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prince avait seulement témoigné qu'il n'y voulait point consentir. Ainsi le premier mouvement de l'armée française dut être de marcher sur Livourne et sur Florence; et si le Directoire (qui n'a su que depuis, avec certitude, combien le grand-duc, qui arme encore en secret, s'était rendu coupable), suspendit l'effet de sa résolution, c'est que, regardant la cour de Toscane comme moins immédiatement liée aux intérêts et aux entreprises de la cour de Naples qu'à ceux de la cour de Vienne, il hésitait encore à croire que celle-ci voulût obstinément rallumer la guerre. Mais bientôt un fait plus décisif encore que tous les précédents, ne put laisser aucun doute sur les dispositions de l'Autriche, et donna par conséquent la mesure de celles du grand-duc. Vingt-cinq mille Russes s'avançaient vers l'Allemagne ; ils devaient être suivis de plusieurs corps également nombreux. Le monarque de Russie avait proclamé dans toute l'Europe ses projets hostiles contre la république; et, tandis que ses flottes, obtenant de passer le détroit, entraient dans la Méditerranée pour y attaquer les possessions françaises, ses troupes cherchaient pareillement une issue sur le continent pour atteindre celles de larépublique ; et c'est au moment où l'Empereur se trouvait encore en état de paix, où l'Empire, neutralisé par un armistice spécial, touchait au terme de sa pacification, qu'un prince agresseur, que l'allié de Constantinople et de Londres, voulant unir ses efforts aux leurs, se présente sur les limites du territoire autrichien ; son armée y est reçue sans obstacle. Il devient évident qu'elle y était attendue. L'Empereur quitte sa capitale, va lui-même au-devant des Russes, accueille leurs clameurs, et s'associe à leurs projets, en les comblant de présents et d'égards. Frappé du scandale d'une telle conduite, instruit que les Russes vont passer du territoire autrichien sur celuimême de l'Empire, le Directoire exécutif, comprimant encore le premier élan de la

fierté nationale, se contente de demander à l'Empe

reur et à l'Empire des explications. L'Empereur se tait. Son plénipotentiaire voudrait nier qu'il ait reçu la note des ministres français ; la députation de l'Empire se réfère à la diète, et la diète ellemême se réfère à l'Empereur.

Cependant la marche des Russes continue ; ils ont traversé la Moravie, l'Autriche ; ils approchent de la Bavière; et les représentations amicales de la république n'ont pas été plus écoutées que l'intérêt même de l'Allemagne, qui répugne à cette invasion étrangère. Le moment était donc venu, où le Directoire exécutif n'était plus le maître de temporiser et de tenir un langage qui pouvait compromettre la dignité nationale et la sûreté de l'État. La république avait donné la paix aussitôt qu'on la lui avait demandée ; elle s'était épuisée en efforts pour maintenir ce qu'elle avait accordé, mais il fallait enfin qu'elle connût tous ses ennemis, et que ceux qui voulaient la guerre, fussent forcés de s'expliquer. Tels furent l'esprit et l'objet des deux notes remises le 31 janvier dernier au ministère autrichien à Rastadt et à la députation. Un délai fut fixé à Sa Majesté Impériale pour donner une réponse catégorique et satisfaisante ; faute de laquelle son silence ou son refus seraient regardés comme un acte hostile. Ce délai est expiré le 15 février, et aucune réponse n'est encore parvenue. Telle a été, citoyens représentants, la conduite de la cour de Vienne : c'est par une telle succession de faits que le traité de Campo-Formio, méconnu dès son principe, demeuré sans exécution de la part de l'Autriche dans plusieurs de ses parties principales, compromis et invalidé chaque jour par des préparatifs ou des actions hostiles, se trouve enfin sacrifié aujourd'hui à l'ambition du monarque russe et aux combinaisons perfides de l'Angleterre. C'est ainsi que l'Empereur, jeté peut-être hors de ses propres résolutions, compromet en même temps le sort de l'Empire, lui ravit le bénéfice d'une paix commencée, et livre de nouveau l'Allemagne à toutes les chances d'une guerre dans laquelle l'Empereur et l'Empire ne sont plus que les auxiliaires de la Russie. C'est ainsi que les déterminations de la cour de Vienne entraînant celles de la cour de Toscane, il n'est pas permis au Directoire exécutif de séparer l'une de l'autre. Forcé donc, aux termes de la déclaration qui a été faite à Rastadt, de regarder le silence de l'Empereur comme une mesure hostile ; instruit d'ailleurs que les troupes autrichiennes ont déjà fait en Bavière et vers la Souabe des mouvements agressifs, le Directoire exécutif, renonçant avec regret à l'espoir de maintenir la paix en Allemagne, mais toujours disposé à entendre les propositions convenables qui seraient faites pour une nouvelle et complète réconciliation, vous prévient, citoyens représentants, qu'il a déjà pris les mesures qu'il a cru nécessaires pour la défense de l'État, et vous propose de « déclarer la guerre à l'Empereur, roi » de Hongrie et de Bohême, et au grand-duc de » Toscane (1). » Signé, BARRAS, président ;

LAGARDE, secrétaire général.

N° 2 bis. Arrété du commissaire Rapinat, du 18 juin 1798.

Zurich (30 prairial an Iv).

1° Toutes les motions, tous décrets portés par le corps législatif, tous arrêtés pris par le directoire helvétique et les chambres administratives, qui contrarieront les mesures prises, soit par le commissaire du gouvernement près l'armée française en Helvétie, soit par le général en chef, ou en vertu de leurs ordres, sont déclarés nuls et de nul effet : il est, en conséquence, fait de très-expresses inhibitions à toutes les autorités constituées et à tous les habitants de l'Helvétie, d'exécuter lesdits décrets et arrêtés, et de faire mettre à exécution les arrêtés pris par le commissaire du gouvernement et le général en chef ;

2° Tous ceux qui, par des discours ou par des actions; tous fonctionnaires qui, par leurs décisions, tenteraient d'entraver les opérations du gouvernement français, ou les mesures prises par ses commissaires et le général en chef; enfin, tous gazetiers, journalistes, auteurs et rédacteurs de feuilles publiques, qui se permettraient d'écrire d'une manière à aigrir les habitants de l'Helvétie

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griefs et autres réclamations, qui tendraient à détruire l'ordre et la discipline, à soulever le peuple contre les Français, par la relation de faits quelconques, qui, s'ils sont de nature à être réprimés, doivent être portés devant le commissaire du gouvernement ou le général en chef, pour, par eux être ordonné ce qu'il appartiendra; tous ces individus, ainsi désignés, seront saisis et arrêtés sur-le-champ, jugés militairement comme perturbateurs de la tranquillité publique, et les presses et instruments d'imprimerie seront brisés ; 3° Il sera adressé, par chaque jour de distribution des feuilles publiques quelconques en Suisse, et par tous les imprimeurs, gazetiers ou rédacteurs de ces feuilles, un exemplaire au commissaire du gouvernement, et un autre au général en chef de l'armée française en Suisse, pour, par eux, être lesdites feuilles vérifiées et examinées, s'il n'y est rien rapporté ou relaté, qui soit en contravention avec l'article précédent. Le prix de l'abonnement en sera acquitté par trimestre, à l'instar de tous les autres citoyens. Les imprimeurs, gazetiers ou rédacteurs de ces feuilles sont tenus de se conformer strictement à cette disposition. Le présent arrêté, qui sera imprimé en forme de placard dans les deux langues, au nombre de 2,000 exemplaires, publié et affiché dans toutes les communes du territoire suisse, sera adressé officiellement aux deux conseils du corps législatif et au directoire helvétique, ainsi qu'à toutes les chambres administratives, pour recevoir sa pleine et entière exécution. Les frais d'impression seront payés sur les contributions, d'après les mandats délivrés par le commissaire-ordonnateur en chef.

No 3.

Dépêches du maréchal Suwarow aux généraux Kray et Bellegarde, à l'epoque de la bataille de la Trebbia.

Turin, 10 juin.

Au général Kray :

« D'après les nouvelles que j'ai reçues et que

» j'envoie ci -jointes à Votre Excellence, vous

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