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première. Victor poursuivit sa marche sur Macerata. Le chef de brigade Marmont, le préceda dans la nuit du 9 au 10 février, avec un détachement de cavalerie, pour gagner Lorette avant qu'on enlevât le trésor que la superstition y avait amassé. On y trouva la valeur d'un million , outre les fameuses reliques qui y avaient attiré tant de richesses. Le 12 février, la colonne de Victor entra à Macerata ; elle remonta ensuite la vallée du Chienti sur Tolentino et Camerino, afin de franchirl'Apennin, et de se rabattre sur Foligno. Le 18, les Français étaient maîtres de toute la Romagne, du duché d'Urbin, de la Marche d'Ancône, de l'Ombrie et des petites provinces de Pérugia et de Camerino. Bonaparte à qui une excursion plus longue ne convenait pas dans cette conjoncture, profita d'une démarche du cardinal Mattei, dont il connaissait l'esprit conciliant, pour lui adresser d'Ancône une réponse · qui produisit un grand effet. D'ailleurs, la terreur était dans Rome : tous ceux qui avaient quelque chose à perdre ou à se reprocher, prenaient la route de Naples. Le sacré collége passa de la plus folle confiance à un excessif abattement, et pour sauver ce qui lui restait, Pie VI fit plus de sacrifices qu'on ne lui en avait d'abord demandé. Il écrivit, le 12 février, à Bonaparte, qu'il s'en rapportaità sa générosité, et députa à son quartier général, le duc de Braschi son neveu, le cardinal Mattei, intermédiaire des premières ouvertures pacifiques, le marquis Camillo-Massimo et le prélat Galeppi. La mission de ces plénipotentiaires fut bientôt remplie; il ne s'agissait plus de discuter un traité, mais bien de souscrire une capitulation. La paix fut donc signée à Tolentino, le 19 février. Quelques militaires ont témoigné leur étonnement de ce que Bonaparte n'ait pas profité de ses avantages pour renverser de suite cette puissance bizarre; mais il avait le coup d'œil trop juste, pour ne pas sentir tous les inconvénients d'une plus longue excursion. Il était impossible de se maintenir dans les États ecclésiastiques sans laisser une division à Rome, point trop éloigné du théâtre des prochaines opérations pour y conserver sans danger un fort détachement. Le but de l'exPédition était de neutraliser la mauvaise volonté

du saint siége ; or, il se trouva rempli par le

traité de Tolentino , sans aucun risque pour l'armée. D'ailleurs, n'était-il pas à craindre, en poussant jusqu'à Rome, de rallumer la haine mal éteinte de la cour de Naples ? La reine et Acton ne perdaient aucune occasion de susciter des ennemis à la France, et déjà le prince de Pignatelli Belmonte avait eu la mission d'interposer la médiation de la cour des Deux-Siciles, en faveur du saint-père, et ne dissimulait pas la possibilité d'une rupture. Mais, fier de ses derniers succès, plein de confiance dans les avantages que lui assuraient la chute de Mantoue et les renforts qu'il attendait de l'intérieur, le général en chef lui répondit avec cet air de supériorité qui le caractérisait : « Si je

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tisfactions possibles. » · Bien que le prince de Belmonte n'insistât pas sérieusement sur une menace faite, disait-il, en confidence, le général en chef avait assez d'autres motifs pour se contenter d'un traité, où il trouvait à la fois les plus grands avantages politiques et militaires.

Le pape s'obligea à renoncer à toute alliance avec les puissances en guerre avec la France, à leur fermer ses ports, et à licencier ses nouvelles levées; il céda Avignon et le comtat Venaissin, renonça aux légations de Bologne et de Ferrare, ainsi qu'à la Romagne, et consentit à l'occupation d'Ancône jusqu'à la paix générale. Il s'obligea en outre à payer de suite 30 millions, au lieu de 16 dus sur les sommes imposées par l'armistice; à désavouer solenellement le meurtre de Basseville, et à payer 300,000 francs à titre de dédommagement, aux victimes de cet attentat. Ainsi , il lui en coûta 14 millions de plus, et la perte d'une belle province, pour n'avoir su faire à temps, ni la paix , ni la guerre.

Indépendamment de ces sacrifices déjà si pénibles, il fallut encore consentir à livrer tous les objets d'arts mentionnés dans une note annexée au traité. On voit qu'au milieu de ses travaux guerriers, le général français, d'accord en ce point avec Carnot, n'oubliait rien de ce qui pouvait perpétuer le souvenir de ses conquêtes. Rome, devenue la capitale du monde , avait enlevé à la Grèce les chefs-d'œuvre des arts. L'Italie où toutes les lumières s'étaient réfugiées au moyen âge augmenta ces richesses, des ouvrages des grands maîtres que la vue de ces modèles enfanta. Ces monuments étaient tout ce qui lui restait de sa grandeur passée; et Bonaparte, croyant avoir les mêmes droits que les conquérants romains , pensa qu'un des plus beaux résultats de ses victoires , serait de transporter en France ces objets si précieux, gages incontestables de la supériorité morale des nations, ou de leur empire politique. Rome, Milan, Bologne, Modène, Parme, Plaisance, furent donc également obligées par les traités , à remettre aux Français les statues et les tableaux les plus précieux. Je ne chercherai point à justifier cette spoliation, d'ailleurs autorisée par le droit de conquête; les trophées qui en provinrent ne décorèrent pas longtemps la France; mais si sa capitale méritait mieux que Rome dégénérée de servir de sanctuaire aux beaux-arts, il est permis de regretter que tant de chefs-d'œuvre réunis par 15 ans de victoires , en aient été enlevés en un seul jour. Le traité de Tolentino termina une campagne justement célèbre, dans laquelle une poignée de braves fit changer la face de l'Italie, et ébranla jusque dans ses fondements la première monarchie de l'Europe. On trouve les causes premières de ces exploits dans une constante application des principes; dans une habilemulpliéation des masses agissantes; dans leur direction permanente vers les points décisifs ; et dans l'art avec lequel Bonaparte conduisit les hommes , et sut stimuler en eux la valeur par l'exaltation du moral. En méditant sur chacune des périodes de cette campagne, pourrait-on méconnaître l'habileté des combinaisons qui lui procurèrent la victoire à Montenotte; la sagacité qu'il

montra dans ses négociations avec la cour de Tu

rin; le coup d'œil rapide qui sauva son armée à Lonato et à Castiglione; l'impétuosité avec laquelle il accabla Wurmser à Bassano ; enfin l'audace et le sang-froid avec lesquels il combattit à Rivoli ? Pourquoi l'ambition et la flatterie vinrent-elles ternir de si beaux exploits ! pourquoi l'orgueil et l'adulation firent-ils oublier à un si grand homme ce qu'il devait à sa propre gloire, à la France et à l'humanité ? Nous ne reviendrons pas sur les fautes échappées à ses adversaires, déjà remarquées dans le cours de la relation ; elles procèdent toutes de l'oubli des principes fondamentaux de l'art de la guerre. On aurait tort d'imputer les revers des armées impériales au manque de bravoure des troupes autrichiennes : généraux, officiers et soldats, firent leur devoir dans toutes les occasions; ils auraient conservé l'Italie , si ces efforts eussent été mieux dirigés. Quoi qu'il en soit, cette campagne commencée avec si peu de moyens, amena la dissolution de l'alliance entre l'Autriche, la Sardaigne, Naples et le pape, assura le conquête de l'Italie septentrionale, et procura à l'armée française le Mincio pour base d'opérations. Elle fut, sous le rapport de l'art militaire, la plus remarquable de cette première guerre. C'est de cette époque que date, en effet, le grand développement de la stratégie, dont Gustave-Adolphe, Turenne, Marlborough et Frédéric, posèrent les premiers principes, mais dont Bonaparte et l'archiduc Charles étendirent les combinaisons, en prouvant sa supériorité sur la tactique. Dès lors, cette science a fait de grands progrès : toutes les armées européennes en ont fait successivement l'application pour leur intérêt et pour leur gloire, particulièrement l'armée russe dans ses mouvements sur Smolensk et Kaluga en 1812 et les armées alliées dans leur mouvement sur Dresde et Leipzig en 1813. La guerre d'invasion naquit de ce perfectionnement dans la mobilité des masses ; les barrières élevées à grands frais entre les nations, ont disparu devant des armées nombreuses, qu'une impulsion violente et toujours soutenue, avait accoutumées à la victoire. Cependant, la décadence est voisine de la perfection : à la guerre d'invasion entre puissances

limitrophes, succédèrent bientôt ces excursions | cert d'intérêts entre les peuples. Bonaparte fut le lointaines et gigantesques, qui ne pouvaient réussir | premier atteint de cette fureur envahissante , qu'avec les soldats d'Alexandre contre les bandes comme pour confondre la foule d'admirateurs que de Darius, et au temps où la politique bornée des | les hauts faits de ses premières campagnes lui gouvernements asiatiques n'établissait aucun con- | avaient si justement acquis.

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voyer un ou plusieurs commissaires à l'effet de s'assurer si, conformément aux articles précédents, la puissance requise s'est mise en état d'entrer en campagne au jour fixé, avec les forces de terre et de mer qui y sont stipulées.

ARTICLE VII.

Ces secours seront entièrement remis à la disposition de la puissance requérante, qui pourra les laisser dans les ports ou sur le territoire de la puissance requise, ou les employer aux expéditions

qu'elle jugerait à propos d'entreprendre, sans être

tenue de rendre compte des motifs qui l'auraient déterminée.

ARTICLE VIII.

La demande que fera l'une des puissances, des secours stipulés par les articles précédents, suffira pour prouver le besoin qu'elle en a, et imposer à l'autre puissance l'obligation de les disposer, sans qu'il soit nécessaire d'entrer dans aucune discussion relative à la question si la guerre qu'elle se propose est offensive ou défensive, ou sans qu'on puisse demander aucune explication quelconque qui tendrait à éluder le plus prompt et le plus exact accomplissement de ce qui est stipulé.

ARTICLE IX.

Les troupes et navires demandés resteront à la disposition de la puissance requérante, pendant toute la durée de l'année,'sans que, dans aucun cas, ils puissent être à sa charge. La puissance requise les entretiendra partout où son allié les fera agir, comme si elle les employait directement pour ellemême. Il est seulement convenu que, pendant tout le temps que lesdites troupes ou navires séjourneront sur son territoire ou dans ses ports, elle leur fournira de ses magasins ou arsenaux tout ce qui leur sera nécessaire, de la même manière et au

même prix qu'à ses propres troupes ou navires. ARTICLE X .

La puissance requise remplacera sur-le-champ les navires de son contingent qui se perdraient

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Dans le cas où les motifs d'hostilité portant préjudice aux deux parties, elles viendraient à déclarer la guerre d'un commun accord à une ou plusieurs puissances, les limitations établies dans les articles précédents, cesseront d'avoir lieu : et les deux puissances contractantes seront tenues de faire agir, contre l'ennemi commun, la totalité de leurs forces de terre et de mer ; de concerter leurs plans pour les diriger vers les points les plus convenables, ou séparément ou en les réunissant. Elles s'obligent également, dans les cas désignés au présent article, à ne traiter de la paix que d'un commun accord, et de manière que chacune d'elles obtienne la satisfaction qui lui sera due.

ARTICLE XIV.

Dans le cas où l'une des puissances n'agirait que comme auxiliaire, la puissance qui se trouvera seule attaquée pourra traiter de la paix séparément, mais de manière à ce qu'il ne résulte aucun préjudice contre la puissance auxiliaire, et qu'elle tourne même autant qu'il sera possible à son avantage direct. A cet effet, il sera donné connaissance

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