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rôle que joue le système lymphatique dans le cancer. Ils étudieront l'état des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, à toutes les périodes des diverses espèces de cancer : dans les tumeurs cancéreuses, dans le voisinage et au loin de ces tumeurs, autour des ulcères cancéreux, etc. Ils s'attacheront à éclairer le diagnostic des altérations cancéreuses du système lymphatique , et à signaler les causes qui favorisent le développement ou les progrès de ces altérations. Enfin, ils déduiront de ces nouvelles études toutes les applications pratiques qu'elles pourront fournir. Ce prix sera de 1,500 fr. Prix fondé par madame M.-E. Bernard de Civrieux.— Madame Bernard de Civrieux ayant mis à la disposition de l'Académie un

prix annuel pour l'auteur « du meilleur

ouvrage sur le traitement et la guérison des maladies provenant de la surexcitation nerveuse. » l'Académie propose pour sujet de prix : Du suicide. Ce prix sera de 1,200 fr. Les mémoires pour ces trois concours, dans les formes usitées, et écrits lisiblement, doivent êtreenvoyés, francs de port, au secrétariat de l'Académie avant le 1er mars 1846. Prix fondé par M. le docteur Itard, membre de l'Académie de médecine. —Extrait du testament : « Je légue à l'Académie royale de médecine une inscription de 1,000 fr. à 5 p. 100, pour fonder un prix triennal de 5,000 fr. qui sera décerné au meilleur livre ou mémoire de médecine pratique ou de thérapeutique appliquée ; et, pour que les ouvrages puissent subir l'épreuve du temps, il sera de condition rigoureuse qu'ils aient au moins deux ans de publication.» Ce prix, dont le concours est ouvert depuis le 22 mars 1845, sera décerné en 1846. Prix fondé par M. le marquis d'Argenteuil. - Extrait du testament : « Je lègue à l'Académie de médecine de Paris la somme de 50,000 fr. pour être placée, avec les intérêts qu'elle produira du jour de mon décès en rente sur l'Etat, dont le revenu accumulé sera donné tous les six ans à l'auteur du perfectionnement le plus important apporté, pendant cet espace de temps, aux moyens curatifs des rétrécissements du canal de l'urèthre. Dans le cas, mais dans ce cas seulement, où pendant une période de six ans cette partie de l'art de guérir n'aurait pas été l'objet d'un perfectionnement assez notable pour mériter le prix que j'institue, l'Académie pourra l'accorder à l'auteur du perfectionnement le plus important durant ces six ans au traitement des autres maladies de voies urinaires. » Ce prix, dont le concours est ouvert depuis le 22 septembre 1844, sera décerné

en 1850; sa valeur sera de 8,258 fr., plus les intérêts successifs des revenus annuels cumulés pendant ces six années. N. B. Tout concurrent qui se sera fait connaitre directement ou indirectement avant le jugement sera, par ce seul fait, exclu du concours. (Décision de l'Académie du 1er septembre 1858.) Les concurrents aux prix fondés par MM. Itard et d'Argenteuil sont exceptés de cette disposition. L'Académie croit devoir rappeler ici les sujets de prix qu'elle a proposés pour 1845. Prix de l'Académie.— « Faire l'histoire de l'emphysème du poumon, établir les analogies et les différences entre cette affection et l'asthme. » Ce prix sera de 1,500 fr. Prix Portal.— « Del'analogie et des différcnces entre les tubercules et les scrofulcs. » Ce prix sera de 1,200 fr. Prix Civrieux. — Madame Bernard de Civrieux ayant mis à la disposition de l'Académie un prix annuel pour l'auteur « du meilleur ouvrage sur le traitement et la guérison des maladies provenant de la surexcitation nerveuse, » l'Académie propose pour sujet de prix : De l'hystérie. Ce prix sera de 1,200 fr.

La question mise au concours pour1845 par les Annales médico-psychologiques, est conçue ainsi : Déterminer les caractères distinctifs de l'homicide chez les aliénés, et de la monomanie homicide; faire un exposé critique des principaux cas de monomanie homicide qui ont été l'objet de poursuites judiciaires; répondre à cette question : La monomanie homicide est-elle, dans tous les cas, passible de peines légales ?

Ce prix, consistant en une médaille d'or de la valeur de 500 fr., sera décerné avant le 1°r janvier 1846. — Les mémoires devront être adressés, cachetés au bureau du Journal, avant le 1er novembre 1845.

— Le Cercle médico-chimique et pharmaceutique de Liége, a mis au concours la question suivante : « Indiquer les travaux scientifiques des pharmaciens belges décédés, en ayant soin de faire ressortir ce qu'ils renferment de plus remarquable. » Prix : une médaille d'or de la valeur de 100 fr.— Les mémoires en réponse à cette question

devront être écrits en français ou en latin,

et adressés francs de port, avant le 1" mars 1846, au secrétaire général de la Société, M. Victor Pasquier, faubourg St.Laurent, N° 56, à Liége.

M. B. MM. les concurrents sont priés d'indiquer exactement le titre, le format et le millésime des ouvrages auxquels ils auTOIlt eu recours.

DE MÉDECINE.

( AVRIL 1845.)

I.— MÉMOIRES ET OBSERVATIONS.

DU RHUMATIsME, de ses symptômes, de son diagnostic différentiel, de sa nature et de son traitement prophylactique et curatif.— Mémoire auquel la Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles a décerné une médaille d'honneur au concours de 1845; par HENRI GINTRAC, ex-aide de clinique médicale et prosecteur à l'École préparatoire de médecine et de pharmacie de Bordeaux.

(Suite. — Voir le cahier de février 1845, p. 73.)

, TRAITEMENT DU RHUMATIsME.

Le rhumatisme présente des variétés et des nuances si diverses qu'il ne saurait être soumis à des règles uniformes de traitement. Des moyens très-nombreux ont été proposés et employés avec des résultats variés.Je vais les examiner successivement, puis j'essayerai de déterminer leur genre d'utilité relative selon les divers modes de l'affection rhumatismale. I. Émissions sanguines. Compression. - La nature elle-même semble indiquer l'emploi des émissions sanguines. N'a-t-on pas vu beaucoup de rhumatismes s'amender et guérir sous l'influence des hémorrhagies qui portaient le caractère critique (l). Mais il ne faut pas croire que l'art puisse toujours suppléêr la nature. Baillou avait fait pratiquer dix saignées, la maladie n'en paraissait que faiblement modifiée, une épistaxis la jugea promptement et bien. Peut-être était-elle alors arrivée naturellement à son terme ? Qui ignore que les maladies ont une marche, une durée presque déterminée, et que la guérison a lieu par ou malgré les circonstances qui la précédent ? - - l. Sydenham, qui s'efforçait toujours de prendre la nature pour guide, faisait saigner jusqu'à quatre fois dans le rhumatisme; Tissot cinq fois ; Sauvages dit qu'à Montpellier on saignait même trois fois par jour. On a proposé de tirer jusqu'à 10 kilogrammes de sang en 36 heures : c'est l'auteur d'un mémoire annexé par Bruhier à sa traduction de la goutte et du rhumatisme d'Hoffmann; cet auteur était Uffrey de Cette. Pringle insistait sur les saignées répétées. Cullen les regardait comme le principal remède du rhumatisme. Sarcome les vantait de la manière la plus formelle (2).

(l) Barthez Maladies goutteuses, t, l, p. 322. - Chomel. p. 475. (2) T. 1, p. l 16.

Saalman les employait avec avantage (l) Les médecins de Calcutta font faire cinq ou six saignées dans les cinq premiers jours (2). Voilà de nombreuses et respectables autorités en faveur d'un moyen qui cependant n'a pas toujours obtenu un assentiment général. L'ami de Sydenham. Brady. lui écrivait : « In curatione rhumatismi frequentem phlebotomiam et largâ manu celebratam tanquam necessariam proposuisti : quaererem ego an non rejectà tam severae et tam crudeli methodo, alia non humani sanguinis adeo prodiga, nec minùs certè inveniri possit. » Barthez, dans le cours de médecine pratique qu'il professa en 1772, dit que l'on reprochait à la méthode d'Uffrey de Cette de faire naître des fièvres malignes. Giannini, Brown, rejetaient la saignée du traitement du rhumatisme. Pinel était loin de l'approuver. Les émissions sanguines locales avaient été recommandées par Aretée, Zacutus Lusitanus, Pringle, Sarcone, Demiani, mais elles furent mises en honneur par la doctrine physiologique. M. Bouillaud, combinant les saignées générales et locales, a formulé une méthode jugulante qu'il applique aux maladies très-aiguës et en particulier au rhumatisme : cette formule consiste à faire le 1er jour une saignée de 4 palettes, le 2e une saignée de 3 à 4 palettes matin et soir, et une application de ventouses scarifiées dans l'intervalle. Le 3e jour une saignée et une application de ventouses, les 4° et 5e jour une saignée et des ventouses conditionnellement. Malgré l'espèce de latitude laissée pour les deux derniers jours, il y a dans cette formule une précision , un ordre auquel il est souvent difficile, impossible de s'assujettir. Le praticien doit être libre dans ses actions, il doit obéir aux inspirations du moment, et ne jamais arriver auprès d'un malade avec une formule toute faite. Cette réflexion ne s'applique pas seulement aux émissions sanguines, elle s'étend à la matière médicale tout entière. Les recettes banales, les prescriptions inscrites dans les formulaires, doivent être laissées aux partisans de la routine, aux esprits paresseux. L'observateur attentif, le vrai médecin, s'inspire de l'état présent du malade, et crée des ressources selon la gravité des cas et l'opportunité des circonstances. Une formule uniforme des émissions sanguines, quelle que soit l'utilité de celles-ci, ne saurait être adoptée aveuglément. Les circonstances d'âge, de constitution, de tempérament, et surtout les degrés si variés d'intensité des douleurs, de la tuméfaction, de la fièvre, diversifient beaucoup l'état des maladies et les indications qu'il présente. On a cité des exemples assez nombreux de rhumatismes aigus guéris sans émissions sanguines générales, mais ce n'est pas une raison de croire qu'elles sont généralement inutiles.Je proclame, au contraire, leur immense avantage et même leur presque constante nécessité, lorsque l'affection revêt le caractère aigu et pyrétique. Je veux seulement faire remarquer qu'elles doivent être proportionnées à l'intensité de la maladie et en rapport avec la marche qu'elle suit. Les deux faits suivants prouveront ce que je dis : 44e OBs. — Rousseau Catherine, àgée de 19 ans , domestique , d'une forte constitution, d'un tempérament lymphatico-sanguin, bien réglée, vient de faire un assez long voyage sur une charrette, exposée à la pluie, au brouillard, pendant le mois de décembre 1842 ; bientôt après, elle ressent des douleurs vagues dans les membres, des frissons, un malaise géneral. Depuis cinq jours, les douleurs sont très

(l) Descriptio rhumatismi acuti et dilucidatio ducentorun aphorismorum , etc. Monas

teri, 1769.
(2) Henderson. Transact. of the med. Soc. of Calcuta, t. 3, p. 428.

vives dans les articulations coxo-fémorales, tibio-fémorales et tibio-tarsiennes. Il y a de la tuméfaction, un peu de rougeur, la fièvre est intense. Reçue à l'hôpital le 5 janvier, nous trouvons la face colorée , la peau chaude, la tête douloureuse, le pouls plein, fréquent, les membres inférieurs sont dans toute leur étendue très-souffrants. très-sensibles à la pression, le moindre mouvement est impossible, ou du moins extrêmement difficile, les battements du cœur sont forts, tumultueux, sans bruit de souffle. Les organes digestifs sont à l'état normal. Une saignée est pratiquée , le caillot est peu consistant, et se couvre d'une couenne mince. Le 7, les deux jambes sont également douloureuses, les lombes sont endolories, le pouls est fréquent. La saignée est réitérée, le sang est couenneux. Le 8, il y a eu une sueur abondante, le pouls est moins fréquent, il y a un peu de douleur à l'hypogastre. Indépendamment des tisanes déjà prescrites , la malade prend une potion avec extrait thébaïque et camphre, de chaque 5 centigrammes. Le 9, la fièvre a diminué ; mais les douleurs se sont dirigées vers les aines, deux ventouses scarifiées y sont appliquées, on continue la potion. Les l0, ll et 12, on continue la potion en augmentant la dose du camphre; la sueur persiste et les douleurs s'apaisent graduellement. Le 13, les douleurs sont à peu près dissipées, des symptômes d'un état saburral, portent à prescrire une bouteille d'eau de Sedlitz. Il survient des évacuations nombreuses. Le l4 et jours suivants, la convalescence s'établit, la malade sort parfaitement guérie le 19. Fallait-il, après les deux saignées, poursuivre à outrance un état inflammatoire qui se dissipait de lui-même et que la sueur travaillait puissamment à détruire ? Il valait mieux, ce me semble, seconder les efforts de la mature en aidant à la perspiration cutanée. Tel était le but du camphre associé à l'opium. Deux saignées ont également suffi dans le cas suivant : 45e OBs. — Marie Petit, âgée de 18 ans, cuisinière, d'une forte constitution, d'un tempérament sanguin, d'une stature élevée, régulièrement menstruée, se mouille fréquemment les pieds et éprouve d'abord des douleurs dans les régions plantaires, puis dans les articulations des membres inférieurs. Depuis huit jours, toutes ces parties sont extrêmement sensibles, tendues, il y a une fièvre forte. Le 16 février 1843, la malade entre à l'hôpital. Elle offre les symptômes du rhumatisme multiple, aigu, pyrétique intense. On lui pratique, dans la même journée, deux saignées assez copieuses. A la première, le sang n'est pas couenneux, à la seconde, il présente une couenne mince. Le 17, les douleurs sont limitées au genou droit, la fièvre a presque disparu. Le 18 , l'épigastre est sensible à la pression ; on y applique deux ventouses scarifiées. Le 19, la malade ne souffre plus. Les 20,2l et 22, les menstrues coulent naturellement. Le 23. exeat. Il est évident que la maladie ayant été rapidement modifiée, il était inutile d'insister sur les émissions sanguines. Cependant, le jour de son entrée à l'hôpital, cette personne paraissait extrêmement souffrante, et offrait tout l'appareil d'un état fortement inflammatoire. Les deux saignées faites presque immédiatement, *Pportèrent un changement aussi heureux qu'instantané. La menstruation vint mettre le sceau à la guérison. ll. Dans le rhumatisme Pyrétique, soit aigu, soit chronique, la saignée a toujours. été utile. Elle a été très-heureusement secondée par les émissions sanguines locales. Les sangsues ont été appliquées sur les surfaces étroites , comme les mains, les poignets, les pieds. Mais toutes les fois que les ventouses scarifiées ont pu trouver une place suffisante, elles ont obtenu et mérité une préférence absolue. Il me serait impossible de passer sous silence, les services nombreux qu'elles ont rendus. Je ne balance pas à placer ce mode d'émission sanguine en première ligne, dans tous les cas de rhumatisme apyrétique ou partiel. Les ventouses scarifiées ne se bornent pas à soutirer une quantité de sang toujours à peu près la même, mais elles opèrent encore une révulsion puissante ; elles modifient la circulation capillaire. Elles agissent aussi sur le système nerveux par l'impression qu'elles exercent sur le moral, la petite douleur qu'elles causent ou la détente qu'elles entraînent ; s'il fallait rapporter ici tous les faits qui prouvent l'utilité des ventouses scarifiées, un volume ne suffirait pas. Elles ont fait la base presque exclusive du traitement du lumbago, de la pleurodynie et de la plupart des rhumatismes partiels. Si une première application de trois ou quatre ventouses n'enlevait pas la maladie, il était rare que celle-ci résistât à une secondeDans des cas d'arthrite tibio-fémorale avec synovite et hydarthrose, les ventouses ont été presque les seuls moyens mis en usage, et leur emploi a été extrêmement heureux. Dans les rhumatismes de l'épaule, qui résistent en général aux sangsues, aux lavements, etc., et qui laissent souvent après eux, une incapacité de mouvement du deltoïde, les ventouses scarifiées, vigoureusement employées , enlèvent promptement la douleur et hâtent la guérison. Il n'est pas de praticien qui n'ait vu l'inflammation de l'articulation coxo-fémorale entraîner les suites les plus funestes, des abcès profonds. des caries, la luxation spontanée du fémur, etc. Lorsque l'inflammation n'a pas encore désorganisé l'articulation, elle peut être attaquée et vaincue par les saignées locales et principalement par les ventouses scarifiées. Parmi plusieurs faits qui prouvent la puissance de ces moyens, je citerai le suivant qui est assez remarquable. 46e OBs. — Lauvry, âgé de 15 ans, après s'être exposé souvent à des suppressions de transpiration en se couchant sur l'herbe, éprouvait, depuis deux mois, des douleurs rhumatismales vagues et mobiles, qui parcouraient les membres, mais qui, bientôt, vinrent se fixer sur l'articulation coxo-fémorale droite. Celle-ci offrait de la tuméfaction, de la difficulté pour le mouvement; la marche, la station même, ne pouvaient plus s'opérer. Le genou du même côté était gonflé, demi-fléchi. comme ankylosé, le membre entier était considérablement atrophié. Le 17 septembre l842, à la visite, ce malade est le sujet d'un examen attentif. Au premier coup d'œil, il semble que le membre inférieur droit soit raccourci, mais en donnant avec beaucoup de peine à cause de la douleur, une position convenable au tronc et aux membres , et en mesurant l'espace compris entre l'épine iliaque antérieure et supérieure et la rotule , il est démontré que les deux membres sont égaux en longueur. L'articulation coxo-fémorale droite est le siége de douleurs trèsvives qui se continuent jusqu'au genou; elle est en outre tuméfiée, déformée, ne peut exécuter le plus léger mouvement ; les ganglions inguinaux sont fortement engorgés ; le malade est dans l'immobilité presque absolue ; il est amaigri, très-faible , mais les organes renfermés dans les cavités splanchniques sont sains. Le 18, quatre ventouses scarifiées sont appliquées autour de l'articulation coxofémorale. Le 19, déjà la douleur avait presque entièrement disparu , les mouvements étaient plus faciles. (Frictions avec la pommade suivante : Axonge, 40,0. - Extrait de jusquiame, 6,0. — Opium, 1.00.) Le 20, les ganglions inguinaux demeurent engorgés (Trois ventouses scarifiées

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