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vivait encore à la majorité de Thibaut V auquel il fit hommage, et même en 1267 (3467), bien que dés 1262 sa fille eût été mise en possession de ses fiefs (a). Simple homme libre en 1237 (6), il était devenu plus tard chevalier (2757).

Girard de la Noue, d'abord marchand de bois (1717), bailli de Thibaut IV en l'année 1236, où il fut choisi pour arbitre entre ce prince et Isabelle de Braisnes (2420), eut la charge de bailli de Provins en 1243, 1244 et 1246 (c). Il exerça les fonctions de receveur de Champagne en 1249(2894) et en 1251 (2963, 2997). Un compte des années 1258 et 1259 nous apprend qu'à cette date il était mort, et qu'il avait possédé un four à Provins (d). Pierre de la Noue, bailli de Provins en 1227, et de 1240 à 1242, peut avoir été son parent.

Nicolas de Vilanteus fut le dernier collègue de Jean, doyen de Saint-Quiriace; il fit avec lui une acquisition d'immeuble pour Thibaut V (3189).

Renier Acorre n'eut que deux collègues à notre connaissance.

Le clerc Jacques d'Ervy fut le premier. Il était attaché à la personne d'Henri III antérieurement à la mort de Thibaut V, et administrait les finances du

(a) Feoda Campaniœ, dans notre tome II, p. L-li, art. 596.

(6) Charte du mois d'avril dans le Diccionario de antiguedades del reino de Navarra, I, 16-18.

(c) André Lefèvre, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, I, 186.

(d) Fragments de compte du XIIIe siècle, publiés par Bourquelot, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5" série, IV, 76.

comté de Rosnay avant d'administrer celles de la Champagne (3669). Nous le voyons associé aux fonctions de Renier Acorre du mois d'avril 1271 au mois d'octobre 1273; et pendant cette période il figure dans vingt-sept actes relatifs à l'administration financière de notre comté (a).

Il eut pour successeur Gui de Launois, sous-doyen de Saint-Etienne de Troyes, qui était en fonctions dès le mois de novembre 1273 (3785), et dont nous connaissons trois actes d'administration datés de 1274 (3790, 3794, 3796).

Le domaine des comtes de Champagne à Pa,rjs eut, sous le règne Thibaut V, un administrateur séparé; ce fut le clerc Lambert de Lagny, que nous y voyons de 1263 à 1265 (3304, 3334, 3341, 3345, 3362).

Nous ferons observer que des dix personnages mentionnés dans ce paragraphe, trois seulement; Renier Acorre, Jacques d'Ervy et Gui, sous-doyen de Saint-Etienne, "portèrent le titre de receveur, bien que tous en aient exercé les fonctions. Jacques d'Ervy est, dans deux actes, qualifié de trésorier du roi de Navarre (3680, 3682); mais nous ne pensons pas que ce fût son titre officiel, puisqu'on ne le lui donne que d'une manière si exceptionnelle. On ne doit pas davantage attacher de l'importance au titre de gouverneurs de Champagne (en latin rectoribus), qu'un acte du 1" septembre 1271 accole au nom de Renier Acorre et de Jacques d'Ervy (3685).

(o) Catalogue, s 3675, 3678, 3680, 3682, 3685, 3688, 3690-3694, 3698-3700. 3704, 3705, 3707, 3710, 3720-3724,

3727, 3752, 3758, 3784.

l 3. - Baillis.

Bailli est un dérivé du latin bajulus, ou du français bail, qui désigne une personne temporairement investie des droits du propriétaire d'une seigneurie sans en avoir cependant la propriété. Le titre de bailli se trouve déjà sous le règne d'Henri Ier; mais il n'a pas alors d'autre signification que le sens trèsgénéral d'agent administratif (a). Sous Henri 11, des chartes des années 1189 et 1190 nous montrent dans le bailli un agent supérieur aux prévôts, aux gruyers et aux sergents du comte (383, 392, 410); toutefois, nous ne connaissons le nom d'aucun haijli de Champagne avant le xme siècle.

Le premier que nous rencontrons est Morel de Vertus; le 1er avril 1210, il prend le titre de bailli du seigneur comte de Troyes dans une charte par laquelle il constate un désistement en faveur de la léproserie de cette ville (6). Morel reparaît dans plusieurs documents postérieurs qui continuent à nous le montrer attaché au service du comte de Champagne, mais il n'y porte plus le titre de bailli. Ainsi, en 1218 il toucha des deniers de la comtesse Blanche 26 sous à titre de gages, et de plus, si nous entendons bien un texte mutilé, 40 livres pour l'année

(a) Voir notre tome III, p. 153.

(6) Cartulaire de la Léproserie de Troyes, conservé aux Archives de l'Aube, f° 40 r°. Cette charte a été publiée par M. Hdrmand dans les Mémoires de la Société d'Agriculture de l'Aube, 2* série, I, 549. Le nom du personnage, a été écrit dans le cartulaire comme dans l'imprimé Motellus au lien de Morellus

courante et les arrérages d'une rente de 20 livres qu'elle lui devait et qu'il tenait d'elle en fief (a). En octobre 1222 il cautionna, en présence de Thibaut IV, Mauger, prévôt d'Ervy, depuis bailli et chambellan (1449); en 1223 il fut un des experts envoyés par Thibaut pour délimiter la portion de la forêt d'Othe, où les habitants de Maraye avaient droit d'usage (1557).

Après Morel de Vertus nous rangerons, en suivant l'ordre chronologique, Raoul des Ponts, bailli de la comtesse de Champagne en juin 1220 (b) et en octobre 1223 (1563). C'est en avril 1213 que nous rencontrons ce personnage pour la première fois; il venait de donner à l'abbaye du Paraclet un étal dans la petite ville de Nogent-sur-Seine (858). En 1215 il est du nombre des conseillers sur l'avis desquels Blanche de Navarre et deux autres arbitres rendent une sentence (956). En 1219 il tient au nom de Blanche, avec d'autres conseillers de cette princesse, des assises à Provins (c). En 1230, Raoul des Ponts n'était plus bailli; il est simplement qualifié de ser

(a) Fragments de comptes du XIIIe siècle, publiés par Bourquelot, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 58, 59.

(6) Archives de l'Empire, Cartulaire des Templiers de Provins, p. 16, col. 1, n° 2; cité par Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, série, IV, 183.

(c) Fragments de comptes du XIII' siècle, publiés par Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 5e série, IV, 66-67. Barthélemi et Jehan, qui tinrent ces assises avec lui, sont probablement Barthélemi de Troyes, dont les services furent récompensés par Thibaut en 1225 (1672), et Jean de Bernay, mari d'une des demoiselles de Blanche (1493).

gent dans une charte qui nous apprend que Thibaut IV lui avait fait donner, par l'hôpital deNogentsur-Seine, l'usufruit d'une maison à Auve (2088). En 1236 il était mort (2385).

Nous connaissons encore deux autres baillis de Blanche de Navarre : l'un est Simon de Courpalay, qui paraît avoir eu sous ses ordres le prévôt de Montereau; nous ne trouvons son nom qu'une fois, et cela dans une charte sans date, mais cette charte est antérieure à la majorité de Thibaut IV et à la fin de la régence de Blanche (1418) (a).

Le dernier bailli de cette princesse que nous ayons rencontré est Payen Oger, en latin Paganus Ogeri, dont nous avons une charte datée d'octobre 1228 (6).

On remarquera que les quatre baillis dont nous venons de parler n'ajoutent à leurs titres aucun nom de lieu dans les chartes que nous connaissons; il peut sembler logique d'en conclure qu'ils n'avaient pas de ressort, et que leur autorité s'étendait à tous les Etats de Blanche, c'est-à-dire au comté de Champagne tout entier jusqu'à la majorité de Thibaut IV, et depuis aux sept prévôtés qui constituaient le douaire de sa mère (c).

Après l'avènement de Thibaut IV, les baillis ont la plupart du temps un ressort déterminé, et si

(a) En effet, Montereau, dont le prévôt était subordonné à Simon de Courpalay, bailli de Blanche de Navarre, cessa d'être soumis à l'autorité de Blanche quand Thibaut IV devint majeur.

(b) Archives de l'Aube : Inventaire de Montier-la-Celle, f° 58 v°; cf. Grosley, Mémoires historiques et critiques pour l'histoire de Troyes, I, 460.

(c) Voir plus haut, pages 89-90.

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