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sa confiance pendant la croisade de 1249 (a), fait prisonnier avec lui en 1250 (6), un des négociateurs de sa délivrance (c), avait, dès 1218, fait hommage à Thibaut IV (1147), et il est compris dans un rôle de vassaux convoqués pour une expédition de ce prince en 1222 au plus tôt, et en 1229 au plus tard (d). Hugues de Vallery, frère de Jean, oncle d'Erard, reçut de Thibaut IV, en 1229, trente livres de rente sur les revenus du comte de Champagne à la foire de mai de Provins, et il mit dans la mouvance de Champagne ses biens à Foissy (1962, cf. 2040). Jean de Vallery eut plusieurs enfants, l'un, de même nom que lui, fut son successeur dans la seigneurie de Vallery, et il figure deux fois dans les cartulaires de Champagne, l'une en mai 1252 (3015), l'autre en avril 1260 (3188). Un autre de ses enfants fut le célèbre Erard de Vallery. Les débuts d'Erard dans la carrière des armes ne furent pas heureux. Il fit partie, comme son père, de la désastreuse croisade de 1249, où, quelques instants avant de rester comme toute l'armée prisonnier des Sarrasins, il se distingua en arrachant son frère à un parti ennemi qui l'emmenait captif (e). A la bataille de Walcheren, où il avait accompagné Jean de Dampierre, il

(a) Joinville, ap. D. Bouquet, XX, 216 C, 226 C-227 A, 228 D. Tillemont, III, 255.

(b) Tillemont, III, 331.
(c) Joinville, ap. D. Bouquet, XX, 242 E.
(d) Voir notre tome II, p. XXXVIII, art. 448.
(e) Joinville, ap. D. Bouquet, XX, 236 C.

tomba comme lui entre les mains de l'ennemi (a), dont il ne sortit que moyennant rançon (b). Quelques années après il se croisa, et ayant reçu de saint Louis la promesse d'une somme de 1,000 livres s'il allait en Palestine (c), il fit partie d'un corps d'environ cinquante chevaliers qui avaient à leur tête Eudes de Bourgogne, comte de Nevers, et qui arriva en Terre-Sainte en 1265 (d). Ce corps de troupes séjourna quelque temps dans la ville d'Acre, et nous avons encore un mémoire par lequel Amauri de La Roche, commandeur du Temple, exposant la nécessité de le conserver le plus longtemps possible, demande 60 livres de gages pour chaque chevalier; Erard de Vallery est nominativement désigné dans cette pièce (e), qui paraît avoir été présentée à saint Louis : en conséquence, ce dernier autorisa trois mandataires à contracter en son nom un emprunt en Orient, et cet emprunt fut réalisé au mois de juillet 1267 par ces mandataires, au nombre desquels Erard se trouvait (f). L'année suivante, revenant de Palestine, Erard traversait l'Italie méridionale au moment où Charles d'Anjou, élevé par le pape Ur

(a) Gesla S. Ludovici, ap. D. Bouquet, XX, 390 B; Chronique de Baudoin d'Avesnes, ap. D. Bouquet, XXI, 174 E H.

(6) Chronicon Guillelmi de Nangiaco, ap. D. Bouquet, XX, 556 E.

(c) Trésor des chartes, cité par Tillemont, V, 6.

(d) L'Estoire de Eracles, empereur, livre xxxiv, chap. 9, ap. Historiens occidentaux des Croisades, II, 454.

(e) Maslatrie, Histoire de Chypre, II, 71.
1) Trésor des chartes, cité par Tillemont, V, 18.

bain IV au trône de Sicile, allait en venir aux mains avec Conradin, son rival; il se réunit à l'armée de Charles, et le 23 août, à la bataille de Tagliacozzo, ce fut une habile manæuvre conseillée et dirigée par lui qui assura le triomphe du prince français. Un autre champenois, Guillaume de Villehardouin, prince d'Achaïe, qui accompagnait Erard, parait avoir prétendu s'altribuer une partie de l'honneur de celte journée; mais il a contre lui la presque unanimité des contemporains, et c'est Erard que la haine du Dante a placé en enfer pour venger les vaincus (a). A son retour en France au mois de novembre 1268, Erard fut désigné par saint Louis comme tiers arbitre entre le comte de Champagne et le comte de Bar (3516), et entre ce dernier et Regnauld de Bar (3514). Au mois de septembre de l'année suivante, il fut un des deux ambassadeurs qui allèrent au nom de saint Louis porter à Thibaut V, en Navarre, le texte du traité conclu par le pieux roi de France entre Thibaut et Henri III, roi d'Angleterre (3558). Saint Louis, qui allait partir pour sa seconde croisade, le prit à son service pour la durée de cette expédition (6). Erard était alors connétable de Champagne (3653) (c). Peu

(a) Gesta Philippi III, ap. D. Bouquet, XX, 430 D, 434 CD, 436 A: Villani, cité par Buchon, Recherches historiques sur la principauté française de Morée, p. 229; Le Livre de la conquêle, ibid., p. 228-231; Dante, Inferno, XVIII, 6, Chronique de Bau. doin d'Avesnes, ap. D. Bouquet, XXI, 173 G; Chronique anonyme, ibid., 90 A.

(6) D. Bouquet, XX, 305, 307. (c) Cette charte est du mois d'avril 1270, mais postérieure au

après, partant pour l'Afrique, il fit son testament qui fut scellé du sceau de Thibaut V (3663). Mais plus heureux qu'un grand nombre de ses compagnons dans cette croisade, il en revint. Il est compté parmi les dépositaires de l'argent payé par le roi de Tunis pour obtenir la paix (a). Non content d'avoir échappé à tant de dangers, il retourna encore en Palestine et fit partie de l'expédition conduite en ce pays par Edouard , fils du roi d'Angleterre (6); mais il n'y resla pas longtemps, car en juin 1271 il assista à la cérémonie de l'hommage que fit au roi Philippe le Hardi notre comte Henri III (3677), et il était encore présent la même année quand Henri fit hommage à l'évêque de Langres (3689). Il conserva la charge de connétable sous le règne d'Edmond, et il la possédait encore au mois de mars 1276 (3835) (c).

Son successeur fut Gaucher IV de Châtillon, seigneur de Crécy, connétable de Champagne en mars 1285 (d), qui conserva cette charge après l'avènement de Philippe le Bel au trône de France (e). Il y

13; nous avons d'Erard une charte du 10 de ce mois de la même année (1269, vieux style), où il prend déjà le titre de connétable de Champagne (original, Archives de l'Aube, fonds de Larrivour).

(a) Tillemont, V, 192. (6) Baudoin d'Avesnes, ap. D. Bouquet, XXI, 178 B. (c) Nous ne faisons qu'esquisser la vie de cet homme célèbre. - Voir aussi sur lui une curieuse légende italienne traduite par M. Paulin Paris, Romancero français, p. 121-122.

(d) Charte de cette date dans Du Plessis, Histoire de l'Eglise de Meaux, II, 181.

(e) Voir une charte de lui datée de mars 1286 (vieux style), ibid., 182.

· joignit la charge de connétable de France; il était

par Hugues, son père, petit-fils de Hugues de Châtillon, comte de Saint-Pol, bouteiller de Champagne, et par Isabelle, sa mère, petit-fils de Guillaume de Villehardouin ou de Villy, seigneur de Lézinnes, maréchal de Champagne.

3. – Bouteillers.

Anseau de Traînel, qui avait exercé les fonctions de bouteiller sous le règne d'Henri le Libéral (a), survécut à ce prince, et il est, en 1181, témoin d'une charte de la comtesse Marie (234).

Nous trouvons après lui Gaucher III de Châtillon, vassal de Champagne pour la châtellenie de Crécyen-Brie (6), qui ayant en 1196 épousé Elisabeth, fille d'Hugues IV, comte de Saint-Pol, succéda à son beau-père en 1205 (c). Lors de l'hommage fait par Thibaut III à Philippe Auguste en 1198, il figura le second dans la liste des Champenois qui garantirent par leur serment la fidélité à venir de leur comte (454). Il fut un des témoins de l'acte par lequel Thibaut, l'année suivante, constitua le douaire de Blanche de Navarre (485). Blanche lui donna en janvier 1216 un droit d'usage dans la forêt de Mant(937). Peu de jours après il promit à celle princesse son aide .contre Erard de Brienne (946), et quelques mois plus tard il prenait part comme juge à l'arrêt

(a) Voir notre tome III, p. 123.
(6) Voir notre tome II, p. XXII, art. 283.
(c) Art de vérifier les dates, JI, 775.

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