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Clément Launay, son successeur en Navarre, paraît être le même que Clément de Lenay ou de Lanays, qui plus tard reçut de Philippe le Hardi une mission en Navarre, et qui fit partie de l'armée française envoyée par ce prince pour rétablir l'ordre dans ce royaume (a).

g 2. - Connétables.

Guillaume I" de Dampierre, le second par ordre chronologique des connétables d'Henri I" (6), eut pour successeur Gui H de Dampierre, son fils, dit d'abord Gui de Moëlain (331). Nous ne connaissons point d'actes où il prenne le titre de connétable. Il apparaît comme témoin dans trois chartes de la comtesse Marie (331, 342, 345). Il accompagna Henri II en Terre-Sainte (c). En 1198 il était présent quand Thibaut III fit hommage à Philippe-Auguste, et il figura en tête des Champenois qui garantirent par leur serment la fidélité de Thibaut (454). Il fut un des barons qui, en 1212, donnèrent leur consentement au règlement de Blanche sur les successions et sur les duels (815), un des témoins qui en 1213 attestèrent la nullité du mariage d'Henri II (cl). La

(a) Guillaume Anelier, Histoire de la guerre de Navarre, vers 3999 et 4596, édit. F. Michel, p. 258. 296. Voir aussi dans Los Annales de Navarra, III, 227, un mandement de Philippe le Hardi à Jean de Nesle, Imbert de Beaujeu et Clément de Alveto (sic), 1282.

(b) Voir notre tome III, p. 124-125.

(c) Voir plus haut, p. 31.

(d) Voir plus haut, p. 118.

même année, il cautionna Blanche lors du traité que cette dernière conclut avec Philippe-Auguste (837). Ce fut lui qui, par son mariage avec Mathilde de Bourbon, fit entrer la seigneurie de Bourbon dans la maison deDampierre (a). Il mourut au commencement de l'année 1216. En 1210 il avait, à la tête d'une armée de Philippe-Auguste, conquis une partie de l'Auvergne (6).

Archambaud IX, seigneur de Bourbon, son fils aîné, promit en février 1216 de soutenir Blanche contre Erard de Brienne (947). Au mois d'avril de l'année suivante, il reconnut n'avoir qu'un droit viager sur la connétablie (1060) qu'il paraît avoir conservée jusqu'au commencement de l'année 1221 (1315). Il fut un des seigneurs qui, en 1226, invitèrent Thibaut IV au sacre de Louis IX (1731). Il est placé en tête de notre liste des gouverneurs de Champagne (c). Marguerite de Bourbon, l'une de ses filles, épousa Thibaut IV; Béatrix, une autre de ses filles, mariée à Béraud le Grand, seigneur de Mercœur, fut mère de Béraud de Mercœur, gouverneur de Champagne sous le comte Henri III (d). 11 mourut en 1242 («).

Guillaume II de Dampierre, frère d'Archambaud qui précède, était connétable de Champagne le 26 fé

(a) Albéric, ap. D. Bouquet, XVHI, 786 E; Art de vérifier les dates, H, 413.

(6) Guillelmus Armoricus, dans D. Bouquet, XVII, 771-772. (e) Voir plus haut, p. 458. (d) Voir plus haut, p. 461-462. le) Art de vérifier les dates, II, 413.

vrier 1221, jour où, comme son frère, il reconnut n'avoir qu'un droit viager sur cette charge (1315). Dès l'année 1219 on le voit paraître dans les comptes de Blanche de Navarre (a). En février 1222 il cautionna la fidélité de Thibaut IV à Philippe-Auguste (1373). Après avoir, en 1223, voulu épouser Alix, reine de Chypre, qui prétendait au comté de Champagne (1555), il prit pour femme, la même année, Marguerite, héritière présomptive de Jeanne, comtesse de Flandre (1576, 1577) (b). Il compta parmi les vassaux fidèles à Thibaut IV pendant les guerres des années 1229 et 1230 (1850, 2023, 2026). Il mourut en 12M (c).

Jean I", seigneur de Dampierre, son troisième fils, eut après lui la charge de connétable de Champagne; mais il dut comme lui reconnaître qu'il n'avait sur elle aucun droit héréditaire (2928). 11 fut caution de Thibaut IV lors des conventions relatives au mariage projeté entre Marguerite, fille de ce dernier, et Ferri, depuis duc de Lorraine (2888). Un an et demi après il épousa Lore, sœur de Ferri (2967-2970), laquelle eut en dot la seigneurie de Saint-Dizier (d). Combattant dans l'intérêt de sa mère à la bataille de Walcheren, il partagea le sort d'un grand nombre de barons qui restèrent prisonniers, 1253 (e). La der

(a) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par M. Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 5e série, IV, 65.

(6) Voir plus haut, pages 223-224.

(e) Art de vérifier les dates, 11I, 16.

(d) D. Calmet, Histoire de Lorraine, lre édit., T. Il, col. 242.

(e) Chronique de Baudoin d'Avesnes, ap. D. Bouquet, XXI, 174 D H; Gesta S. Ludovici. ap. D. Bouquet, XX, 390 B.

nière charte que nous ayons de lui est du mois d'avril 1257 (3108). Il laissa deux fils : Guillaume de Dampierre, seigneur de Saint-Dizier, et Jean, seigneur deDampierre; mais ni l'un ni l'autre ne devint connétable de Champagne.

Après la mort de Jean de Dampierre, Anseau de Traînel, maréchal dès 1252 (3015), échangea cette fonction contre celle de connétable, à laquelle il joignit en 1263 celle de gouverneur (3326) (a).

Son successeur fut Eustache III de Conflans qui, comme lui, quitta la charge de maréchal pour celle de connétable; il posséda cette dernière de 1268 (3491) à 1270 (3582). Nous avons parlé de lui avec détails dans le paragraphe consacré aux gouverneurs (&).

Après Eustache de Conflans, le titre de connétable fut porté par un des guerriers les plus fameux du xme siècle. Nous voulons parler d'Erard de Vallery, chambrier de France (c). Bien que Vallery ne relevât pas du comté de Champagne (d), Erard ne fut pas le premier de sa maison dans le cortège de barons que les liens du vasselage attachaient à la suite de nos comtes : Jean de Vallery, son père, récompensé par saint Louis en 1230 (e), honoré de

(a) Voir plus haut, p. 460.

(b) Voir plus haut, p. 460461.

(c) Anselme, Hist. généalogique, VIII, 405-406.

(d) Vallery relevait du roi de France à cause de la tour de Sens, Quantin, Dict. top. du dép. de l'Yonne, p. 133,

(é) Tillemont, II, 68.

sa confiance pendant la croisade de 1249 (a), fait prisonnier avec lui en 1250 (6), un des négociateurs de sa délivrance (c), avait, dès 1218, fait hommage à Thibaut IV (1147), et il est compris dans un rôle de vassaux convoqués pour une expédition de ce prince en 1222 au pi us tôt, et en 1229 au plus tard (d). Hugues de Vallery, frère de Jean, oncle d'Erard, reçut de Thibaut IV, en 1229, trente livres de rente sur les revenus du comte de Champagne à la foire de mai de Provins, et il mit dans la mouvance de Champagne ses biens à Foissy (1962, cf. 2040). Jean de Vallery eut plusieurs enfants, l'un, de même nom que lui, fut son successeur dans la seigneurie de Vallery, et il figure deux fois dans les cartulaires de Champagne, l'une en mai 1252 (3015), l'autre en avril 1260 (3188). Un autre de ses enfants fut le célèbre Erard de Vallery. Les débuts d'Erard dans la carrière des armes ne furent pas heureux. Il fit partie, comme son père, de la désastreuse croisade de 1249, où, quelques instants avant de rester comme toute l'armée prisonnier des Sarrasins, il se distingua en arrachant son frère à un parti ennemi qui l'emmenait captif (e). A la bataille de Walcheren, où il avait accompagné Jean de Dampierre, il

(a) Joinville, ap. D. Bouquet, XX, 216 C, 226C-227 A, 228 D. Tillemont, III. 255.

(6) Tillemont, III, 331.

(c) Joinville, ap. D. Bouquet, XX, 242 E.

(d) Voir notre tome II, p. xxxviu, art. 448.

(e) Joinville, ap. D. Bouquet, XX, 236 C.

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