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» cune des maladeries de ces diz chasteaus 10 livres » (3125). »

Les lettres de sauvegarde accordées par Blanche à l'hôpital de La Barre (864), par Thibaut IV à l'Hôtel-Dieu de Provins (1746, 2636), par Thibaut V à l'hôpital Saint-Nicolas de Bar-sur-Aube (3143) et à l'Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes (3430), témoignent de l'intérêt tout particulier que nos comtes prenaient aux affaires des établissements hospitaliers.

Mais aussi ces princes considéraient comme leurs biens propres ceux de ces établissements dont ils étaient fondateurs, et, en conséquence, ils en disposaient. Ce fut ainsi que l'Hôtel-Dieu de Donnement fut réuni à l'Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes (440), l'hôpital Saint-Abraham de Troyes confié à l'abbaye de Saint-Martin-ès-Aires de la même ville (534), l'Hôtel-Dieu de Meaux donné aux Trinitaires (2680), la léproserie de la même ville au Val-des-Ecoliers (3277). Toutefois, si l'on en juge par ce qui se passa pour l'Hôtel-Dieu de Donnement et à la léproserie de Meaux, nos comtes ne prenaient pas sur eux d'ordonner une mesure aussi grave sans avoir l'assentiment de l'évêque (a). Dans certains cas, celte mesure avait seulement pour objet d'établir entre l'établissement qu'elle atteignait et un autre établissement un rapport de subordination. C'est, par exemple, ce qui paraît avoir eu lieu à Donnement. Ailleurs ceux en faveur de qui nos comtes disposaient d'un établissement en devenaient complètement proprié

(o) Guignard, Les anciens statuts de l'Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes, p. 95; Catalogue, 2680.

taires et substituaient leurs religieux à ceux qui l'occupaient antérieurement ; c'est ce que les moines du Val-des-Ecoliers semblent avoir fait à la léproserie de Meaux.

Les transformations d'hôpitaux en abbayes se sont certainement opérées aussi la plupart du temps par l'expulsion des religieux qui occupaient les hôpitaux. On ne peut le contester pour l'hôpital SaintNicolas de Bar-sur-Aube. 11 appartenait à une communauté d'hommes, et, par une donation de Thibaut IV à la prieure du Meix, près Allibaudière (2523), il devint une abbaye de femmes de l'ordre de Saint-Augustin. Cette réforme fut approuvée par l'évêque, par le pape; et le maître de l'hôpital de Bar-sur-Aube, après avoir protesté contre sa dépossession, se désista moyennant indemnité (a).

Les religieux ou les religieuses qui desservaient l'hôpital Saint-Jacques de Vitry avaient de même dû se retirer quelques années auparavant et avaient été remplacés par une colonie de religieuses cisterciennes, filiation de Clairvaux (6).

Mais quand, vers la même époque, Thibaut IV fit ériger en abbaye de Tordre de Saint-Augustin l'hôpital de La Barre (c), près de Château-Thierry, nous ne savons pas si la communauté qui desservait cet hôpital fut frappée d'expulsion ou si seulement le

(a) Voir notre Hist. de Bar-sur-Aube, p. 82-83.

(6) Gall. Christ., IX, 973; cf. de Barthélémy, Dioc. anc. de Châlons, I, 177.

(e) Sur la fondation de cet hôpital, voir notre Catalogue, n" 790, 828, 824.

titre de la supérieure aurait été changé (a). Dans le cas où l'hôpital de La Barre aurait eu un maître et une communauté d'hommes, la transformation de cet hôpital en abbaye aurait entraîné leur renvoi, mais nous ne savons pas si cet hôpital possédait un maître et une communauté d'hommes.

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à La Barre comme à Bar-sur-Aube Thibaut IV eut l'approbation de l'évêque diocésain.

Ces trois érections d'hôpitaux en abbayes n'ont pas été placées par nous au nombre des fondations faites par nos comtes dans la période qui nous occupe (6), car elles constituent un changement d'organisation et non une création.

Les comtes de Champagne agissaient donc en maîtres dans les hôpitaux de leurs domaines, et nous pourrions dire que ces maîtres, étaient quelquefois peu généreux. Thibaut IV, à sa majorité, fit saisir 5 livres de rente données par Halon de Broyes à l'Hôtel-Dieu de Provins pendant la régence de Blanche de Navarre, et il fallut l'intervention de Blanche pour obtenir main-levée de cette saisie (1676). Plus tard, il força les frères et les sœurs de l'hôpital Saint-Nicolas de Troyes à reconnaître qu'ils ne pouvaient faire aucune acquisition en Champagne sans son consentement (3053). En effet, les hôpitaux étaient, comme les autres établissements de mainmorte (c), sujets au droit d'amortissement. Nous en

(a) Gall. Christ., IX, 471.

(t) Voir plus haut, p. 605.

(c) Voir plus haut, p. 626-633.

avons des exemples pour l'Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes(a), pour les hôpitaux Saint-Bernard (1426), Saint-Esprit (1425), Saint-Nicolas (1424) et pour la léproserie (358 bis, 345) de la même ville, pour les Hôtels-Dieu de Provins (6), de Bar-sur-Aube (1444), de Château-Thierry (790, 828), du Chêne (681), de Hans (2916, 2917) et de Meaux (3218, 3592, 3836). Mais si c'était un droit rigoureux, c'était le droit commun.

(a) Catalogue, n°s 507, 518, 654, 667, 1148, 1423, 2187, 3284, 3572, 3662.

(6) Catalogue, n" 377, 409. 779, 786. 830, 1654, 1674, 1789, 2401, 3146", 3363, 3460, 3567, 3631, 3871.

CHAPITRE IX.

Ponts et Chaussée».

C'était au moyen de péages qu'il était pourvu à la plupart des dépenses de la voierie.

On couvrait les dépenses ordinaires au moyen de péages permanents, tel était à Troyes le péage connu sous le nom de chaussée (36/i8).

Quand des dépenses extraordinaires devenaient indispensables, on établissait des péages nouveaux, dont la durée n'était que momentanée. Ainsi, en 1263, Thibaut V, l'évêque et le chapitre de Meaux reconnurent la nécessité d'exécuter dans les voies de Meaux des travaux considérables : pour se procurer les fonds, ils firent en différents endroits placer en traversées rues des chaînes de fer mobiles confiées à des agents qui ne laissaient passer personne sans exiger l'acquittement d'une redevance. Aux termes d'un traité conclu entre le comte, l'évêque et le chapitre, ces barrières durent subsister six ans.

Les péages, dont le produit était affecté à la voirie, étaient tantôt mis en régie, tantôt affermés.

En 1203, Blanche de Navarre voulant rétablir ou créer une chaussée pavée et deux ponts à Baudement, sur la route de Troyes et de Méry-sur-Seine à Sézanne et à Meaux, dans la traverse de la vallée

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