusieurs lignes; grande diffieulté pour faire passer la sonde à travers cette excroissance qui était assez doulourense au toucher; expulsion de l'urine avec efforts, difficile et douloureuse ; fréquentes douleurs lancinantes dans la tumeur, au pénil et au clitoris , ayant résisté à rapplication des mille remèdes émollients, stupéfiants, toniques, suggérés par l'art ou par l'empirisme; urine avec un dépôt plus ou moins abondant, toujours trouble, quelquefois noirâtre ; écoulement vaginal d'une abondance variable, mais un peu fétide depuis quelque temps; le corps caverneux du clitoris évidemment envahi par le mal ; les petites lèvres déplissées par la grande étendue transversale de la tumeur, mais , du reste, saines ; rien d'anormal sur les côtés, entre la tumeur et les branches ischio-pubiennes; à l'ainc gauche, deux petites glandes dures, mobiles , de forme allongée, pla

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rencontré dans les archives de l'art un cxemple de cette nature qui pût me servir de guide, je ne jugeais pas bien dangereuse par elle-même l'opération qui consisterait à resciser une partie du clitoris et des petites nymphes, et l'urèthre tout entier. Que de femmes, à la suite d'un accouchement laborieux, ont perdu l'urèthre tout entier ou en grande partie, sans danger pour leur vie ! Il existe, il est vrai, une grande différence entre la rescision instantanée de l'urèthrc et sa chute totale par gangrène ou par ulcération consécutive à un accouchement difficile. Dans le premier cas , en effet , l'urine, en sortant de la vessie, peut s'infiltrer dans les réseaux ouverts du tissu cellulaire environnant, tandis que, dans le dernier cas, l'infiltration n'est pas à craindre. les cellules du tissu cellulaire adhérant mutuellement entre elles par suite de l'inflammation éliminatrice qui s'est préalablement emparée d'elles. L'infiltration n'arrive pas non plus dans le tissu cellulaire quand on pratique , chez une femme, la cystotomie suivant la méthode Lisfranc, qui consiste à diviser l'urèthre supérieurement, et le corps de la vessie ou transversalement ou longitudinalement ; cette réflexion était pour moi une garantie suffisante pour m'autoriser à ne pas me préoccuper de l'infiltration urineuse à la suite de la rescision totale de l'urèthre que j'avais le projet d'exécuter. La maladie de l'urèthre pouvait-elle se reproduire après l'opération, ainsi que cela arrivc si fréquemment aux tumeurs de naturesquirrheuse ? Après la rescision de l'urèthre, n'y avait-il pas à craindre l'incontinence d'urine ? Ces deux questions devaient naturellement se présenter d'elles-mêmes à ma discussion. La première, comme chacun le sait, est si hérissée de difficultés, qu'il m'était tout à fait impossible de la résoudre. Il me suffisait de savoir que, dans ce cas comme dans ceux de squirrhe de la mamelle, la crainte de la reproduction du mal n'était pas un motif assez puissant pour contre-indiquer l'opération. Quant à la seconde, je devais nécessairement suspendre mon jugement ; car, en introduisant le doigt dans le vagin et en le poussant avec beaucoup d'efforts jusqu'à la vessie, je ne pouvais pus ' connaître d'une manière positive si le col de la vessie était, oui ou non, envahi par la maladie de l'urèthre. Quoi qu'il en fût, du reste, l'opération n'était point contre-indiquée ; mais si le col de la vessie était attaqué, je prévoyais bien que l'incontinence d'urine serait la suite nécessaire de l'opération, tandis que, s'il était sain, l'urine, après l'opération et la guérison, sortirait seulement d'un lieu plus élevé dans le vagin que dans l'état normal, ce qui est un inconvénient de bien peu d'importance. Nous verrons plus bas comment la nature sait se jouer des prévisions humaines. Le dépôt habituel de l'urine n'était pas non plus un motif suffisant pour faire rejeter l'opération : il y avait, en effet, 90 probabilités sur 100 pour croire qu'elle provenait de l'irritation sympathique exercée sur l'appareil urinaire par le foyer organico-phlogistique del'urèthre, et nullement d'une véritable diffusion du vice organique de l'urèthre sur cet appareil. L'engorgement des glandes de l'aine ne devait pas arrêter l'opérateur : ces glandes, petites, mobiles, douloureuses au toucher, étaient survenues depuis peu de temps; tout me portait à croire qu'elles s'étaient sympathiquement enflammées , et que, par conséquent, elles disparaîtraient d'elles-mêmes après l'opération. Dans le cas, du reste, où elles auraient persisté, ce n'eût pas été une chose fort difficile que de les enlever plus tard. En songeant au petit volume des vaisseaux sanguins qui se distribuent au clitoris, aux pctites nymphes, à l'urèthre et en général à la ligne médiane de la région pubienne, je crus que l'hémorrhagie serait peu considérable et facile à arrêter. Mais, ainsi qu'on le verra plus loin, je me trompais gravement sur ce point, et peu s'en fallut que Inon erreur ne devint fatale à ma malade. Je n'avais pas assez fait la part, en effet, de la plus grande activité de la circulation et du développement anormal des vaisseaux qui avaient dû nécessairement être amenés par une excroissance morbide dont la date remontait à près d'un demi-siècle. J'exposai préalablement à ma malade mes doutes au sujet de la reproduction de la maladie et lui fis entrevoir la possibilité d'une, incontinence d'urine consécutive : madame V"" ayant, malgré tout, persisté dans sa résolution de se faire opérer, je pratiquai I'opération le 2 juin, en présence des docteurs Luigi Gallo, chirurgien ordinaire du grand hôpital de St.-Jean-Baptiste, Bernardi et Santanera. La malade étant placée au bord du lit et appuyée sur ses coudes et sur ses genoux , la face postérieure de l'extrémité inférieure du tronc tournée en haut, jc pris un bistouri droit avec lequel j'isolai la tumeur à droite et à gauche au moyen de deux incisions successivcs faites de dedans en dehors, et s'étendant des côlés du col de la vessie jusqu'aux côtés du méat urinaire. Ces deux incisions furent les sculs tenups de l'opération où je pus me servir de mes yeux : la brusque sortie du sang et les contorsions de la malade furent cause que , dans toutes les autres manœuvres que je fis pour isoler la tumeur, je fus forcé de diriger mon bis

touri en n'ayant pour tout guide que mon seul doigt indicateur. A cette fâcheuse circonstance d'être obligé d'opérer à tâtons, s'en ajouta une autre que je ne pouvais pas prévoir : la tumeur s'étendait latéralement beaucoup plus qu'on aurait pu le penser d'abord, et elle se réfléchissait un tant soit peu derrière l'arcade du pubis. L'opération fut pénible et douloureuse, mais proportionnée toutefois aux forces de la malade, qui donna des preuves d'un grand courage. Le moment où la tumeur, isolée de tous côtés, restait seulement attachée au col de la vessie, fut le plus difficile et le plus dangereux : la malade était alors très-épuisée par les pertes de sang qu'elle avait faites, pertes dont l'abondance avait surpassé de beaucoup toutes les prévisions, et le sang continuait toujours à sortir copieusement, malgré un fort courant d'eau glacée qu'on faisait pénétrer sans relâche dans le vagin. Quelle confiance pouvait-on avoir dans la ligature et dans la cautérisation, pour arrêter une hémorrhagie qui provenait de vaisseaux profondément situés et placés au milieu d'un pareil gâchis ? Le parti le plus simple et peut-être le plus sûr, était sans doute de séparer l'urèthre malade du col de la vessie, d'introduire ensuite une sonde métallique dans ce viscère, et finalement de pratiquer un solide tamponnement du vagin pour tarir l'hémorrhagie. Mais là encore se présentait une difficulté : celle de pénétrer avec la sonde, au milieu d'un pareil désor. dre, dans le petit tronçon d'urèthre qui restait, lequel ne devait guère avoir plus d'une ligne à une ligne et demie de longueur. Dans le cas où l'on n'aurait pas pu, avec la sonde, pénétrer dans la vessie en passant par le petit nuorceau d'urèthre qui restait , encore, le tamponnement, comme on le voit, était évidemment contre-indiqué, puisque, en même temps qu'on aurait bouché le vagin, ou se serait opposé à la sortie de l'urine, qui se serait probablement extravasée dans le tissu cellulaire ambiant. Sollicité néanmoins par la pressante et impérieuse conjoncture dans laquelle se trouvait la malade, j'embrassai ce dernier parti, et bien m'en valut, car la rescision de la partie malade était à peine opérée, qu'il m'arriva, en me guidant sur mon doigt indicateur, de pénétrer de suite avec la sonde dans le petit tronçon d'urèthre, et d'arrêter le sang au moyen du tamponnement. Qu'on me permette ici une petite digression pour faire connaitre comment j'aurais pu sans peine prévenir cet accident, si j'avais pensé qu'il survint une grave hémorrhagie, par un moyen facile et sûr qui se présenta spontanéinent à mon esprit dès que j'eus terminé l'opération. Ce moyen simplifiera désormais

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