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inflammable, que le mélange s'échauffait ;
mais, si on ne fait pas intervenir de chaleur
artifieielle, il ne se dégage ni vapeurs ni-
treuses, ni acide carbonique. Le produit se
prend en masse par le refroidissement, et
présente alors une teinte orangée. M. Ger-
hardt s'est assuré que le gaz qui accompagne
le corps rouge est de l'éther nitreux, dont
le dégagement continue jusqu'à ce que la
dernière parcelle de brucine ait disparu dans
le liquide, en sorte que ce mélange est une
véritable source d'éther nitreux.
(Journ. de chim. méd., janvier 1845.)

Procédé pour réduire le chlorure d'argent et obtenir le métal. — M. Oerchsie, contrôleur des monnaies, propose, pour opérer la réduction du chlorure d'argent qu'on obtient dans l'essai des alliages, par voie humide , l'emploi de l'action galvanique.

Après avoir lavé avec soin le chlorure d'argent, jusqu'à ce qu'il ne renferme plus de traces d'acide, on le fait sécher jusqu'à consistance de bouillie épaisse, et on le mêle, en cet état, avec un solutum saturé de chlorure de sodium (sel marin). Cette masse humide est placée dans un vase poreux ou dans le fond d'un pot à fleur, dont le trou est bouché. Dans un vase de faïence à fond plat, d'une forme différente, on met deux tasseaux de bois d'un centimètre et demi de côté, et sur ceux-ci une plaque de zinc amalganmé, présentant une surface égale à celle du vase poreux. Sur cette plaque de zinc, on pose deux tubes pleins, de verre, pour recevoir le vase contenant le chlorure d'argent. Dans ce dernier, on introduit une plaque mince d'argent ou de platine, qu'on met en communication, au moyen d'une petite bande de l'un ou de l'autre de ces métaux, avec la plaque de zinc déposée dans le vase inférieur ; on plonge la lame de zinc au milieu d'un mélange de 20 parties d'eau et de 1 partie d'acide sulfurique.

Par suite de cette disposition, il en résulte une action galvanique qui réduit le chlorure d'argent du centre à la circonférence. De temps à autre, lorsque l'effervescence se ralentit sur le zinc, on ajoute un peu d'acide sulfurique, pour remplacer celui qui s'est combiné avec ce métal. On reconnaît que tout le chlorure d'argent est réduit dans le vase inférieur, lorsqu'en agitant la liqueur, elle n'a plus l'apparence laiteuse. La décomposition étant terminée, on dé

cante la solution de sel qui surnage l'ar-
gent ; on lave celui-ci, et, après l'avoir fait
sécher, on le fond dans un creuset avec un
peu de potasse.
Suivant l'auteur, la réduction du chlo-
rure d'argent par ce procédé, ne coûte pas
le quart des frais nécessités pour la réduction
par la seule voie sèche qu'on employait au-
trefois.
L'argent réduit du chlorure, par ce pro-
cédé, est en poudre si fine qu'il peut être
employé pour enduire, avec un pinceau, les
objets moulés en cire que l'on veut produire
par la galvanoplastie.
Note du rédacteur. Un moyen des plus
simples consiste à prendre le chlorure d'ar-
gent bien lavé, à le mettre en contact avec
une lame de zinc (dans une capsule de por-
celaine), à faire chauffer, si l'on veut que
l'opération marche plus vite, et à ajouter
quelques gouttes d'acide sulfurique : dans
ces deux cas, l'argent du chlorure est réduit
en très-peu de temps. Nous faisons cette
opération dans nos leçons, et toujours ce
procédé, qui est dû à M. Arfredson, nous a
complétement réussi. A. CH.
(Ibid.)

Sur un moyen d'écrire sur le verre; par M. SIMoNIN , de Nancy. — Je viens vous communiquer, en peu de mots, une manière facile de graver sur le verre, des divisions, lettres ct caractères inaltérables dont les chimistes, les pharmaciens, etc., ont souvent besoin dans les localités où une industrie spéciale ne peut leur venir en aide. On étend, avec un pinceau doux, du vernis de graveur sur les tubes, flacons, etc. ; quand il est sec, on trace ou on écrit à la pointe en enlevant le vernis ; et sur ces places on étend une couche peu épaisse d'une pâte molle faite à l'instant même avec du fluate de chaux en poudre et de l'acide sulfurique concentré. Après quelques heures de contact, onlave,et le verreest suffisamment rongé et creusé. Pour marquer d'une manière indélébile les lignes, étiquettes, etc., on peut, pour rendre l'action plus énergique, couvrir cette pâte d'une feuille de plomb, laminé mince. Comme je me suis servi souvent, avec avantage, de ce procédé, que je ne crois indiqué nulle part, vous pouvez, si vous croyez comme moi qu'il puisse rendre quelques services, le publier dans votre journal.

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Histoire naturelle médicale.

Amandes ou châtaignes du Brésil. Capucaya des Brésiliens, castanhas de Maranhao des Portuga s, brazil nuts des Anglais. On trouve sous la première dénomination, depuis environ un an, chez les marchands de comestibles et les épiciers de Paris, une sorte de noix provenant du Bertholletia excelsa (Humb. et Bonpl.), grand arbre de la famille des myrtacées que l'on cultive à Cayenne, mais qui croît spontanément au Brésil, principalement à l'embouchure de l'Orénoque, où il est connu des naturels sous le nom de juvia, des Espagnols sous celui d'almeudron, et des Européens sous celui de châtaignier du Brésil.

Le fruit est composé, il est de la grosseur d'une tête humaine, et contient les noix qui nous occupent, au nombre d'une quarantaine. Ces noix sont allongées, triangulaires ; leur enveloppe extérieure est rugueuse, fauve, très-dure, et constitue la moitié de leur poids, qui est de 10 grammes en moyenne. Elles sont monospermes. La semence est formée d'un épisperme brun fauve et d'un embryon blanc d'une odeur peu prononcée, d'une saveur d'amande et de châtaigne mêlée, très-oléagineux, puisque nous avons pu, en opérant sur une trèspetite quantité, en retirer 60 p. °/, d'une huile liquide presque incolore et d'une saveur agréable.

Matico (1). — Plusieurs journaux de médecine et de pharmacie, d'après le journal anglais the Lancet, ont fait mention du matico comme d'une substance nouvelle pour la matière médicale européenne. ll y a déjà plusieurs années que les propriétés de cette substance ont été publiées en France, puisque MM. Mérat et Delens, en 1852 , dans leur Dictionnaire universel de matiere médicale, en parlent d'après les renseignements empruntés aux journaux de médecine américains, et l'examen de quelques feuilles de ce végétal qu'ils reçurent du docteur Duthrouil de Bordeaux.

Le matico ou mateca est un végétal, une espèce de poivre de l'Amérique méridionale et plus particulièrement du Pérou, où ses seuilles réduites en poudre grossière jouissent depuis longtemps d'une grande réputation parmi les indigènes, à cause de leurs propriétés styptiques, étant appliquées sur les surfaces saignantes. Elles ont même été représentéesdans les communications qui

(!) Voyez ce que nous en avons dit dans le Journ it de médecine, 2e année, p. 172.

ont été faites comme un astringent si puissant, qu'appliquées sur un vaisseau ouvert, elles en procurent l'occlusion immédiate, quel que soit son calibre.

Les feuilles, seule partie de la plante qui soient usitées, ont, d'après la description du docteur Hunter-Latie, de 8 à 16 centimètres de longueur sur 5 centimètres de largeur, sont lancéolées, acuminées, légèrement crénelées , fortement ridées, d'une couleur brune foncée à leur surface supérieure, d'une teinte vert pâle à leur surface inférieure. Selon MM. Mérat et Delens, en les pressant entre les doigts, elles ont une odeur aromatique de menthe ; leur saveur, d'abord insipide, devient un peu amère et âcre, mais point styptique. Elles sont importées en petites masses presque sphériques.

Le docteur Hunter - Lane paraît avoir administré le premier le matico à l'intérieur, il le regarde comme infaillible dans les leucorrhées et comme donnant de très - bons résultats dans la diarrhée, la gonorrhée, les hématémèses , les hémoptysies, certaines hématuries. Il ajoute que dans un cas de diabète, cette plante, associée au benzoate d'ammoniaque, lui a parfaitement réussi.

Les formes pharmaceutiques du matico sont l'infusé ( 50 grammes de feuilles, 1,000 grammes d'eau bouillante), et la teinture alcoolique (75 grammes de matico, 1 litre d'alcool rectifié), la dose du premier est de 15 à 60 grammes, et de la dernière 4 à 8 grammes.

Piscidia erythrina. Lam. — On a publié tout récemment, d'après le Journal de pharmacie de Londres, un article sur les propriétés narcotiques de l'écorce de la racine de ce végétal ; nous dirons, comme pour le matico, que ce n'est point encore une nouveauté. Le docteur Ilamilton a publié, en 1850, un mémoire sur cette substance dans le Journal de Médecine-Botanique de Londres, et des ouvrages en français de cette époque en font mention.

Quoi qu'il en soit, le piscidia erythrina, bois ivrant, bois à enivrer, dog-wood (bois de chien) des Anglais, qui le désignent aussi sous le nom de cornus floridus, est un arbrisseau de la famille des légumineuses, qui croît aux Antilles, plus particulièrement sur les collines de la Jamaïque et d'Haïti, où les naturels s'en servent, comme on fait ailleurs de la coque du Levant, pour enivrer le poisson (d'où son nom de piscidie) et tremper leurs flèches dans son suc pour

faire périr les animaux qu'ils atteignent. La chair des animaux n'éprouve aucun esfct sâcheux de cette sorte d'empoisonnement. L'effet produit par la piscidie sur les poissons engagea M. Hamilton, pendant son séjour aux Antilles, à essayer sur lui-même les effets thérapeutiques d'une teinture préparée avec l'écorce de la racine de piscidie. Privé depuis longtemps du sommeil par un mal de dents violent, il prit, le soir en se couchant , un drachine de teinture ajouté à un verre d'eau. Bientôt il ressentit dans l'estomac une grande chaleur, qui augmenta peu à peu d'intensité ; tout à coup il fut pris d'une transpiration abondante, et il tomba dans un sommeil profond , qui le surprit si brusquement , qu'en se réveillant le lendemain, à une heure très-avancée de la journée, il tenait encore dans une de ses mains la fiole qui contenait la teinture, et dans l'autre main le verre qui lui avait servi à la prcndre. Le mal de dents ayant disparu, il n'éprouva point les sensations désagréables que laisse l'opium lorsqu'il a produit ses effets sur l'organisme. L'auteur ne doute pas que les premières douleurs qu'il a ressenties ne solent dues à la forte dose du médicament qu'il avait prise. M. Hamilton dit avoir guéri radicalement plusieurs personnes de maux de dents par la simple application sur la dent cariée d'un tampon de coton imbibée de cette teinture, dont voici la formule : . Écorce de racine de piscidie, récoltée avant l'apparition des feuilles sur l'arbre, 1 part. Alcool rectifié, 4 part. Faire macérer et filtrer. Le piscidia carthaginensis, L. a les mêmes propriétés que l'erythrina. Tambayang. Sous ce nom, un étranger, se disant ancien officier de l'armée des lndes orientales, a rapporté, il y a environ dix-huit mois, à Paris, une certaine quantité d'un fruit auquel il accorde une foule de propriétés et principalement une propriétéastringente, qui, si elle était prouvée, le rendrait précieux contre la diarrhée et la dysenterie. Ces fruits, dont nous avons plutôt à nous occuper sous le rapport de l'histoire naturelle que sous le rapport médical , ses propriétés n'ayant pu être examinées convenablement par la pratique, bien qu'elles l'aient été, nous a-t-on dit, par une commission de l'Académie de médecine, ces fruits, disonshous, ont préseuté à notre examen les caractères botaniques suivants : Ils sont verdâtres, ridés, de la grosseur et de la forme de nos cornes sèches, ou mieux *les pruneaux acides, et paraissent avoir été

attachés au végétal par un pédoncule vigoureux. L'épicarpe recouvre un sarcocarpe noirâtre, de l'épaisseur d'un millimètre environ. Sous ce dernier on trouve un endocarpe semi-osseux, mincc , dans lequel existe une semence unique, blanchâtre, de la grosseur d'une amande d'abricot, et formée de deux cotylédons qui se séparent facilement. Cette organisation qui rappelle en tous points celle des fruits drupucés de la famille des rosacées. pourrait faire croire, avec quelque chance de raison, que le végétal qui fonrnit le tambayang appartient à cette famille. Toutes les parties du tambayang ont une saveur mucilagineuse. Ceux de ces fruits quc nous avons examinés étaient fort secs et paraissaient anciennement récoltés, car beaucoup étaient piqués à l'extérieur ainsi qu'à l'intérieur, qui est souvent vide. Nous avons soumis les tambayangs à quelques expériences, et voici ce que nous avons observé : Mis à macérer dans l'eau . ils se gonflent au point de présenter un volume quinze fois plus considérable que le volume primitif, en laissant exsuder une gomme rougeâtre translucide, insipide, insoluble dans l'eau froide. Le même effet paraît se produire encore après une longue ébullition dans ce véhicule. Cependant, celui-ci traité par l'acétate de plomb liquide, donne un précipité floconneux d'un blanc sale : l'alcool n'y occasionne aucun trouble. Cette gomme, qui nous semble se rapprocher par quelques points de celle de Bassora, soumise à l'ébullition dans de l'eau acidulée par les acides sulfurique, azotique et chlorhydrique, s'y dissout en laissant toutefois un faible résidu de fibres provenant du péricarpe. Ces solutés filtrés donnent des précipités gélatineux par les alcalis, insolubles dans un excès de ceux-ci, se redissolvant dans un excès d'acide, et reparaissant de nouveau par les alcalis, à la manière d'une base. Les précipités sont insolubles dans l'alcool. La lessive des savonniers étendue dissout aussi à chaud cette gomme en se colorant en rouge-brun ; le soluté filtré ne domne point de précipité par les acides. Ce qui nous paraît le plus curieux dans l'histoire de ce fruit, c'est l'énorme quantité de gomme insoluble que l'eau y développe d'un péricarpe aussi mince, et c'est aussi que nous ne connaissons pas d'exemple de fruit à sarcocarpe entièrement formé par une gomme quelconque. · (Journ, des Conn. méd., décemb. 1844,) Principe actif de la digitale pourprée, découvert par MM. HoMoLLE et QUEvENNE. - Procédé d'extraction. — 1 kilogramme de feuilles de digitale sèche, de l'année, grossièrement pulvérisée et préalablement humectée, est mis dans un appareil à déplacement garni à sa douille de coton cardé , puis traité par l'eau froide, de manière à obtenir un soluté concentré. Les liqueurs sont immédiatement précipitées par un léger excès de sous-acétate plombique et jetées sur un filtre. Elles passent limpides et presque complétement décolorées. On y ajoute du soluté de carbonate sodique jusqu'à ce qu'il n'y forme plus de précipité; et le liquide filtré est débarrassé de la magnésie qu'il retient encore, par le phosphate ammoniacal. Le soluté filtré de nouveau est précipité par le tanin en excès, et le précipité recueilli sur un filtre est mêlé encore humide au cinquième de son poids d'oxyde de plomb (litharge) pulvérisé. La pâte molle qui en résulte, placée entre des papiers non collés, puis séchée à l'étuve et pulvérisée, est épuisée par l'alcool concentré dans un appareil à déplacement. La soluté alcoolique, décoloré au moyen du charbon animal , laisse, pour résidu de l'évaporation, une masse granuleuse jaunâtre qui, lavée avec un peu d'eau distillée, égoutée et reprise par l'alcool bouillant, laisse déposer sur les parois de la capsule, par l'évaporation, la digitaline sous forme granuleuse mamelonnée. uttée et séchée, la digitaline doit entore être lavée à deux reprises par l'éther concentré bouillant, qui en sépare, entre autres substances, une matière blanche cristalline et des traces de matière verte et de principe odorant. Caractères physiques et chimiques. La digitaline, obtenue et purifiée par le procédé que nous venons de décrire, se présente sous la forme d'une poudre blanche inodore, d'une saveur amère excessive ; se faisant surtout sentir à l'arrière-bouche; susceptible de provoquer de violents éternuments lorsqu'elle est disséminée en particules trèslénnes dans l'air. A peine soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau bouillante, elle se dissout en toute proportion dans l'alcool faible ou concentré. L'éther pur n'en dissout que des traces, mais la plus légère addition d'alcool aug

Pharmacie.

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mente considérablement son pouvoir dissolVant. Complétement dépourvue de réaction acide ou alcaline, la digitaline n'est susceptible d'aucune combinaison avec les acides ou les bases. L'acide sulfurique concentré la dissout en la colorant en rouge-hyacinthe foncé ; la dissolution étendue d'eau verdit et laisse séparer des flocons. L'acide nitrique concentré la jaunit et la dissout en lui faisant perdre son amertume. L'acide hydrochlorique la colore en vert. L'ammoniaque et la soude caustique la colorent en jaune-brun. Propriétés physiologiques et thérapeutiques de la digitaline. L'action irritante sur le derme dénudé par un vésicatoire, que nous avons constatée, nous a paru devoir s'opposer à son emploi par la méthode endermique. Des expériences sur un lapin et sur un chien, nous ayant fait reconnaître l'action cxercée par la digitaline sur l'organe central de la circulation, nous avons procédé sur nous-même à des expériences répétées pour essayer de nous fixer sur le mode d'action et l'énergie comparative de notre produit. L'action sur le cœur a toujours été manifeste et s'est traduite ordinairement par une diminution progressive dans le nombre de ses battements, qui ont pu descendre, dans quelques cas, à 40 et communément à 50 ou 55 par minute. L'un de nous n'a pu dépasser la dose de 4 à 6 milligrammes dans les 24 heures, sans que l'intolérance survînt. Cette intolérance se manifeste par des nausées, des borborygmes, des vomituritions, puis des vomissements opiniâtres, persistant après la cessation de l'administration de la digitaline. L'inégalité, l'irrégularité et l'intermittence du pouls, ont été souvent observées après 8 à 10 jours de son emploi. L'influence de la digitaline sur la circulation parait survivre quelques jours à la cessation de son administration. Les phénomènes observés quant aux fonctions digestives ont consisté dans l'augmentation de l'appétit suivi bientôt de délabrements et de tiraillements d'estomac ; puis survenaient des borborygmes, des douleurs abdominales avec dégagement de gaz intestinaux, de la constipation, suivie, dans qucl* qucs cas, de diarrhée.

L'action diurétique s'est montrée très-irrégulière; quelquefois la fonction rénale a été momentanément ralentie. Nous avons observé comme phénomènes résultant d'une action sur les centres nerveux, de la céphalalgie, des éblouissements, de la faiblesse musculaire, suivis bientôt de prostration générale, des bâillements. des frissons, et quelquefois une chaleur incommode des pieds et des nains. Le sommeil ne nous a pas paru influencé par la digitaline. o Administrée dans un cas d'anasarque extrêmement grave, consécutive à une couche malheureuse et compliquée de péricardite et d'hématurie, la digitaline provoqua une diurèse énorme et immédiate accompagnéed'un abaissement considérable du pouls, qui, en 48 heures, descendit de 120 pulsations à 54 par minute. La résorption de la sérosité infiltrée fut rapide, et la guérison suivit l'emploi de ce moyen. , ! " ' Dans deux cas de pleurésie, l'action diurétîque fut Inanifeste, et la résorption de l'épanchcment fut hâtée. i | Dans plusieurs cas de phthisie, la digitaline a diminué la fréquence du pouls et de la respiration, calmé la toux, relevé l'appétit, diminué la soif et arrêté la diarrhée. * Dans les cas de palpitations nerveuses , l'action a été variable,mais souvent heureuse. " Dans les affections du cœur avec lésion des valvules entrainant un trouble considérable de l'hématose et de la circulation avec pouls faible, tumultueux, inégal, irrégulier, oedème, oppression , toux, stase du sang veineux, son action a été constamment utile. " Dans deux cas d'affection aiguë du cœur, endocardite avec hypertrophie ventriculaire, élle a été nuisiblc en augmentant l'impulsion du cœur et la force de ses battements. " Enfin, dans un cas de péricardite avec épanchement, elle a rendu d'évidents services en diminuant la fréquence du pouls et l'oppression, en activant la sécrétion urinaire. · Quelles conclusions thérapeutiques est il perinis de tirer du petit nombre de faits que nous avons observés ? " Si nous comparons les effets produits par l'administration de la digitaline avec ceux attribués par les observateurs les plus consciencieux à la digitale, nous voyons que la digitaline est évidemment le principe actif de la plante, et qu'il en représente bien les propriétés. ' " "1° Action essentielle sur l'organe central de la circulation. 2o Action'sur les centres nerveux. 5° Action diurétique irrégulière. " De cette identité d'action, on pourrait , selun nous, pur une induction légitime, conclure à l'emploi de la digitaline dans tous les eus où l'on administre la digita'e pour

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prée; mais est-il permis d'aller plus loin, de pénétrer plus intimement le mode particulier d'action de ce prineipe actif pour arriver à formuler les indications précises de son emploi? Voici, à cet égard, ce qui nous a paru résulter de l'étude et de l'analyse de nos observations. La digitaline est , avant tout, un modificateur puissant de l'organe central de la circulation, régularisant et ramenant au type normal son action troublée, et cependant, chose singulière, troublant à son tour, par une administration prolongée ou des doses exagérées, cette fonction, qu'clle rend irrégulière et intermittente. Mais comment a lieu cette action ? Estelle le résultat d'une hyposthénisation , pour nous servir du langage de l'école rasorienne ?'ou, en d'autres termes, la digitaline agit-clle à la manière des antiphlogistiques et comme succédanée de la saignée ? Telle n'est pas notre opinion. Etablissons deux faits, peut-être un peu perdus de vue; ils pourront nous donner la clef du mode d'action de ce médicament. D'une part, la rapidité de la circulation est loin d'être en raison de la fréquence des contractions du cœur, et s'il existe une corrélation, elle serait inverse. D'autre part, la force et l'impulsion de ces contractions sont constamment augmentées par des doses couvenables de digitaline, en même temps que leur nombre diminue. ll nous paraît résulter de ce simple aperçu, que c'est l'activité impriméc à la circulation qui doit rendre compte des principaux phénolnènes consécutifs à l'emploi de la digitaline. Du reste, l'étude de cette question ardue IIous entraînerait trop loin pour le moment, et doit être l'objet d'un mémoire spécial. Nous comptons, en outre, que l'expérience des praticiens nous aidera à l'élucider. Préparations pharmaceutiques.—Voici les formes principales sous lesquelles on peut convenablement administrer la digitaline ;

Granules digitaline (Homolle et Quevenne). Digitaline, 1 gram. , Sucrc blanc, 50 gram.

Pour mille granules, que l'on préparera à la manièredes anis de Verdun. Ces granules, contenant chacun 1 milligramme de digitaline pourront être administrés à la dose de 4 à 6 dans les 24 heures. · · · · · • · Cette formule, dans laquelle il n'entre uniquement que du sucre comme excipient , n'est qu'ume variété de pilules, qui offre le triple avantage d'un dosage facile, d'une administration agréable et d'une solubilité rapide et complète; solubilité qui manque souvent aux pilules en raison de réactions éntrcles divers excipients qu'on y fait cntrcr. - - - •

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