Pagina-afbeeldingen
PDF

Ainsi qu'on l'avait prévu, Wurmser exécuta une sortie le 16 janvier, à six heures du matin. Une colonne assez forte, tenta de s'emparer de la Favorite et de Saint-Antoine. Ce dernier poste fut d'abord enlevé; mais Bonaparte y ayant envoyé un renfort de deux bataillons, l'ennemi ne put pénétrer plus loin ; et abordé en même temps par Serrurier et un détachement de Victor du côté de la Favorite, il se décida à rentrer dans la place (1). Sur ces entrefaites, le reste des troupes de Victor réuni à celles de Dugua, et favorisé par la marche de Guyeux et de Bon, tenait en échec la colonne de Provera, et l'empêchait de se lier à Wurmser.A dix heures du matin, le général autrichien, menacé de tous côtés , semblait n'avoir aucune chance de salut, quand, pour surcroît d'embarras, Miollis fit une sortie de Saint-Georges sur son flanc gauche. en même temps que Victor l'arrêtait en tête; que les 32 et 75° l'abordaient au pas de charge du côté de Castelletto ; et que, pour rendre sa perte certaine, Lannes, débouchant sur ses derrières, le pressait en queue.

Provera, entouré par tant de colonnes, abandonné par Wurmser, privé de son pont sur l'Adige, et harcelé par la division Augereau qui débouchait par la route de Castellaro, fut réduit à capituler et à se rendre prisonnier avec les 6,000 hommes qui lui restaient. C'était pour la seconde fois de cette campagne, que ce général, plus brave qu'heureux, se voyait forcé à mettre bas les armes avec un corps considérable.

Ainsi, dans trois jours, Bonaparte, par un habile emploi de sa plus forte masse, battit alternativement les colonnes autrichiennes, fit à Alvinzy environ 18,000 prisonniers, lui prit toute son arlillerie, le rejeta dans les montagnes, et par cette nouvelle défaite, le mit hors d'état de tenir la cam

pagne.

(1) Une relation affirme que Provera accablé se rendit avant la rentrée de Wurmser; celle d'un officier autrichien qui nous sert de guide, dit au contraire, que Pro vera ne se rendit qu'après ; ce qui nous paraît assez probable.

(2) Ce chapitre a été rédigé en 181 1 : on ne se doutait guère alors de la terrible application que ces vérités devaient recevoir peu de temps après. Un colosse que la campagne de Russie n'avait fait qu'ébranler, que les

La précision des mouvements, l'activité des troupes, sont aussi dignes d'éloges que les dispositions de leur général ; plusieurs brigades françaises surpassèrent dans cette occasion, la rapidité tant vantée des légions de César; aucune ne leur céda en bravonre.

Ces glorieux succès causèrent d'autant plus de joie à Paris, que les journées d'Arcole et la retraite des armées d'Allemagne y avaient semé l'alarme. L'allégresse fut générale parmi les bons Français; mais, il faut l'avouer, cette nouvelle trouva beaucoup d'incrédules, et il fallut plus d'un certificat des autorités de Milan, constatant le nombre de prisonniers qui y passèrent, pour que la multitude crut à de si beaux résultats.

[ocr errors][merged small][merged small]

Une bataille décide souvent du succès d'une campagne, quelquefois même du sort d'un empire, tandis qu'en d'autres circonstances, les plus beaux faits d'armes, les victoires les plus glorieuses n'imposent aux vainqueurs que la nécessité de combattre de nouveau. Les forces des deux partis, leur position plus ou moins rapprochée de leur centre de puissance, la nature de leur ligne d'opérations et de leurs ressources secondaires , enfin l'esprit et la puissance relative des peuples influent plus ou moins sur les résultats d'un succès. Ces vérités furent complétement démontrées par les événements mémorables dont les bords de l'Adige étaient témoins depuis six mois (2).

désastres de la Katzbach, de Dennevitz et de Leipzig, n'avaient pu abattre, s'est écroulé à mont Saint Jean, contre l'attente même des vainqueurs. Cette bataille qui termina la guerre, ressemble d'une manière frappante à celle de Zama, tant par ses dispositions que par ses résultats. Le redontable Annibal , qui avait parcouru en vainqueur l'Espagne, la Gaule méridionale et l'Italie, qui fut sur le point de prendre Rome, et lutta ensuite plusieurs années à ses portes, vit anéantir en un seul jour, sous les

Bonaparte, en entrant en Italie à la tête de 40,000 hommes, avait à combattre, il est vrai, une armée supérieure à la sienne, mais formée des troupes de trois puissances, dont les intérêts n'étaient pas les mêmes. Le succès de l'invasion de ces belles contrées était donc assuré s'il parvenait à séparer la cause des Italiens de celle des Autrichiens, et nous avons vu au chap. LVI par quels moyens il y réussit, en dictant la paix au Piémont. Quel que fût l'éclat de ce début, la querelle était cependant bien loin d'être décidée; et l'armée française, arrivée sur les bords du Mincio, vit naître et se multiplier les obstacles sur ses pas. Jusqu'alors l'Autriche n'avait joué en Italie qu'un rôle secondaire ; elle devint partie principale : menacée dans ses possessions, il était probable qu'elle emploierait ses immenses ressources pour ressaisir la supériorité sur ce point important ; la force impulsive semblait désormais n'être plus en proportion avec la masse de résistance qui allait lui être opposée, et qui devait prendre à son tour les avantages de l'initiative. Aussi, fallut-il toute la fermeté de caractère et les talents militaires de Bonaparte, pour que Wurmser ne ramenât pas l'armée d'Italie sur l'Apennin.

Les victoires de Castiglione ne suspendirent qu'un instant la lutte. Si Wurmser les avait remportées, elles eussent été décisives : l'armée française se serait retirée dans les Alpes : Bonaparte ne fit, au contraire, que détourner un instant le torrent qui le menaçait.

Les succès plus éclatants de Roveredo et de Bassano, portèrent un coup sensible à la maison d'Autriche, en mettant hors de combat l'élite de ses troupes. Néanmoins, on n'abattit qu'une tête de l'hydre ; l'armée française affaiblie par ses propres succès, ne sortit point de sa situation précaire; car les renforts jetés dans Mantoue, ou envoyés à l'armée du Tyrol, mirent les Autrichiens en état de prolonger la lutte. La bataille d'Arcole fut donc le choc d'une armée harassée, contre une masse, divisée, à la vérité, mais qui ne lui était pas moins supérieure; la victoire la plus complète

murs de Carthage, au centre même de sa puissance, tout le fruit de ses travaux, et jusqu'à l'existence de sa pa

trie.Tant il est vrai que les causes générales décident du |

ne pouvait, dans cette circonstance, qu'augmenter la gloire de Bonaparte, sans amener de résultat. Enfin, lorsque la famine marqua la chute prochaine de Mantoue, et que l'Autriche eut épuisé ses ressources régulières, les chances devinrent plus égales, et la bataille de Rivoli devait être décisive, quand bien même elle n'eût pas fourni des trophées aussi glorieux à l'armée française. En effet, un demi-succès dans cette journée aurait plus sûrement amené la reddition de Mantoue, que des victoires complètes quatre mois auparavant. Mais l'armée d'Alvinzy ayant été frappée d'un véritable coup de foudre, la moitié étant prise, le reste dispersé, rien ne paraissait désormais disputer la possession de l'Italie au vainqueur; et il devait être bientôt à même de pousser plus loin ses conquêtes. En attendant la capitulation de Mantoue qui allait être incessamment le fruit de cette victoire, Bonaparte avait résolu de profiter de ses succès pour terminer ses différends avec la cour de Rome, afin de n'être contrarié par aucune considération accessoire dans la marche qu'il projetait jusqu'au cœur des États héréditaires de l'Autriche. Il eût été sans doute bien important de la commencer aussitôt après la bataille de Rivoli, afin de ne pas laisser à l'ennemi le temps de se remettre; mais en se retraçant la situation des affaires, on se convaincra qu'il y avait impossibilité absolue. Les batailles de Rivoli et de la Favorite, furent gagnées les 14 et 15 janvier; Mantoue, dont le blocus n'employait pas moins de 10,000 hommes, tint jusqu'au 2 février ; l'effectif de l'armée d'observation, seule disponible, ne s'élevait à cette époque qu'à 27 ou 28,000 combattants ; cette poignée de braves n'aurait-elle donc pas été aventurée en traversant le Tyrol et la Carinthie, laissant derrière elle le corps de Wurmser, et le midi de l'Italie sourdement agité par les émissaires de l'Autriche ? Cette entreprise eût été d'autant plus téméraire, qu'alors Kehl tombait sous les coups de l'archiduc Charles, et que les armées du Rhin, retenues sur

destin des empires, ct donnent aux victoires des résultats plus ou moins importants.

la rive gauche de ce fleuve par des motifs indépendants de la volonté de Bonaparte, auraient laissé la faible armée d'Italie lutter seule contre la majeure partie des forces de la monarchie autrichienne. Plusieurs motifs se réunissaient, au contraire, pour faire différer l'invasion : d'abord Mantoue ne pouvait tenir longtemps, ensuite les divisions Bernadotte et Delmas étaient en marche pour renforcer l'armée : il convenait donc d'attendre qu'elles fussent arrivées et que le corps de blocus fût disponible pour entreprendre cette opération avec des moyens capables d'en garantir le succès. Lorsque Wurmser eut capitulé, l'amélioration des affaires ne fut pas assez sensible pour changer de système ; les troupes aux ordres des généraux Victor et Lannes, se trouvaient alors engagées dans l'expédition contre le pape ; celles qu'on attendait du Rhin n'étaient pas encore arrivées ; une forte garnison devenait nécessaire dans Mantoue, et l'armée n'aurait pas eu au delà de 30 à 32,000 combattants : je le demande, eût-il été prudent de s'avancer dans les États héréditaires d'Autriche avec si peu de monde, lorsque bientôt après, l'armée devait être portée au double ? Quoiqu'il en soit, Bonaparte, après la bataille de Rivoli, arrêta les dispositions qui devaient terminer la campagne. Les divisions furent envoyées à la poursuite des débris d'Alvinzy, qui s'étaient retirés excentriquement sur la Brenta d'un côté, et sur Roveredo de l'autre. Le général Laudon avait pris poste avec 8,000 hommes, la plupart de milices tyroliennes, aux environs de cette ville, pour disputer aussi longtemps que possible l'entrée de la vallée de l'Adige. Bayalitsch avec les brigades Mitrousky et Koblos, avait ordre de défendre Bassano, afin de donner le temps à Alvinzy de rallier ses troupes dans la vallée de Trente, et de gagner la Piave, derrière laquelle il espérait se maintenir jusqu'au printemps : la vivacité avec laquelle les Français le poursuivirent, empêcha d'exécuter ces dispositions. Joubert, avec la gauche, suivit le corps de Laudon ; Masséna se dirigea au centre sur Vicence ; la division Augereau se porta à droite sur Padoue. Cette dernière, informée du mouvement de Bayalitsch sur Bassano, passa la Brenta, et se rabattit ToME III.

ensuite par sa gauche sur Citadella, dont elle expulsa les postes avancés. Masséna de son côté, marcha, le 24 janvier, de Vicence sur Bassano, où l'ennemi semblait vouloir se défendre; l'avant-garde d'Augereau s'engagea avec les postes des Impériaux, tandis que Masséna fit attaquer par ses éclaireurs les retranchements qui couvraient le chemin et le pont de Bassano. La chute du jour ayant obligé de remettre l'attaque au lendemain, les Autrichiens évacuèrent Bassano pendant la nuit, et se retirèrent par les deux rives de la Brenta sur Carpenedolo et Crespo. Dès que Masséna en fut instruit, le 26 au matin, il ordonna à Menard de longer la droite par Vastagna avec la 25° de ligne, pour s'emparer du pont de Carpenedolo, pendant qu'un bataillon de la 32° s'y rendrait par la rive gauche. Les Impériaux qui n'étaient pas en assez grand nombre pour résister à cette double attaque, tout déconcertés de se voir menacés à la fois des deux côtés de la Brenta,furent mis en déroute et laissèrent 7 à 800 prisonniers ou blessés sur le champ de bataille. Pendant que la droite et le centre de l'armée d'observation chassaient ainsi les arrière-gardes d'Alvinzy, Joubert, avec la gauche, n'avait pas eu moins de succès dans la vallée de l'Adige; malgré les obstacles que cette division devait rencontrer dans les gorges du Tyrol, elle se mit en marche pour passer Laudon au delà du Lawis, afin de se lier avec Masséna par les gorges de la Brenta et de couvrir le blocus de Mantoue, en s'établissant dans les positions que l'armée occupait avant la bataille d'Arcole. On rencontra, le 27 janvier, l'Arrière-garde autrichienne près d'Avio, et on lui fit des prisonniers. Laudon se replia sur Mori à la suite de cet engagement, appuya sa gauche à l'Adige, et jeta ses flanqueurs à droite sur Torbole au nord du lac de Garda. Malgré le mauvais temps, le lendemain28janvier, Joubert fit attaquer la position des Autrichiens;Vial, à la tête des 4° et 17° légères, parvint, à la suite d'une marche des plus rudes, à tourner l'ennemi et le força à la retraite après lui avoir fait 400 prisonniers. Roveredo ouvrit alors ses portes aux républicains. Laudon disputa le terrain avec moins de ténacité qu'on ne devait s'y attendre : il s'arrêta peu au défilé de Calliano dont nous avons déjà fait mention.

12

Toutefois, comme Joubert ignorait son intention, il ordonna à la brigade Belliard de s'élever sur la gauche de l'ennemi , tandis que Vial, continuant à marcher sur la rive droite de l'Adige , refoulait les Autrichiens à Trente, et les forçait à l'évacuer, sans avoir le temps d'en retirer un grand nombre de blessés et de malades. Cependant, pour assurer la possession des gorges de la Brenta, il ne fallait pas s'en tenir là : la ligne du Lawis était indispensable aussi bien que le point important de Segonzano; en conséquence, Jouberty fit marcher sa division le 2 février ; Vial, à la tête de son infanterie légère, attaqua les hauteurs qui dominent le village à droite; soutenu par la 14° de ligne, l'ennemi fut forcé à la retraite; on le poursuivit jusqu'à SaintMichel, et on lui fit grand nombre de prisonniers. Sur ces entrefaites, Masséna avait aussi terminé son mouvement. Comme la position de Bassano n'est tenable qu'autant que l'on est maître des gorges de la Brenta, il porta une brigade sur le château de la Scala et les hauteurs de Primolano qu'occupaient encore les Autrichiens : ceux-ci n'attendirent point l'attaque et se retirèrent au delà de Prado, laissant au pouvoir des Français partie de leurs bagages. Alors la vallée de Sugana fut libre, et la jonction de la division Joubert assurée. A l'extrême droite, l'avant-garde d'Augereau avait occupé Trévise après un léger engagement de cavalerie. La vigueur que les Français mirent dans ces opérations dérouta entièrement le général Alvinzy qui s'était flatté, comme nous l'avons dit, de couvrir les avenues de Trente et de se jeter avec le reste de ses forces sur Bassano pour y rallier sa gauche dont il n'avait pas de nouvelles; mais Laudon serré de près ne put même défendre Calliano comme il l'eût désiré, et Bayalitsch s'étant retiré à Conegliano sans égard aux ordres reçus, Alvinzy, arrivé à Trente, fut obligé de défiler par la vallée de la Drave jusqu'à Willach pour aller rejoindre ensuite sa gauche sur les bords du Tagliamento. L'armée républicaine attendit, dans les nouvelles positions d'observation que nous venons d'indiquer, la chute de Mantoue et les renforts qui devaient la mettre bientôt en état de cueillir de nouveaux lauriers. Pendant que le gros de l'armée manœuvrait avec

tant de succès sur l'Adige et la Brenta, Bonaparte préparait une expédition contre Rome. Déjà la division Victor était arrivée à Bologne, aux portes de la Romagne, où elle devait être suivie par la réserve de grenadiers, lorsqu'on apprit la capitulation de Mantoue. Ce dernier boulevard de l'Italie tomba après six mois d'une résistance qui fit honneur aux troupes autrichiennes. La garnison avait alors la moitié de son monde aux hôpitaux ; elle avait mangé tous les chevaux de sa nombreuse cavalerie; la misère et la mortalité y exerçaient les plus grands ravages, et il était impossible qu'elle se maintînt plus longtemps. La capitulation, en donnant un témoignage d'estime à Wurmser, ajouta un nouveau lustre à la gloire de son vainqueur. Le maréchal sortit librement de la place avec tout son état-major; on lui accorda même une escorte de 200 cavaliers, 500 hommes à son choix et 6 pièces de canon ; mais la garnison déposa les armes, et fut conduite à Trieste pour être échangée : on l'estimait encore à 13,000 hommes. Cette conquête rendit à l'armée d'Italie l'équipage de siége qu'elle avait abandonné avant la bataille de Castiglione, et lui procura, outre l'artillerie de la place, toutes les pièces de campagne du corps d'armée de Wurmser, ce qui formait plus de 500 bouches à feu. Elle recueillit encore un équipage de pont, et 50 à 60 drapeaux ou étendards, qu'Augereau fut chargé d'aller présenter au Directoire. La reddition de Mantoue accéléra l'expédition projetée contre Rome. Bonaparte la dirigea de Bologne où sa présence doublait l'effet qu'elle devait produire sur tout le reste de l'Italie. Nous avons vu, au chapitre LXV, dans quel égarement le saint-siége était tombé par les faux calculs de sa politique et la faiblesse de ses résolutions. La lutte d'Arcole ranima ses espérances, et dès lors, rompant l'armistice conclu le 20 juin précédent, il crut pouvoir commencer impunément des hostilités. Un courrier du cabinet papal, tombé au pouvoir des Français, instruisit Bonaparte de ses desseins. Le nonce Albani était chargé de négocier une alliance avec la cour de Vienne ; et déjà le général Colli, passé comme on sait du service de Piémont à celui de l'Autriche, avait été

désigné pour commander les troupes pontificales augmentées par de nouvelles levées. Les secrets du saint-siége ayant été mis aujour, Bonaparte rappela l'envoyé de France à Rome, poussa , le 2 février, la division Victor dans Imola, et publia, de Bologne, le manifeste suivant : ARTIcLE I". Le pape a refusé formellement d'exécuter les articles vIII et Ix de l'armistice conclu le 20 juin à Bologne, sous la médiation de l'Espagne, et ratifié solennellement à Rome le 17 juin. II. La cour de Rome n'a cessé d'armer et d'exciter, par ses manifestes, les peuples à la croisade ; ses troupes se sont approchées de Bologne jusqu'à 10 milles et ont menacé d'envahir cette ville. III. La cour de Rome a entamé des négociations hostiles contre la France, avec le cabinet de Vienne, comme le prouvent les lettres du cardinal Busca et la mission du prélat Albani à Vienne. IV. Le pape a confié le commandement de ses troupes à des généraux et officiers autrichiens envoyés par la cour de Vienne. V. Le pape a refusé de répondre aux avances officielles faites par le citoyen Cacault, ministre de la république française, pour l'ouverture d'une négociation de paix. VI. Le traité d'armistice a donc été violé et enfreint par la cour de Rome. En conséquence, je déclare que l'armistice conclu le 20 juin, entre la république française et la cour de Rome, est rompu. Ce manifeste fut suivi de proclamations propres à rassurer le bas clergé et le peuple, en leur annonçant que l'intention du général en chef et du Directoire, était de faire respecter la religion, ses autels et ses ministres : elles promettaient en même temps protectionaux habitants qui resteraient specsateurs paisibles des événements militaires, et menaçaient de châtiments rigoureux ceux qui oseraient s'armer contre les troupes françaises. Cependant la division Victor s'était mise en marche d'Imola, pour franchir le Senio, derrière lequel 3 à 4,000 hommes de l'armée papale étaient retranchés. Par malheur le beau temps avait rendu cette rivière guéable. Le général Lasnes la fit passer à une partie de sa colonne, pour tourner l'ennemi,

tandis qu'il attaqua le pont de front, et que les grenadiers de la légion lombarde enlevaient les batteries. L'instant du choc fut celui de la déroute : les troupes du pape culbutées et poursuivies sur Faenza en fermèrent les portes dans l'intention de s'y défendre; quelques coups de canon suffirent pour les enfoncer, et la colonne républicaine pénétra dans la ville au pas de charge. Le chef de brigade Junot, à la tête du 7° de hussards, courut deux heuresentières après la cavalerie romaine sans pouvoir l'atteindre. Ce début valut aux Français quelques centaines de prisonniers, 14 pièces de canon et 8 drapeaux. Les troupes du pape laissèrent en outre 4 à 500 hommes sur le champ de bataille; de ce nombre furent plusieurs moines qui encourageaient, un crucifix à la main, les défenseurs du saint-siége. Convaincu que dans une expédition de cette espèce, la modération et la discipline produiraient autant d'effet que la terreur de ses armes, Bonaparte sauva Faenza du pillage, se fit amener environ 50 officiers prisonniers et les renvoya dans leurs foyers avec des paroles de paix. Il manda aussi les moines et les prêtres, les exhorta à ramener le calme, en chargea plusieurs d'aller préparer les esprits à Ravenne et à Césène, où l'armée française devait incessamment passer.Enfin, non content de rassurer les prêtres français réfugiés en assez grandnombre dans les États de l'Église,illes autorisa à conserver leur domicile dans l'arrondissement de l'armée; se flattant de les gagner par de bons traitements et d'en faire tôt ou tard les instruments de ses desseins. La marche de Victor n'éprouva aucun obstacle jusqu'à Ancône où il arriva le 9 février. Ici un corps d'environ 1,200 hommes avait pris position sur les hauteurs en avant de la place, s'y croyant sans doute à l'abri de toute attaque. Victor l'enveloppa et le força à mettre bas les armes : alors Ancône ouvrit ses portes. On y trouva plusieurs milliers de beaux fusils, envoyés par l'Autriche pour l'armement des milices, un arsenal bien approvisionné et 120 bouches à feu. Tandis que cette division pénétrait dans les États ecclésiastiques par la Romagne, une colonne mobile réunie à Tortone s'était dirigée par Sienne sur Foligno, où elle devait opérer sa jonction avec la

« VorigeDoorgaan »