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il le dit grec de Constantinople, réfugié en Italie après la prise de cette ville par Mahomet II , et inort à Rome en 1513, après avoir publié une Grammaire grecque qui est très-rare. Il y a donc apparence que l'abbé de Fontenai a été dans l'erreur en faisant Chalcondyle imprimeur. Il a été éditeur de plusieurs ouvrages grecs très-recherchés, qui ont été imprimés dans différens endroits, et par différens typographes , comme on peut s'en convaincre en consultant les numéros 2217, 2220 , 2237, 2343 et 2493 de la bibliographie de Debure.

CHAN-HAI-KING, Livre chinois très-ancien. Les uns l'attribuent à l'einpereur Yu, d'autres à Pe-y. Il contient une description du monde , qui parait imaginaire. On y place au milieu de la terre, le mont Kouen-lun : on y parle de monstres, de plantes extraordinaires ; il fournit aux poëtes chinois toutes leurs expressions poétiques.

CHARTES (1). C'est ainsi que l'on désigne les anciens titres : ce terme est générique comme instrument, monument, enseignemeni, pages, diplômes , écritures, etc. qui signifient la même chose. Les latins se servaient du mot evidentice pour entendre des chartes qui renferment des donations : le nom apices était donné aux chartes en général, par les latins du moyen age : titulus eut la même

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(1). On dit aussi chartres par corruption. On trouve en tête de l'Art de vérifier les dates , une dissertation très-utile sur la difficulté de fixer les dates des chartes et des chroniques. Les difficultés viennent de plusieurs causes, 1. de la manière de compter les années , qui a fort varié, ainsi que les divers jours où l'on a fait commencer l'année. 2. de l'ère d'Espagne, qui commence 38 ans avant notre ère chrétienne , et dont on s'est servi long-temps dans plusieurs pays. 3. Des différentes sortes d'indictions. 4. Des différens cycles dont on a fait usage, etc., etc., voyez DATES,

signification : les preuves de cette expression ne sont pas rares depuis le 6° siècle jusqu'au 12'. Dans les neuf premiers siècles , on se servait plutôt du mot chartula que de charta ; et dans les 11 , 12€ et 13 siècles , ce mot s'écrivait souvent quarta et quartula. Si l'on voulait parler de tous les titres anciens connus sous le nom générique de churtes, on ne finirait pas ; nous nous contenterons d'indiquer ici quelle est la nature de ceux qui portent en titre ou dans le corps de la pièce, le mot charle. Le détail abrégé que nous allons donner est puisé dans dom de Vaines. : · CHARTES DE FIDÉLITÉ, d'obéissance, d'hommage. Cette espèce se nommait charta sacramentalis , parce que la religion du serment y était interposée. Les romains et les chrétiens , depuis Constantin , juraient par la vie et le salut des empereurs ; cela a eu lieu jusqu'à la défense expresse qui en a été faite par Charlemagne.

CHARTES D'ABJURATION. Elles consistaient dans une formule de foi présentée à un hérétique qui voulait rentrer dans le sein de l'église : il signait simplement.

CHARTES DE MUNDEBURDE. Les chartes royaux de défense ou de protection s'appelèrent chartæ de mundeburde ; mais dans le 11° siècle celles du même genre, accordées par un évêque ou un seigneur pour mettre à l'abri du pillage quelque territoire d'une église, étaient appelées salvitates.

CHARTES A PENNES. Lorsque l'on avait perdu ses titres par suite d'un désastre public, le magistrat ou gouverneur du lieu faisait expédier deux chartes dites apennes , dont l'une était affichée en public, et l'autre délivrée à celui qui avait perdu ses titres ; celui-ci présentait au prince cette relation par une adresse dite notitia suggestionis, et le roi y répondait par une charte dite panchartæ (1): par cet acte le

(1) Ces chartes sont connues depuis le ge siècle.

prince confirmait les biens et les priviléges dont on avait perdu les titres, mais sans rien spécifier. Les pancartes de Charles-le-Chauve sont les premières qui entrent dans le · détail des biens ou des terrés.

CHARTES BÉNÉFICIAIRES. Ce sont des donations faites par les empereurs ou nos rois des deux premières races , aux guerriers , aux nobles, et, dans la suite , aux ecclésiastiques mêmes , à condition de vasselage ou de service militaire. L'objet de ces donations passa , par la suite , aux descendans des uns et aux successeurs des autres , du consentement des princes; et bientôt après, les terres regardées comme des héritages propres par les particuliers, changèrent leur nom de bénéfice en celui de fief.

CHARTES DE DONATION. Ces chartes portaient souvent en tête le nom d'építre ou lettres , parce qu'elles en avaient la forme , c'est-à-dire , l'adresse et le salut. Outre le nom charta , et plus souvent chartula donationis, elles avaient encore une infinité de dénominations, telles que charta transfusionis.

Charta cessionis , charte de cession. .
Charta usufructuaria , charte de cession à usufruit.

Charta semi-plantaria , charte de métayer. C'était la cession d'un terrein pour ý planter soit une vigne, soit autre chose ; au bout de cinq ans le propriétaire partageait avec le cultivateur qui avait fait tous les frais du plant.

Charta legataria , donation légataire d'usage au roʻ siècle.

Charta institutionis : c'était le titre d'une fondation ou d'un établissement ; elle était en vogue dès le 10 siècle.

Charta eleomosinaria , donation à titre d'aumône ( du terme alimonia , entretien , subsistance ).

Charla solutionis , quittance d'une redevance quelconque. Les chartes de donation et de dotation sont innombrable au jo' siècle. C'est, au jugement des sayans, la seule ressource

d'où l'on puisse tirer quelques lumières sur les événemeins de ce siècle ignorant.

CHARTES DE TRADITION : elles ne doivent point être confondues avec les chartes de donation ; elles avaient lieu lorsque l'on mettait en possession du bien que l'on avait donné.

CHARTES DE CONFIRMATION: elles servaient à confirmer les donations faites précédemment, soit par le bienfaiteur lui-même, soit par ses successeurs.

CHARTES DE VENTE : elles portent ordinairement des titres analogues à leur contenu. Charta obno.riationis était une vente de soi-même ou de sa famille ; ce qui arrivait ou dans un temps de famine, ou pour satisfaire des créanciers,

ou pour solder une amende , ou pour restitution d'un bien · mal acquis.

CHARTES PRESTAIRES ET PRÉCAIRES. La charte prestaire était celle par laquelle une église ou un monastère abandonnait à un particulier l'usufruit de quelques terres , à certaines conditions , et la charte précaire était celle par laquelle on demandait ou on acceptait : ces deux chartes étaient fréquentes dans les 8e et ge siecles.

CHARTE D'OBLIGATION. La charte d'obligation et de caution obligeait à terme le débiteur devant le créancier.

CHARTES DE GARANTIE. Les charles d'engagement et de garantie contenaient ordinairement une cession de terre, jusqu'au remboursement de certaine somme.

CHARTËS D'HÉRITAGE : c'était celles que donnait un père en faveur de ses filles , qui , étant exclues par la loi salique de l'héritage de tout bien en franc-aleu , y étaient adinises par ces sortes de chartes : elles avaient aussi lieu pour tout enfant inhabile à succéder suivant les loix. L'acie de partage d'une succession s'appelait charta diyisionis.

CHARTE DE CITATION. Pour citer quelqu'un à un tribunal, on lui envoyait chartam audientialem,

CHARTE ANDELANE : elle s'appelait ainsi de deux mois allemands, parce qu'elle était mise de la main du donateur dans celle du donataire.

CHARTE DE DÉFI. Le cartel de défi ou manifeste cassait les engagemens contractés , et déclarait la guerre. On l'appelait littera differentiæ , plutôt que charta.

CHARTE NORMANDE : c'est le titre ou la loi qui contient les priviléges accordés aux normands par Louis X ou le Hutin , en 1315 (1).

Outre les chartes que nous venons de citer, on connaît encore la charte de paix entre Philippe-Auguste , l'évêque et le chapitre de Paris , donnée à Melun en 1222 ; la charte au roi Philippe, donnée par Philippe-Auguste en 1208 og 1209, pour régler les formalités nouvelles que l'on devait obseryer en Normandie, dans les contestations qui survepaient pour raison de patronages d'église, entre des patrons laïques et des patrons ecclésiastiques ; la charte à deux visages , qui est la même que la charte apennes dont nous avons parlé plus haut; la grande charte d'Angleterre , qui est une ancienne patente contenant les priviléges de la nation, accordée par le roi Henri III, la neuvième année de son règne, et confirmée par Edouard (er (2).

(1) Cette charte dont parle dom de Vaines , n'est que la seconde accordée par Louis X; elle contient 24 articles : la première était de 1314 , et ne contenait que 14 articles; la seconde a été confirmée par Philippe de Valois, en 1339 ; par Charles VI, en 1380 ; par Charles VII, en 1458; par Louis XI, en 1461 ; par Charles VIII, en 1485, et par Henri III, en

1979.

(2) Ce que l'on nomme aujourd'hui grande charte d'Angleterre, en est une nouvelle donnée par Henri III. Ce roi, après l'avoir enfreinte et confirmée plusieurs fois, jura , en présence de la noblesse et des évêques , qui tenaient chacun une bougie allumée, d'en observer le contenu avec une fidélité inviolable, en qualité d'homme, de chrétien, de soldat et de roi. Alors les évêques éteignirent leurs bougies, les jettèrent à terre

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