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difficultés , que le Directoire prit le partit d'envoyer, le 16 novembre, le général Clarke à l'armée d'Italie, proposer un armistice à la faveur duquel il devait tâcher de pousser jusqu'à Vienne, pour traiter séparément de la paix avec l'Empereur. On se flattait en rendant à François II la Lombardie , et lui cédant quelques districts de l'Allemagne, d'obtenir de lui l'abandon des Pays-Bas (1). Dès lors, l'Angleterre n'aurait plus le moindre droit d'intervenir dans cette cession, et le chapitre des compensations devenait plus naturel et plus facile à arranger avec clle. Mais, en calculant de la sorte, le Directoire oubliait que Pitt voulait bien moins rendre la Belgique à l'Empereur, que la refuser à la France. Au reste, Clarke était à peine arrivé en Italie, que déjà l'ambassadeur anglais près la cour de Vienne proposait à Thugut, de confier à Malmesbury le soin de stipuler collectivement pour les deux puissances. Bien que ces insinuations ne fussent pas de nature à jaloux de sa dignité, elles lui firent néanmoins ju

plaire à un cabinet aussi

ger que l'Empereur traiterait plus avantageusement de concert avec ses alliés, qu'en ouvrant une négociation particulière. Aussi, se garda-t-il d'admettre le général républicain. Malmesbury, de son côté, n'en insista que plus vivement sur la restitution des Pays-Bas. Le terme moyen entre des prétentions aussi exagérées, était très-difficile à trouver ; et la négociation, entravée dès les premières conférences, ayant traîné quelques semaines, fut rompue par l'injonction faite, le 19 décembre, à Malmesbury de quitter Paris en 48 heures; cette manière d'agir en diplomatie, laissa l'Europe dans l'embarras de prononcer quel parti avait montré le moins de bonne foi. I'espoir que le Directoire fondait sur l'expédition d'Irlande, contribua à cette brusque notification, car Hoche eut l'ordre de mettre à la voile, bien avant que Malmesbury ne reçût celui de partir. Richery venait de relâcher à Rochefort, où il était observé; Villeneuve ne paraissait pas non plus ; et

l'armée expéditionnaire, ne comptant plus sur

(1) Les pièces de cette négociation offrent tant d'intérêt, que nous croyons devoir les joindre à la fin de ce Livre. (n°" 3 et 4.)

leur secours, se disposa à appareiller, le 14 décembre, sans égard à la saison avancée et aux inconvénients qui pouvaient en résulter, soit pour les troupes dans l'âpre climat de l'Irlande, soit pour les vaisseaux sur une côte inhospitalière et dénuée de mouillages. Elle se composait de 15 vaisseaux de ligne portant chacun 600 hommes; de 12 frégates et 6 corvettes portant chacune 250 hommes ; d'un vaisseau rasé avec 400; de 6 grands bâtiments chargés ensemble de 2,250 et de munitions; d'un navire-écurie pour 50 cavaliers ; enfin d'une frégate armée en flûte, renfermantles poudres. Le débarquement de ces 16,000hommes devait s'effectuer dans la baie de Bantry ; et les mesures les plus sages furent prises, pour indiquer les mouillages de l'escadre selon la direction des vents; on poussa la précaution jusqu'à assigner à chaque capitaine, par un ordre cacheté, la place destinée à son vaisseau dans les différents cas qui se présenteraient. On n'attendait plus que le signal de mettre à la voile, quand l'arrivée de Richery fit retarder le départ de deux jours, pour jeter un renfort de 1,200 hommes à bord des bâtiments capables de remettre de suite à la mer. Ce délai eut des suites fâcheuses, car le 16 décembre, au moment où la flotte débouchait par le passage du Raz, choisi par Morard pour mieux tromper les croisières ennemies, un vent précurseur de la tempête s'éleva. Toutefois, l'escadre républicaine, favorisée par une brume, trompa la vigilance de l'amiral Colpoys ; mais à peine futelle hors de la rade de Brest, que les vents contraires et quelques mal entendus dans les signaux la divisèrent en plusieurs parties. Un des bâtiments donnant sur un rocher, fut englouti ; et le 17, au matin, tout était dispersé. Le contre-amiral Bouvet parvint cependant à rallier 9 vaisseaux et 6 frégates, avec lesquels il se dirigea sur le cap Cléar. Le surlendemain, toute l'armée fut réunie, à l'exception d'un vaisseau et de 3 frégates, sur une desquelles l'amiral et Hoche étaient montés. Ainsi, privé de ses chefs, Bouvet cingla vers la baie de Bantry : plusieurs jours s'écoulèrent en manœuvres, dont la nécessité n'a pas encore été bien démontrée; on perdit un temps précieux ; les coups de vent revinrent, et l'escadre fut de nouveau séparée.

Le 24, le temps étant devenu plus calme, un conseil de guerre décida le débarquement. Huit vaisseaux et quelques bâtiments étaient encore dans la baie; on eût pu mettre à terre 6,000 hommes ; mais au moment où la descente allait s'effectuer, malgré l'obscurité, la mer devint si grosse et les vents si forts, que chaque navire obligé de songer à sa sûreté, gagna la haute mer. Découragé par tant d'obstacles et craignant de manquer de vivres, Bouvet se détermina à revirer vers les côtes de France. Il rentra,le 1"janvier 1797, à Brest, où il fut suivi par plusieurs autres capitaines. Les généraux en chef, qui montaient la frégate la Fraternité, entraînés d'abord loin des côtes de l'Irlande, chassés ensuite par une frégate anglaise à laquelle ils eurent le bonheur d'échapper, se dirigèrent enfin vers la baie de Bantry; mais Bouvet et l'escadre venaient d'en partir ; et deux bâtiments qu'on rencontra, annonçaient qu'il n'en restait plus un seul sur les côtes de l'Irlande. La frégate amirale, gagna l'ile de Rhé, où elle bébarqua Hoche et Morard de Galles à travers mille périls. Le capitaine Lacrosse, commandant les Droits de l'Homme, voyant l'opération, manquée alla croiser à l'embouchure du Shanon, qu'il n'abandonna qu'après avoir eu la certitude du retour de l'armée en France. Alors, seulement, il se mit en route pour Belle-Isle; mais attaqué par deux bâtiments anglais d'un échantillon supérieur, il manœuvra si habilement, qu'il réussit, après un combat sanglant, à leur échapper. Un d'eux fut si maltraité, qu'il échoua : son équipage fut fait prisonnier. Le vaisseau français, rasé de ses mâts, sans voilure, et criblé de coups de canon, se vit de même jeté à la côte, le 14 janvier, vis-à-vis Pluzence. C'est dans cette triste position, que des dangers d'une autre espèce devaient éprouver Lacrosse et son équipage. On voulut mettre les chaloupes à la mer; mais elles furent brisées par les vagues, et englouties avec 80 personnes. Un cutter ayant enfin abordé le bâtiment, en retira le reste des blessés et une centaine de soldats : mais avant de pouvoir revenir prendre le surplus de l'équipage, il s'écoula quatre jours, pendant lesquels 60 hommes périrent dans les convulsions du délire et du désespoir. Telle fut la fin d'une expédition qui, mieux

conduite, eût mis l'Angleterre dans un embarras réel, en allumant près d'elle un vaste foyer d'inSUlI'I'CCt10n. Bien que les troupes embarquées ne fussent pas assez nombreuses pour donner des inquiétudes sur une descente en Angleterre même, l'alarme se répandit sur toutes les côtes : les gouverneurs civils et militaires rassemblèrent les milices, ordonnèrent l'armement des batteries, et invitèrent les citoyens, par une proclamation , à tout évacuer dans l'intérieur, si les républicains parvenaient à effectuer leur débarquement : précautions superflues , mais dictées par la prudence; et qui donnèrent la mesure de la résistance à laquelle il fallait s'attendre, si jamais on formait une entreprise aussi difficile. Si les avis ont été partagés sur les chances de succès et le degré d'importance de l'expédition d'Irlande, on est assez d'accord qu'une diversion de cette nature occupant sérieusement l'Angleterre, l'eût empêchée de porter ses efforts dans les deux Indes. Beaucoup de militaires, convaincus qu'il s'agissait moins dejeter quelques divisions à terre, que de se maintenir à la longue dans une lutte corps à corps contre une nation pleine d'énergie et de patriotisme, pensent néanmoins qu'il n'y avait aucun espoir de réussir, tant qu'on ne se serait pas rendu maître de la mer; ils prétendent que la faible armée de Hoche, après avoir forcé le cabinet de Saint-James à recourir à des levées nationales, se trouvant consumée dans cent combats, eût été forcée de signer un traité d'évacuation ou de rembarquer ses débris. En admettant cette supposition comme la plus probable, il faut convenir alors qu'au lieu de retenir 25,000 hommes d'élite six mois en Bretagne et de les aventurer ensuite sur les côtes de l'Irlande, il eût été beaucoup plus sage d'en envoyer 5à 6,000 avec d'habiles chefs àTippoSaïb, et d'en porter 20,000 à Bonaparte, pour assurer la défaite de Wurmser et d'Alvinzy , sous les efforts desquels il était à la veille de succomber. Les éléments d'une insurrection irlandaise devant durer longtemps encore, rien n'empêchait le Directoire d'ajourner ses projets à l'époque opportune, où, délivré de la guerre continentale, il aurait pu tenter une expédition sans compromettre le succès

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Le refus de l'empereur d'Autriche de recevoir le général Clarke à Vienne, n'était pas d'un bon augure pour la paix. Toutefois, en lui envoyant le baron de Saint-Vincent, ce prince laissait encore percer l'envie d'écouter les propositions du Directoire, pour peu qu'elles fussent de nature à satisfaire l'ambition de son conseil.

L'entrevue de ces deux négociateurs eut lieu à Vicence, le 4 janvier, et ne donna aucun résultat, soit que la rupture des négociations avec l'Angleterre et les victoires de l'archiduc eussent relevé les espérances du cabinet de Vienne, soit que les points à discuter n'eussent point été prévus. La paix présentait trop d'articles litigieux, pour être définitivement traitée aux avant-postes ; et les conditions de l'armistice n'offraient pas moins de difficultés. Bonaparte fit sentir au négociateur français que tous les avantages seraient du côté des Autrichiens, si on leur permettait la moindre communication avec Mantoue, dont la famine assurait la prochaine reddition.Ceux-ci, au contraire, insistèrent pour que la garnison fût alimentée pendant la durée de la suspension d'armes. On ne put tomber d'accord. Saint-Vincent, négociateur sans pouvoirs, retourna donc à Vienne soumettre les propositions de la France : et son cabinet renvoya Clarke, pour la forme, au ministre impérial près la cour de Turin. Dès lors, il fallut songer, d'une part à se maintenir jusqu'à l'arrivée des renforts dans la position où l'on se trouvait ; et de l'autre,

à redoubler d'énergie et d'activité pour sauver Wurmser. Les tentatives réitérées de l'Autriche pour atteindre ce but, avaient été appuyées, comme on l'a vu, par des manœuvres diplomatiques tendant à exciter les gouvernements italiens dont les intérêts étaient menacés ; on ne négligea rien pour les déterminer à faire une levée de boucliers sur les derrières des Français. La cour de Rome était sur le point de se déclarer ouvertement, de rallier à sa cause toutes les haines individuelles, et d'allumer ainsi l'incendie mal éteint en Lombardie. D'un autre côté, Venise continuait des préparatifs, sur le but desquels il était difficile de se méprendre. Il ne s'agissait plus de défendre le territoire de la république, traversé en tous sens par les armées des deux partis, ce n'était pas non plus pour mettre à l'abri sa capitale, dont une nombreuse flottille pouvait interdire l'approche, bien mieux que des milices esclavones; et, puisque le sénat avait rejeté deux fois l'alliance de la France, quel eût été l'objet de ces armements sinon de se réunir à l'Autriche ? D'ailleurs, on venait d'ajouter au mécontentement des Vénitiens, en occupant par surprise le château de Bergame, sous prétexte qu'il couvrait le flanc gauche de la ligne d'opérations du côté des montagnes, et contenait les habitants mal disposés que le podestat Ottolini enrégimentait. L'alliance du nouveau roi de Sardaigne aurait peut-être servi de contre poids à Rome et à Venise ; mais l'obstination du Directoire qui refusait à Charles Émmanuel les concessions de territoire qu'il s'était montré disposé d'accorder à son père au mois d'avril (1), retarda longtemps la conclusion du traité négocié par Poussielgue. Ce changement de politique du gouvernement français parut d'autant plus déplacé, que les événements d'Allemagne ne l'autorisaient point; et que le défaut de prévoyance lui avait fait négliger de préparer les réserves nécessaires pour soutenir la marche offensive de ses armées. Celle d'Italie, surtout, qui, par sa position, le génie entreprenant

(1) Comparez les instructions au général en chef, pièces justificatives du livre X, dans le tome précédent, et celles au général Clarke, à la fin de ce Livre, n° 3.

de son chef et la nature même de ses premiers succès, était appelée à jouer un rôle principal, eût exigé des renforts considérables. Une armée de 40 à 50,000 hommes, quels que soient la valeur des troupes et les talents du général qui la commande, ne peut, dans le siècle actuel, espérer de faire de grandes choses, ni même de se maintenir longtemps, contre des armées plus nombreuses dont le recrutement s'opère avec une extrème rapidité. Si le Directoire eût bien entendu ses intérêts, il eût porté l'armée d'Italie à 70,000 combattants, et préparé, en seconde ligne, les moyens de remplacer ses pertes, en formant au pied des à 30,000 hommes. Il ne manquait pas de troupes dans l'intérieur; mais il voulut en même temps garder la Hollande, sur

Alpes une réserve de 25

veiller la Vendée, et profiter de l'occasion qui se présentait d'arracher l'Irlande aux Anglais ; entreprise dont le succès semblait douteux, malgré l'assistance des habitants du pays, faute des moyens maritimes pour alimenter l'armée en hommes, en armes et en munitions. Ainsi, l'armée d'Italie, abandonnée à elle-même, était réduite, après tant de succès, à conserver sa ligne défensive sur l'Adige. La victoire d'Arcole avait été achetée trop cher; puisque la supériorité de l'ennemi, et la nécessité où l'on se trouvait d'observer Mantoue pour ne pas laisser échapper Wurmser, ne permirent pas d'en recueillir les fruits. Cette bataille, loin d'améliorer la situation de Bonaparte, l'avait en quelque sorte empirée, en lui enlevant plus de monde qu'aux Autrichiens. A la vérité, les derniers bataillons de l'armée des Alpes, et quelques régiments venus de l'intérieur, effaçaient une partie des pertes : mais qu'étaient ces renforts, en comparaison de ceux que recevait journellement Alvinzy ? Jamais la monarchie autrichienne n'avait fait de plus grands efforts. Des milices hongroises remplacèrent à Vienne toutes les troupes réglées de la garnison qui partirent en poste pour l'Italie, suivies de près par un corps de volontaires formé dans la bourgeoisie de la capitale,

(1) Le désir de procurer des ressources à son armée, et plus encore, l'espoir d'obtenir des renforts du Directoire, lui avaient sans doute suggéré l'idée de cette expé. dition ; car, dès que le gouvernement l'eut approuvée, on le trouva peu disposé à y donner suite. Il mandait,

et par une foule de Croates et de Tyroliens. L'armée du Frioul, qui comptait déjà plus de 40,000 hommes, grossissait tous les jours. D'un moment à l'autre elle pouvait reprendre l'offensive. Il n'y avait donc pas de temps à perdre pour régler les affaires des nouvelles républiques, et imposer au pape avant la reprise des hostilités. Un congrès des députés de Modène, de Reggio, de Ferrare et de Bologne, avait été convoqué dans la dernière de ces villes, pour statuer sur la constitution et l'organisation du nouvel État cispadan. Les séances de ce congrès s'ouvrirent le 27 décembre : les opinions et les intérêts s'y heurtèrent avec violence dès les premiers jours. Le vœu sage formé par quelques députés pour la réunion des deux petites républiques, fut loin d'obtenir tous les suffrages : les mandataires de Bologne, et de Ferrare surtout, manifestèrent des vues opposées. Le général en chef eut beaucoup de peine à concilier les avis, et à décider une réunion indispensable. Cette opération politique n'était point encore terminée, qu'il assembla à Bologne une colonne mobile d'environ 4,000 hommes, tirés, tant du corps stationné en Lombardie, que des divisions actives. Il n'en fallait certes pas davantage pour contraindre le pape à la paix : mais cette fois, il en fut quitte pour la peur, car l'activité de l'Autriche suspendit de quelques jours l'expédition française. Le conseil aulique mit tant de diligence à recompléter l'armée d'Italie, qu'Alvinzy, bientôt en état de tenter un dernier effort en faveur de Mantoue, reprit sur ces entrefaites l'attitude offensive. Bonaparte, informé des mouvements qui s'opéraient sur la rive droite de l'Adige, quitta le congrès cispadan, et renonçant à ses projets sur Trieste (1), retourna en toute hâte à Vérone, afin d'être en mesure de profiter de la première faute qui échapperait à son adversaire. Le corps nombreux qui s'était jeté dans Mantoue, les obstacles qu'offrait le Tyrol, où il eût fallu s'engager, ne permettant pas d'attaquer les armées de secours et de les repousser au cœur de la monarchie autrichienne, il importait de laisser à l'ennemi le temps de dessiner ses projets, afin de rassembler ses forces et de le combattre avec avantage. Depuis la bataille d'Arcole, l'armée gardait à peu près les mêmes positions : 10,000 hommes formaient le blocus de Mantoue; et 30,000 étaient en observation. Si de légers changements avaient eu lieu dans l'intérieur des divisions, l'ensemble restait néanmoins le même, ainsi qu'on le voit par l'état de situation ci-joint. Les revers multipliés essuyés par Vaubois, déterminèrent Bonaparte à donner à sa division un chef plein de talents, d'énergie, et capable d'y ramener la confiance : ce général fut envoyé à Livourne ou dans le Tortonais, et remplacé par Joubert. Sa division, la plus nombreuse de l'armée, tenait toujours les postes intéressants de la Corona et de Rivoli : celle de Masséna, placée en seconde ligne à Vérone, se liait par sa gauche avec la précédente, et par sa droite à Augereau, qui surveillait Legnago et le bas Adige. Les avant-postes poussaient des partis sur Montebello et Vicence, pour surveiller les mouvements de l'ennemi. Le général Rey. récemment arrivé, commandait une petite réserve vers Dezenzano, éclairant la rive occidentale du lac de Garda,jusqu'à Salo. La division Serrurier bloquait Mantoue; enfin la brigade Victor, placée à Goïto, servait de soutien, au besoin, aux troupes de siége et à l'armée d'observation. Un camp retranché, établi à Castel-Novo, donnait à la gauche et au centre un refuge avantageux, dans le cas où l'ennemi eût débouché avec des forces supérieures par la vallée de l'Adige. D'après cette répartition des troupes françaises sur la ligne, il n'y avait qu'un moyen de délivrer Wurmser, et il ne se présenta pas à l'esprit d'Alvinzy, que la défaite de Wurmser et la sienne propre, jointes à l'envie de les réparer, ne purent ramener aux vrais principes. Loin donc de rassembler toutes ses forces pour passer l'Adige entre Vérone et Legnago et de marcher avec 40,000 hommes sur Mantoue, il résolut de s'avancer en personne avec le centre et la droite, entre l'Adige et le lac de Garda, afin d'occuper l'armée française vers Rivoli, tandis que le général Provera se porterait avec un

dès le mois de novembre, au Directoire, qu'il n'avait pu prévoir la rapidité avec laquelle l'Autriche organisait une quatrième armée, et qu'il fallait renoncer à marcher sur Trieste, aussi bien que sur Naples.

corps de 8 à 9,000 hommes, par Padoue et Legnago sur Mantoue. Ce projet avait, comme toutes les attaques multipliées, l'avantage d'inquiéter les républicains sur tous les points à la fois ; mais il présentait aussi les inconvénients inhérents à ce genre de tactique; et quoique Alvinzy n'eût négligé aucune des ruses susceptibles de donner le change à son adversaire, son plan paraissait mal calculé : 1° parce que l'attaque principale du gros de son armée était portée sur un point coupé de montagnes et de fortes positions, qui favorisaient la défensive des Français, avantages qu'ils n'auraient pas eu sur le bas Adige ; 2° parce que la marche de la division Provera exposait sans nécessité à mille dangers : en effet, si Alvinzy réussissait à battre les Français à Rivoli, Mantoue était sauvé sans cette diversion; s'il éprouvait, au contraire, un échec, Provéra était perdu sans retour, et sans que son mouvement eût la moindre influence pour le rétablissement des affaires; car, supposé même qu'il parvînt à percer, la défaite de l'armée ne le forçait pas moins à se renfermer dans la place.Ce calcul était facile à établir avant l'événement : le principe sur lequel il s'appuie est applicable à toutes les diversions formées par de faibles corps. L'armée autrichienne se mit en mouvement le 7 janvier. Le centre partit de Bassano, traversa le gorges de la Brenta, pour se réunir à la droite vers Roveredo; et descendre ensuite avec elle la vallée de l'Adige. La gauche aux ordres de Provera, partit de Padoue, et s'avança le 8 janvier sur la Fratta : son avant-garde aux ordres dn comte de Hohenzolern, eut vers Bevilaqua un petit engagement avec celle d'Augereau commandée par l'adjudant général Duphot. La bonne contenance de la 5° légère, et les mouvements trop lents et trop étendus des Autrichiens lui facilitèrent les moyens de se retirer par San-Zeno à Legnago, où elle n'arriva pas sans avoir éprouvé quelques pertes. Sa résistance, donna le temps à Augereau de se disposer à bien recevoir les Autrichiens sur la ligne de l'Adige, et à rassembler une bonne partie de ses troupes à Ronco, comme il en avait l'ordre. Bonaparte se trouvait encore, le 10 janvier à Bologne, lorsqu'il reçut la nouvelle de cette attaque, il dirigea sur-le-champ le général Lannes avec

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