Pagina-afbeeldingen
PDF
ePub

quelquefois certains d'entre eux prennent le titre de bailli absolument, c'est par exception, et d'autres actes nous font connaître quelle ville était le cheflieu du territoire placé sous leur juridiction.

Deux personnages seulement restent en dehors de cette règle, ce sont Lambert Bouchu et Jean de Thourotte.

Lambert Bouchu de Bar sur-Aube, dit aussi Lambert de Bar, fut chambrier de Champagne de 1200 à 1225 au moins (a). C'est en H95 que nous le voyons pour la première foisàlacourdeChampagne; il est cette année témoin de deux actes de la comtesse Marie (433,435). On le retrouve comme témoin dans une charte de la même comtesse en 1197 (444). Depuis il semble avoir été un des membres les plus actifs du conseil de Blanche de Navarre et de Thibaut IV. Le nombre des actes où il figure comme rapporteur', expert ou arbitre de 1213 à 1231, dans not re Catalogue des actes des comtes de Champagne, est de dix-sept (b). 11 cautionne une fois un débiteur de la comtesse (1248), deux fois le comte lui-même

(a) Lambert Bouchu porte le titre de chambrier clans des actes qui ont les dates suivantes : avril 1200 (510), août 1205 (628), mai 1210 (Carf«/a!>e de Sainl-Maclou de Bar-sur-Aube, appartenant à M. Aubertin), juillet 1217 (Archives de la Haute-Marne, Cartulaire de Longuay), juin 1219 (1213), mai 1225 (Archives de l'Aube, Inventaire de Montier - la - Celle, f° 58 r°). Au mois de février 1226, il reçoit de l'argent pour Thibaut IV (1693), et le 29 octobre 1228 il remet à un créancier du comte un bon de 300 livres (1864); ces deux actes peuvent se rapporter à ses fonctions de chambrier, bien qu'il n'y porte pas ce titre.

(6) Voir n« 807,1190, 1345. 1356,1389,1391, 1410, 1463, 1626, 1636, 1910, 1935, 1936, 1949, 1981, 1990, 2119.

(4857, 1858). En 1215 il est un des trois émissaires qui, envoyés par Blanche de Navarre pour retenir à Gênes Erard de Brienne, parviennent à l'y faire emprisonner (a). En 1218, Thibaut l'envoye en ambassade près de Philippe-Auguste (b). Il fait cette année deux voyages à Paris pour les affaires du comte et de la comtesse de Champagne (c). En 1219 diverses sommes lui sont allouées pour l'indemniser de la dépense que lui ont causée de nouveaux voyages du même genre (d). Son sergent Guionet (e),son palefroi qui en 1219 fit un séjour à Provins aux frais de Blanche de Navarre (/), figurent aussi dans la comptabilité de cette princesse. Lambert Bouchu était frère de Pierre Goin (g), comme lui chambrier, et dont nous parlerons plus tard dans le paragraphe consacré aux chambriers. Les deux frères avaient en commun une maison à Bar-sur-Aube (2657), et une maison à Troyes (3310). H n'est plus question de Lambert comme vivant à partir d'avril 1231, et il est certain qu'en décembre 1266 il était mort (2686).

Tels sont les renseignements que nous avons pu recueillir sur Lambert Bouchu. Or, quand en juil

(o) Voir plus haut, page 117. (6) Voir plus haut, page 201.

(c) Bourquelot, Fragments de comptes du XIIIe siècle, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5* série, IV, 88.

(d) Ibid., p. 62, 67.

(e) Ibid., p. 61. (/) Ibid., p. 67.

(g) Charte-de l'année 1223, Arch. de l'Aube, fonds de SaintEtienne.

let 1224 nous le voyons se qualifier de « bailli » d'homme illustre le comte de Champagne (a), » nous ne croyons pas qu'on doive entendre par là qu'il fût momentanément devenu, comme les baillis dont nous allons parler, un vulgaire officier d'administration et de justice, supérieur seulement aux prévois et subordonné au conseil du comte. Nous pensons qu'en juillet 1224 Lambert Bouchu était le chef de l'administration de la Champagne en l'absence de Thibaut IV, qui alors faisait partie de l'expédition de Louis VIII contre les Anglais (6).

C'est dans le même sens qu'en 1249, Jean de Thourotte, gouverneur de Champagne, reçoit accidentellement dans une bulle le titre de bailli (2887).

Sous le règne de Thibaut IV, les bailliages furent au nombre de dix au moins, savoir : Bar-sur-Aube, Château-Thierry, Chaumont-en-Bassigny, Epernay, Ervy, Montereau, Provins, Sézanne, Troyes et Vitry.

Nous connaissons deux baillis de Bar-sur-Aube: Humbert, qui était en fonctions en décembre 1222, qui n'avait plus d'emploi en 1226 et qui était mort en 1239 (c), et Etienne de La Malmaison, qui prend le titre de bailli de Bar-sur-Aube en mai 1241 (d).

(a) Archives de l'Aube, Inventaire de Montier-la-Cçlle, P 57 v°; Grosley, Mém. hist., I, 459; Lefèvre, dans la Bibl. de l'Ecole des chartes, 5* série, t. I, p. 185.

(6) Voir plus haut, p. 199.

(c) Cartulaire de Saint-Maclou, cité dans notre Histoire de Bar-sur-Aube sous les comtes de Champagne, page 9.

(d) Ms. de la Bibl. Imp. 500de Colbert, 58, f°s 236v°-240 r°, cité dans notre Histoire de Bar-sur-Aube, p. 10. Etienne prend Etienne était encore bailli en 1251, mais sans que nous sachions quel était alors son ressort (a). On le trouve aussi, à la date de 1249, dans la liste des baillis deChaumont, dressée par M. Jolibois (6).

Nous avons une lettre du 8 décembre 1222, adressée par Thibaut IV à trois fonctionnaires de Château-Thierry, en tête desquels ce prince met le bailli (1657). En 1235, Jacques d'Aulnay réunissait les fonctions de bailli de Château-Thierry à celles de bailli de Provins (c).

Le premier bailli de Chaumont que nous connaissions est Etienne de Chaumont, 1227 (d). Viennent ensuite Guillaume de Hausay, 1235 (e), et Pierre de Courpalay, 1248 (/). Ce dernier, châtelain de SainteMenehould dés le mois de décembre 1243 (2661), porte le titre de bailli sans indication de ressort dans une charte de l'année 1250 (2943); il était bailli de Vitry en novembre 1252 (g), et il faisait encore partie du conseil de Thibaut V en 1259 (3167). En 1248 il n'est pas le seul bailli de Chaumont que nous rencontrions, nous voyons aussi en mai et juin Etienne

aussi la qualité de bailli de Bar-sur-Aube dans une charte sans date, cataloguée sous le n° 2600.

(o) Archives de l'Empire, J 201, n° 31.

(b) Histoire de la ville de Chaumont, p. 447.

(c) Archives de l'Empire, K 192, liasse 10, citée par Lefèvre, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, I, 186

(d) Jolibois, Histoire de la ville de Chaumont, p. 41, 447.

(e) Jolibois, ibid., et Catalogue, n° 2402.

(f) Jolibois, ibid., p. 447.

(g) Archives de l'Empire, J 197, n° 77.

de La Ferté-sur-Àube (a). La liste des baillis de Chaumont sous Thibaut IV se clôt par Etienne de La Malmaison, précédemment bailli de Bar-surAube, 1249 (b).

Epernay avait un bailli en mars 1236 (2390).

Le bailliage d'Ervy était, en 1230, confié au même titulaire que le bailliage de Troyes. Ce titulaire était Mauger (2085, 2086), précédemment prévôt d'Ervy et assez riche pour avoir prêté 600 livres à Guillaume, chancelier de Champagne (1469); il avait cependant épousé une serve main-mortable (2085). Il devint plus tard chambellan de Thibaut IV (2657, 2876).

Il est question du bailli de Thibaut IV à Montereau dans une charte de l'année 1231 (2164); mais nous ne savons pas le nom de ce bailli.

Comme à Chaumont, c'est en 1227 qu'à Provins les documents connus jusqu'à ce jour nous montrent pour la première fois un bailli. Nous trouvons même cette année trois baillis dans cette ville: Pierre de La Noue, Pierre Le Gendre et Pierre de Gace, à moins que ces trois Pierre ne soient la même personne c ). Nous rencontrons ensuite Jacques d'Aulnay en même temps bailli de Château-Thierry, et dont nous avons déjà parlé; Pierre de La Noue

(a) Nous connaissons trois documents où il figure en 1248: ils sont datés de mai (2832), du 3 juin (2836), et du 9 juin (Archives de TAube, premier Cartulaire de l'Hôtel-Dieu de Troyes, î° 64 r°).

(6) Jolibois, Histoire de Chaumont, p. 447.

(c) Lefèvre, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, I, 185. Voir aussi sur Pierre Legendre la charte que nous avons cataloguée sous le n° 1902.

« VorigeDoorgaan »