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1250, un cellerier auquel il donna ordre de délivrer annuellement 10 setiers de vin à l'Hôtel-Dieu de Provins (2911). Son cellerier de Château-Thierry est aussi mentionné (1 457); mais nous ignorons le nom de l'un et de l'autre de ces agents (a).

GRUYERS. — Le maire de Sourdun et Joibert, prévôt d'Isle-Aumont, étaient en 1236 gruyers, c'est-àdire gardes généraux des forêts de Thibaut IV , (2413).

FORESTIERS. - Les deux forestiers de Nogent-surSeine et celui de Courtioux, près de La Saulsotte (Aube), sont mentionnés dans un compte de l'année 1219. Leurs noms sont inconnus comme celui du garde des bois de Nogent-sur-Seine, comme la résidence du forestier Bouchard, qui tous deux figurent dans le même compte (6).

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Nous avons déjà parlé du conseil d'Henri le Libéral (c). Ses successeurs administrèrent comme lui à l'aide d'un conseil; il en est souvent question dans les documents du temps.

Ainsi, sous Thibaut IV, il est décidé que lorsque

(a) Sur les grenetiers, voir notre tome III, p. 274.

(6) Bourquelot, Fragments de Comptes du XIIIe siècle, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, série, IV, 64. Nous pensons qu'au XIII° siècle les forestiers occupaient dans la hiérarchie administrative un rang inférieur aux gruyers. Sur ces employés au xire siècle, voir T. III, p. 267-268.

(c) Voir notre tome III, p. 122.

l'abbé de Montier-en-Argonne, cité devant le tribunal d’Anseau de Possesse, mettra en suspicion la science ou la justice de ses juges, il pourra demander qu'un membre du conseil du comte de Champagne vienne assister au jugement afin de s'assurer s'il y a lieu à interjeter appel pour défaute de droit (1935). Pendant le règne du même prince, un négociant romain emprisonné n'obtient sa liberté qu'en payant 1,000 livres au comte de Champagne et 200 livres à son conseil (2443).

Plus tard nous voyons le conseil de Thibaut V réuni à Nogent en l'absence de ce prince (3167). Peu après, l'abbé de Belval ayant avec le comte de Barle-Duc un procés que doit juger le comte de Grandpré, demande à Thibaut d'envoyer des gens de son conseil assister au jugement (3257). Sur la requête de la dame de Montmirail, notre comte délègue trois membres de son conseil pour assister à une transaction qui se conclut entre elle et Enguerrand, seigneur de Coucy (3287). Enfin il déclare qu'il est maître de donner aux eaux de la Seine, près de Troyes, telle direction que lui et son conseil jugeront à propos (3425).

Blanche d'Artois, accordant un privilége aux habitants de Viane pour récompenser leur dévouement et leur courage, déclare que c'est après en avoir dé. libéré avec les hommes honorables et sages de son conseil de Champagne (3818 bis). ..

Les gouverneurs de Champagne administraient aussi à l'aide d'un conseil. Il est question, en 1260, de celui de Gilles de Brion et de Robert de Cocherel (3213).

Il est difficile de déterminer d'une manière cer

taine quelle était la composition de ce conseil. Le conseil des comtes de Champagne ne paraît avoir été, à aucune époque, un corps constitué d'une manière précise et rigoureuse; mais on peut arriver cependant à connaître, en partie du moins, les principes qui dictaient le choix de ses membres et les noms de quelques-unes des personnes qui étaient l'objet de ce choix.

Nous ferons d'abord observer qu'il n'y a pas de différence sensible entre le conseil et la cour ou tribunal des comtes. Ainsi, les membres du conseil de Champagne qui, pour s'assurer si les jugements prononcés par Anseau de Possesse et par le comte de Grandpré sont fondés en droit, vont assister à ces jugements remplissent évidemment une mission judiciaire. On ne distinguait point alors, comme aujourd'hui, les fonctionnaires de l'ordre administratif de ceux de l'ordre judiciaire. Par conséquent, faire des recherches sur la composition de la cour ou sur la composition du conseil, c'est exactement la même chose.

En combtant les renseignements que nous fournissent les documents administratifs et judiciaires avec les renseignements que nous devons aux documents législatifs (nous voulons parler des ordonnances de 1212 et 1224), nous arrivons à ce résultat que, dans le conseil des comtes de Champagne, il y a deux éléments fondamentaux à distinguer. Le premier élément se compose des vassaux qui doivent à leur naissance et à l'importance de leurs fiefs le droit d'entrer au conseil; ils en constituent la partie indépendante; mais précisément par cette raison, c'està-dire parce qu'ils font la plupart un service gra

tuit, quelque obligatoire que soit ce service en vertu des principes du droit féodal, ils sont les membres les moins exacts. L'autre élément ce sont des conseillers amovibles et à gages, ordinairement de petite naissance et de mince fortune, qui doivent à la faveur des comtes ou à leur aptitude spéciale leur élévation et leur admission au conseil, et qui font tous. leurs efforts pour reconnaître, par leur exactitude et leur zèle, la bienveillance dont ils sont l'objet (a).

Quand il s'agissait d'exercer l'autorité législative, les principaux possesseurs de fiefs étaient seuls admis au conseil; les ordonnances de 1212 (814, 815) et de 1224 (1652) nous en donnent la preuve (6).

(a) On pourrait distinguer une troisième catégorie où prendraient place les grands officiers membres du baronnage, mais elle est peu nombreuse et pouvait, suivant les circonstances, se confondre soit avec la première, soit avec la seconde.

(b) Voici la liste aussi complète que possible des vassaux de Champagne qui ont concouru à l'ordonnance de 1212 : Grands officiers : Simon de Joinville, sénéchal; Gui de Dampierre, connétable; Gaucher de Châtillon, comte de Saint-Pol, bouteiller; Robert de Milly, chambellan ; Odard d'Aulnay, maréchal; -Comtes : de Bar-le-Duc, Bar-sur-Seine, Grandpré, Joigny, Sancerre, Rethel, Roucy; – Barons et vavasseurs : Jean d'Arcis, Henri de Bar-le-Duc, fils du comte; Eudes des Barres, Jean des Barres, Erard de Brienne, Gui de Cernay, Hugues, vidame de Châlons; Clarambaud de Chappes, Gui de Chappes, Girard de Châtillon, Gui de Garlande, Gaucher de Joigny, frère du comte; Barthélemy de Jouy, Philippe de Plancy, Gui de Pougy, Oger de SaintChéron, le vicomte de Saint-Florentin, Hugues de Saint-Maurice, Pierre de Touquin, Garnier de Traînel, Gautier de Vignory et Jean de Villehardouin, frère du maréchal. - Les vassaux dont les noms suivent ont concouru à l'ordonnance de 1224 : Grands officiers : Simon de Joinville, sénéchal; Hugues de Châtillon, depuis comte

Ni Lambert Bouchu, alors chambrier, ni Garnier de Lagny, ni Séier de Fontaines, ni Geofroi de Marquenbie, ses collègues, ni les baillis Morel de Vertus et Raoul des Ponts (a) ne figurent dans la liste nombreuse pourtant des vassaux immédiats et médiats dont l'adhésion fut considérée comme nécessaire à la validité de ces importants documents. On n'y trouve pas davantage les noms des chevaliers Henri des Bordes et Lambert de Châtillon, qui cependant, comme nous le verrons, comptèrent à cette époque parmi les conseillers et les agents les plus dévoués de Blanche de Navarre et de Thibaut IV.

Mais quant au lieu de faire des lois il s'agissait de les appliquer, ou quand il était question de pure administration, la composition de la cour ou du conseil devenait différente : des barons, sans doute, prenaient presque toujours part aux délibérations (b); mais nos comtes n'étaient pas astreints à

de Saint-Pol, bouteiller; Robert de Milly, chambellan. — Evêque de Beauvais. — Comtes : de Bar-le-Duc, Chartres, Roucy, SaintPol, Vaudémont. — Barons : Gui d'Arcis, Gautier d'Arzillières, Erard d'Aulnay, Erard de Brienne, Clarambaud de Chappes, le vidame de Châlons, Jacques de Chassenay, Simon de ChâteauVillain, Eustache de Conflans, Thomas de Coucy, Rainard de Dampierre, Renier de Nogent, Gui de Plancy, Philippe de Plancy, Anseau de Possesse, Manassès de Pougy, Gautier de Reynel, Nicolas de Rumilly, Gui de Sailly, Simon de Sexfontaines, Garnier de Traînel, Gautier de Vignory, Hugues, châtelain de Vitry. Tous les grands officiers dont nous venons de parler appartenaient au baronnage.

(a) Sur eux, voir plus haut p. 473, 474, 476, 503.

(b) Sur la part prise par les barons aux décisions de la Cour de nos comtes, voir par exemple la charte de l'année 1229, cataloguée

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