Pagina-afbeeldingen
PDF
ePub

ses droits sur le village de Magnant (Aube) (a); il constate une transaction entre ce monastère et les fourniers de Magnant (b); il garantit par serment la fidélité de Thibaut III, comte de Champagne, à Philippe-Auguste (454). Il rend, avec l'archevêque de Sens, un jugement arbitral entre Thibaut et le chapitre de Saint-Pierre de Troyes (669). En 1199 il est témoin de la constitution du douaire de Blanche de Navarre, comtesse de Champagne, faite à Chartres par Thibaut (685). Dans les trois années qui suivent, les actes émanés de lui se multiplient. En octobre 1200 il déclare que son maire de Villiacum, aujourd'hui Villy-le-Maréchal (Aube), tiendra, à charge de cens et à titre viager, de la léproserie de Troyes, une serve, le fils de cette serve, un pré à Villy, une oche à Roncenay (Aube) (c). La même année il donne, au chapelain de Saint-Nicolas de Brandonvilliers (Marne), une partie de la dîme de Longeville (Haute-Marne), qu'il tenait en fief d'Henri d'Arzillières (Marne) (d). En 1201 il donne à l'HôtelDieu-le-Comte de Troyes la dîme d'une rente de 5 muids d'avoine payable à Jasseines (Aube), et que Thibaut III lui avait accordée en rémunération de ses services (e). En février 1202, il constate que Godefroi et Dreux de Villemaur, ses neveux, ont

(a) Bibl. Imp., Lat. 5432, f° 44 V.

(6) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 370, in.

(c) Mém. de la Soc. d'agric. de l'Aube, 2e série, T. I, p. 541542.

(d) Buchon, ouvrage déjà cité, p. 26, H.

(e) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 371, iv.

abandonné à Eudes, chanoine deTroyes, leurs droits sur les dîmes de Paisy-Cosdon (Aube) (a). En 1202 il confirme une donation faite à l'abbaye de Larivour (Aube) par Gui la Gryve, son frère; cette donation avait pour objet une rente d'un demi-muid de blé tenu en fief de Geofroi, et payable à Villevoque (Aube) (b). La même année, se trouvant à Lézinnes (Yonne), et partant pour la croisade, il donne à l'abbaye de Quincy une terre sise à Chaserey (Aube) (c).

Alors commence cette expédition célèbre qui fit tomber Constantinople entre les mains des guerriers armés pour délivrer le saint sépulcre, et dont le récit a immortalisé le nom du maréchal de Champagne.

Depuis cette époque nous n'avons plus que deux chartes émanées de lui : l'une de mars 1207 (d), l'autre sans date (732 bis). Il prend dans ces deux actes le titre de maréchal de Romanie, c'est-à-dire de grandofficier du nouvel empire; dans la première il joint à ce titre celui de maréchal de Champagne, que son absence prolongée ne lui avait pas enlevé. Il vivait encore en 1212, comme l'a remarqué Du Cange; il était mort en 1218, où son anniversaire fut fondé à Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes, par Erard de

(a) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 371, v.

(6) Revue des Sociétés savantes, 3° série, I, 372-373, vu.

(c) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 372, vi, 1, 2.

(d) Elle a été signalée par Du Cange, et publiée par Buchon, ouvrage déjà cité, p. 27, v. Elle se trouve en original aux Archives de l'Aube.

Villehardouin, son fils (a). Geofroi de Villehardouin était marié dés 1189. Sa femme s'appelait Chane (6) ou Kanne (c), et non Jeanne comme l'a écrit Du Cange; elle était morte comme lui en 1218 (d). Ses enfants furent au nombre de cinq : deux fils, Erard de Villy dit aussi de Villehardouin, maréchal de Champagne, et Geofroi (e); trois filles : Marie, qui épousa Ascelin de Merrey (Aube), et non de Méry comme dit Du Cange, et qui, en juillet 1215, concourut à une vente faite par son époux à l'abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes (/"); Alix, religieuse à Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes (g), et Dameron, religieuse au prieuré de Foicy, près de Troyes (h).

(a) La charte a été publiée par Buchon, p. 28, vu, lisez vm, mais il l'a, par erreur, datée de 1219; l'original existe aux Archives de l'Aube. Il est aussi question de l'anniversaire de Geofroi dans une charte de mai 1219, en faveur de l'abbaye de Larivour, Archives de l'Aube, Cartul. de Larivour, De Sede Abbatie, Xxiii.

(6) Charte de 1189, Revue des Sociétés savantes, 3" série, I, 369, i.

(c) Charte de 1202, Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 372, vi, 1.

(<J) Charte de cette année, mais datée par erreur de 1219: Buchon, p. 28, vu, lisez vm.

(e) Charte de 1202, Revue des Sociétés savantes, 3" série, I, 372, vi, 1.

(/■) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 373, vm.

(</) Buchon, charte de 1207, p. 27, v; et charte de 1218, p. 28, vu, lisez vin.

(h) Charte de 1207, citée dans la note précédente, et charte de 1220, dans Buchon, p. 29, xi.

Geofroi avait deux sœurs nommées Emeline et Haie, toutes deux religieuses (a), et trois frères: Gautier, chevalier (6), Gui la Gryve, chevalier (c), et Jean de Villehardouin. Le dernier est celui dont il est le plus souvent question dans les documents contemporains. En 1189, Gui 11 de Dampierre, partant pour la croisade, le charge de veiller à l'exécution d'une donation qu'il vient de faire (d). En 1193, Jean apparaît comme témoin dans une charte avec le titre de chevalier («). En 1200 il est témoin dans la charte de son frète pour la chapelle de Brandonvilliers (/"). Vers 1201 il figure au livre des fiefs de Champagne {g). L'ordonnance de 1212, sur les successions et les duels, est puhliée avec son concourt (815). En 1213 il donne à l'hôpital du Chêne une rente de grains sur son terrage de Villehardouin (h). L'année suivante, il fait une donation à l'abbaye de Saint-Loup de Troyes (»'). Sa parenté avec Geofroi est prouvée par la charte de 1213, déjà citée, où Erard, fils de Geofroi, l'appelle son oncle. Nous ne savons pas s'il est rigoureusement établi que Geofroi

(a) Chartes de 1207, dans Buchon, 27, v, et de 1220, ibid., 29, xi. (&) Revue des Sociétés savantes, 3* série, I, 369, I.

(c) Revue des Sociétés savantes, 3e série, 1, 372-373, vu.

(d) Revue des Sociétés savantes, I, 366-370, II, 1, 2.

(e) Carlul. de Saint-Loup de Troyes, f" 54. (/") Buchon, p. 26, n.

(g) Voir notre tome II, p. xvi, art. 222. (h) Voir la charte dans Buchon, p. 27, vi, où la date est mal copiée.

(i) Cartul. de Saint-Loup, f 52.

de Villehardouin le jeune, sénéchal de Romanie, prince d'Achaïe et neveu du chroniqueur, soit fils de Jean de Villehardouin, comme on l'admet généralement.

On voit par les pièces citées que Geofroi de Villehardouin, maréchal de Champagne, avait des possessions éparses sur une foule de points : dans l'Aube, à Chaserey, Jasseines, Magnant, Villehardouin, Villyle-Maréchal (a); dans la Haute Marne, à Longeville. On doit peut-être expliquer sa présence à Lézinnes (Yonne) en 1202, par ce fait qu'il aurait déjà possédé la seigneurie de ce lieu, dont ses successeurs portèrent souvent le nom. Une moitié de maison sise à Troyes, et qu'en 1215 Ascelin de Merrey, son gendre, et Marie, sa fille, tenaient en fief d'Erard, son fils, venait probablement de lui (b). Peut-être la terre de Saint-Utin (Marne), qui appartenait à Erard en juin 1217, avait elle la même origine (c). Geofroi devait une partie de ces biens à la libéralité des comtes de Champagne.

On conserve aux archives de l'Aube quelques chartes originales et deux sceaux mutilés de Geofroi; les terrassements de son châleau subsistent encore à Villehardouin (d).

(a) Villy-le-Maréchal est ainsi nommé parce qu'il a eu pour seigneurs, Geofroi, maréchal de Champagne, son fils et son petitfils, qui exercèrent comme lui cette fonction.

[b) Revue des Sociétés savantes, 3e série, I, 373, vin.

(c) Arch. de l'Aube, fonds de l'Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes, layette 1, n° 7.

(d) Bulletin de la Société des antiquaires de France, année 1860, p. SO.

« VorigeDoorgaan »